Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 11:15

Ce petit croquis permet de comprendre le mécanisme de la canicule très localisée qui a été enregistrée à la fin de la seconde décade d'août.

vent et chaleur (août 2011)

Nous avions constaté que le ressenti de la chaleur était très différent sur les plateaux du Massif central vers 1000 m et dans les dépressions qui le bordent au nord, bassin stéphanois, plaines du Forez, Limagnes.

J'ai donc effectué l'écart de températures au cours du mois entre mon poste de Montregard (990m) situé sur les reliefs entre monts du Vivarais et Pilat et celui de Saint Etienne dans le bassin touché par les très fortes températures.

Au moment des plus hautes températures maximales, l'écart est énorme avec un maximum de 7,8° lors du jour le plus chaud dans les dépressions 38.1°. Cette différence, qui affecte tous les jours de hautes températures maximales du mois, est supérieure au réchauffement d'un air sec descendant des reliefs ( 1° par 100 mètres) puisque le gradient atteint près de 1.6° par 100 mètres, un record qui necessite l'intervention d'un autre facteur.

Nous avions constaté que cette forte chaleur était ventilée. les jours de très forts écarts de températures maximales,  supérieurs à 7°, correspondent tous à de très fortes chaleurs et à des rafales de vent dans l'après midi de vent de sud supérieures à 45 km/h dans les dépressions. Le 2 août le maxi de saint etienne dépasse aussi 30°. Les mesures du vent prises en compte étant celles de Andrézieux Bouthéon, pour figurer sur le même graphique, les vitesses ont été représentées au 1/10ème de leur valeur réelle, seule la direction de sud a été mentionnée. Ce vent de sud est donc directement responsable de l'aggravation de la chaleur dans les dépressions du nord du Massif central et de la canicule.

Au contraire son impact est inverse au niveau des températures minimales puisque ces jours de très fortes chaleur de l'après-midi correspondent 3 fois à des inversions matinales . le 23 août il fait 3 degrés de plus à 990 m qu'à 500 mètres avec la seule minimales supérieure à 20° du mois observée à Montregard, niveau non atteint à mon poste de Saint Etienne. Il convient de signaler que le vent du sud se calmait certains jours dans la nuit !

Gérard Staron

Partager cet article

Repost0
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 19:45

Chronique N°837

 


       Savez-vous qu’au moment où nous connaissions en France l’un des mois de juillet les plus frais depuis très longtemps avec des températures moyennes basses que l’on avait pas observé depuis le début du siècle actuel et parfois depuis 1980, les Etats Unis ont connu une vague de chaleur sans précédent.

Il a été enregistré 55° le 18 juillet à Knoxville (Iowa) et 47,8° le 2 juillet à Phoenix dans l’Arizona. Par ailleurs des records absolus tenaces depuis de très nombreuses années, parfois plus d’un ou deux siècles sont tombés :

Les 38,9° de New Haven dans le Connecticut n’avaient pas été dépassés depuis 1780

Les 42,2° de Newark dans l’Etat de New-York battent un record datant de 1893 et les 43,9° d’Amarillo dans le Texas obligent à remonter à 1892..

      La température moyenne du mois de Washington de 29.2° bat un record depuis 1993

Ce qui est vérité d’un côté de l’Atlantique n’est pas forcément vérifié de l’autre surtout en climatologie

On a même détecté une évolution inverse des températures au cours de la seconde partie  du mois entre la France et les Etats Unis.

      Jusqu’au 14-15 juillet l’évolution des températures est symétrique entre les deux pays. Elles montent d’une façon irrégulière jusqu’à un premier maximum assez modéré vers les 11 et 12 juillet, avant de connaitre une chute sensible dans les deux cas. Le 15 juillet connait le minimum du mois autant à Washington qu’à Newark. A Montregard comme à Saint Etienne le 14 puis le 15 juillet connaissent aussi la première grosse alerte de fraicheur de juillet.

Après, l’évolution des températures diverge de part et d’autre de l’Atlantique. Plus le thermomètre monte du coté Amérique, plus il baisse en France. La chaleur la plus forte est observée autant à Washington qu’à Newark les 23 et 24 juillet avec des moyennes journalières dépassant respectivement 32 et 35 °. Pendant les deux mêmes journées, la France enregistrait des records de fraicheurs comme à Montregard ou Saint Etienne. Dans les derniers jours du mois, la température se relève lentement en France alors qu’elle devient plus modérée aux Etats Unis.

      La correspondance des jours dans cette évolution contraire pourrait surprendre, mais les oscillations de la circulation générale de l’atmosphère aux latitudes tempérées sont une réalité. A partir du moment où l’anticyclone des Açores est allé se réfugier sur l’Atlantique, il a permis la mise en place d’une circulation de sud sur son flanc ouest, coté Amérique, et de façon symétrique des descentes de nord sur son flanc est, côté Europe occidentale. Il n’y a pas de mystère en climatologie. Chaque fois qu’un air vient du sud dans l’hémisphère nord, il pousse les températures vers le haut et inversement, en provenance du nord, il provoque leur plongée.

      Il est possible de multiplier les exemples de ces oscillations avec leurs conséquences thermiques extrêmes et opposées.

Pendant ce même mois de juillet 2011 aux Etats Unis, l’axe principal de la grande chaleur remonte du golfe du Mexique en direction de l’est des grandes plaines. Texas, Oklahoma, Kansas, Iowa, jusqu’aux Dakotas, constituent la zone la plus affectée avec des moyennes qui dépassent 32° au centre pendant 3 semaines et des anomalies supérieures de plus de 8° par rapport aux normales.

      Au même moment, les côtes du Pacifique du nord-ouest du pays, dans les états de l’Oregon et de Washington, ne pas confondre avec la ville capitale à l’autre extrémité du pays, la température moyenne ne dépasse pas 15°, soit moins de la moitié, avec une anomalie de 4° en dessous des normales.

      En 2010, les exemples d’oscillation ont été tout aussi nombreux et spectaculaires. Alors que l’Europe du nord-ouest connaissait une année fraîche, le nord est des Etats unis et le Canada subissaient au contraire un millésime particulièrement chaud. Certains Etats, le New Hamphire et le Rhôdes Island, avaient même connu leur température la plus élevée depuis 116 ans. L’ensemble de la Nouvelle Angleterre et du Québec voisin, sans connaitre le même record, présentaient une très forte anomalie chaude.

      L’une des périodes de l’année où le contraste a été le plus marqué correspond au début de l’hiver. Au début décembre, l’Europe du nord-ouest et la France frissonnaient alors que le Canada connaissait une anomalie inverse tout à fait marquée.

Les oscillations présentées jusqu’à présent s’effectue selon une direction ouest –est, mais il peut aussi en exister des nord-sud.

      Lors de la même année 2010, je vous signalais un peu plus haut que le nord-est des Etats Unis avaient connu une année très chaude. La nouvelle Angleterre avec les états déjà cités constituait le cœur de la zone concernée, mais les zones blotties le long de la frontière canadienne des Grands lacs jusqu’à la Mégalopolis avaient subi de façon atténuée le même phénomène avec une température située dans les 10 années les plus chaudes.

      Au même moment plus au sud, la Floride connaissait la 7ème année la plus fraiche depuis 116 ans. Le vieux sud voisin du Mississippi à la Géorgie, présentait un rang assez proche.

      On pourrait multiplier les exemples. Actuellement la Nouvelle Zélande subit une vague de froid avec des gelées très sensibles et des chutes de neige exceptionnelles. Un anticyclone centré sur le Pacifique sud envoie un air en provenance de l’Antarctique sur la Nouvelle Zélande , mais plus à l’ouest , l’Australie reçoit un flux inverse.

      Au début de cette année le « National Climatic data center » des USA a publié une carte présentant par états le rang de la température moyenne de l’année 2010 par rapport à celle des 116 précédentes. Je vous ai déjà présenté les deux extrêmes entre le rang 7 de la Floride la plus fraiche et le 116 des deux plus chauds. Les Etats Unis comportent 50 états mais seulement 48 sont pris en compte dans le classement qui ne concerne pas les Iles Hawai et l’Alaska situés à l’écart de la zone métropolitaine du pays.

      Comme, à quelques exceptions près, la superficie des Etats est assez proche, ce sont d’ailleurs les plus petits du nord-est qui ont été les plus chauds en Nouvelle Angleterre et les plus grands qui ont été les plus frais en 2010 comme le Texas qui a connu sa 54ème année la plus froide sur 116, il suffit de prendre en compte l’état qui se place en position médiane, au milieu, pour avoir une idée du classement thermique de 2010 pour l’ensemble des Etats Unis depuis la fin du 19ème siècle.

      L’Idaho, est en position médiane, et représente la situation d’un état américain sur deux. Son rang thermique sur les 116 années de référence le place en 90 ème position par rapport à la plus fraîche. Ceci signifie aussi qu’il a connu 26 années plus chaudes que 2010 depuis 116 ans.

      Alors que 2010 présente pour deux états de la Nouvelle Angleterre l’année la plus chaude, 24 autres états ont connu depuis 1894 au moins 26 années plus chaudes que 2010. De même, alors que la Floride présente la 7 ème année la plus fraiche, au moins un état sur deux a connu pendant la même période 90 années plus fraiches que 2010.

Cette remarque montre qu’il y a toujours des anomalies de sens contraire des températures sur des distances assez proches. Quand une région est anormalement frigorifiée, une autre souvent pas très éloignée, a chaud de façon aussi inhabituelle. Une moyenne thermique sur un lieu est déjà un calcul théorique qui prend en compte des extrêmes opposés comme chez nous ce printemps si chaud  et juillet si frais. Sur un pays pour une même année, c’est encore pire comme pour l’exemple cité. Sur la planète, ceci devient ridicule, surtout quand on déclare une année la plus chaude comme 2010 avec une marge de 0.01° !

      En climatologie, une moyenne est le résultat d’un calcul à partir  de valeurs opposées extrèmes ! A l’échelle de la planète, ceci devient un exercice théorique sans grande signification !

 

Gérard staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance. Bonne semaine à tous !

Partager cet article

Repost0
6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 16:37

Chronique n°836

La fraicheur de juillet, pour ne pas dire le froid, a surpris après ce printemps 2011 qui a constitué un été avant la lettre. Dans cette chronique, je vous ai habitué à suivre les températures d’une série de stations européennes, françaises et régionales au rythme environ de deux fois l’an. Après ces deux événements thermiques marquants de l’année, il convient de faire le point.

Juillet est habituellement le mois du maximum thermométrique sur la plus grande partie de l’Europe et de la France. Quelques soient les futurs résultats d’août, on peut déjà affirmer que ce ne sera pas le cas sur une grande partie du pays, car juin devance très souvent juillet. C’est le cas à Saint Etienne, mais aussi Francfort, Lille, Clermont Ferrand. Juillet ne garde pour l’instant la première place de peu, pour les postes océaniques, Laval, Santander, méditerranéens, Nice ou d’altitude Mont Aigoual, Montregard.

Jusqu’à quelles années faut-il remonter pour retrouver un mois de juillet aussi frais en France ?

Si vous avez lu mon blog, vous avez pu constater qu’il s’agit des moyennes de juillet les plus basses à mes stations de Saint Etienne et Montregard, mais pour des mesures commencées en 2006 ! Sur des séries plus longues, l’année la plus proche qui a présenté de basses températures en juillet est 2000. Sa moyenne est plus basse que 2011 à Lille avec 16.2° contre 16.5°, à Nice 22.1° contre 23° et au mont Aigoual 10.7° contre 11,3°. Pour de nombreuses autres régions, il faut rechercher dans un passé plus lointain, 1998 pour Laval avec respectivement 16.8° et 17.1°, et 1980 dans l’est du Massif central.

A Clermont Ferrand, il faut remonter à 1980 pour trouver une moyenne légèrement inférieure aux 17.5° de 2011. A plusieurs reprises pourtant, les températures minimales ont connu une moyenne plus basse qu’en 2011, en 2000 avec 11.8° et en 1984 avec 11.7°, mais avec chaque fois des températures maximales nettement supérieures. En été, il est plus facile de supporter une grande fraicheur matinale quand elle est compensée par un ensoleillement abondant qui fait remonter le thermomètre dans la journée, que l’inverse, comme en 2011, qui présente la moyenne des maximales la plus basse de ces 31 ans et témoigne indirectement d’une forte nébulosité humide dans l’après-midi, très néfaste au tourisme !

A Saint Etienne Bouthéon, il faut aussi fouiller dans les statistiques jusqu’en 1980 pour trouver une moyenne de juillet plus basse. Depuis 1946, Ces années plus fraiches ne sont pas nombreuses, 8 au total : 17.7° en 1965 et 1977 millésimes très médiocres pour le vin !

17.3° en 1972 et 17.2° en 1980

16.9° en 1966 et 16.8° en 1948 et 1960

et le record 16.7° en 1954 qui est pourtant plus célèbre pour son hiver !

Comme juin a déjà été en retrait, qu’août ne parait pas très performant pour l’instant, le qualificatif d’été pourri déjà applicable à juillet, va-t-il s’étendre à l’ensemble de la saison ?

Depuis le maximum de température enregistré pour la période mai 2006- avril 2007, nous suivons à échéance régulière l’évolution des températures moyennes coulissantes sur 12 mois. Elles ont l’immense avantage de lisser les phénomènes saisonniers puisque chacune d’entre-elle comprend chacun des mois de l’année avec un décalage de l’un chaque fois.

La dernière situation évoquée correspondait à la fin de l’année civile avec une baisse comprise en 1.8° et 3,3° pour 2010, pour nos diverses stations de référence par rapport au maximum cité plus haut (mai 2006- avril 2007).

Dans quelle mesure le printemps remarquable et le mois de juillet pourri de 2011 ont –ils influencé ces moyennes coulissantes ?

tempé coulissantes (mi 2011)

La remontée des températures est générale dès le mois de janvier. Si le début de l’hiver 2010-2011, a été plus rigoureux que son homologue précédent, la seconde partie à partir de janvier est apparue nettement plus clémente que le prédécesseur 2009-2010, rigoureux et tardif. Naturellement la tendance haussière se poursuit au long du printemps sans être vraiment plus accentuée. Au total la totalité des stations a connu 5 mois de hausse continue et presque régulière. Cette dernière a été stoppée partout par un pallier en juin puis par la chute brutale de juillet.

Ces tendances n’ont rien d’original, le comportement des diverses stations parait plus intéressant.

Cette hausse de janvier à mai a été quasiment de même ampleur que celle visible au cours de l’année 2009. Le maximum en mai 2011 se situe pour l’ensemble des stations entre 1.4 et 2° en dessous de celui enregistré en avril ou mai 2007. Il n’y a donc pas eu de reprise du réchauffement  dans notre pays puisque nous sommes très loin du point le plus haut enregistré par les températures qui date du printemps 2007. Naturellement juillet a fait repartir l’ensemble à la baisse et l’on se situe actuellement entre 1,8° et 2,4° en dessous du maximum d’avril ou mai 2007.

Pendant cette période une station est sortie du rang. Santander dans le nord-ouest  de l’Espagne, le réchauffement a été plus virulent jusqu’en mai et la baisse de juillet est insensible dans un secteur qui est resté sous la coupe de l’anticyclone. Cette ville ne se situe qu’à 0.6° en dessous des températures du maximum de 2007.

Une autre station est rentrée dans le rang : Nice. Sa baisse depuis 2007 était très inférieure à l’ensemble de nos stations de référence. Elle a continué en janvier, et de février à mai la hausse a été plus faible. Aujourd’hui Nice a rejoint avec -1.8° en juillet par rapport à 2007 le peloton des autres villes.

Les autres villes ont connu une évolution presque uniforme, hausse jusqu’en mai, baisse ensuite, même si deux groupes semblent commencer à s’écarter.

La baisse la plus forte des températures concerne toujours l’Allemagne (Francfort), le nord-est du Massif central avec Saint Etienne et Montregard et le Nord avec Lille qui continuent de présenter une température inférieure de 2° par rapport au pic d’avril ou mai 2007.

Laval, le Mont Aigoual, maintenant rejoints par Nice, présentaient seulement 1.5° de moins en mai et environ 1.8° en juillet.

D’une façon globale, les pays d’influence maritime, océanique ou méditerranéenne, ou méridionale connaissent une baisse plus faible que les zones continentales ou septentrionales.

La brutale remontée des températures de janvier à mai n’a permis globalement de compenser que la baisse enregistrée au cours de 2010. Depuis les débuts de 2008, les températures ne sont pas capables de dépasser pour l’instant un plafond de l’ordre de 1.5° en dessous du maximum d’avril et mai 2007 dans l’ouest de l’Europe, mais dès qu’elles descendent en dessous de 3° par rapport à ce même maximum, elles entreprennent une phase de remontée. Rien, sauf peut-être le cas de Santander compensé en sens inverse par celui de Nice, n’indique que les températures ne sortent de cette fourchette. Ceci indique que nous ne sommes toujours pas depuis 2007 en phase de réchauffement, mais plutôt dans une relative stabilité à un niveau plus bas !

Dans ces variations de l’ordre de 6 mois à un an, on constate le rôle de la circulation de l’atmosphère. L’importance des temps anticyclonique avec très fort ensoleillement de la première partie de l’année faisant remonter les températures de l’ordre de 1.5°soit environ au rythme de 0.3° par mois. Les temps perturbés en provenance des hautes latitudes présentant un impact inverse de même importance en juillet.

Presque rien de nouveau pour les températures depuis 2007 au niveau des faits, par contre pour les discours médiatisés, vous avez entendu ! En attendant la suite  d’une question sans fin !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, Bonne semaine….

Partager cet article

Repost0
16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 18:43

Chronique N°833

La période de la fête nationale est renommée pour ses orages violents. Cette année n’a pas failli à la tradition, même si les fortes précipitations ont précédé de quelques heures la date fatidique du 14 juillet. Elles risquent de reprendre après, dès le week-end !

De la soirée du 11 à la matinée du 12, le hors d’œuvre suit une trajectoire de la Vendée aux collines du Perche. De part et d’autre de ces dernières la pluviométrie dépasse 20 mm autant au sud en Mayenne qu’au Nord en Normandie. Les nuages atténuent progressivement leur arrosage sur la région Parisienne puis le nord du Pays. Au même moment, en avant sur le reste du pays, quelques cellules isolées de faible taille géographique déposent un apéritif pluvio-orageux.

Le plat de résistance intervient dans la nuit du 12 au 13 avec une suite jusqu’à l’après midi de la veille de la Fête nationale. La zone arrosée correspond  à une langue du sud –ouest au nord –est du pays qui s’étire des Pyrénées ariégeoises où la station de Saint Girons reçoit 45 mm, jusqu’aux Vosges et à l’Alsace avant de passer dans le Bade Wurtemberg allemand. Vesoul reçoit encore 51 mm. Le paroxysme pluvieux semble avoir suivi les bassins de la Loire supérieure avec plus de 50 mm du bassin du Puy au versant nord du Pilat.

A cette occasion la station du Puy a battu un record de précipitations  en 24 heures avec 125,3 mm. Sous réserves de vérifications, cette valeur semble constituer un maximum absolu qui n’avait pas été atteint lors des gros débordements des  épisodes cévenols ou des orages comme celui qui avait déposé une énorme couche de grêle l’an dernier que ce soit à la station de Loudes ou à l’ancienne de Chadrac  . Ce maximum est toutefois découpé en deux par les normes météorologiques de la mesure à 8 heures du matin puisque 32,3 mm seront décomptés sur la journée du 12 et 93,5 mm comptabilisés sur celle du 13, alors que les 125,3 mm tombent entre 0H et 17 heures dans une période largement inférieure à 24 heures sur la seule journée du 13 juillet.

L’intensité maximale mérite attention avec 69 mm en une heure relevés à 15 heures et 81 mm en deux heures. Pour la petite histoire, l’alerte orange « orages » avait été levée le matin à 6 heures et ce paroxysme remarquable est arrivé une dizaine d’heures après !

Avec un tel total, de nombreuses régions ont subi dans le passé des inondations importantes. Je peux citer deux cas en septembre 2007 sur l’agglomération stéphanoise où 35 mm ont suffi pour transformer des rues en rivières. L’orage du 2 juillet 2009 qui avait apporté la désolation sur la ville forézienne avait à peine dépassé 70 mm en deux heures et l’an dernier le 3 juillet 2010 45 mm avaient provoqué des impacts substantiels. Pourtant selon les informations recueilli dans la presse, je n’ai pas trouvé mention du record du 13 juillet au Puy , ni d’impacts majeurs liés directement à l’orage. Curieusement , Seulement mention d’articles et de réunions sur la sécheresse, à l’exception d’un entrefilet dans « l’Eveil » !

Les rivières qui drainent le secteur de Loudes ont monté dans des proportions modestes. Le Dolaison a atteint une cote maximale de 0,46 m, la Borne à Espaly s’est contenté de  0,64 m à 18 heures, peu après le maximum horaire des précipitations. A l’aval, le fleuve Loire a peu réagi avec un débit maximal de l’ordre de 50 m3s autant à Bas en basset que dans la plaine du Forez.

Trois facteurs ont facilité l’infiltration de l’eau dans le sol et expliquent que cette précipitation remarquable au niveau météorologique soit si discrète par ses impacts ou sa relation médiatique, même si une telle quantité d’eau est obligée de laisser quelques dégâts, ne serait-ce que des ruissellements sur les chemins ou les terres agricoles, des caves inondées !

La station de Loudes se situe sur un plateau en milieu rural. Le pourcentage de sols imperméabilisés est faible, l’eau peut s’infiltrer sur les terres agricoles, les prairies ou les fôrets . En milieu urbain, une telle intensité aurait inévitablement transformé les rues en rivières avec concentration sur les sites à risques. Si la ville du Puy, elle-même avait subi une telle intensité on peut penser que l’affaire aurait été bien plus relatée !

L’état hydrique du sol a aussi facilité cette infiltration après la sécheresse d’avril et mai. Juin avait déjà apporté des précipitations normales avec 92 mm, mais ces dernières étaient surtout concentrées dans la première partie du mois. Depuis le 22 juin, une nouvelle déficience de la pluviométrie semblait commencer, seulement 5 mm fin juin, rien dans les premiers jours de juillet jusqu’aux pluies modérées du 7 et du 10.

La décomposition de cet épisode du 13 juillet en deux parties, celle de la nuit  et celle de l’après-midi avec un répit de quelques heures entre les deux a aussi facilité l’infiltration des eaux dans le sol. Cette répartition des pluies n’a rien d’original en été, puisque les orages venus d’ailleurs terminent leur course dans la nuit, alors que la chaleur de la journée provoque la reprise convective de l’après-midi. La forte évaporation de la fin de la matinée a contribué à ressuyer en partie l’eau tombée en fin de nuit sur le sol.

Il n’est pas indifférent que le ciel ait choisi la période de la fête nationale pour mettre un deuxième coup d’arrêt à la sécheresse et aux températures élevées du printemps. Nous avons vu dans la chronique de la semaine dernière comment juin avait déjà infléchi la tendance, la mi-juillet a choisi de mettre un coup de massue au manque d’eau céleste. Le 14 juillet est souvent une période de clivage de l’été marquée par des orages virulents, soit que ces calamités mettent le point d’orgue à une période fraîche pour rentrer dans le véritable été, soit l’inverse comme on peut le pressentir cette année.

La liste est longue depuis le début de ce siècle :

En 2000, outre de virulents orages, la neige tombe à 2000 m dans les Alpes au point de fermer les cols de L’Iseran et du Galibier

En 2001, on doit annuler le défilé du 14 juillet pour cause de pluie, des coups de vents dévastateurs affectent un spectacle à Strasbourg et s’accompagnent de tornades dans la Nièvre et le Tarn

En 2002, des inondations à Saint Raphael , dans le Piémont Italien et le Tessin suisse sont à déplorer.

En 2003, un nouvel épisode d’orages avec tornades, rafales de vent, inondations dans la plaine du Forez

En 2004, outre les orages dévastateurs dans les landes, Il s’agit plus de fraicheur, de pluie et même de gel et neige avec avalanches dans les Alpes

La fête nationale a remis cela en 2006 de façon plus modérée.

Dans un passé plus lointain, la catastrophe du camping du Grand Bornand, avec ses 23 morts, date du 14 juillet 1987 et d’autres exemple de moindre importance pourraient être ajoutés comme les 51 mm du 13 juillet 1999 à Saint Etienne !

La situation météorologique est d’une rare répétition avec une descente perturbée froide qui prend un caractère orageux au contact des zones chaudes méditerranéennes et donne des lignes de temps agité, orientées sud-ouest nord-est, le plus souvent du Bassin Aquitain à l’Alsace et la Lorraine en passant par le Massif central. Dans ces glissières, on trouve les facettes multiples des calamités associées : les fortes pluies avec inondations souvent localisées, les coups de vents avec tornades, les trainées de grêle, les impacts de foudre, la grande fraîcheur avec neige dans les Alpes, mais aussi deux fois dans les années soixante sur le massif du Mézenc !

2011 n’a donc pas failli à la tradition et le thème me fournit presque chaque année l’occasion d’une nouvelle chronique ! Certains l’attribuent à une quarantaine de jours après la Saint Médard !

Un véritable record de pluviométrie a été occulté en 2011 au Puy ! Est-ce parce qu’une pluie exceptionnelle, ne provoque pas toujours de grandes calamités ou parce que cette année, la question est dérangeante quand on ne parle que de sécheresse ou de températures élevées !

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur les ondes de Radio Espérance. Bonne semaine

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 17:23

Chronique N°832

Vous avez tous appris en Histoire que, sous le règne de Louis XIII, avait existé la journée des dupes. En 2011, juin peut être qualifié de mois des dupes !

Le 11 novembre 1630, la mère et l’épouse du roi avec l’aide de quelques seigneurs avaient cru obtenir de Louis XIII la disgrâce de Richelieu, or en réalité le pouvoir de ce dernier avait été renforcé.

Pendant ce dernier mois de juin, vous avez continué à entendre le discours sur la chaleur et le réchauffement  à la suite du printemps aux températures élevées de mars à mai, mais aussi les diatribes sur la sécheresse après 5 mois de déficience pluviométrique sur le pays avec des comparaisons appuyées avec 1976. En réalité ce dernier mois vient de marquer un changement de tendance suffisamment contrasté au niveau géographique pour que l’on puisse annoncer tout et son contraire !

Le cas le plus typique est celui de la pluviométrie qui a présenté de très gros écarts sur quelques kilomètres. Plusieurs agglomérations, ont deux stations météorologiques peu espacées qui présentent rarement de tels écarts. Pour Lyon, Bron a reçu 85,5 mm mais Satolas seulement 53,1 mm. Pour Nancy, Ochey a atteint 87,1 mm, mais Essey seulement 62 mm. Pour Nîmes, Courbessac a reçu 69 mm quand Garons s’est contenté 42.6 mm. Dans l’agglomération parisienne,  Melun  a dépassé 100 mm avec 109.1 mm alors que le Bourget est quasiment à la moitié avec 59 mm. Sur quelques kilomètres, le total a pu varier dans des proportions, comprises entre le tiers et la moitié, qui permettent toutes les interprétations possibles. Dans chacune des agglomérations françaises, il suffit de choisir son poste pour déclarer que la sécheresse commencée en avril s’est aggravée ou atténuée. Saint Etienne n’échappe pas à cette opposition. Il est tombé 141 mm à Tarentaise sur le Pilat quand je n’ai relevé que 80 mm à mon poste de saint Etienne et que la station officielle d’Andrézieux se limite à 68.3 mm. A cette dernière station, alors que le total des précipitations à la fin d’avril depuis janvier 2011 était le 3ème plus faible depuis 1946, que celui du mois de mai était le 7 ème plus bas pour la même période de 66 ans, le cumul de l’ensemble mai et juin  est seulement le 11ème plus sec, ce qui montre l’amélioration liée à ce dernier mois.

Une remarque de même nature peut être effectuée au niveau des températures. La pointe de chaleur de la fin du mois a permis de masquer des moyennes généralement assez quelconques pour un mois de juin. Le maximum absolu enregistré du 26 au 28 dépasse 30° sur une très grande majorité du pays. Dans plus de 70 stations synoptiques, il se situe au-dessus de 35° et dans plusieurs d’entre elles, dans le Bordelais ou le nord de l’Auvergne, 39° ont été dépassés. Ce coup de chaleur aussi brutal qu’élevé, masque une moyenne générale du mois assez médiocre. Près de la moitié des stations françaises, 79 sur 170, ont une moyenne mensuelle inférieure à 18°. Près d’une station sur 5 a connu une température moyenne inférieure à 16° soit 28 sur 170. Cette relative fraicheur est confirmée dans la région stéphanoise puisqu’autant à ma station de Saint Etienne qu’à celle de Montregard , ce mois de juin présente la moyenne la plus basse depuis le début des observations en 2006. A Montregard les 14° ont seulement été égalé en 2010 et à Saint Etienne les 18° ont été également observés en 2007 et 2008. Sur une plus longue durée à Andrézieux Bouthéon, les 18,1° observés pendant ce mois de juin 2011 ont été dépassés 14 fois depuis 1966 soit sur 45 ans.

Le changement de tendance de juin vers plus de fraîcheur et de pluviométrie est flagrant mais les contrastes énormes qu’il présente au niveau de la répartition géographique des pluies ou de l’opposition des coups de chaleurs brutaux dans une situation générale assez fraîche permettent de masquer cette évolution et de continuer à tenir le discours de la sécheresse et du réchauffement. Ceci permet de justifier cette appellation de mois des dupes !

La situation générale de l’atmosphère permet d’expliquer cette situation. L’anticyclone des Açores s’est refugie sur l’Atlantique pendant une grande partie du mois. Ceci a permis sur son flanc oriental la descente de flux de nord nord–ouest  plus ou moins perturbés par un couloir situé sur son flanc oriental. Chaque fois que ceci s’est produit une chute brutale de température est intervenue. Elle a affecté en priorité les côtes de la Manche par où ces flux rafraichis arrivent. De la Pointe du Raz jusqu’au Pas de Calais, les températures moyennes des régions littorales sont inférieures à 16°, à 15° pour Brest et Saint Brieuc et même 14° à Cherbourg (13,9°). Cet air frais envahit alors l’ensemble du pays jusqu’à la crête du Massif central. Seul le littoral méditerranéen conserve par ce temps des températures élevées car l’air se réchauffe vite en descendant des hauteurs vers la Méditerranée, mais il est soufflé par le mistral.

Lors de brèves périodes, cet anticyclone atlantique a poussé des avancées vers notre pays. Il a alors pu provoquer de très brèves bouffées de chaleur en raison de sa grande solidité en altitude, de l’importance de l’ensoleillement  et de flux de sud faisant remonter de l’air très chaud en provenance des basses latitudes. L’importance des températures lors de ces brefs paroxysmes chauds a pu faire oublier la fraicheur persistante de nombreuses journées.

Au niveau des précipitations, l’arrivée de ces descentes d’air froid s’est accompagnée de perturbations. Ces dernières souvent assez peu actives ont déposé quelques précipitations en abordant le pays, mais en arrivant sur un continent réchauffé par la période anticyclonique antérieure, ces perturbations ont vite pris un caractère orageux. On est donc passé de fronts linéaires déposant quelques millimètres en traversant le pays de façon homogène, à des cellules localisées qui ont pu laisser à quelques kilomètres d’intervalle des quantités d’eau très diverses. Ceci explique les grands contrastes géographiques signalés au début de cette chronique sur des distances très faibles.

Il convient toutefois de préciser plusieurs aspects qui ont contribué à atténuer en douceur la sécheresse antérieure.

Les phénomènes orageux qui ont accompagné ces perturbations ont rarement été très intenses. A l’exception du coup de vent en Côte d’or, de quelques trainées de grêle ou de très rares inondations localisés, la violence des orages a été limitée ce qui a permis d’apporter une pluie favorable pour le développement de la végétation et l’état hydrique des sols. Cette relative modération de phénomènes souvent violents est à mettre sur le compte de la situation de l’atmosphère en altitude. A ce niveau, les phénomènes orageux n’ont pas été relayés par des dépressions creusées avec des gouttes froides pour aspirer massivement l’air chaud du sol. Si les perturbations orageuses ont été stimulées par la convection dans la basse atmosphère, le phénomène a été freiné en altitude. Ceci a limité l’intensité des pluies qui ont très rarement atteint des niveaux dangereux.

La multiplicité de ces situations perturbées a contribué à répartir la pluviométrie sur de nombreux épisodes au cours du mois. Par exemple dans l’agglomération stéphanoise, la pluviométrie s’est répartie en 5 principaux épisodes, les 4, 7, 16 et 17, 22 et 28 juin harmonieusement disposée à l’intérieur du mois. Il en est de même quantitativement. Ces divers épisodes pluvieux ont réparti leurs effets de façon variable entre ou à l’intérieur des régions. C’est rarement le même jour qui présente le maximum pluviométrique du mois dans des zones pourtant proches. Pour les stations de Lyon, l’ordre des totaux déposés est très variable : pluies du 22 devant celle du 17 à Bron et du 17 devant celle du 7 à Satolas.

En réalité juin a sauvé beaucoup de récoltes compromises, bien sûr, il y a eu des oubliés du ciel qui protestent, et surtout en France toute amélioration est par nature insuffisante. Ce mois  peut permettre aussi toutes les interprétations, continuation ou atténuation de la sécheresse, réchauffement ou retour de la fraicheur :

Un vrai mois de dupes.
Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur radio espérance. Bonne semaine …

 

Partager cet article

Repost0
2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 19:13

Chronique n°831

La bouffée chaude éphémère, qui a traversé la France du 25 au 27 juin, mérite attention en fonction de sa rapidité à se mettre en place.

L’analyse des températures maximales permet d’analyser le développement du phénomène.

Le vendredi 24 juin, le thermomètre atteint des niveaux très quelconques pour un début d’été avec une relative uniformité entre 20 et 25°. Se détache au-dessus, une partie du littoral méditerranéen qui flirte avec les 30° dans la région de Toulon. En dessous de 20°, on trouve les côtes océaniques de la Charente au nord du pays avec les régions de montagne. Rien ne laisse penser que 48 heures après on approchera des 40°.

Le samedi, les 30° sont dépassés dans le Bassin aquitain, le Languedoc et la Provence. Montpellier avec 33,8° détient le maximum. Pour trouver 35°, il faut passer en Espagne dans le bassin de l’Ebre ou la Castille. A l’opposé les pays picards et « chtimi » conservent la fraicheur. Tout est encore normal.

Dimanche, la chaleur enfle. La ligne des 30° atteint la région Lyonnaise, la Bourgogne, le plateau de Langres, le sud de la Champagne, La Beauce, La Normandie et l’est de la Bretagne. Une langue se dessine à plus de 35° du Bassin aquitain jusqu’à L’Anjou avec un maximum de 39,2° à Bordeaux, un vrai record pour juin.

Lundi, la bouffée chaude connait son maximum. Seuls échappent aux 30° les côtes d’une partie de la Bretagne et de la Normandie, mais aussi le Languedoc Roussillon ! La langue à plus de 35° s’étire du bassin Aquitain à la Champagne avec deux paroxysmes, une grande région bordelaise où on atteint 39,8° le long du bassin d’Arcachon, et un axe des Limagnes au Nivernais dans le bassin moyenne avec 39,2° à Vichy, promu pays de l’eau chaude.

Mardi, la vague chaude est en net déclin repoussée par l’arrivée de la descente d’air polaire dans l’est du pays avec des températures qui restent proches de 35° dans des bassins ligériens rhodaniens,  séquaniens ou rhénans.

Toutes les conditions météorologiques sont remplies pendant ce week-end pour que les températures enflent car il s’ajoute les conditions saisonnières et de la circulation générale de l’atmosphère.

Après le solstice d’été, l’angle d’arrivée des rayons du soleil est maximal, la durée des jours est la plus longue possible. Nous connaissons donc la période de l’année où l’efficacité des rayons du soleil est la plus importante.

L’installation de l’anticyclone des Açores sur la France combine cette efficacité avec une durée très longue de l’ensoleillement du lever au coucher de l’astre. Ces hautes pressions sont en effet bien plus solides en altitude qu’au sol, ce qui empêche la formation de nuages d’instabilité convective pendant l’après-midi, dans une atmosphère très stable qui forme un couvercle au-dessus de notre pays.

Il s’ajoute ensuite à la fin du week-end, un courant de sud, sur le flanc de ces hautes pressions. Il provoque la remontée d’un air en provenance du Sahara jusqu’au Benelux. Ce flux explique que les zones les plus chaudes de lundi se situent dans les zones de la descente de l’air après avoir passé les crêtes des reliefs. Ceci explique les 41° du Pays Basque Espagnol sous le vent des monts Cantabriques, les 39° des Landes derrière les Pyrénées et ceux de Vichy dans les dépressions au nord du Massif central. Ce lundi, il est même amusant de comparer les 25° du Languedoc qui reçoit cet air du sud tempéré par la Méditerranée  et les 37 à 39° des Limagnes et plaines de la Loire moyenne, quand le même air descend ensuite des crêtes du Massif central après les avoir franchi. Un air qui monte, se refroidit toujours plus lentement que celui qui descend ensuite, car le premier est plus humide, surtout s’il a traversé une surface marine que le second qui se dessèche.

Enfin le printemps particulièrement chaud et sec que nous avons connu depuis avril a constitué un milieu favorable au retour de la chaleur après les périodes d’arrêt du mois de juin. La plupart des phénomènes climatiques présentent une grande inertie. Il leur est difficile de s’imposer, mais une fois installés, ils résistent. La chaleur n’échappe pas à cette règle et son retour a été d’autant facilité après l’épisode de fraîcheur de la semaine précédente.

En dépit de toutes ces conditions favorables, on peut quand même s’étonner de la rapidité avec laquelle cette vague de chaleur a pu se propager sur la France et de l’ampleur de la hausse des températures maximales en 48 heures.

Cette montée peut interpeler : 20,6° d’écart à Boulogne sur mer entre le 25 et le 27 juin où se déroulait un championnat de France cycliste particulièrement sélectif, on comprend pourquoi dimanche les concurrents sont arrivés épuisés, très dispersés, échaudés. Toute la France est étouffée en 48 heures : 15,5° d’écart à Lille entre le 25 et le 27, 15,6° de différence à Bordeaux entre le 24 et le 26, près de 14° à Deauville entre le 24 et le 26 et plus de 10° partout.

Quand on sait que la hausse des températures minimales a été du même ordre avec parfois plus de 20° au petit matin contre quelques petits degrés au milieu de la semaine précédente, cette variation n’a pas été sans influence sur des organismes qui sont affectés dès que l’on atteint 6° d’écart en 24 heures !

Si cette brutalité d’arrivée peut surprendre, les niveaux maximums de chaleur sont restés limités. Les 40 degrés annoncés sur Bordeaux, lundi, se sont transformés en 38,1° en raison de l’arrivée des premiers nuages orageux et aucune station importante n’a atteint ce seuil. Les 39,2° de Vichy ne constituent pas un record puisque les 40° ont été dépassés en 1952, 1983 et 2003. Le seuil de 40° a été franchi sur de nombreuses régions françaises lors des canicules de juillet 1983, d’aout 2003 et de juillet 2006, et cette fois il n’a pas été atteint.  L’arrivée, mardi, des orages en liaison avec une descente perturbée des hautes latitudes, n’a pas permis à l’air chaud de consolider sa position sur une durée plus longue.

La grande surprise de cette vague de chaleur est la suivante. Si l’arrivée de vagues de froid brutales qui font baisser le thermomètre de façon spectaculaire est un phénomène connu, l’arrivée de la chaleur demandait une certaine durée pour atteindre des niveaux élevés comme celui de dimanche et lundi dernier, or ce dernier exemple montre que l’on a eu la même brutalité que lors de l’arrivée des grandes vagues de froid coutumières de ces grands contrastes. La baisse de mercredi et jeudi n’a pas été plus brutale que la montée de samedi à lundi !

Si la hausse du thermomètre de la fin de ce dernier week-end interroge par sa rapidité ? Ce n’est pas la première fois que je constate ces dernières années que la remontée des températures après une période de froid et de fraîcheur est plus rapide qu’autrefois quand s’installe un temps anticyclonique ensoleillé. Au cours de ce dernier printemps chaud, j’ai déjà été surpris à plusieurs reprises de l’extrême rapidité avec laquelle les températures remontaient après une vague de fraicheur, sans atteindre le caractère excessif de ce dernier week-end ! Cette fois, on a atteint un retour de type TGV de la chaleur.

Cette remarque est plus intuitive que fondée sur une étude scientifique précise des durées de remontée de températures lors de l’installation d’un temps anticyclonique ensoleillé, mais nous avons peut être une hypothèse à analyser plus finement en comparant la rapidité de remontée des températures lors de l’arrivée de ces types de temps à diverses périodes : une étude délicate qui risque de prendre du temps !

Et si c’était seulement cela ce que certains nomment le réchauffement de la planète, une facilité de rapidité de hausse des températures ! car, à ma connaissance, personne n’a encore tenté d’établir à quel moment précis ou quel type de temps, l’effet de serre était plus actif !

Gérard Staron  vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, Bonne semaine à Tous.

 

Partager cet article

Repost0
16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:51

Ce vendredi 13 mai,  le Lycée Lalande de Bourg en Bresse a lancé comme l’an dernier à la même époque un ballon sonde . Lâché à 11 heures, il a éclaté vers 12h 57 à 31726 m d’altitude, un peu plus haut que l’an dernier où il avait à peine dépassé 30 kilomètres, avant de retomber vers Charix à 13 h 20.

Outre les informations habituelles qui seront certainement très utiles aux professeurs et à leurs élèves, l’intérêt principal concerne les vents dans la stratosphère tels qu’ils ressortent du trajet effectué par le ballon qui m’a été transmis par Claude et qui illustre cet article (trait vert).

ballon Lalande2011

 

Après un début de montée presque vertical dans le ciel dégagé anticyclonique, le ballon est ensuite entrainé vers le Jura par la bordure méridionale du jet stream  qui provient de plein ouest selon les cartes météorologiques.

Alors qu’il se trouve au dessus de l’autoroute A40 dans sa traversée du Jura  entre Nantua et Bellegarde au niveau de Saint Germain de Joux, le ballon change de direction et revient en sens inverse sous la poussée d’un vent de direction contraire en provenance de l’est dans la partie haute de sa montée dans la stratosphère. Après avoir éclaté, dans sa descente très rapide, il est repris par le jet stream  et repart à nouveau vers les hauteurs du Jura.

Comme l’an dernier,  ce trajet aller et retour sur le Jura montre que les vents dans la stratosphère au dessus de 20 kilomètres d’altitude sont de direction inverse de ceux des basses couches avec le jet stream

Ce vent d’est dans la stratosphère est de même direction que celle  constatée l’an dernier pour le ballon du Lycée Lalande, alors que dans les basses couches de l’atmosphère la situation était très différente, vent de nord en 2010 contre flux d’ouest en 2011.

Ce vent dans la stratosphère est de direction différente de celle des deux exemples de ballons transmis par Claude la semaine dernière et lancés dans la région méditerranéenne à partir de Nîmes et de l’observatoire de Provence. Flux d’est dans un cas et de sud-ouest dans les deux autres. 

Les vents dans la stratosphère ont ils changé entre les deux semaines ou sont ils différents entre les régions méditerranéennes et continentales de la France ?

Les souffles d’Eole ne manquent pas d’intérêt à ces hautes altitudes !

Félicitations au Proviseur, professeurs, élèves du Lycée Lalande et chasseurs de ballons  pour leur récupération, et merci à Claude pour ses informations

Gérard Staron

Partager cet article

Repost0
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 21:36

Claude  a suivi et transmis le trajet suivi par le radio sondage du 4 mai de l’Observatoire de Provence  et celui du 7 mai de Nîmes. Merci car la comparaison est intéressante entre les deux.

Radio sondes 4 et 7 mai 11

A partir d’un niveau déjà élevé qui lui permet de capter les signaux, Claude suit la suite de la montée qui apparait en vert pour le Radio sondage du 7 de Nîmes, puis après l’éclatement du ballon, la descente en rouge avec le parachute.  Pour l’autre, le déplacement a été reporté à partir du tracé d’origine par le trait noir.( montée et descente).

Ces trajets dépendent des vents qui sont souvent mal connus au dessus de la troposphère, au delà de  11 à  12 km en cette saison.

Le 4 mai ( trait noir)  on remarque un changement de direction des vents  entre les basses et hautes couches de l’atmosphère, alors que dans l'autre (trait vert puis rouge) le tracé à tous niveaux est linéaire selon une orientation sud-ouest nord-est.

Le déplacement dans les hautes couches de l’atmosphère est de direction semblable le 4 et le 7 mai avec une orientation sud-ouest nord-est, qui montre à ce niveau une direction stable des vents.

Dans les basses couches, la trajectoire est conforme aux changements entre les deux dates de la situation météorologique telle qu’elle apparait sur les cartes en particulier celle de la surface des 500 hpa vers  5700 m d’altitude

Le 4 mai  une ondulation du jet Stream déterminait  le vent de nord –ouest qui apparait au début de la montée du ballon à partir de l’observatoire de Provence et à la fin de la redescente vers Antibes. Le 7 , le jet Stream s’était décalé avec un flux de sud-ouest.

Cette comparaison permet de constater la stabilité des vents de sud-ouest actuellement dans les hautes couches de l’atmosphère, la stratosphère, en harmonie ou en contradiction avec ce qui se passe en dessous dans la troposphère selon les situations atmosphériques.

 

Gérard Staron

Partager cet article

Repost0
30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:43

Chronique N°822

La pluie est annoncée de façon quotidienne et beaucoup de Français se sont trouvés dans la situation de Jean de Florette dans le célèbre film de Pagnol. Sa citerne est sèche, ses cultures  meurent  par manque d’eau, l’orage est visible au loin avec ses nuages, ses phénomènes électriques et ses averses, et pourtant aucune goutte ne tombe et le lendemain la sécheresse continue !

C’est la mésaventure arrivée, depuis une semaine, depuis que l’anticyclone tenace qui a apporté le beau temps et la sécheresse sur le pays depuis le début du mois a quelques faiblesses. On a pensé que la pluie arrivait, elle est arrivée et souvent elle n’est pas tombée.

La seule perturbation pluvieuse organisée est remontée d’Espagne pendant la fin de la Semaine Sainte au point de perturber les processions de Séville. Mercredi saint, il tombe 47,6 mm à Burgos. Jeudi saint les précipitations atteignent les Pyrénées. Vendredi saint, elles les franchissent, mais les totaux déposés ne seront importants que sur le Roussillon avec 60 mm à Perpignan, sur le Piémont des Pyrénées avec 36 mm à Tarbes et 28 mm à Pau et le sud de la Corse avec plus de 30 mm près de Bonifacio et dans la plaine d’Aléria. Ensuite la pluie que tout le monde attendait s’est épuisée sur le Languedoc, la Cote d’Azur et la vallée du Rhône.

Le Velay, le Forez  qui l’attendaient impatiemment n’ont reçu que la portion congrue, les précipitations ont franchi les crêtes du Massif central de façon symbolique avec moins de 1 mm et depuis une grande partie de ce secteur n’a pas vu de pluie significative. Hier vendredi les 4,5 mm à Saint Etienne ville n’ont pas arrosé toute la région !

Dimanche de Paques la pluie était attendue, le cumulonimbus qui en fin de journée était visible derrière les monts du Forez  montrait qu’elle tombait au loin, pourtant seules des petites cellules ridicules ont déposé quelques gouttes sur les monts du Lyonnais et l’ouest du Pilat

Le lundi de Pâques descendant de Haute Loire en fin de journée, j’ai trouvé la pluie entre Dunières et le haut de Saint Etienne, mais mes points de départ comme d’arrivée sont restés secs

Mercredi les pluies ont repris, le Roannais a été arrosé, quelques gouttes sans plus ont atteint le versant nord du Pilat

Jeudi aussi la forte nébulosité laissait présager des pluies en fin de journée qui ne sont pas venues à l’exception de quelques gouttes.

Alors pourquoi ce supplice de tantale de la pluie ?

La situation de Pâques est particulièrement intéressante à analyser, les précipitations sont le produit de petites boules pluvieuses isolées qui forment souvent des lignes.

A l’échelle de la France, les boules orageuses les plus nombreuses ont suivi une trajectoire bizarre, les premières se créent dans le sud de la Champagne, elles continuent leur route en suivant le Val de Loire, elles s’incurvent ensuite en direction du Bordelais et des Pyrénées.

Il ne s’agit en aucun cas d’un espace homogène, mais à quelques kilomètres de distance, on a été ou non arrosé, et ces petites cellules pluvieuses ont existé avec une densité géographique plus ou moins grande au sud d’une ligne allant de l’estuaire de la Loire à la région parisienne et à la Champagne.

Dans notre région vers 17 heures,  ces petites boules séparées les unes des autres ont formé deux lignes discontinues, la première des Combrailles au plateau de Millevaches avec 13 petites cellules et la seconde du Morvan aux monts de la Madeleine et du Livradois avec 26 unités. Il s’agit de petits tourbillons le plus souvent parfaitement ronds dont le diamètre dépasse à peine quelques kilomètres. Leur localisation se situe prioritairement dans les zones de montagne, il y en a par ailleurs sur le Jura et les Alpes, mais tous les massifs ne sont pas servis. Certains se sont égarés dans des zones basses par exemple la Limagne de Brioude ou d’Issoire. Ils forment le plus souvent des alignements mais certains sont isolés comme au niveau de Bort les orgues.

La situation de dimanche est certes la plus typique, mais les cellules orageuses de lundi, mercredi, jeudi ou vendredi n’avaient guère plus d’amplitude géographique.

Ce type de précipitations pose une problème de mesure car le pluviomètre ou le pluviographe outil traditionnel est un instrument aveugle. Il comptabilise ce qui lui tombe dessus et le réseau de ces points de mesure était dimanche encore plus lâche géographiquement que la densité des petites boules pluvieuses qui se partageaient le ciel. Ceci rend quasiment impossible la connaissance des quantités tombées car soit la pluie s’est produite a côté et le pluviomètre n’a rien comptabilisé, soit le hasard a voulu qu’il soit placé au centre de la cellule pluvieuse et le total est important mais n’est pas significatif de ce qui est tombé sur la région, soit le pluviomètre a récupéré une bordure plus ou moins importante qui n’est pas mieux représentative. Dans ce cas, c’est la loterie de la pluie, autant pour les régions arrosées ou non, que pour les pluviomètres bien ou mal placés. Il est alors impossible de faire des cartes de pluviométrie par les moyens traditionnels. Il y a des cas extrêmes où des orages ont provoqué des inondations et où aucun pluviomètre n’a pu mesurer une quantité digne des impacts provoqués. Je peux vous signaler 4 exemples, un sur la vallée du Gier en juin 1996,  un second sur Aurec,  un troisième sur Saint Etienne et le plus célèbre avec la catastrophe du Grand Bornand du 14 juillet 1987. Dans ce cas, il n’existe qu’un seul outil capable de se substituer à la cécité du pluviomètre, le radar météorologique qui permet de couvrir un ensemble régional et de connaître précisément la zone affectée.

Pourquoi ces pluies impressionnistes depuis Paques se sont elles éparpillées en une multitude de petites cellules et ont été incapables de former de grandes zones orageuses ? En réalité le mécanisme de la convection qui active ce type de précipitations a été chaque fois perturbé par un maillon faible.

D’abord il n’y avait pas de système perturbés organisé sur lequel la convection pouvait s’appuyer, pas de front pluvieux nettement dessiné sur la carte, simplement une situation assez confuse de pressions assez basses au sol, ce que l’on nomme habituellement un marais barométrique. Ceci explique peut-être d’ailleurs une trajectoire farfelue des orages. Traditionnellement , ils remontent du sud-ouest en suivant la petite perturbation qui sert de guide, Dimanche comme lundi ils provenaient du nord-est et mercredi du nord, ce qui ne manque pas d’originalité.

Ensuite il y a toujours eu un élément pour perturber la convection. Cette dernière correspond à de l’air chaud qui s’élève en altitude, franchit sont point de condensation, puis l’orage se déclenche quand la couche chaude a suffisamment monté. Pour cela, il faut soit de l’air très chaud au sol et aucun couvercle de hautes pressions au dessus pour bloquer la montée, soit de l’air froid en altitude qui aspire l’air chaud du sol et stimule son ascendance.

Depuis Dimanche, il y a toujours eu une faiblesse.

Dimanche et lundi, l’ensoleillement est important, la couche chaude au sol se forme très vite dans la journée, mais les pressions restent élevées en altitude au niveau de la surface des 500 hpa, la montée de l’air chaud est freinée, il faut qu’elle soit aidée par les reliefs ou par des contacts qui facilitent la montée de l’air. La ligne de la Champagne au val de Loire est stimulée par la résistance de l’anticyclone du sol.

Mercredi et jeudi, il y a une goutte froide en altitude qui aspire l’air , mais au sol ce dernier est frais le matin avec un vent de nord, l’ensoleillement est réduit, il n’y a donc guère d’air chaud à élever en altitude.

Pour ces raisons, ces derniers jours nous avons eu la loterie de la pluie ! Aviez vous un bon ou un mauvais numéro ?

Gérard staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance.

Bonne semaine à Tous…

Partager cet article

Repost0
5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 09:53

Bilan de l’eau

Saison froide 2010-2011

Gérard Staron

logo.jpg

 

A paraitre dans le prochain "Météofil" N°72 de l'association

 

 

La saison froide correspond sous nos climats à la partie de l’année où les précipitations sont supérieures à l’évapotranspiration potentielle, assimilable à l’évaporation quand la pluviométrie est suffisante. Il se dégage un excédent pluviométrique qui sert dans un premier temps à la reconstitution de la réserve hydrique du sol, plus ou moins entamée par la période estivale précédente, puis le sol saturé, le surplus hydrologique fournit l’alimentation des cours d’eaux et des nappes profondes.

La trame générale oppose une forte pluviométrie des 4 derniers mois de 2010 à une indigence depuis le début de 2011. Il en est résulté une reconstitution très précoce de la réserve du sol et un fort surplus hydrologique du début de saison froide qui s’est ensuite atténué au fil des mois. En dépit de tous ces contrastes, la ressource en eau est globalement conforme à la normale à la fin de mars. Par exemple la comparaison avec des calculs effectués sur la moyenne 1951-70 donne des résultats semblables pour le département de la Loire, mon étude de l’époque ne traitait pas du bassin du Rhône :

Noirétable 474 mm contre 521 mm (1951-70)

Saint Etienne 221 mm contre 211 mm

Violay 352 mm contre 351 mm

 

 La complexité géographique  de nos départements ajoute une très grande variété en fonction du relief, de l’exposition aux différents régimes de précipitations. C’est ainsi que l’on peut regrouper nos stations en 4 ensembles.

Le premier a connu très tôt une reconstitution totale de la réserve du sol dès le mois de septembre. Le surplus hydrologique s’est poursuivi sans interruption jusqu’à la fin du mois de mars, tout en se réduisant de mois en mois. Au total, la ressource en eau est suffisante au début du printemps. Rentrent dans cette catégorie Noirétable et Saint Just en bas qui représentent la partie la plus océanique des Monts du Forez et un sillon du versant nord du Pilat au sud de ceux du Lyonnais qui correspond à la zone arrosée par l’orage du 7 septembre.

 Le second ensemble ne reconstitue pleinement sa réserve du sol qu’au cours du mois d’octobre. Le surplus hydrologique continue ensuite jusqu’à mars avec une ressource en eau encore satisfaisante. Il comprend les autres reliefs, monts de Tarare, ceux du Vivarais et la partie méridionale de ceux du Forez.

Le troisième ensemble n’atteint sa totale réserve du sol qu’en novembre, mais ce retard une fois comblé, la ressource en eau ne semble pas plus faible qu’ailleurs pendant la seconde partie de la saison. Il s’agit de l’agglomération Lyonnaise et du val de Saône qui ont dû solder l’héritage d’une période estivale 2010 plus sèche que dans le reste de la région et qui ont moins été concernés par la forte pluviométrie de l’automne.

Reste le cas des deux stations de la plaine du Forez, Andrézieux Bouthéon et Leigneux. Leur situation hydrique est tout à fait normale à la fin de 2010, mais le Montbrisonnais a pleinement souffert en 2011 de sa position d’abri par rapport aux pluies océaniques ou méditerranéennes. Avec un total pluviométrique ridicule, le mois de janvier rompt par un déficit symbolique la période de surplus hydrologique. La situation de février et mars n’est guère meilleure. Ceci modifie les calculs et explique l’arrêt du cumul du surplus hydrologique après fin décembre. La sécheresse hivernale de cette région n’est pas une surprise mais un déficit pluviométrique en janvier en France est assez rare.

Dans le Forez, plus qu’ailleurs, la région vit sur ses réserves de 2010 et elles ne sont pas inépuisables !

 

Bilan de l'eau

(mm)

saison froide 2010-11

 

 

 

 

 

stations en surplus hydrologique de septembre 2010 à mars 2011

 

 

 

 

 

septembre

octobre

novembre

décembre

janvier

février

mars

Noirétable

surplus

27,2

71,3

132,7

95,5

45,8

58,8

42,7

 

cumul

27,2

98,5

231,2

326,7

372,5

431,3

474

Tarentaise

surplus

14,8

140,5

132

69,2

36,9

55,4

  39,2

 

cumul

14,8

155,3

287,3

356,5

393,4

448,8

488

St Just en Bas

surplus

23,8

66,2

96,6

52,9

17

34,2

33,8

 

cumul

23,8

90

186,6

239,5

256,5

290,7

324,5

Aveize

surplus

26,1

36,3

65,8

41,7

15,8

20,7

38,7

 

cumul

26,1

62,4

128,2

169,9

185,7

206,4

245,1

Saint Etienne

surplus

40,8

53

56,6

31,9

5,3

30,3

3,7

 

cumul

40,8

93,8

150,4

182,3

187,6

217,9

221,6

Ecully

surplus

9,9

34,5

68,9

52,3

14,6

24,5

14

 

cumul

9,9

44,4

103,3

155,6

170,2

194,7

208,7

stations en surplus hydrologique d'octobre 2010 à mars 2011

 

 

 

Violay

surplus

 

58,7

103,2

76,8

35,7

36,7

41,4

 

cumul

 

58,7

161,9

238,7

274,4

311,1

352,5

Montregard 43

surplus

 

98,6

45,5

102

26

42

21,1

 

cumul

 

98,6

144,1

246,1

272,1

314,1

335,2

Montchal

surplus

 

37,8

83,2

59,9

24,1

40,2

21,3

 

cumul

 

37,8

121

180,9

205

245,2

266,5

Bard

surplus

 

65

82,9

44,1

9,5

21,7

12,7

 

cumul

 

65

147,9

192

201,5

223,2

235,9

stations en surplus hydrologique de novembre 2010 à mars 2011

 

 

 

Corbas

surplus

 

 

71,1

30,3

30,3

26,4

20

 

cumul

 

 

71,1

101,4

131,7

158,1

178,1

Anse

surplus

 

 

51,3

59,4

12,8

29,7

20,5

 

cumul

 

 

51,3

110,7

123,5

153,2

173,7

Montmelas

surplus

 

 

44,9

61,2

15,6

29,7

19,8

 

cumul

 

 

44,9

106,1

121,7

151,4

171,2

Bron

surplus

 

 

65,3

30,3

28

22,3

25,3

 

cumul

 

 

65,3

95,6

123,6

145,9

171,2

Villefranche

surplus

 

 

23,2

48,9

14,9

27

     20

 

cumul

 

 

23,2

72,1

87

114

134

Station au surplus hydrologique interrompu en janvier 2011

 

 

 

 

Andrézieux B.

P≥ETP

 

51,9

52,9

26,4

-0,3

18,1

1,5

 

cumul

 

51,9

104,8

131,2

ns

ns

ns

Leigneux

P≥ETP

 

17,8

70,8

39,4

-0,1

23,2

22,3

 

cumul

 

17,8

88,6

128

ns

ns

ns

Partager cet article

Repost0

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195