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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:21

Claude vient de me transmettre le parcours des radiosondes lancés aujourd'hui à 12 heures de Nimes et de l'Observatoire de Haute Provence près de Manosque (merci) ! les ballons ont éclaté respectivement à 26 et 36 km d'altitude et leur trace a été perdue dans la descente vers 8000 mètres.

Nimes et OHP18-1-12

Vous pouvez suivre sur cette carte la trajectoire strictement parrallèle des deux ballons qui montre que les conditions de vent rencontrées sont strictement identiques à partir des 2 lieux de lancement.

Dans la troposphère le ballon est attiré par le flux de nord nord-est vers la Méditerranée dans les mêmes conditions. progressivement en altitude les ballons effectuent une même courbe qui les place sous l'influence d'un vent d'ouest  dans la stratosphère. Ce dernier trajet est logiquement plus long pour le ballon de l'observatoire de Haute Provence qui monte 10 km  plus haut que celui de Nimes. Après l'éclatement , visible pour celui de l'observatoire de Haute Provence, passage du trait bleu au trait rouge,  les restes sont repris dans le flux de nord-nord-est quand ils reviennent dans la troposphère.

Lors des situations d'affrontement extrème entre air arctique et tropical lié aux tempêtes que nous avons présenté en décembre et au début janvier, le vent dans la stratosphère était très rapide et de même sens que celui dans la troposphère, les ballons sondes parcouraient des distances inouies, traversant de nombreuses frontières comme celui de Trappes allant en Allemagne ou en Suisse. La situation devenant à nouveau moins conflictuelle, la direction des flux atmosphériques change à nouveau entre le jet stream dans la troposphère et la stratosphère située au dessus comme nous avons pu le constater à de nombreuses reprises auparavant.

Autre remarque, on aurait pu croire que le mistral et son accélération dans les basses couches dans l'axe de la vallée du Rhône auraient provoqué une différence à ce niveau d'altitude entre Nimes et l'Observatoire de Haute Provence, situé dans une zone moins sensible à ce vent, constatons que c'est peu visible sur le document au moins pour la direction!

Gérard Staron

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 22:15

La sonde  de mon automobile n'en est pas encore revenue ! le plateau de Montfaucon vers 16 heures présentait des températures bien plus élevées que l'agglomération stéphanoise , le tout sous un soleil resplendissant  !

De +4 à +5° entre 900 et 1000 mètres d'altitudes , on s'est retrouvé dans l'ensemble urbain vers 500 m à 0° en étant passé par -1° dans le bas de la descente de Saint Just Malmont avant d'aborder la ville de Firminy !

Voici le graphe des températures.

températures à l'envers 15-1-12

Il montre des inversions de températures probablement issues de la nuit précédente et qui ne se sont pas toujours accompagnées de la formation de brouillards. Il fait plus froid dans les vallées que sur les plateaux et le soleil n'a pas eu le temps de récupérer cette situation dans la journée.

 

ll montre l'effet du versant nord du Pilat lors d'un temps de nord-est. Il fait bien plus froid au nord de la crête qui surmonte Saint Romain Lachalm , qu'au sud en dépit d'altitudes bien plus élevées. les températures les plus basses sur les plateaux correspondent à celui de Saint Just Malmont pourtant plus bas de 200 m par rapport à celui de Montfaucon , et la température la plus basse se produit dans le bas de  la descente vers Firminy face au nord.  La ville ne réussit même pas à remonter les températures qui restent à zéro !

Ceci s'est produit sans qu'il soit possible de l'identifier au niveau de la couverture nuageuse, le soleil brillait partout !

Non seulement les inversions de températures ont persisté toute la journée sans l'appoint du brouillard , mais il s'ajoute  le rôle de frontière climatique  du massif du Pilat qui a gardé le froid sur son versant nord même aux basses altitudes de l'agglomération stéphanoise

Gérard Staron

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 12:22

Bilan de l’eau

Situation fin décembre 2011

Gérard Staron

logo.jpg 

Article établi avec les données météorologiques des stations de l'association

Merci à tous les collègues pour m'avoir communiqué leurs observations

 

Décembre a presque partout rétabli la situation hydrique avec parfois même de véritables déluges comme à Noirétable qui a reçu 308,7 mm de précipitations !

Dans le tableau suivant vous trouverez :

L’excédent pluviométrique du mois en millimètres correspondant à la différence entre les précipitations très élevées et l’ETP (évapotranspiration potentielle) faible en saison froide et calculée selon la formule de Thornthwaite.

L’état de la réserve du sol en pourcentage par rapport à une capacité de 100 mm prise en compte de façon uniforme

Le surplus hydrologique correspondant à l’excédent qui sert à alimenter les cours d’eaux, les nappes et barrages quand le sol est saturé. La valeur présentée correspond au cumul depuis le début quand ce surplus a commencé les mois précédents et elle est nulle si la réserve du sol n’est pas remplie à 100%

Le surplus moyen à la date du 31 décembre fournit les valeurs que j’avais calculées pour des publications anciennes sur la série 1951-70 pour le bassin de la Loire. Pour cette raison aucune valeur n’est présentée pour les postes situés sur le bassin du Rhône. Lors d’absence de postes sur la même commune, les valeurs de stations proches ont été placées : Saint Julien Molhesabates pour Montregard, Viricelles pour Aveize, Verrières en Forez pour Bard et Saint Symphorien sur Coise pour St André la Côte.

 

bilan de l'eau : décembre 2011

     

station

excédent p (mm)

réserve du sol(%)

surplus (mm)

surplus moyen (31/12)

Tarentaise

136

100%

219,7

195

Montregard (43)

102,6

100%

174,6

169

Noirétable

292,6

100%

276,4

197

Violay

166,1

100%

131,2

145

Montchal

143,2

100%

107,6

 

St André la Côte

107,4

100%

64,1

87

Bard

78,4

100%

29,6

69

Montmelas

107

100%

56,7

 

Corbas

107,4

100%

50,6

 

Ecully

87,3

100%

25,8

 

Lyon Bron

87,8

100%

25

 

Aveize

83,4

100%

18,6

83

Saint Etienne

69,1

100%

1

78

Andrézieux

51

75%

 

18

Villefranche

73

93%

   

Anse

69,1

87%

   

 

rattrapage

   

Aveize oct

0,3

9,80%

Aveize nov

25,4

35,20%

 

 

Alors que l’on a crié à la sécheresse toute l’année, le paradoxe de 2011 est de terminer avec une situation de la ressource en eau excédentaire sur les monts du Pilat, du Vivarais, et de la partie septentrionale des monts Forez d’influence océanique. Décembre a parachevé l’amélioration de la situation sur le Pilat ou provoqué un redressement spectaculaire, en plus sans inondations.

Sur les autres reliefs et plateaux, et mêmes les bassins stéphanois et rhodaniens,  la réserve du sol est maintenant remplie, mais l’héritage de la sécheresse n’a pas encore rétabli une situation complètement normale. Le surplus hydrologique reste limité en dépit d’une amélioration spectaculaire partout. Cette dernière est particulièrement caricaturale sur l’axe des monts du Lyonnais à ceux du Beaujolais

Il subsiste deux points noirs où le sol n’était pas encore totalement saturé fin décembre. Dans les plaines de La Saône, la situation antérieure très détériorée n’a pu être totalement compensée par l’abondance de la fin de l’année. La plaine du Forez est traditionnellement une zone sèche, décembre est souvent le mois du minimum pluviométrique dans les moyennes. L’amélioration plus faible qu’ailleurs a gêné le rétablissement total de la ressource en eau !

Enfin presque partout, Décembre a soldé les déficits antérieurs en eau de 2011 et 2012 débute avec une situation apurée ! Le comblement des déficits hydriques est plus facile à effectuer que ceux de la finance, le ciel tient mieux ses comptes que les états, les banques, les hommes en général !

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 21:47

La tempête affole les radio sondages

rs Bourges 4 et 5 -1-12

Cette carte correspond à un chevauchement (visible avec les villes de Moulins et vichy)  des trajectoires envoyées par Claude, des signaux captés du parcours terminal des radiosondages émis de Bourges

-- ceux  du 4 ( 2 envois) à gauche atteignent l'Auvergne

--  celui du 5 à droite, un seul départ probablement en raison de la tempête, arrive à proximité de Lyon sur la retombée méridionale des monts du Lyonnais

le trait en bleu matérialise la fin de la montée du ballon et celui en rouge la chute après son éclatement.

Ces trajets sont l'expression directe du vent subi par le ballon.

Pendant la tempête du 5, la trajectoire est parfaitement rectiligne sauf à proximité du sol en raison de la déviation par le relief entre le Pilat et les monts du Lyonnais quand le parachute qui descend entre dans leur masque.

La veille, dans un ciel moins agité, le trajet effectué est presque parallèle avec une légère déviation au niveau des Combrailles pour suivre ensuite le rebord occidental des Limagnes, autre effet du relief ?

En cas de fort affrontement météorologique comme cette semaine et lors des tempêtes de décembre, le vent présente la même direction à toutes altitudes, sauf effet local. Tel n'est pas le cas dans les nombreuses situations plus normales que nous avons présenté auparavant en particulier à la belle saison

Le 5 tous les radiosondages envoyés dans l'atmosphère ont parcouru des distances enormes quand ils sont montés au dessus de 30 km d'altitude. Selon Claude,

Celui de Trappes (région Parisienne) a terminé sa course près de Zurich

Celui de Bordeaux a abouti dans la méditerranée au large de Perpignan

Gérard Staron

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 20:07

logo.jpgNeige de décembre 2011 : Versant nord du Pilat

 

Une  neige en pointillé est enfin apparu à partir du 17 décembre avec un scénario répétitif. Une précipitation se transforme de la pluie à la neige en fin de nuit sous l’effet du refroidissement nocturne. Il en résulte un manteau  le matin  qui tient quelques heures au sol et fond dans la journée à toutes altitudes visibles (jusqu'à 1050m environ).

Cette situation s’est reproduite 5 jours consécutifs à Saint Etienne ville (500 m) du 17 au 21 décembre et à nouveau  3 fois au-dessus de 900 mètres vers Salvaris.

Cette neige qui ne tient pas est caractéristique des pays océaniques !

Avec une absence totale d’accumulation neigeuse sur une période plus ou moins longue , le nombre de jours de chute et celui de neige au sol ( au moins à moitié recouverts) sont identiques.

 

Altitudes :      nombre de jours en 2011  et entre parenthèses, moyens d’enneigement au 31/12

500 m                   5       ( 5.4)

600 m                   5       ( 6.8)

700 m                   5       ( 9.2)

800 m                   5       (13.4)

900 m                   7       (15.7)

1000 m                 8       (19.9)

 

Le déficit du manteau blanc est dans ces conditions plus marqué en altitude qu’au niveau de la ville

Gérard Staron

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:48

L’atmosphère est particulièrement agitée  et cette virulence du ciel  en liaison avec les tempêtes sur l’Europe et l’affrontement entre l’air froid arctique et celui des anticyclones subtropicaux a des conséquences jusque dans la stratosphère.

Claude m’a transmis le suivi des documents remarquables avec le suivi des radiosondages de Bordeaux du 7 décembre et de celui de Nîmes du 8 décembre ; avec les cartes jointes.

rs bordeau3

Le premier est monté très haut en altitude, plus de 37 kilomètres. La ballon a éclaté au-dessus de Rodez et est retombé près de Nîmes après avoir longtemps plané.  Le second , parti de la station de cette dernière ville a éclaté au-dessus de Brignoles à 26 km d’altitude, mais il est retombé très vite ce qui suggère un parachute en torche. Selon Claude, ce vendredi 9 , les ballons sondes de Nîmes et de l’Observatoire de Provence sont partis en Méditerranée près de la Corse.

En ce moment, les ballons sondes franchissent des distances énormes mues par des vents très virulents au point qu’il est difficile de rassembler leur trajet sur une seule carte !

nimes le 8

La trajectoire montre à toutes altitudes une même direction  d’ouest ou ouest nord-ouest autant le 7 que le 8. A la montée comme à la descente, il n’y a pas de changement de cap. Toutefois le radiosondage de Bordeaux amorce un léger changement de direction à proximité de la Méditerranée avec le passage à un trajet de nord-ouest. Influence de la  Grande Bleue ?

Lors de nombreux radio sondages antérieurs, la direction du vent changeait dans la stratosphère au-dessus de 20 kilomètres, ce n’est pas le cas cette fois .

De même, ces derniers jours, la vitesse du vent est très forte dans la stratosphère, comme l’indique la mesure en haut à gauche du premier document, au moment d’éclater, le ballon était mu par un vent de 297 km/h. le lendemain celui de Nîmes était mu à 26,8 kilomètres de hauteur à 157 km/h. Dans les nombreux cas analysés ces derniers mois, les vitesses du vent faiblissaient au-dessus de 20 kilomètres d’altitude quand ils sortaient de l’influence du jet stream.

Dans la situation très agitée actuelle, les vents dans la stratosphère continuent ceux du jet stream dans la  troposphère en accélérant les vitesses

Ces flux sont loin d’avoir donné tous leurs secrets !

Gérard Staron

Merci à Claude

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:11

Les temps anticycloniques sont très favorables aux inversions de températures. Par un temps calme, l'air se stratifie selon sa densité, le plus froid en bas dans les plaines et bassins, le plus chaud au dessus, avec très souvent une couche de stratus et de brouillards au contact entre les deux.

inversion nov 11
Le mois de novembre a connu beaucoup de situations de ce type. le graphique des différences de températures minimales et maximales entre Saint Etienne (500m) et Montregard (1000m environ) de part et d'autre du Pilat montre que 11 jours le minimum a été plus élevé en altitude, 5 fois le maximum. (écarts négatifs sur le graphiques)

L'inversion se met en place le plus souvent pendant le calme de la nuit, ce qui correspond aux 11 jours au moment du minimum.

Le plus souvent dans les heures qui suivent le lever du soleil, l'inversion disparait. Deux fois, le 16 et le 25, elle se poursuit toute la journée puisque les deux extrèmes quotidiens de températures sont concernés, lors de deux jours particulièrement froid. le soleil n'a pas réussi à percer la masse de stratus et les bassins sont restés dans la grisaille des dépressions alors qu'il a fait bénéficier de ses rayons les secteurs situés au dessus.

La surprise vient des 5 jours, où les maximales seules sont concernées par l'inversion avec un écart énorme le 27 novembre. Dans ce cas d'autres facteurs interviennent, la masse de grisaille en provenance du nord vient buter sur le versant nord du Pilat où se trouve Saint Etienne. La nuit elle empêche la perte d'énergie par rayonnement surtout  en milieu urbain et le jour l'absence d'ensoleillement maintient les bassins dans l'air froid.

La masse de stratus n'est pas suffisamment épaisse pour passer au sud du Pilat où se trouve Montregard. le ciel dégagé provoque une perte de chaleur par rayonnement la nuit ce qui empêche l'inversion de s'installer la nuit, mais l'ensoleillement abondant fait monter le thermomètre dans la journée.

L'Allemagne au coeur de l'Anticyclone en novembre a connu encore plus d'inversions. Entre le fond Bassin Rhénan, (Rheinstetten) et le sommet de la Forêt Noire (Feldberg), on peut compter 20 jours pour les minimales et 15 pour les maximales avec 13 jours pour les deux ensembles. Des périodes de 4 et 5 jours consécutifs connaissent une inversion continue du 13 au 16 et du 21 au 25, une ténacité qui n'existe pas dans notre région. Le cas où les maximales seules présentent l'inversion est plus rare ( 2 jours) avec des différences de températures très faibles.

En Allemagne, l'inversion se limite à une stratification de l'air selon l'altitude alors que sur le Pilat il s'ajoute le phénomène de limite géographique de la grisaille entre nord et sud.

Gérard Staron

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 16:40

Chronique N°852

Le mois de novembre n’était pas terminé que le 29, la télévision annonçait qu’il serait le second plus chaud depuis le début du 20ème siècle dans notre pays, le 30 l’information était reprise par une partie de la presse écrite

Quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai relevé les températures de mon hobo de Saint Etienne : la moyenne approchée de novembre calculée selon les normes officielles ressort à 9,0° et alors que mes observations continues datent seulement de 6 ans, il y a déjà deux autres mois de novembre plus chauds, 2006 avec 9.3° et 2009 avec 9.6°, ce qui place 2011 au 3ème rang sur 6.

Pour compléter les informations sur des séries plus longues, j’ai consulté mes archives[1] de la station de Saint Etienne Bouthéon. Avec 9,8° la moyenne de novembre 2011 est devancée par celles de 2009 10.3°, de 2006 10°, mais aussi de 1994 10° et 1984 10.2°. Ceci place 2011 en 5ème position sur une série commençant à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce dernier mois de novembre a été beau, chaud mais on ne peut pas utiliser le mot « exceptionnel », puisque sa température est atteinte de l’ordre d’une année sur 10.

Si l’on passe à la station régionale de Lyon Bron, avec 9,6°en 2011, les températures moyennes de novembre 2009 (10.6°), 1994 (10.5°), 1984 (10.4°), 2002 (10.2°), 2006 (10.1°), 1938 et 1963 (9.8°) sont supérieures à celles de ce dernier mois, soit au  total 7.

Comme chaque fois que je fais remarquer des observations de ce type, la réponse est celle du village des irréductibles gaulois, « ailleurs il a fait tellement plus chaud », j’ai eu la curiosité de consulter le panel de stations françaises et européennes dont je suis les températures.

A Lille, on trouve avec de petites nuances les mêmes mois de novembre plus chauds que 2011 et ses  8.7°. 1994 avec 10.9 arrive en tête suivi de 2002, 2009, 2006, 1984, et 1951, seule nouveauté. 1997 est à égalité avec 2011.

A Charleville Mézières, les mêmes années ont eu un mois de novembre plus chaud. Dans l’est du pays, 2011 a connu un mois de novembre à peine supérieur aux normales. A Nancy Essey en plus des années  déjà citées, il faut ajouter depuis 1980,  2003, 2000, 1992 et même 1982

Sur des séries bien plus courtes, Nice dont on a vanté tout au long du mois les maximums remarquables a connu en 2006 une moyenne supérieure à 2011 (14.9 contre 14.7°). Au mont Aigoual 1994 est bien au-dessus de 2011 (6.1 contre 4.9°).

Parmi mes postes de référence, Je n’en ai trouvé qu’un seul où novembre 2011 constitue un record pour le mois : Laval avec 10.9°

Quand on passe à l’étranger pour des séries récentes. A Santander 2006 et 2009 sont bien au-dessus de 2011 (18.1 en 2009, 16.2° en 2006 et seulement 15.5° en 2011). A Francfort, avec 5.9°, novembre 2011 est bien plus froid que 2010 7°, 2009 et 2006 8.6°, 2002 8°, 2003 7.4° et 2008 6.6°…Devant l’avalanche de températures supérieures, je n’ai pas continué à fouiller un passé plus lointain L’Allemagne est décidément très fraîche en ce moment !

Comment peut-on annoncer  la seconde année la plus chaude pour un mois de novembre depuis le début du XXème siècle quand les mesures sur des lieux déterminés présentent des kyrielles de mois de novembre aux températures plus élevées ?

L’explication parait très simple, la nouvelle a été diffusée le 29 novembre, la dernière température quotidienne datait au plus tard de la veille soit du 28. Comme il s’agit d’un lundi, que le week-end est une coupure sacrée et qu’une telle information nécessite des calculs et des transmissions, les données qui ont été utilisées datent au plus tard du vendredi précédent soit du 25 novembre. Pour que la moyenne observée comprenne le mois complet il aurait fallu attendre le 1er décembre au matin, cette annonce médiatique a donc été faite sur des observations tronquées ou estimées pour les derniers jours. La chronologie des températures du mois montre que les jours les plus froids ont été les 26, 27 et 28.

Si je prends pour exemple ma station de Saint Etienne, si on arrête la moyenne du mois au 25, cette dernière ressort à 9.7° et à cette date, novembre 2011 était provisoirement celui le plus chaud devant 2006 et 2009. L’impact des derniers jours l’a fait passer en dessous des valeurs de ces années. En 2011, du 1er au 13, les températures quotidiennes sont toutes supérieures à 9°, la moyenne du mois entier. A l’exception du 21, tous les  jours qui suivent sont largement en dessous. Lors d’un mois de transition à l’entrée de l’hiver, où l’angle d’arrivée des rayons du soleil et la durée des jours baisse, il n’y a rien de plus normal que la fin du mois soit plus froide que le début. Quand on ajoute l’effet de l’été de la Saint Martin au début et le changement de la nature de l’anticyclone alimenté en air arctique sur ses arrières en fin de mois, cette tendance est renforcée. Avec l’annonce hâtive de cette deuxième place, on a simplement vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! un animal symbole du froid plus que du chaud !

Il y a au moins un point commun entre la météorologie et l‘éducation nationale. Il faut des moyennes élevées ! L’ancien professeur que j’étais dans une vie antérieure se souvient des convocations dans le bureau du chef d’établissement, les moyennes des classes étaient  basses, déjà, avec une demande plus ou moins sympathiques pour les relever. Je me souviens de ces inspecteurs qui demandaient de bonnes notes ou des moyennes élevées lors des réunions de concertations pour la correction du baccalauréat, je me souviens aussi des pressions amicales sur les collègues qui avaient une moyenne inférieure à 9 et même parfois à 10 au bac . Je me souviens, de ces collègues violemment pris à parti dans les conseils de classe quand leur moyenne était basse mais aussi de ceux qui mettaient une moyenne supérieure à 10 à tous leurs élèves pour éviter des problèmes , en particulier d’un conseil de classe où des questions étaient soulevées sur une  discipline, et le chef d’établissement de répondre « vous voyez bien que tout va bien, tous les élèves ont la moyenne ! ». Sans oublier tous ceux qui atteignent 10 après que l’on ait ajouté des points puis arrondi, une, deux, trois fois leurs moyennes à l’unité supérieure ! Le vieux professeur vous dira que le moyen le plus couramment suggéré pour avoir une bonne moyenne, quand le paquet de copies présente une qualité insuffisante, consiste à augmenter la note des meilleurs. Comment cette deuxième place de novembre est-elle obtenu ?

 Le grand point commun entre la climatologie et l’éducation, il faut de bonnes moyennes, pour valoriser les élèves dit-on, ou pour booster le réchauffement de la planète. La comparaison ferait plutôt rire, s’il n’y avait pas des enjeux de pressions sur une conférence ou de changements de société ! Le citoyen n’est d’ailleurs pas toujours dupe, à la question du journal local stéphanois : les températures exceptionnelles de novembre vous inquiètent-elles ?  67% ont répondu non. En plus elles baissent les factures de chauffage !

Il n’y a décidément que dans le monde de la Finance où la pression n’est pas à la hausse mais à la baisse des notes et moyennes. Les agences de notation ne pensent qu’à les dégrader jamais à les relever ! Elles n’ont rien compris

 Appliquera-t-on jamais à propos des moyennes dans l’éducation et en climatologie les mêmes sanctions contre le dopage dans le sport et surtout le cyclisme, 2 ans de suspension ? Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance,  Bonne semaine



[1] RMT (résumé  mensuel du temps en France)  abonné depuis 1964 et autres documents

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 22:11

Les flux de sud liés aux épisodes cévenols poussent les radiosondes envoyées par Nimes très loin vers le nord.

Merci et félicitations à Claude qui m'a transmis les documents, fruits de son captage des signaux émis dans le ciel  et  de sa chasse fructueuse!

radio sonde 25-10-11

 

Dans les deux cas, les radiosondes ont effectué un joli parcours presque rectiligne:

Celui  du 25 octobre est remonté jusqu'au pied des Préalpes de la Chartreuse près de Saint laurent du Pont. Son trajet en bleu correspond à la montée et celui en rouge à la descente après éclatement du ballon.

Celui d'hier est arrivé à Ville sur Anjou à proximité de Roussillon ( près du cercle marron sur la carte)

 

Une fois de plus l'analyse des vents en altitude est intéressante. Le déplacement du ballon et les mesures des  vitesses (barbules sur le graphique) et de la direction du vent (flèches) à différents niveaux de l'atmosphère permet une excellente observation pour un ballon qui est monté à environ 26 km.

Le violent flux de sud-ouest des basses couches atteint 30 à 45 noeuds. Le maximum de l'ordre de 80 km/h se situe vers 11 km, soit quasiment au niveau de la tropopause. Il correspond  au jet stream d'habitude d'ouest mais qui connait une forte déviation ce jour là.

A partir de 13 km d'altitude la vitesse diminue, mais la  direction reste identique jusqu'à 20 km environ

Au dessus avec des vents assez  faibles, moins de 15 noeuds, le direction change, elle passe à l'ouest  ou nord-ouest. ces mesures sont confirmées par le crochet que l'on constate dans la trajectoire rectiligne du ballon à proximité du moment où il éclate, soit au sommet de son ascension et au début de sa descente.

Quand il retrouve des altitudes plus basses, il reprend sa direction de sud-ouest jusqu'au moment où il touche le sol au pied de la Chartreuse.

 

Ceci confirme une fois de plus la diminution de la vitesse des vents dans la stratosphère mais aussi le changement de direction au dessus de 20 kilomètres d'altitude. seule nouveauté le ballon a été dévie à ce niveau par un flux d'ouest nord-ouest alors que dans la plupart des cas communiqués par Claude ces dernières années, il s'agissait à ce niveau de vents d'est faibles.

les flux dans la stratosphère gardent encore tout leur mystère

Gérard Staron

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 16:30

Chronique N°840 :

La constante solaire est-elle en baisse !

 

C’est la grande question que je viens de découvrir dans un petit article du dernier numéro de « La Météorologie », revue de la « Société météorologique de France » dont je suis membre et que j’ai reçu hier !

Vous pouvez être stupéfait. Pour tout scientifique une constante ne devrait pas pouvoir être en baisse et ceci mérite quelques explications.

Qu’est-ce que la constante solaire ? On désigne ainsi la quantité d’énergie qui parvient aux confins de l’atmosphère, sur une surface d’un centimètre carré, normalement exposée au rayonnement pendant une minute, cette quantité étant rapportée à la distance moyenne de la terre au soleil.

Pendant très longtemps la valeur de1.94 cal/cm2/mn (cal = calories) a été retenue, soit 1.94 Langley par minute ou 0.135w/cm2 (W= Watt). Une constante est toujours très pratique pour effectuer des calculs et on l’utilise encore dans de nombreuses  formules de mesure climatique, par exemple pour l’évaluation de l’ETP. On s’est vite rendu compte que le terme de constante était impropre puisque l’énergie émise par le soleil est en réalité très variable. Toutefois à la tropopause, au sommet de la troposphère, un caractère presque constant lié à l’effet régulateur des couches ozonisées a longtemps été visible et à l’époque où le mot constante solaire a été forgé, on ignorait ce mécanisme régulateur et les physiciens avaient admis  que le soleil était responsable de la quasi constance de l’énergie effectivement apportée aux couches inférieures de l’atmosphère où se situent les principaux phénomènes intéressant le climat.

Ce ne sont pas les seules variations mises en évidence, par les moyens modernes précis. Depuis le début des années 80, les instruments ERBE puis Acrim qui a fonctionné près de trente ans, ont apporté des informations concordantes avec les variations des cycles de 11 ans liées aux taches solaires. C’est ainsi que comme la constante augmente ou baisse en fonction de l’activité solaire. On retrouve ainsi des pics de réception d’énergie vers 1980, au début des années 90 et un peu après 2000, et à l’inverse des périodes de faiblesse vers 1986, 1997 et en 2008.

La dernière nouveauté a été publiée en janvier 2011 par Kopp et Lean dans « Geophysical research letters ». Ils ont traité les mesures faite par le satellite SORCE (Solar radiation and climate experiment) lancé en 2003 par la NASA et équipé du nouvel instrument TIM (Total irradiance monitor) . Ils ont découvert une baisse de 4 à 5 W/m-2. La nouvelle valeur proposée pour le minimum solaire de 2008 serait de 1360.8 Wm-2 au lieu 1365.4W/m-2, valeur admise depuis 1990.

Cette baisse fait naturellement l’objet de deux interprétations possibles.

Est-elle à mettre sur le compte d’un fait climatique avec l’évolution de la radiation solaire réellement reçue par la terre, ou d’un problème de mesure lié au changement de matériel ?  Dans ce dernier cas, l’ouverture plus ou moins large de l’orifice réceptacle qui permet à plus ou moins de rayonnement de pénétrer dans l’appareil aurait changé selon certains. Ces nouvelles mesures connues depuis 2003 ont mis très longtemps à être admises et surtout publiées. Il a fallu qu’elles soient étalonnées de façon très performantes et confirmées par l’instrument suisse PREMOS sur le satellite Picard lancé en 2010 pour qu’enfin l’on se rende compte de cette baisse en 2008 de la radiation solaire, ce que l’on nomme à tort la constante solaire.

Vous pouvez vous interroger de l’intérêt de ces découvertes et les considérer comme des querelles de scientifiques déconnectés des réalités, pourtant dans le cadre des théories actuelles sur le réchauffement de la planète, elles ne manquent pas de piment et risquent de décoiffer !

D’abord elles montrent qu’il y a un rapport entre les cycles solaires, liés aux tâches solaires et la quantité d’énergie reçue effectivement par la terre. Comme un lien est prouvé depuis longtemps entre cette énergie en provenance du soleil avec le bilan radiatif et les températures à la surface de la planète, ceci légitime le rôle du soleil comme l’un des facteurs explicatifs des températures autant avec les cycles de 11 ans que par des variations entre ces cycles !

Dans les années 70-80, la tendance était de placer à la hausse cette constante solaire (jusqu’à 1390 W/M2 selon certains auteurs), les différentes découvertes récentes montrent une rupture avec une baisse sensible en particulier lors du minimum de 2008. Ceci peut être mis en  perspective avec la période de réchauffement commencée vers 1975 pour se terminer dans les premières années de ce siècle.

Au niveau des cycles de 11 ans, il est curieux de constater la concordance du point bas des températures vers 1996-97 et du précédent minimum solaire de l’avant dernier cycle, de même la hausse jusqu’au début des années 2000 avec le maximum d’énergie reçue. On peut aussi lier la chute des températures après le maximum de 2006 dont je vous ai si souvent parlé sur l’Europe et le nouveau minimum de la radiation solaire après 2008 avec même un temps l’absence de taches solaires comme à l’époque du petit âge glaciaire. Cet article de janvier 2011, établit le maillon qui manquait pour effectuer le lien entre l’évolution des températures et la radiation en provenance du soleil : l’énergie fournit par l’astre.

La théorie du réchauffement par le développement des gaz à effet de serre, liés à l’action humaine, trouve de plus en plus un rival susceptible lui aussi de mesurer l’évolution du climat et surtout de ne pas le limiter à une hausse sans fin des températures. Naturellement par de savants calculs, on arrive à montrer que cet action du soleil est mineure par rapport à l’effet de serre, j’ai trouvé des estimations qui  minorait cette influence jusqu’à la rendre marginale. Il n’en reste pas moins que l’on se trouve actuellement en Europe entre 1,5° et 2° en moins par rapport au maximum de 2006. La baisse a même parfois atteint 3° en décembre dernier, au moment d’un minimum d’énergie en provenance du soleil avec une double baisse : le point bas du cycle de 11 ans et sa diminution par rapport aux autres cycles antérieurs.

Naturellement le responsable de la rubrique qui a commis l’article révélant ces nouveautés, est d’une prudence de Lynx, et on peut le comprendre par les temps qui courent, mais il signale quand même que l’article de janvier dernier pourrait « bouleverser toutes les recherches sur le bilan radiatif de la terre ». Sa conclusion lui permet de renvoyer le problème aux calendes grecques « La publication de cette découverte ne peut que faire regretter l’échec du lancement du satellite Glory dont l’instrument devait confirmer les mesures de Score ». En effet ce satellite lancé de la base de Vandenberg en Californie le 4 mars 2011 est allé s’écraser dans l’Océan Pacifique. Déjà en 2009, le lancement du satellite OCO par une fusée Taurus avait connu le même sort.

La question risque donc de rester en suspens encore très longtemps, mais cet article de janvier 2011 devrait faire réfléchir. Il pourrait substituer à la théorie d’une hausse sans fin des températures en liaison avec les rejets de gaz à effet de serre, avec des fonctions mathématiques conformes à l’esprit linéaire de l’homme , une évolution cyclique susceptible d’introduire des périodes de baisse plus conforme aux rythmes de la nature. Cette constante solaire, pas si constante, a toutes les chances d’apporter un peu de rififi dans le monde de la climatologie, précisant le maillon qui faisait défaut, entre les températures et la radiation solaire !

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur les ondes de Radio Espérance. Bonne semaine à tous.

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