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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 10:46

L’enneigement sur le versant nord du Pilat

Hiver 2011- 2012

Gérard Staron

 logo.jpg

Article sur " le Météo fil" N°76 avril 2012

 

La neige a été un phénomène en pointillé jusqu’au 28 janvier. Dans la ville des chutes en fin de nuit,  tiennent la matinée mais le manteau, limité à une pellicule peu épaisse disparait très vite jusqu’à des altitudes élevées.

La grande période nivale commence le 28 janvier. Le lendemain, la neige couvre la ville et ceci jusqu’au 16 février. L’épaisseur maximale intervient la veille 15 février avec 10 centimètres. Les couches liées au redoux interviennent avant le début de la fusion à un moment, la mi-février, qui correspond le plus souvent au maximum de probabilité de l’enneigement[1]. Le manteau disparait ensuite par tranche d’altitude et le 27 février il a disparu de ma vision.

En mars, La neige n’est plus capable d’atteindre la ville, même si elle est très près le 6. Les chutes ultérieures ne peuvent blanchir quelques jours que les pentes du Pilat, le plus souvent au dessus de 800 mètres et persistent peu. L’épisode le plus long dure du 18 au 22 mars.

 

nombre de jours d'enneigement

     

versant  nord du Pilat

       

altitudes

décembre

janvier

février

mars

 total

moyenne (03-10)

1000 m

8

8

27

9

52

78,2

900 m

7

4

25

7

43

64,2

800 m

5

3

25

2

35

54,2

700 m

5

3

23

1

32

46,4

600 m

5

3

18

1

27

37,2

500 m

5

3

16

0

24

29,2

 

En dépit de la longue période enneigée de la fin janvier à la mi-février, Le bilan global de l’enneigement est déficitaire depuis le début de ce type d’observation en 2003. Les épaisseurs sont restées ridicules. Dans la ville 10 cm sont très loin des couches historiques,  54 cm du 2 janvier 1971,  42 cm du 12 décembre 1990, 41 cm du 26 novembre 1982, comme de celles plus récentes, 38 cm du 10 janvier 2010. Le nombre de jours de chute atteint péniblement 16 dans la ville à 500 m alors que sa moyenne dépasse habituellement 20. La durée globale est un compromis entre la douceur globale du début et de la fin de la saison froide  et l’extrême rigueur de février. Elle est inférieure à la moyenne observée depuis 2003, toutefois cette dernière est largement supérieures aux valeurs antérieures connues.

 Un hiver de type continental, avec l’arrivée de l’anticyclone russo-sibérien ne dépose jamais de grosses couches dans la région, une pellicule au début et ensuite une petite couche à l’arrivée du redoux. Le froid l’emporte sur la neige.

Au contraire, le douceur océanique de décembre et janvier manquait de froidure pour déposer de la neige. Cette dernière n’a pu se produire de façon ponctuelle qu’au maximum du refroidissement nocturne, avant que la journée ne fasse tout partir !

Les longues périodes anticycloniques de mars n’étaient pas de nature à permettre un enneigement substantiel.



[1] G. Staron « L’hiver dans le Massif central » 1993 Publications de l’Université de Saint Etienne

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:38

logo.jpg

 

Le Météo-fil.

en Rhône et Loire


Vous trouverez bientôt sur le site de l'AMRL, le bulletin N°76 de l'association des météorologistes d'entre Rhône et Loire.

Sa parution vient de reprendre après une interruption depuis l'été 2011.

 

Sommaire:

Editorial

Février en France et dans le Monde

La vague de froid de février 2012 dans le Rhône....... et dans la Loire

L'enneigement sur le versant nord du Pilat ( saison froide 2011-2012)

Bilan de l'eau à la fin de la saison froide 2011- 2012

observations des différents postes ( 30) et graphiques

 --- les précipitations de mars 2011 dans la Loire  et le Rhône

 --- Palmarès des maximums de températures les plus élevés de mars 2012

 --- températures de mars 2012 et normales 1981-2010 à Andrézieux et à Bron

Si vous etes intéréssés vous pouvez prendre contact par un commentaire sur  ce blog

A très bientôt

 

Gérard Staron

président de l'A.MR.L.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 23:18

Chronique N°867

Pendant cette saison froide la banquise a connu une évolution atypique. La dernière mention dans cette chronique date de mi-janvier où les sites qui mesurent l’extension des  banquises, en particulier « cryosphère today » mentionnaient une superficie globale légèrement supérieure à la moyenne depuis 1979. Plus précisément le très léger déficit de la banquise arctique d’alors, était compensé par un excédent un peu supérieur de celle de l’Antactique

Au 21  mars nous sommes revenu quasiment à une situation semblable. Les surfaces marines englacées de l’arctique sont encore très proche du maximum d’extension du 19 mars avec 13.7 millions de km2, soit un léger déficit de 0.3 millions de Km2 par rapport à la moyenne depuis 1979 du même jour. Celles de l’Antactique qui ont connu un mois plus tôt leur minimum le 23 février commencent une nouvelle croissance avec  3 millions de Km2 et un excédent d’extension qui compense strictement le déficit de l’Arctique. Cette situation équilibrée ne s’était pas produite depuis la première moitié de  2010.

L’évolution inverse de la superficie des deux banquises correspond aux mécanismes saisonniers opposés entre les deux hémisphères. Avec des décalages liés à l’inertie des phénomènes climatiques et marins.

 Ceci induit que les surfaces marines englacées connaissent actuellement leur maximum dans l’arctique. Il intervient à la fin de la saison froide  On se situe encore à des niveaux quasiment équivalents de celui du 19 mars et rien ne dit que dans les prochains jours ce dernier maximum ne sera pas battu, mais dès le courant du mois d’avril  la fusion provoque une rétractation de la banquise jusqu’au mois de septembre. Au contraire dans l’Antarctique, on sort de la saison chaude et après un minimum lié à la fusion  qu’elle a provoqué, les surfaces marines englacées entrent à nouveau dans une période d’augmentation qui débouche sur un maximum fin septembre.

Ces dernières années, la banquise arctique se situe systématiquement en dessous de sa moyenne d’extension depuis 1979 avec parfois des déficits importants comme en 2007 et en 2011. Le fait est très souvent martelé par les médias. Par contre, celle de l’Antactique présente une tendance inverse avec une superficie régulièrement supérieure à cette moyenne pendant les dernières années. Cet aspect est moins connu.

Globalement 2012 montre déjà une extension des banquises bien meilleure que celle de 2011. Pour le maximum d’extension de celle de l’Arctique,  5 années ont déjà connu une superficie maximale plus faible 2004,5,6,7 et 2011. Après celui très bas de 2011 qui avait à peine dépassé 13 millions de km2, le maximum de 2012 montre une nette augmentation avec 13.7 Millions de Km2 et stoppe la tendance baissière.

Dans l’Antactique, le minimum annuel d’extension de la fin février avec environ 2 millions de KM2 se situe à un haut niveau. Depuis 1979, seules 7 années ont connu une surface englacée plus étendues au moment du minimum annuel de février contre 25 années où l’extension a été bien plus faible qu’en 2012.

Globalement il n’y a donc pas lieu de tenir actuellement un discours catastrophiste concernant la disparition de la banquise et après une année faible 2011 dans l’arctique, la tendance serait plutôt à une légère reprise des surfaces marines englacées.

L’aspect intéressant de ce début 2012 est cependant ailleurs. Il porte sur l’évolution des surfaces depuis le début janvier.

Dans l’Antactique, cette dernière a été très régulière. La superficie englacée de l’ordre de 5 millions de km2 au changement d’année a continué de baisser lentement jusqu’au minimum du 23 février puis a amorcé ensuite la reprise. L’évolution ne présente aucun accident majeur, seule une petite pointe le 29 février peut être signalée, un phénomène mineur qui affecte peu la régularité du mécanisme saisonnier.

Tel n’est pas le cas de l’Arctique, la croissance des surfaces englacées est rapide jusqu’au 14 janvier où elles atteignent 12.45 millions de KM2, ce qui place 2012 dans une bonne moyenne depuis 1979. Subitement ces surfaces chutent brutalement et tombent à 12.1 millions de Km2 le 17 janvier, évolution surprenante à un moment où aurait dû  continuer la phase de croissance. Cette indigence de la banquise arctique se poursuit pendant un mois puisqu’il faut attendre le 11 février pour que sa superficie dépasse celle qui était déjà la sienne au 14 janvier.  Ensuite la croissance reprend rapidement avec un premier maximum à 13.68 Millions de KM2 le 3 mars, battu par un second le 19 mars.

Cette évolution est inégale selon les différentes parties maritimes qui composent l’ensemble arctique. Quasiment invisible sur l’ensemble de l’Océan gl          acial arctique, cette période de faiblesse de la glace marine  apparait différemment sur les différentes bordures. Fortement visible en mer d’Okhotsk et de Béring  coté pacifique, elle apparait avec un retard en février en mer de Kara et de Barents et très faiblement dans la zone du Labrador.

Force est de constater qu’il n’y a pas de lien entre cette faiblesse de la banquise de la mi-janvier à la mi-février et l’hiver chez nous, puisque nous avons connu à ce moment là la vague de froid la plus importante depuis 1985  et l’extension maximale de l’anticyclone sibérien qui en était responsable du froid sur l’Europe

Quel phénomène a pu provoquer cette évolution erratique entre la mi-janvier et la mi-février avec cette période de recul et d’indigence  des glaces de mer arctiques ?

Au même moment, il a été fait mention d’une vague d’aurores boréales  accompagnant  des orages géomagnétiques solaires qui ont perturbé les ondes terrestres. Le maximum du phénomène a eu lieu entre le 19 janvier avec des aurores boréales importantes à Trondheim en Norvège et à Abisko en Suède et le 24 janvier. L’éruption solaire des 22 et 23 janvier a été très importante, « une belle bête » selon Ludwig  Klein de observatoire de Paris, mais elle n’a pas rivalisé avec celle de 1989 qui avait provoqué au canada et aux Etats unis une panne électrique de 9 heures. D’autres ont été observées de l’espace  par la NASA jusqu’au 13 février, mais après cette date je n’ai plus trouvé de nouvelles mentions.

Ce phénomène solaire est-il de nature à perturber par l’énergie supplémentaire qu’il dégage le développement de la banquise ? En effet les aurores boréales accompagnent les orages solaires, liés aux pics d’activité solaire avec un afflux de particules éjectées par l’astre. L’activité solaire a été très faible de 2008 à 2010, l’astre s’est réveillé et a connu un paroxysme d’activité à ce moment-là.

Autre mystère, il s’agit d’un phénomène qui aurait dû affecter de nature équivalente l’ensemble de la planète. Pourquoi l’antactique n’est-elle pas concernée ? Pourquoi son impact est-il inégal selon les zones de l’Arctique ?

S’il est logique que le phénomène n’ait pas abordé la partie centrale de l’ensemble en pleine nuit, pourquoi apparait-il de façon différente sur les différentes bordures en importance et avec des décalages dans le temps ?

 Même s’il ne m’appartient pas de conclure, La concordance dans le temps de cette faiblesse de la banquise arctique et de ces éruptions solaires est troublante  entre la m- janvier et la mi-février. Ce lien éventuel mériterait d’être étudié, il pourrait aiguiller l’étude de l’évolution de la banquise et du climat vers d’autres facteurs explicatifs que ceux martelés quotidiennement. Ne faut-il pas traiter toutes les pistes possibles en matière scientifique ?

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, bonne semaine à tous.

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 16:41

Enneigement sur le versant nord du Pilat (février 2012)

 

Février a regonflé les statistiques d’enneigement de l’hiver 2011- 2012 bien indigentes jusque-là.

L’épisode neigeux commencé le 29 janviers s'est poursuivi dans la ville jusqu’à la moitié du mois. Ensuite le manteau a régressé par tranches d’altitudes successives pour disparaitre le 28 sur les hauteurs au-dessus de Salvaris.

Si la durée d’enneigement est maintenant supérieure aux moyennes dans la ville, le retard de la première moitié de la saison n’a pas été complètement rattrapé sur le massif. Les épaisseurs sont restées médiocres avec un premier maximum de 8 cm le 3 février et un second de 10 cm le 15.

Voici le récapitulatif par tranches d’altitudes :

 

Durée de l’enneigement au sol en jours


Altitudes               février          total hiver

1000m                     27                  43

900m                       25                  36

800m                       25                  33

700m                       23                  31

600m                       18                  26

500m                       16                  24

 

Nombre de jours de chutes de neige


Saint Etienne           8                   16

 

Epaisseur maximale

Saint Etienne         10 cm le 15

 

G.Staron

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 18:53

Quelles sont ces lignes de nuages parralèlles, avec une légère courbure aux extrémités que l'on trouve dans la France du sud?

Le reste du pays présente un très beau ciel dégagé à l'exception de la perturbation qui déborde à partir  des côtes de la Manche. Le ciel est si bleu que la neige des  Alpes est parfaitement visible!

nuages de jet 27-02-12

Ces lignes sont nettement déssinées avec 4 bandes sud-ouest nord-est légèrement arquées du Limousin à la crête majeure du Massif central du Cantal au monts Dômes.

Plus au sud, les masses nuageuses sont plus confuses avec des bandes moins visibles.

 

L'image du satellite américain NOAA, transmise comme toujours par Claude ( merci à lui), date d'hier 27 février en début d'après-midi.

Au sol la zone se situe en limite de l'anticyclone centré sur la Bretagne. En altitude, au niveau de la surface des 500 hpa le secteur se situe dans le courant du jet stream  perpendiculaire à la direction des nuages avec un vent de 35 à 50 noeuds.

Il s'agit d'un "ciel de jet".

les nuages qui se trouvent aux abords du jet, s'organisent sous l'action des vents violents en longues bandes d'altocumulus ou de cirrocumulus étirés dans le sens du courant et qui présentent souvent des ondulations transversales.

La position par rapport aux centres d'action correspond parfaitement, par contre les reliefs introduisent une déformation qui altère la régularité et l'alignement des bandes. La position d'abri des Limagnes stoppe le mécanisme.

En Méditerranée, une reprise partielle est visible entre Baléares et Sardaigne, ces ciels de jet peuvent aussi provoquer une trainée unique qui raie l'horizon comme dans dans ce dernier cas.

Ces manifestations grandioses qui traversent le bleu du ciel ne peuvent passer inaperçues

Gérard Staron

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 19:15

Chronique N°863

Si la vague de froid de février 2012 risque de rester dans les mémoires, le déroulement météorologique du mois ne manque pas d’intérêt !

La première phase correspond à la vague de froid dont l’intensité a approché celle de février 1956. Comme nous l’avons déjà présenté, les minimums ont souvent été un ou deux degrés au-dessus de 1956 avec un grand froid (températures en dessous de -10°) très persistant pendant toute cette première moitié du mois. Dans la plus grande partie de la France, le gel a été continu des derniers jours de janvier à la mi-février. La France a constitué l’appendice occidental de l’anticyclone russo-sibérien qui a envoyé ses températures polaires avec un flux de nord-est persistant, souvent accéléré dans la région par l’attraction de la dépression du Golfe de Gènes.

La seconde phase a provoqué le redoux neigeux de la moitié du mois. C’est toujours un air arctique qui arrive, mais après avoir traversé l’Atlantique nord. Pendant ce trajet il a pu se radoucir un peu jusqu’à 6 et 7 °, se charger en humidité qu’il vient ensuite déverser sur le continent. Ces perturbations en s’empalant dans l’air très froid qui précède, déposent le 13 et le 14 de la neige dans un premier temps avant de provoquer le redoux avec de la pluie en plaine.  C’est ainsi que dans les zones de montagne comme le Massif central, les nouvelles couches blanches s’ajoutent à la faible pellicule précédente pour donner le maximum d’épaisseur le 15 du mois. C’est le cas à Saint Etienne avec 10 cm le 15 au matin, mais aussi sur les hauteurs du Pilat ou du Haut Vivarais avec 25 cm environ. Ensuite les températures remontent en plaine et la neige disparait des régions de basse altitude jusqu’à 600 mètres environ. La géographie de l’enneigement change, d’une bande de plaine en bordure de l’anticyclone de la Flandre jusqu’au bassin Aquitain en passant par l’ouest du pays, elle devient à nouveau un phénomène associé aux reliefs, dès leurs premières pentes.

Avec ce redoux neigeux de la mi-février, l’hiver 2012 a respecté le maximum d’enneigement de la saison que l’on observe presque chaque année dans les probabilités[1]. En effet ces dernières montrent une accentuation du risque de neige au sol avec un maximum à la date du 16 février avec plus de 3 années sur 10 de couverture du sol à 500 mètres et plus de 1 année sur deux à 1000 mètres sur le Massif central. Cette pointe dure peu puisque qu’elle n’est pas visible 10 jours avant ou après !  Autre particularité la seconde décade de février connait selon les probabilités une recrudescence de temps perturbés de nord ou de nord-est avec le maximum de l’hiver. Les mêmes types de temps ont apporté la neige cette année à la mi février sur les massifs montagneux. Après avoir été exceptionnel au début de février, l’hiver est devenu à nouveau normal à partir du milieu du mois.

Depuis le début de cette semaine, l’anticyclone sibérien a tenté de reprendre possession de l’Europe occidentale.

Il y est arrivé au niveau des gelées. Ces dernières ont recouvert à nouveau chaque matin l’ensemble du pays à l’exception d’une partie des littoraux. Du 20 au 22 février seuls échappent aux températures négatives matinales quelques côtes éparses avec celles de la Flandre, des pointes du Cotentin et de la Bretagne, Les landes autour du bassin d’Arcachon et du Pays Basque. En Méditerranée, il s’agit du Languedoc Roussillon et de la Côte d’Azur. Il faut attendre l’arrivée de la perturbation du 23 février pour qu’une grande partie du Bassin parisien soit délivré des gelées.

Les niveaux de froid ont été importants. Le grand froid (-10°)  a été systématiquement atteint sur les plateaux du Jura et ceux du cœur du Massif central. Le 22 février le thermomètre descend à -9.9° au Puy Loudes et -9,1° à Aurillac. Dans les bassins intramontagnards il est mesuré de l’ordre de -8° en Alsace à Colmar comme sur le versant lorrain des Vosges à Epinal ou Vesoul. En plaine, Nevers et Romorantin ont subi des niveaux semblables. La plus grande partie se réveille le matin en dessous de -5° !

La grande différence avec les 15 premiers jours du mois affecte les températures maximales, systématiquement positives dans la journée avec des niveaux qui ont souvent dépassé 10° alors qu’il gelait le matin.

Cette différence d’intensité du froid entre les deux parties de février s’explique très bien.

D’abord par une plus grande efficacité des rayons du soleil. La durée des jours est plus longue et l’angle d’incidence a aussi augmenté. Au début du mois, le soleil était incapable de compenser la masse de froid qui arrivait en provenance du nord-est. Dans la seconde partie, il est capable d’imposer son influence dans la journée pour compenser la domination du froid de la nuit..

Par ailleurs l’alimentation en air froid continental n’a pas pu s’établir complètement contrairement au début du mois. Les températures qui règnent sur l’est de l’Europe sont déjà moins glaciales, ensuite la provenance de l’air depuis la  Russie n’est pas directe et elle est perturbée par la présence d’une dépression d’altitude sur l’Europe centrale. L’alimentation en air froid est moins nette.

Ce mois de février est un excellent exemple des contradictions de mise en place de la neige et du froid. Les températures très basses ne sont jamais accompagnées de grosses chutes de neige et inversement. La zone très froide a peu de neige et celle-ci est rejetée sur les bordures au contact de l’air doux. La partie neigeuse a été celle du redoux de la moitié du mois alors que les phases de froid ont été sèches.

Cette opposition est aussi géographique selon les différents massifs montagneux. En raison de la haute altitude et de la configuration des reliefs, elle est moins visible sur les Alpes. Par contre elle a toujours été le problème de l’hiver sur le Massif central. De même à l’échelle de la planète, Russie et Sibérie ont peu de neige

La comparaison entre février 2012 et février 1956 déjà commencée, est légitime pendant la première partie du mois, elle perd ensuite une partie de sa pertinence. Du 15 au 17, l’anticyclone sibérien est au maximum de sa puissance en 1956 alors qu’il décline fortement en 2012. Il en résulte une nouvelle vague de températures très basses le 15 février 1956 avec -23.3° au Puy -21.4° à Lyon ou  -19.6° à Dijon que l’on ne retrouve pas en 2012.

Autre différence, les températures très basses continuent jusqu’à la fin du mois en 1956. Seules les régions méditerranéennes sortent de la zone de froid à partir du 20 février, alors que sur le reste du pays les gelées extrêmement sévères continuent jusqu’au 28. Par exemple la température minimale atteint encore -13.1° le 28 février à Strasbourg, elle était en dessous de -10° de façon quotidienne depuis le 16 février. Les températures maximales deviennent positives selon les régions entre le 25 et le 27 février de façon bien plus tardives qu’en 2012.

Autant la fin du froid a été brutale en 1956 avec une hausse spectaculaire des températures dans les deux derniers jours du mois, autant la sortie est bien plus progressive et chaotique en 2012 avec des phases successives de retour et de repli  de l’hiver.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance,  , bonne semaine à tous.

 

 



[1] G. Staron « L’hiver dans le Massif central » 1993 thèse de doctorat d’Etat, publications de L’Université de Saint Etienne.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 20:19

La trajectoire suivie par le ballon sonde envoyé de Nimes et suivi par Claude (merci) avec sa prévision initiale ( trait plus fin) peut suprendre.

 

RS nimes 24-2-12

 

 Lors de sa montée ( en jaune)  le ballon est pris dans le flux d'est méditerranéen lié à la dépression du golfe de Gènes. Il longe d'abord la plaine du languedoc avec une vitesse assez réduite.

 

  Arrivé dans la stratosphère, le ballon est en panne de vent et tournoie avec une suite d'allers et retours méridiens. Après avoir éclaté ( passage à la couleur rouge) le ballon continue dans ses tribulations méridiennes jusqu'au moment où descendu suffisamment bas il est repris par le courant d'est qui rêgne dans la troposphère.

    Au total le trajet du radio sonde a formé une double boucle curieuse, étirée dans le sens nord sud dans la stratosphère et contrairement aux exemples précédents, les instruments et le parachute sont retombés à moins de 40 km du point de départ après avoir passé sur le Vidourle : un trajet bien court comparé à ceux des derniers mois !

Les flux dans la stratosphère ne manquent pas de surprises!

Gérard Staron

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 17:09

Depuis 3 jours, les radiosondages de NImes vont se perdre en Méditerranée au large de la Camargue après un parcours semblable.

Voici le trajet de celui d'aujourd'hui ( 15 février 2012 envoyé à 12 h UTC, 13 h locales) tel qu'il a été capté et transmis par Claude merci à lui.

R.S nimes le 15-2-12

La partie en jaune du radio sonde correspond à la phase d'ascendance. Après l'éclatement du ballon, celle en rouge à sa chute avec un parachute. La trace a été perdue dans la descente à un peu plus de 7000 mètres d'altitude.

Les principales étapes du trajet sont les mêmes sur les lancers des 13, 14 et 15 février avec une situation atmosphérique semblable.

Dans un premier temps le ballon est entrainé vers la Méditerranée par le violent flux de nord qui circule sur le flanc de l'anticyclone centré sur l'Atlantique. Ce dernier ne se limite pas à l'influence du mistral dans les basses couches, il s'amplifie au niveau de la surface des 500 hpa avec des vitesses supérieures à 30 noeuds.

A assez haute altitude probablement plus de 20 km, la trajectoire du ballon change progressivement de direction pour prendre une orientation nord-ouest sud-est jusqu'au niveau de son éclatement. les jours précédents le changement de direction était plus net avec une composante ouest-est plus marquée!

Après l'éclatement, changement de couleur, les instruments et le parachute suivent  des orientations symétriques, nord-ouest sud-est dans la stratosphère, puis reprise par la courant méridien nord-sud à des niveaux plus bas.

Selon une trajectoire d'un collègue de Claude qui a suivi plus longtemp la descente jusqu'à 3100 mètres, une légère amorce d'inflexion vers l'est correspond au changement des vents visibles dans la troposphère qui circulent autour de la dépression en Méditerranée!

Tous les derniers radio sondages effectués depuis janvier semblent montrer qu'actuellement dans la stratosphère des vents à composante d'ouest se substituent à ceux de la troposphère quelque soit la direction de ces derniers.

Dans le passé de nombreux cas de vents d'est dans la stratosphère, opposés à la direction actuelle, ont été constatés. Dans quels circonstances trouvent-on ces alternances de direction dans la stratosphère?

Gérard Staron

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 21:34

Claude, merci à lui, vient de me transmettre le trajet effectué par le ballon école de Vaulx en Velin dans sa montée puis sa descente, Félicitations aux élèves et leurs enseignants.

 

ballon69-9-2-12

--Lors de sa montée, en jaune sur le document,

 

Ce dernier est d'abord  entrainé par le courant de nord- nord-est  dans la troposphère. Le ballon suit le rebord du pied du Massif central du Pilat aux monts du Vivarais ,

Au dessus, Dans la stratosphère, il est progressivement déviée par un courant d'ouest à la latitude de Tain Tournon. Ce dernier l'envoie au dessus du fleuve où il éclate approximativement

 

--Dans sa descente, parachute en rouge,

il reprend la direction nord-sud qui le conduit vers Montélimar.

 

Contrairement à l'époque des tempêtes de décembre et janvier, où la direction des vents à tous niveaux était semblable avec des vitesses très rapides, on retrouve des cas des vents où cette dernière change dans la stratosphère avec une orientation perpendiculaire !  Souvent ce changement a été observé avec une trajectoire d'est, cette fois il s'agit de l'ouest !

 

A l'exception de ce crochet stratosphérique, on peut observer la coincidence entre le trajet du ballon et le sillon rhodanien.

 

Un exemple de plus pour percer les secrets des vents de la stratosphère!

 

Gérard Staron

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 11:37

Chronique N°858


L’année 2011 est incontestablement une année chaude, mais est-elle pour autant le record absolu depuis le début du XXème, annoncé à grands renforts de trompes sur notre pays ?

Là encore on rentre dans un problème de calcul puisque la mesure de température s’effectue sur un lieu précis alors que l’annonce sur la France nécessite une pondération géographique et mathématique.

Pour les postes où je dispose d’une série très longue, 2011 a été l’année la plus chaude au Puy Chadrac avec 11.3° devançant 2006 et 1994 (11°) pour une série commencée en 1929.

A Saint Etienne Bouthéon, avec 12.5°, 2011 est à égalité avec 1994 et à peine devant 2006.

Sur des séries plus récentes ne comprenant pas l’année réputée la plus chaude 1994, 2011 est effectivement la plus chaude depuis 1997 à Laval, Lille, au Mont Aigoual, mais ce n’est pas le cas à Nice où 2003, 2006 (16.7), 2007 (16.6), et 2009 (16.5) devancent 2011 (16.4).

Par contre 2011 n’est pas la période de 12 mois consécutifs la plus chaude dans notre pays. En effet les températures moyennes coulissantes montrent que la période mai 2006-avril 2007 ou juin 2006-mai 2007 est encore très supérieure au niveau thermique à la moyenne des 12 mois de 2011 (graphique joint).


tempe coul 12-11


A fin décembre 2011, les moyennes coulissantes sur 12 mois sont inférieures entre -0,6° au mont Aigoual et environ  -1° pour les autres stations Françaises que je suis (Nice, Laval, Lille, Montregard  et Saint Etienne) par rapport aux 12 mois se terminant en avril ou mai 2007.

Pour les stations européennes, à fin décembre, les moyennes coulissantes sont inférieures dans de mêmes proportions entre -0.4° pour Santander et  -1.5° pour Dublin et Francfort.

Comment expliquer de telles différences ? La montée des températures a correspondu strictement en 2011 à l’année civile, comme la baisse de 2010 avait fait de même. On se trouvait à fin décembre 2010 à des niveaux très bas par rapport à ceux du maximum des 12 mois précédant avril ou mai 2007. Souvenez-vous une baisse supérieure de plus de 3° à Lille, Dublin, Francfort, Le mont Aigoual et Montregard et de 2° à Nice, Laval et Saint Etienne.

Au contraire, les maximums thermiques antérieurs correspondaient à des milieux d’années.  les 12 mois avant avril ou mai 2007 et avant septembre 2002, au niveau de l’année civile ont été pondérés par les autres, fin de l’hiver froid 2005-2006 ou début de celui 2002-2003 !

Il est donc difficile de tirer des conclusions des moyennes de l’année civile 2011. Après une période de stabilité ou de refroidissement des températures de mi 2007 à 2010, nul ne peut conclure que le réchauffement aurait repris sur notre pays en 2011 tant que les moyennes coulissantes sur 12 mois encore très inférieures ne seront pas passées au-dessus du maximum de mai 2006 à avril 2007. Les premiers mois de 2012 seront décisifs, la hausse se poursuivra-t-elle encore, il reste à combler 1° environ  ou selon la succession de cycles de l’ordre de 2 à 3 ans, la baisse reprendra-t-elle ? 2011 n’aurait été alors qu’un accident isolé ! A suivre !

Un autre élément risque d’éclairer cet aspect. L’année 2011 n’a pas été une année abondante pour la superficie de la  banquise selon le site « cryosphère today »  résultant des mesures de nombreux organismes officiels et universités américaines. Pour l’Arctique, le maximum de mars 2011 a été l’un des plus faibles et le minimum de septembre 2011 a été à peine supérieur à celui de 2007. En Antarctique, la tendance est plutôt ces dernières années à une augmentation de la banquise et en 2011  il n’y a pas eu de pointe supérieure à la moyenne depuis 1979 contrairement aux années précédentes. En janvier 2012 ces manques ont été comblés puisque les superficies maritimes englacées du globe ont dépassé la moyenne quelques jours avec un très léger déficit en arctique (-0,4 M km2) compensé largement par un excédent en antarctique (+0,5 M km2).  Cet excédent, même limité dans le temps, ne s’était pas produit depuis le milieu de 2010 et en janvier depuis 2008 ! La faiblesse de la banquise de 2011 n’est pas descendue au niveau de la superficie réduite de 2007 et la situation actuelle semble montrer qu’elle serait repartie vers la croissance ou au moins la stabilité, là aussi phénomène à suivre !

2011 a été une année chaude, de faible superficie de la banquise surtout arctique, mais  il est difficile d’évoquer une reprise du réchauffement simplement un rattrapage de l’évolution depuis 2007! Les mois qui viennent donneront des indications sérieuses.

Sur notre pays, comme je le précisais dans la deuxième partie de la chronique N°856 : analyse des tempêtes des 3 et 5 janvier 2012 , 2011 n’a pas connu de catastrophes majeures d’origine climatique. Pour les inondations océaniques ou méditerranéennes, les tempêtes, les orages, la sécheresse, les calamités sont restées de second niveau. Peu d’incendies de forêt des régions méditerranéennes ont été dénombrés. Au niveau mondial, le tremblement de terre et le tsunami du Japon a été l’événement majeur, mais le climat et le réchauffement de la planète n’y sont pour rien !

Le 15 novembre, le résumé exécutif du rapport spécial sur la gestion  des événements extrêmes et des désastres naturels pour améliorer l’adaptation au changement climatique a été publié par le GIEC( Groupement international d’études sur le climat) et a fait l’objet d’un article dans le bulletin de la SMF (Société Météorologique de France) sous la signature de  Jean Claude André.

Ce document est d’une extrême prudence pour tout ce qui touche aux problèmes liés au cycle de l’eau. Les scénarios relatifs aux événements hydrologiques sont très incertains,  plutôt une légère tendance « likely » à l’augmentation des épisodes de précipitations intenses. Le nombre des cyclones tropicaux serait peu enclin à augmenter « low confidence ». Une évolution géographique des sécheresses présenterait une relative confiance avec une augmentation en Europe et Afrique de l’ouest et une diminution en Amérique centrale et Australie du nord-ouest. La seule légère crainte hydrologique  serait au niveau de la moindre disponibilité de l’eau au niveau du nombre des jours consécutifs sans pluie et de la diminution de l’eau stocké dans la partie superficielle des sols.

L’augmentation des dommages  liés aux phénomènes météo-climatiques « résulte principalement d’une augmentation des personnes et de la valeur des biens exposés et une éventuelle part du changement climatique n’y est pas décelable ».

L’impact très probable du changement climatique  serait une diminution du nombre de journées et nuit froides et une augmentation des journées chaudes. Quand on claironne le réchauffement comme le GIEC, ce serait se déjuger que d’annoncer l’inverse !

Ce rapport modère en grande partie le discours, largement développé ces dernières années, d’une augmentation significative des catastrophes d’origine climatique en liaison avec l’augmentation des températures du globe ! Son extrême prudence traduit les hésitations du GIEC. Quand on sait que le GIEC est l’organisme en pointe sur le réchauffement de la planète, ceci devrait inciter à la prudence et limiter les surenchères.

« Je sais que je ne sais pas » pourrait être le résultat de l’analyse de la situation climatique actuelle. Le réchauffement stoppé de 2007 à 2010 est-t-il reparti avec  l’année chaude 2011 ou cette dernière n’était-elle qu’une variation mineure? Le GIEC a appliqué aussi cette  maxime pour l’impact du changement climatique sur les catastrophes ? Les cassandres de l’apocalypse devraient aussi la méditer ?


Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, bonne semaine à tous

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