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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:05

Les tribulations du radio sondage de Payerne ont pu être suivies de façon intermittentes mais elles ne manquent pas d'intéret météorologiqu.

Rs Payerne (3)-copie-1

Vous les trouverez rassemblées sur deux cartes , à gauche celle permettant de voir l'ensemble du trajet depuis l'origine Payerne , en haut , à droite celle à plus grande échelle pour analyser la partie la plus intéressante du parcours.

Au départ la sonde est prise dans le flux de nord lié dans les basses couches de l'atmosphère  à partir du point de lancement Payerne.Sa période de montée est ici transcrite en jaune.

Le début de l'enregistrement des signaux commence alors qu'elle atteint un peu plus de 10 kilomètres d'altitude au peu au sud de Romont dans la plaine centrale Suisse et se dirige en direction du Lac léman. Sa trace est une première fois perdue un peu au nord du lac à 11h 36 alors qu'elle arrive à 13840 m d'altitude.

On la retrouve à 11h 56 alors qu'elle a atteint  à 19200 m d'altitude l'amont du lac léman au dessus de l'endroit où le Rhône valaisan rente dans le Lac . A ce moment là sa direction repart en sens inverse jusqu'au niveau de Montreux;

A ce moment à 30000 m d'altitude, elle prend une direction sud-ouest nord-est  en direction de l'Oberland. le ballon y craque vers 34400 m.

Dans le début de sa descente, la sonde choit en suivant la même direction que le haut de sa montée puis quand elle est descendue à 18000 m d'altitude, elle est reprise dans le même flux de nord qu'elle avait subi au début de sa montée. Sa trace est perdue  vers 7000 m d'altitude

Une fois de plus on remarque des vents très différents dans la troposphère et la basse stratosphère jusque vers 18 à 20 km  et au dessus jusqu'à plus de 30 kilomètres.

Dans les basses couches il s'agissait d'un vent de nord en liaison avec la dépression du golfe de Gènes

Au dessus un vent de sud-est prend le relais dans la stratosphère.

L'alternance de vent de sud et de sud-est , uniquement dans le secteur surmontant le lac Léman est plus difficile à analyser. Comme ces deux secteurs de vent de sud sont dans l'axe de la Vallée du Valais on pourrait penser à une influence du relief, mais à 20 kilomètres d'altitude surmontant un flux inverse de nord , c'est bizzare !

Gérard Staron

merci à Claude et à l'association des chasseurs de Radio sondes

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 14:53

Chronique N°890

Toutes les prévisions avaient annoncé un retour du beau temps estival chaud depuis le début de la semaine. Vous avez pu constater que le retour des hautes températures présente un sérieux retard à l’allumage et le temps n’arrive pas à se débarrasser définitivement d’une nébulosité persistante.

Pourtant la situation atmosphérique ressemble étrangement à celle subie au moment  du coup de chaleur du mois d’août

Le mercredi 5 septembre, journée où le soleil revient, présente des pressions anticycloniques plus élevées au sol, avec l’isobare de 2020 hpa sur la France, que lors des jours de forte chaleur du 18 au 22 août. L’anticyclone des Açores est même monté plus haut en latitude, puisqu’on le retrouve cette semaine centré au niveau de l’Irlande, alors que vers le 20 août il restait plus timidement au sud.

La dépression du golfe de Gènes qui a apporté tant de nuages en début de semaine sur la région Rhône Alpes et tant de pluies sur la Corse s’est éloigné,  la situation des pressions en altitude ressemble donc étrangement à celle de la vague de chaleur de la seconde quinzaine d’août. La surface des 500 hpa se situe à 5820 m, elle avait atteint 5880 et même  5940 m sur le sud du pays au maximum vers le 19 août

Après l’épisode de vent du nord du début de cette semaine, celui-ci devient  faible qu’il soit d’est ou de sud.

Pourtant le ressenti du temps est totalement différent cette semaine.

D’abord les températures minimales présentent des niveaux bien plus bas de l’ordre de 10°, Légèrement supérieur dans les zones protégées par une forte couverture nuageuse et inférieur sous le ciel dégagé du nord de la France. Rien à voir avec les minimums élevés proches de 20° lors de la vague de chaleur. La persistance de l’anticyclone s’accompagne cette semaine d’une baisse des minimums de jours en jours. Mercredi seules quelques stations sont descendues en dessous de 10° , Guéret 8.1°, Charleville 9.7° ; Jeudi , tout le nord du pays de la Bretagne à la lorraine est en dessous de 10° avec 4.3° à Charleville. Des reliefs et des régions comme le nord du Limousin s’ajoutent dans la moitié sud. Vendredi ces basses températures progressent encore avec 2.3° à Charleville, 2.5° à Romorantin et 2.7° à Reims.

Ensuite,  une forte nébulosité matinale gêne l’établissement des rayons du soleil. Ceci  perturbe l’ensoleillement depuis le tout le début de la semaine. Jusqu’à mardi inclus  la couverture nuageuse continue du matin au soir peut être mis sur le compte des envois  de la dépression du golfe de Gènes, mais après, ce n’est plus le cas.  Mercredi et  Jeudi alors que la situation anticyclonique est établie, que toutes les prévisions annonçaient un soleil sans partage,  l’astre est assez timide.  Jeudi matin  des nuages bas  encombrent le ciel dans toutes les dépressions de l’est de la France, l’ensemble des Limagnes, les bassins ligériens, l’axe de la Saône et du Rhône et au-delà. Ces derniers ne se dispersent qu’en fin de matinée. vendredi matin, les nuages bas reviennent sur une partie des mêmes régions.  Moins nombreux de jours en jours, leur résistance et leur présence n’ont rien à voir avec le ciel dégagé dès le matin  de la période de chaleur d’août.

Enfin, le réchauffement diurne est gêné et les maximums tardent à  atteindre des niveaux élevés. Alors que l’ensoleillement  faisait progresser la chaleur de jour en jour vers le 20 août, les maximums stagnent cette semaine à des niveaux nettement plus bas. Les côtes de la Manche restent en dessous de 20°, et une très large moitié nord de la Vendée au massif central et au Alpes du nord ne dépasse pas 25 °  

L’humidité relative  est aussi très différente. Même au moment le plus chaud de la journée, elle reste cette semaine à des niveaux élevés et sans  comparaison possible avec ceux très bas enregistrés lors des fortes chaleurs de la mi-août . Par exemple, cette semaine, l’humidité relative n’est pas descendue en dessous de 48% mercredi et 44% jeudi  à Clermont Ferrand  en plein après-midi, alors que du 18 au 21 août elle connaissait des niveaux très bas entre 18% le 18 et 34% le 21.

Si une situation atmosphérique semblable a donné un ressenti du temps totalement différent, c’est parce que l’ambiance climatique a changé entre une fin attardée de l’été et un début d’automne précoce !.

La baisse de la durée des jours et de l’angle d’incidence des rayons du soleil a modifié les conditions thermiques et hygrométriques. La durée relative de la déperdition de l’énergie pendant la nuit a augmenté aux dépens de celle pendant dans laquelle l’ensoleillement direct ou diffus provoque les apports de chaleur pendant la journée, un seuil semble avoir été franchi entre la fin août et ce début septembre

Si le ciel reste dégagé, la déperdition par rayonnement nocturne est encore plus forte et la remontée de la température diurne démarre à partir de niveaux plus bas

Très souvent cette perte d’énergie pendant la nuit permet à l’air de se rapprocher de son point de condensation. Alors se créent des masses nuageuses qui viennent se blottir dans les dépressions comme dans la matinée de jeudi. La température baisse moins pendant la nuit une fois ces formations nuageuses  mises en place, mais le lendemain matin, il faut attendre leur dispersion pour que l’ensoleillement puisse reprendre se pleine efficacité

Ceci explique qu’en dépit d’une situation météorologique favorable, les températures minimales restent à des niveaux assez bas, et que les maximums quotidiens  plafonnent  sur une très large moitié nord du pays.

Naturellement pour passer de l’un à l’autre sur une durée aussi réduite de l’ordre de 2 semaines, il a fallu une cassure provoquée par l’épisode pluvio-orageux de la seconde moitié de la  semaine dernière.

Ce dernier a d’abord amené des quantités de précipitations importantes sur une grande partie du pays. Il a donc fourni au sol une humidité importante susceptible de faciliter la formation de brouillard en fin de nuit. Les sols saturés fournissent la matière première utilisée par le refroidissement nocturne pour atteindre le point de condensation de l’air et la création de nuages bas. Ce n’est pas un hasard si ces derniers sont surtout importants dans le centre-est de la France très arrosé à la fin du mois d’aout

Cet épisode a ensuite apporté du froid en provenance des hautes latitudes. Celui-ci a mis fin définitivement à la période chaude et l’atmosphère est reparti avec le début septembre sur des bases thermiques nouvelles qui n’avaient plus rien d’estival

Enfin l’installation d’une dépression dans le golfe de Gènes a permis de prolonger jusqu’au début de cette semaine des conditions de forte humidité et parfois de pluviométrie sur un sol refroidi. Nous n’avons reçu que la portion congrue des très fortes précipitations qui se sont déversées sur la côte orientale de la Corse. Il est tombé 175.4 mm à Solenzara, 123 mm à Bastia et 164.2 au cap Pertusato à l’extrémité méridionale. Nous n’avons été concerné  jusqu’à mardi inclus que par une couverture nuageuse tenace, mais   cette prolongation a permis de continuer l’impact de l’épisode perturbé en provenance des hautes latitudes, en prolongeant le refroidissement  et la saturation du sol en eau.

Nous avons seulement connu, à quelques semaines près, deux formes de beau temps, celle chaude et sèche de l’été, celle nébuleuse de l’automne.

Gérard Staron vous retrouvera  samedi prochain sur radio espérance , bonne semaine….

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 16:50

Chronique N°888

La canicule médiatique depuis le week-end dernier est le sujet incontournable de la semaine, tout oubli serait considéré comme inconvenant !

Elle ne commence vraiment que samedi dernier qui constitue aussi son extension géographique la plus étendue. Les températures maximales supérieures à 30° envahissent l’ensemble de la France à l’exception  de la totalité  des littoraux de l’Atlantique et de la Manche, mais aussi de façon surprenante d’une grande partie de la Méditerranée en particulier dans le Roussillon et le Languedoc. Elles dépassent 37° du nord du Bassin Aquitain à la région parisienne, et même 40° sur les flancs nord du Limousin dans la Creuse et l’Indre, et du Morvan à Auxerre.

Dimanche elle commence déjà à régresser. Dans l’ouest les températures maximales inférieures à 30°  progressent sur l’ouest de la France sur l’ensemble de la Bretagne du Maine et de la Basse Normandie. Celles supérieures à 37° constituent une langue des dépressions du nord du Massif central, Limagnes ou Plaine du Forez  à la Lorraine du nord. Il s’ajoute quelques ilots isolés dans le nord du Bassin Aquitain et le Comtat Venaissin. A l’exception de Vichy, il n’est plus question d’atteindre 40°.

Lundi, le recul des fortes températures est encore plus marqué. Il n’est plus question de plus de 30° dans le grand ouest de la France, dans toutes les régions au nord de l’agglomération parisienne avec même une extension dans les plaines de la Saône. A l’exception de secteurs isolées du Midi toulousain et du Comtat Venaissin, il n’est plus possible de trouver des températures prises selon les normes météorologiques supérieures à 37 °.

Mardi, les fortes températures tentent une dernière offensive désespérée dans l’est de la France. Si la limite des maximums supérieurs à 30° varient peu à l’ouest jusqu’à la région parisienne, ces derniers s’étendent à une grande partie de la Lorraine et de la Champagne .  37° sont à nouveau dépassés dans la vallée du Rhône de Lyon à la Provence, une région où de tels niveaux ne constituent en rien une surprise. Il s’ajoute les Limagnes de Clermont au Bourbonnais. La plaine du Forez s’en approche.

Mercredi on peut considérer l’épisode de fortes chaleurs terminé. Les températures supérieures à 30° sont rejetées sans les régions du sud, midi méditerranéen et bassin aquitain avec un maximum dans le Comtat !

Il se pose deux questions 

La première concerne  l’explication météorologique de cet épisode de fortes chaleur, de leur tendance de se décaler dans la seconde partie du mois d’aout comme l’an dernier !

Tout commence après le passage de la dernière perturbation pluvieuse dans la nuit du 15 au 16 aôut. Au sol la situation est confuse, faiblement anticyclonique mais  les hautes pressions subtropicales d’altitude s’installent alors sur la France. Au-dessus de 5000 m d’altitude elles constituent un véritable couvercle de chaleur et de stabilité de l’atmosphère. La surface des 500 hpa atteint des altitudes rares sur la France, au niveau de Lyon : 5760 m le 14 août, 5820 m le 15 août, 5880 m le 17 août et enfin 5940 m le 19 août. Ce couvercle interdit toute instabilité de l’atmosphère, l’ensoleillement est continu du lever au coucher de l’astre.

Il s’ajoute un léger flux de sud dans les basses couches. Ce dernier apporte de l’air maritime le long des côtes de la Grande Bleue qui ne seront jamais incluses dans les très fortes chaleurs en dépit de leur accoutumance. Ce flux provoque un effet de foehn qui accroit les fortes températures dès la redescente sur le versant nord du Massif central avec un décalage d’ouest en est au fil des jours. Le samedi, les plus fortes températures ont lieu au nord du Limousin sur la Creuse le Dimanche, et le mardi dans les dépressions qui longent la Loire et l'Allier, Limagnes et plaines ligériennes !

La fin de cet épisode de fortes chaleurs n’est pas venue par l’arrivée d’une perturbation en provenance des hautes latitudes. Des séquelles moribondes arrivent parfois à s’infiltrer comme dimanche dans la moitié nord de la France, mais leur faiblesse est évidente et sans relais il était impossible de repousser cette vague d’air chaud.

 En réalité, la grande chaleur s’est auto détruite par les phénomènes orageux qu’elle a elle-même crée.  Ces derniers ont commencé lundi avec deux trajectoires orageuses. La première balaie en début d’après-midi les plaines de la Saône à partir de Dijon et continue jusqu’à la Porte de Bourgogne. Elle dépose de 15 à 18 heures 25 mm à Besançon. La seconde en soirée concerne les Limagnes avec une extension jusqu’au Roannais. 45 mm tombent sur Clermont Ferrand.

Les orages reprennent mardi. Assez limité en début d’après –midi sur l’est du Massif central avec le rebord ardéchois des monts du Vivarais et le versant nord du Pilat, ils prennent de l’importance de l’Allier à la Saône et Loire en déposant  29.4 mm à Saint Yan Paray le Monial de 19 à 21 heures.

Mercredi, les orages ont été généralisés dans l’est du Massif central avec des trainées de grêle et ils continuent jeudi matin.

Chaque fois, après un début de journée  très ensoleillé et une hausse très rapide des températures, la chaleur du sol réussit à provoquer une couche instable dans la basse atmosphère qui s’étend ensuite aux couches plus élevées pour permettre le déclenchement des orages. Sur les secteurs concernés, un rafraichissement rapide a eu lieu, par exemple à Clermont Ferrand, sortant provisoirement un secteur géographique de la vague de chaleur.  Jour après jour, le phénomène très limité dimanche dans le nord de la France, a pris un peu d’importance au point de réussir à vaincre la vague de chaleur mercredi.

Nous avons eu l’exemple d’une vague de chaleur qui s’est autodétruite elle-même quand la chaleur s’est développée près du sol, a été suffisante pour provoquer une couche instable qui s’est attaquée à l’anticyclone d’altitude située au-dessus et l’a fait reculer !

Cette vague de chaleur est-elle suffisante pour provoquer des records de durée ou d’intensité ?

Dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier supérieur, la vague de chaleur a duré le plus longtemps avec 4 jours de samedi à mardi. Ailleurs elle n’a pas dépassé 48 heures.

Certains secteurs ont pu ponctuellement atteindre des niveaux record de chaleur sur 24 heures comme à Gouzon, Guéret, Châteauroux  ou Auxerre où le seuil de 40° a été atteint , dont la probabilité doit être vérifiée.

Partout ailleurs les niveaux de température atteint n’ont rien de comparable avec les grandes canicules de juillet 1983, d’aout 2003, de juillet 2006 et même parfois de août 2011, l’an dernier à Andrézieux ou à Saint Etienne, les valeurs de cette année avaient été dépassées.

Depuis le début de la saison estivale tous les services de l’état, la météorologie, la santé, les préfectures, les médias sont  mobilisés comme chaque année  en vue de la  canicule annoncée attendue. Dès que l’opportunité de fortes températures est apparue, l’occasion a été surexploitée. Juillet et le début d’août ont déçu les espérances, tous les espoirs ont donc été reportés sur cet épisode ! Des fortes chaleurs à utiliser avec urgence d’autant que l’opportunité ultérieure se raréfie avec la fin de l’été!

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, Bonne semaine.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 11:22

Dernière minute : les orages de samedi et de la nuit de samedi à dimanche ont déposé 23.8 mm à Montregard et ce n'est pas fini!

 

Chronique N°885

Juillet 2012 restera comme le mois de tous les contrastes, frais et pluvieux dans le nord et chaud et sec dans le sud !

L’opposition est particulièrement flagrante pour la pluviométrie comme pour les températures. Quand il tombe 160 mm à Charleville Mézières, Agde ne reçoit rien, 0 mm. Quand la moyenne des températures atteint péniblement 15.7° à Lannion dans le nord de la Bretagne, elle dépasse 24.5° à Nîmes et même 25.9° au Luc en Provence.

En réalité, la géographie du contraste est un peu différente pour les températures et la pluviométrie

Le total des précipitations a dépassé 100 mm dans deux glissières. D’abord à partir du Benelux, une bande déborde sur la France à partir de la frontière belge jusqu’à la région parisienne et à la partie orléanaise et blésoise du  Val de Loire. Ensuite à partir d’une Suisse et d’une Forêt Noire très arrosées, une autre bande de forte pluviométrie s’étend du Jura et des Alpes du nord à la région Lyonnaise et aux hauteurs de l’est du Massif central. A l’opposé, tout le littoral de la Méditerranée présente un total proche de zéro et le bassin Aquitain ne dépasse pas 30 mm. Le contraste est très fort dans les Alpes entre le nord et le sud. Chamonix a reçu 111 mm quand Briançon n’a pas ouvert son compteur : 0 mm. La différence est aussi très forte entre les deux stations grenobloises près de la ville et à l’aéroport dans les terres froides du Dauphiné.

 Les contrastes thermométriques s’effectuent selon un axe décalé avec une orientation Nord-ouest sud-est. La température moyenne de juillet a été inférieure à 17° le long des côtes de la Manche de la Bretagne au Boulonnais et moins de 18° un peu à l’intérieur des Ardennes à la Vendée. Les zones d’altitude du Massif central s’ajoutent dans ces zones fraîches. A l’opposé, les 20° de moyenne ont été dépassés de justesse sur le Bassin Aquitain et beaucoup plus largement sur l’ensemble des régions méditerranéennes avec une remontée dans la vallée du Rhône avec des pointes à 25° dans la Provence intérieure.

L’an dernier avait déjà connu un mois de juillet pourri. D’une façon générale les températures avaient été plus basses que cette année et la pluviométrie globalement plus forte  mais avec des contrastes moins marqués.

Au niveau des températures, la moyenne de juillet 2012 est quasiment aussi basse que celle de sa devancière dans les stations les plus froides des côtes de la Manche. L’écart  est de l’ordre de 1° à 1.5° sur la plus grande partie du pays comme dans la région Rhône Alpes ou l’Auvergne, avec mes postes de Saint Etienne ou Montregard, mais dépasse  plus de 2° dans les régions méditerranéennes les plus chaudes. Par exemple au Luc en Provence, juillet 2011 n’avait atteint que 23.3° quand cette année, dépasse 25.9°.

La pluviométrie n’avait pas connu l’an dernier des écarts méridiens aussi caricaturaux. Le sud avait été bien plus arrosé que cette année. L’an dernier, le Bassin aquitain avait connu une belle abondance avec 99 mm à Bergerac, 87 mm à Albi et 71 à Agen contre moins de 30 mm cette année. La partie basque, landaise et bordelaise avait même dépassé largement les 100 mm. De même les régions méditerranéennes sans connaitre une telle abondance, n’avaient pas connu l’indigence extrême de cette année. Embrun avait reçu 89,9 mm contre 4 mm en 2012, Istres 67 mm contre 6 cette année.

A l’opposé la géographie de la pluviométrie de la France du nord avait été bien plus complexe et globalement plus abondante l’an dernier. Moins d’eau dans l’ouest, plus dans les régions montagneuses des Alpes du Jura et du Massif central.

Quand certains tenteront une tendance générale de la situation du pays en juillet 2012, il n’est pas sûr qu’ils la trouveront aussi pourrie que certains secteurs des côtes de la Manche ou du nord du pays ont pu le ressentir. Il est bien connu que l’association des extrêmes dans le calcul d’une moyenne donne, ce que certains appellent, une situation normale pourtant très anormale pour chacun de ceux qui ont connu les excès contradictoires.

Qu’est-ce qui explique cette situation très contrastée de juillet 2012 ? Il est des moments où la météorologie présente de grandes ressemblances avec l’art militaire, avec l’évolution de fronts de deux forces antagonistes. Au sud le bassin méditerranéen est occupé par la chaîne des anticyclones subtropicaux avec sur l’Atlantique, celui très connu des Açores. Descendant par l’Atlantique nord, des perturbations en provenance des hautes latitudes arrivent selon des trajectoires de nord ou de nord-ouest en liaison avec des dépressions souvent installées sur l’Irlande ou les Iles britanniques.

Lors de l’épisode pluvieux du 1er juillet, la ligne de défense des anticyclones méditerranéen est totalement enfoncée, cette situation va laisser des séquelles une grande partie du mois. Les anticyclones méditerranéens réussissent dans un premier temps à se rétablir sur les régions qui constituent leur zone d’influence estivale habituelle le long de  la Grande bleue. A partir de ce moment-là les perturbations en provenance du nord, ne pourront plus atteindre la Méditerranée, ce qui les empêche de se recharger en humidité sur ses eaux tièdes. Si les perturbations continueront à déposer leur pluie sur le nord, plus au sud elles peuvent seulement provoquer des orages localisés quand l’air froid entre en contact avec le continent réchauffé.

Toute l’évolution du reste du mois correspond à une très lente tentative des anticyclones méditerranéens de repousser vers le nord, les tentatives des perturbations en provenance des hautes latitudes. Jusqu’au 14 juillet, l’air froid en provenance du nord sera prédominant sur le pays jusqu’à la ligne des reliefs qui correspond à la limite climatique majeure de l’Europe et ne pourra plus atteindre le bassin méditerranéen. Il s’agit de la bordure orientale du Massif central de la montagne Noire au Pilat et de la séparation entre les Alpes du Nord et du sud.

Dans la seconde partie du mois, les anticyclones subtropicaux réussiront à progresser à plusieurs reprises. Le 18, ils arrivent à étendre leur influence sur La région Rhône Alpes avec 32.5° à Saint Etienne. Après un nouveau recul, ils réussissent à étendre leur influence à l’ensemble du pays à partir du 24 juillet. Le nord du pays est même atteint. Si le maximum atteint 35° à Saint Etienne, on trouve quand même à 29.2° à Lille avec 3 jours de chaleur dans la capitale du nord du 24 au 26 juillet.

Depuis le 27 juillet l’air en provenance des hautes latitudes tente à nouveau de pénétrer sur le pays, mais son influence est bien plus faible qu’au début d’août. Des lignes d’orages réussissent encore à pénétrer dans le pays, ceux du 27 concernent surtout des régions qui présentent des particularités géographiques sensibles. Celles proches des côtes de la Manche , avec plus de 40 mm en deux heures à Laval et plus de 20 mm à Lille correspondent à la ligne où l’air froid entre en contact avec l’air surchauffé du continent. Celles de l’Auvergne au nord-est du pays longent la première ligne des reliefs qui oblige l’air à s’élever à leur contact et à augmenter son instabilité. Les orages de la fin du mois seront plus épars, celui du 28 intéressera une langue des monts du Vivarais au Jura.

Contrairement au début du mois, l’air froid n’est plus capable de s’installer sur le pays , et de casser l’été. Les anticyclones ont rétabli une situation très compromise  en début de mois, réussiront-ils à maintenir cette situation en août, ne donnent-ils pas les premiers signes de faiblesse ? Le week-end en cours pourrait apporter une première réponse

Gérard staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance …… bonne semaine

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 20:36

Chronique N°883

La défaillance de l’anticyclone des Açores est souvent invoquée pour expliquer le début de ce mois de juillet particulièrement frais et pluvieux surtout dans le nord de la France.

Par exemple à la date du 18, il est tombé depuis le  1er juillet 113.4 mm à Charleville Mézières avec une moyenne de 16.6°. A Saint Etienne avec 77,5 mm la première moitié du mois atteint la pluviométrie moyenne de juillet entier. A Cherbourg, à la pointe du Cotentin, la moyenne des températures ne dépasse pas 14,9°, quand pour la même période elle atteint 25.5° au Luc en Provence.

Il est vrai que pendant cette première moitié de juillet, l’anticyclone des Açores a brillé par son absence sur toute la moitié septentrionale du pays. Il n’est pas seul en cause car il fait partie d’une chaine des hautes pressions aux latitudes subtropicales, lui au niveau de ces iles au large de Gibraltar, et d’autres prennent sa suite sur le Bassin méditerranéen.

Ces hautes pressions avaient fait une première progression sur la France à partir de la Méditerranée pendant la seconde quinzaine de juin. Leur remontée avait atteint la région Rhône Alpes où elle permet des températures maximales élevées qui dépassent systématiquement 20° sur les plateaux et même régulièrement 25° dans les dépressions. Le phénomène enfle au fil des jours et les trois derniers du mois sont particulièrement chauds avec régulièrement plus de 30°. Les journées du 28 au 30 sont les plus chaudes sur les deux départements du Rhône et de la Loire avec 34,4° à Anse, 33.9° à Saint Genis Laval, 33.7° à Tarare, Villefranche sur Saône, au Breuil  et à Andrézieux-Bouthéon, 33.6° à Saint Etienne. Du 25 au 27 juin ces anticyclones étaient même remontés plus haut vers le nord sur notre pays.

L’épisode perturbé du 1er juillet est descendu tellement bas dans le sud qu’il a totalement enfoncé les anticyclones méditerranéens et repoussé celui des Açores sur l’Atlantique. Les perturbations fraîches et pluvieuses en provenance des hautes latitudes disposaient donc d’un boulevard pour progresser sur notre pays.

 Il a fallu près d’une quinzaine de jours aux anticyclones pour reconstituer leurs forces. A partir de l’Afrique du Nord, les hautes pressions méditerranéennes ont remonté en altitude sur le bassin de la « Grande Bleue ». Elles sont discrètes au sol où elles n’atteignent pas 1015 hpa, mais au niveau de la surface des 500 hpa, à plus de 5500 m d’altitude, elles constituent un couvercle et rétablissent un temps sec et chaud. Dès le 8 juillet Elles occupent à nouveau leur espace climatique habituel jusqu’aux reliefs Pyrénéo-cantabriques, aux hauteurs de l’est du Massif central de la Montagne Noire aux Pilat, et à la limite entre les Alpes du sud et du nord.

Par contre, il a fallu attendre le début de cette semaine pour que Lundi 16 juillet l’anticyclone des Açores tente une incursion sur la France à partir de l’Atlantique. Cette fois il a pu s’étendre au sol sur l’ensemble du pays jusqu’à mercredi, par contre en altitude il est beaucoup moins fort.

 Les précipitations s’arrêtent sur l’ensemble du pays et La montée des températures ne tarde pas sur des secteurs auparavant frais et arrosés. Les maximales passent du 15 au 18 juillet de 21.2° à 33° à Bordeaux et de 17.8° à 25.4° à Charleville-Mézières. La fraicheur matinale cesse avec une hausse des minimums quotidiens de 6 à 14.3° pendant la même période à Charleville-Mézières.

Cette embellie du temps ne tarde pas à être stoppée dès jeudi par une nouvelle tentative des perturbations en provenance des hautes latitudes de descendre sur la France, mais cette dernière ne semble pas avoir la force des précédentes et s’empale dans des pressions qui restent élevées. Elle a permis aux températures de commencer à baisser entre mercredi et jeudi.  Dans le sud-ouest du Pays, le thermomètre perd plus de 10°. Il passe de 33 à 22.4° à Bordeaux et de 37° à 26.1° à Toulouse, ailleurs la chute est plus faible  de 25,4 à 20.2° à Charleville Mézières de 30 à 23.3° au Puy en Velay, et ce n’est peut-être que le début de la chute. Les pluies semblent surtout toucher un axe oriental de la Manche aux Alpes.

L’anticyclone des Açores doit-il donc être accusé chaque fois que l’été est pourri ?

 En réalité nous assistons à une lutte complexe entre la chaine des anticyclones subtropicaux dont celui des Açores n’est qu’un maillon, et les pulsions fraiches et humides en provenance des hautes latitudes. Est-ce la faiblesse des uns ou la force des autres qui prévaut ? Une question sans fin, mais la lutte ne semble pas terminée et après avoir été totalement enfoncés le 1er juillet, les anticyclones subtropicaux semblent peu à peu regagner une partie du  territoire perdu ! Pourront-ils réussir à inverser la situation en Août comme ils avaient pu le faire en 2011, après un mois de juillet pourri, il est vraiment trop tôt pour le dire !

Dans cette chaîne des anticyclones subtropicaux, celui des Açores n’est qu’un élément parmi d’autres, probablement le plus connu et le plus visible sur les cartes au sol, mais après l’attaque du 1er juillet, ce n’est pas lui qui a le premier rétabli partiellement la situation, mais celui méditerranéen d’altitude, caché comme un couvercle au-dessus de nos tête qui s’est réinstallé sur son bassin.

La Méditerranée est une mer chaude à cette période de l’année, elle est donc surmontée dans les basses couches de l’atmosphère d’un air instable qui ne demande qu’à monter mais qui est retenu par le couvercle des hautes pressions situées au-dessus en provenance de l’air tropical du contre alizé tenace et alimenté en permanence. C’est pour cette raison que des hautes pressions ont toujours des difficultés à s’établir au sol en été sur la grande bleue.

Au contraire, l’anticyclone des Açores quand il s’installe sur l’atlantique est souvent renforcé sur son flanc nord par de l’air froid qui glisse au sol en provenance des hautes latitudes entre les descentes perturbés. Cet air est particulièrement stable et dense dans les basses couches, mais au-dessus en altitude, ces hautes pressions sont bien plus faibles et n’ont aucun relais solide. C’est pour cette raison que l’anticyclone gonfle sur l’océan par où s’effectue cette alimentation, et que son extension et sa stabilité au sol est bien plus importante que celles en altitude. Cette structure rend l’anticyclone des Açores fragile quand il s’aventure vers le nord, surtout quand il tente de déborder sur le continent réchauffé. Sur la France et l’Europe du nord, il n’est donc rarement capable de rester très longtemps en été.

L’anticyclone des Açores est donc un bouc émissaire facile à visualiser sur les cartes au sol pour des béotiens en météorologie, mais fragile  dès qu’il sort de ses latitudes méridionales et la France du nord ne peut être qu’une zone d’extension provisoire de son influence. N’en déplaise à ceux qui demandent toujours le beau temps sur ces régions !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les Ondes de Radio Espérance, bonne semaine

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 21:00

 Chronique N°879

« Normal » est-ce «vrai » ? Ce pourrait être le titre de cette chronique, tellement ces deux mots ont dominé le débat en France depuis plus d’une année  pour le premier, repris régulièrement par politiques et médias  et au centre de la longue campagne électorale pour le second,  autour des  notions de vérité et de mensonge.

Pour l’un des premiers  moments  de l’année où le ciel normalement estival ne nous réserve pas d’excentricités, c’est le moment de mettre l’accent sur la signification particulière en climatologie et en météorologie des mots « normale » et « vrai »

Voici la signification officielle selon Météo France de « normales » utilisé comme nom féminin souvent au pluriel « On définit des valeurs dites « normales » pour les différents paramètres (températures, précipitations) ; elles sont obtenues en effectuant la moyenne du paramètre considéré sur 30 ans. Ces valeurs « normales » servent de référence, elles représentent un état moyen. Elles peuvent être définies aux niveaux décadaires, mensuels, saisonniers  ou annuel et permettent de mettre en évidence la tendance d’une décade, d’un mois, d’une saison ou d’une année : décade très arrosée, hiver doux, mois d’août frais, année déficitaire en précipitations etc »

La période de trente ans qui sert encore de référence aujourd’hui en France est 1971-2000, mais théoriquement elle aurait déjà dû laisser la place à 1981-2010 dont les moyennes ont déjà été calculées. Vous entendez souvent nos médias  présenter un écart à la normale,  pour annoncer que tel mois ou année a été chaude ou sèche, ou inversement, il s’agit de l’écart entre la moyenne ou le cumul du mois comparé à celui de la normale sur 30 ans !

La normale signifie aussi que le point de mesure, l’abri thermométrique,  le pluviomètre, ou autre, reste sur le même emplacement avec le même matériel pendant toute cette durée avec la régularité des observations pendant 30 ans. La simple peinture d’un abri thermométrique et encore plus son déplacement peut modifier un peu les valeurs observées. Ceci avait été prouvé dans le passé à propos de la station d’Aubière les Landais faisant partie autrefois de l’observatoire de physique du Globe du Puy de Dôme qui dispose d’une très longue série de températures depuis 1880 environ.

Vous pouvez tout de suite constater un autre écart, la difficile application de la définition météorologique du mot « normale » à d’autres domaines, dont celui de la politique, puisque ceci signifierait qu’un chef d’état, un membre de gouvernement, un parlementaire «normal », serait celui qui resterait en poste pendant 30 ans ! Cette notion s’adapterait mal à notre démocratie qui par nature introduit les notions d’alternance et le droit pour les peuples de changer leurs dirigeants au moment d’élections libres à échéances régulières. Il suffit de voir à la surface de la planète, les régimes des pays où de telles durées du personnel politique sont courantes, pour constater l’incompatibilité de la « normale » en climatologie ou météorologie avec la politique ! On ne dure trente ans au pouvoir et encore de moins en moins souvent, que dans quelques régimes autoritaires ou totalitaires qui ne sauraient servir de modèle !

Le mot « vrai » est aussi utilisé en météorologie et en climatologie  à propos des températures, toujours pour le calcul des moyennes !

Des origines de la météorologie, jusqu’à l’apparition des techniques modernes d’observation, la moyenne quotidienne des températures a été le résultat de la demi- somme du minimum et du maximum de la journée, ce que l’on nomme la moyenne approchée. Pendant  très longtemps, la mesure des températures a été faite par un thermomètre à minima et maxima lors de l’observation du matin. Aujourd’hui encore une très grande partie du réseau climatologique de Météo France  pratique encore aujourd’hui de cette façon. Ensuite, dans les stations synoptiques, il y a eu les 8 mesures trihoraires, à 0, 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21 heures. Maintenant l’utilisation de moyens modernes, comme les hobo, les stations automatiques, fournissent des données sur des pas de temps bien plus courts, par exemple avec une mesure toutes les deux minutes.

La moyenne « vraie » est celle qui prend en compte la totalité de ces mesures quotidiennes, mais bien que plus représentative du déroulement de la journée, la moyenne approchée reste la norme officielle en raison de son antériorité et surtout car tout changement modifierait l’homogénéité et la continuité des différentes séries de températures, soit les fameuses normales de 30 ans, ce qui rendrait plus difficile l’analyse de l’évolution historique des températures.

On pourrait croire qu’il n’y a pas de raison de constater des différences sensibles entre moyennes approchées et vraies, pourtant les écarts sont très souvent importants et surtout les différences sont le plus souvent dans le même sens.

J’avais déjà effectué une première publication à ce sujet dans les  bulletins de l’AMRL et cette remarque a été confirmée régulièrement depuis.

Certaines journées les différences entre les deux moyennes sont énormes. A ma station de Saint Etienne, la moyenne approchée  a dépassé de 3.5° celle vraie le 12 juillet 2010. L’écart de même sens atteint 3.3° le 6 juin 2010 et 2.9° le 6 août 2010. Vous pouvez constater que ces différences maximales affectent des journées chaudes d’été.

De 2006 à 2011, j’ai trouvé à Saint Etienne 34 jours où la moyenne approchée a dépassé de plus de 1.9° celle vraie contre seulement 4 jours pour un écart de même amplitude et de sens inverse. A Montregard, il s’agit respectivement  de 46 jours et de 9 jours.

Sur une année complète comme 2008, on trouve 300 jours où la moyenne approchée est supérieure à celle vraie contre une soixantaine avec un écart inverse.

Quand on passe de la journée au mois, l’écart maximal peut atteindre un degré. Les mois d’été et du début de l’automne sont ceux où il  est toujours le plus important. Par contre les mois d’hiver sont ceux où les écarts sont les plus faibles,  parfois nuls. Par exemple en janvier 2010, mois particulièrement froid les deux valeurs étaient identiques. En février de cette année l’écart n’est que de 0.2°

Sur une année entière, la moyenne approchée peut dépasser d’environ un demi-degré la moyenne vraie. Par exemple en 2008, il s’agissait de 0.47° à Saint Etienne et de 0.56° à Montregard.

Quand certains climatologues établissent des hausses de températures de 0.7°ou 0.8° sur un siècle pendant la XXème siècle , quand ils ergotent sur des écarts aux normales  souvent  inférieures à ceux entre moyennes approchées et vraies,  quand on constate que les écarts sont croissant en fonction de la températures , plus élevés en saison chaude qu’en saison froide, on ne peut que s’interroger sur l’impact de ces façon de calculer les moyennes. Ce qui est vrai, comme ici la moyenne vraie, n’est pas toujours pris en compte, alors que l’approchée (demi somme des mini et des maxi quotidiens ou mensuels) reste la méthode de calcul de référence.

Vous pouvez donc constater qu’en météorologie et en climatologie, les mots peuvent avoir des significations très différentes du language courant. Ce qui est «  normal » dure 30 ans,  et une normale de températures n’est pas « vraie » puisqu’elle est calculée selon la méthode « approchée » et non à partir de la «  moyenne vraie » . En météorologie, ce qui est « normal », n’est pas forcément vrai, ces mots ont aussi agité le microcosme politique et médiatique tous ces derniers mois. Là aussi ce qui est normal est-il vrai ?

Gérard Staron vous retrouvera samedi prochain sur Radio Espérance, bonne semaine !

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:35

Chronique N°877

Ah les belles chutes ! Il n’y a aucune allusion coquine, ni mauvaise, puisqu’il s’agit d’énormes chutes de températures, pendant les deux derniers mois que nous venons de vivre sur la région stéphanoise et Lyonnaise. Nous n’avons pris comme référence que celles qui se sont produites en 24 heures, même si souvent elles ont continuées sur des durées plus longues et elles ont largement dépassé le seuil de 6° à partir duquel l’organisme commence à avoir des difficultés à digérer les écarts du thermomètre.

Pour celles d’avril et de mai, j’ai pu utiliser pour une analyse plus fouillée les observations du réseau de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire, dont le bulletin de juin avec les observations de mai va paraitre demain ! Si vous êtes intéressés vous pouvez contacter le site de l’association ou moi-même par un commentaire sur mon blog.

La première grosse chute du thermomètre a lieu entre le samedi 14 et le dimanche 15 avril au moment de la chute de neige du coucou sur le Pilat. Ce n’est pourtant pas sur ce dernier massif, mais sur les monts du Forez, les Bois noirs et sur les monts de Tarare que la chute a été la plus sévère en 24 heures,  avec 7,5° à Violay, 7.2° à Saint Martin la Sauveté et 7° à Noirétable  de baisse pour les températures maximales. La chute pour la température moyenne de la journée entière est plus faible avec 5° d’écart à Violay et environ 3° ailleurs. Globalement la baisse est plus faible sur les postes du Rhône que sur ceux de la Loire et sur 48 et 72 heures on obtient des différences encore plus fortes car le pic de température a souvent lieu le 13 avril et le point bas le 16.

La chute de température est encore plus importante lors de la tempête du samedi 28 et du dimanche 29 avril. Elle affecte un peu plus que les températures minimales avec plus de 9° de baisse autour et sur le massif du Pilat, jusqu’à -10,2° d’écart à Montregard , Tarentaise et Saint André la Côte. Sur les mêmes postes, les écarts de la moyenne et des maximums quotidiens dépassent 8°. Sur 48 heures, les écarts ont pu atteindre 10° pour les moyennes et 11,6° pour les minimums à Montregard.

Le record de la baisse du thermomètre s’est produit entre le premier, Saint Mamert, et le second ou le troisième des Saints de Glace, Saint Pancrace et Servais. La chute des températures maximales dépasse partout 10° pour arriver à des dégringolades  de plus de 16° autour de la plaine du Forez et même 17° 4 à Noirétable entre les monts du Forez et des Bois Noirs. Pour la chute de la moyenne quotidienne, c’est Violay sur les monts de Tarare en face par rapport à la Plaine du Forez qui a connu le plus grand écart avec -13.9°.

Enfin la dernière dégringolade du thermomètre s’est produite lors du premier Week-end de juin entre le samedi 2 et le dimanche 3. Je dispose d’un échantillon plus faible de données mais la baisse des températures maximales dépasse 10° à Clermont, Saint Yan et Vichy  et 9° à Saint Etienne Bouthéon. Par contre les minimums du matin jouant en sens inverse, les écarts sont bien plus faibles pour la moyenne quotidienne.

De tels écarts de températures posent trois questions !

Le premier concerne l’explication météorologique de tels excès. Régulièrement la première journée est la plus chaude comme le 28 avril ou le 11 mai ou parmi les plus chaudes du mois  avec des températures qui ont dépassé souvent 30°, alors que la ou les suivantes sont  dans les plus froides. Après la chute très forte de la première journée, cette dernière se poursuit de façon atténuée encore quelques jours.  A la mi-avril, après  le gros écart entre le 14 et le 15, c’est le 16 que le maximum est le plus bas et le 17 que la gelée matinale est la plus marquée. Après celle de la tempête de fin avril, la baisse continue le 30.   Lors des Saints de Glace, après l’énorme baisse entre le 11 et le 12, le froid continue jusqu’aux gelées les plus sévères  du  jour de l’ascension.  

Ces gros écarts de température correspondent  chaque fois à une inversion complète des conditions météorologiques avant et après le passage d’une perturbation ou d’une descente froide en provenance des hautes latitudes. Avant, un flux de sud s’active en provenance de latitudes parfois très basses. L’air chaud qu’il véhicule est exacerbé quand il redescend des hauteurs du Massif central car en descendant il augmente sa température de 1° par 100 mètres. Au contraire au moment du passage perturbé, l’air froid en provenance des hautes latitudes, Scandinavie ou Groenland, vient buter contre les mêmes reliefs. Quand il arrive, la baisse est brutale, mais après il s’accroche avec deux phases. Pendant la première, le ciel reste couvert et  cette situation ralenti la suite de la chute, jusqu’au moment, seconde phase où le ciel se dégage, ce qui donne des gelées quand ceci se produit la nuit.

Ces fortes chutes ont toujours été maximales sur le couloir méridien de la Loire en aval du Pilat. Parfois comme le 3 juin, l’axe des Limagnes connait une chute semblable, mais l’axe Rhône-Saône subit toujours une différence bien plus faible de températures. La circulation de l’air dans l’est de la France qu’il vienne du nord ou du sud favorise toujours un axe majeur qui relie de part et d’autre du Pilat, le sillon de la Loire à partir de la Plaine du Forez  dans un sens et la vallée du Rhône en aval du défilé de Vienne dans l’autre. Au niveau atmosphérique la communication est bien plus mauvaise entre les sillons du Rhône et de la Saône ou dans l’axe auvergnat des Limagnes qui se termine en cul de sac. Le massif du Pilat est  suffisamment élevé pour être effectivement une frontière climatique entre ses différents versants, mais ce n’est en aucun cas une barrière qui empêche la communication entre ces deux axes méridiens, ses altitudes sont insuffisantes pour cela.

Il existe aussi une variante le long de cet axe de communication Rhône-Loire. Si l’arrivée de l’air froid se produit dans la nuit comme pour la tempête de fin avril, les températures minimales connaissent la chute principale et la baisse la plus forte est visible sur les reliefs du Pilat et des monts du Vivarais. SI l’arrivée de l’air froid a lieu en journée comme pour le second des saints de Glace, la baisse la plus forte affecte le maximum quotidien et elle est géographiquement  reportée en aval dans la Plaine du Forez ou sur les  premières pentes des massifs qui la bordent, monts du Forez ou de Tarare.

Reste un dernier point à aborder, toutes ces chutes de températures majeures ont eu lieu un week-end et surtout un dimanche. La situation des autres dimanches n’est guère brillante. Si je prends pour exemple ma station de Saint Etienne, tous les dimanches  depuis le 11 mars, soit 3 mois entiers, ont connu une baisse de températures. Chaque fois la baisse de la température maximale  l’emporte. Outre ceux que je viens de présenter, cette chute du maximum du dimanche par rapport au samedi atteint 7,2° le 18 mars, 6.1° le 27 mai  et 4,7° le1 er avril, mais seulement 0.6°  le 22 avril et 0.4° le 25 mars. La situation est moins nette et irrégulière au niveau des températures minimales.

Les habitués de cette chronique et de mon blog savent que je me pose la question d’un rythme hebdomadaire du climat. Ce dernier semble désavantager le Dimanche et concerner surtout les températures maximales. L’étude devrait aussi être faite au niveau des précipitations.  J’ai émis l’hypothèse d’un rythme hebdomadaire pour les perturbations qui descendent des hautes latitudes. Je viens de me rendre compte ces derniers jours que je n’étais pas le seul à me poser cette question. Bruno Subrin, observateur de notre association au Breuil dans le Rhône, a tenté une statistique des températures et des précipitations  pour les différents jours de la semaine, ses conclusions seront publiées lors du bulletin à paraitre début juillet.

Géard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, bonne semaine à tous.

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 20:41

Bilan de l’eau

Situation fin avril 2012 : Fin de la sécheresse

Gérard Staron 

 logo.jpg

 

article publié sur le "Météo fil" bulletin 77 de mai 2012

avec les données des postes de l'association

vient de paraitre!

 

 

 

 

La forte pluviométrie d’avril 2012 a compensé les indigences de février et de mars. Toutes les stations ont eu des précipitations nettement supérieures à l’évapotranspiration potentielle et dégagé un fort excédent pluviométrique. Ce dernier a plus que compensé le déficit de mars, la réserve du sol est à nouveau complètement remplie partout et un surplus hydrologique a été dégagé pour alimenter rivières nappes et barrages.

 

Bilan de l'eau

situation fin avril 2012

   

stations

excédent pluviométrique

surplus hydrologique

cumul saison

Tarentaise

190,7

190,7

526,3

Montregard

108,5

103,5

 

Bard

87,4

77,1

 

Ecully

83,8

72,8

 

Violay

83,1

68,1

 

St André la côte

73,8

64,8

 

Lyon Bron

68,3

57,3

 

Anse

76,2

54,2

 

Corbas

58,7

50,7

 

Montmelas

68,6

48,6

 

Villefranche

63,2

47,2

 

Saint Etienne

61,8

43,8

 

Andrézieux

41

31

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Pilat regorge d’eau et Tarentaise a connu son 7ème mois consécutif de surplus hydrologique pour une abondance supérieure à une année normale.

Tous les reliefs ont retrouvé une ressource en eau substantielle après la défaillance de mars et avant l’entrée dans la saison chaude.

Dans les bassins, le val de Saône présente une situation meilleure que la plaine du Forez. Pour la première fois de la saison froide, la station d’Andrézieux a pleinement récupéré de la sécheresse de 2011 avec un sol saturé, un premier surplus et un cumul des précipitations de janvier à avril maintenant normal en 2012

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 17:32

La nouvelle image du satellite NOAA transmise par Claude montre comment une petite perturbation sur l'Espagne ou l'Europe du nord peut se transformer en un gros amas nuageux blanc sur notre région.

05081229n19hvct(2)

Ce phénomène se produit souvent au printemps pendant les mois de mai et de juin. Il est responsable de l'importance de ces deux mois dans le total annuel de la pluviométrie du centre-est de la France.

Quand l'air océanique plus frais arrive, il devient instable et prend un caractère orageux.

 

Cette perturbation est suivie sur l'ouest de la France  d'une grisaille dans les basses couches (couleur blanc jaune) quand l'air frais arrive sur un sol encore tiède !

 

Il est intéressant de remarquer aussi la ligne de nuages qui suit les crêtes de l'Apennin  en Italieet se poursuit en Sicile sur l'Etna

 

De nouvelles perturbations arrivent sur l'Atlantique

Gérard Staron

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:51

Chronique N°869

Le ciel a-t-il décidé de jouer avec nos nerfs depuis le début de 2012 ?

Après nous avoir fait sentir le meilleur, il nous a fait chaque fois revenir vers le Pire, le mauvais ou le médiocre !

Souvenez-vous, nous avons un connu un mois de janvier particulièrement doux et arrosé, tout le monde pensait que le plus dur de l’hiver était passé, pourtant la première quinzaine de février a amené une vague de froid comme nous n’en avions pas connu depuis longtemps. Pour prendre des valeurs marquantes, les températures sont descendues dans le Pilat à -24.7 et -29.7° à Saint Genest-Malifaux. Sur l’ensemble de la France, Février 2012 est le 4ème plus froid depuis 1947, parfois même le second dans la région de saint Etienne après 1956. Même sur l’ensemble de la planète, Février 2012 se situe seulement au 22ème rang pour les températures du mois de février depuis 133 ans, le 30ème dans l’hémisphère nord, une performance bien loin des premières places annoncées ces dernières années.

Le mois de mars nous a fait entrevoir la douceur du printemps et même au milieu et à la fin du mois un zeste de chaleur pseudo-estivale avec les températures que je vous citais dans ma précédentes chronique. Par exemple 23.6° ont été enregistrés le 16 autant à Andrézieux Bouthéon qu’à Salvizinet. Pendant la dernière semaine de mars le soleil brillait du lever au coucher du jour avec plus de 11 heures d’ensoleillement quotidien autant à Lyon qu’à Saint Etienne. Le réveil d’avril est plutôt attristant. La moyenne des températures des 11 premiers jours d’avril est à peine supérieure à celle de la totalité du mois de mars. Le soleil a laissé la place aux nuages des diverses perturbations qui balaient le pays. Des gelées sont revenues -3° autant à Vichy qu’au Puy en Velay, et ce n’est pas fini !

La neige est revenue sur les massifs montagneux, elle a peu affecté notre Massif central jusqu’au week-end en cours, mais le sol est à nouveau blanchi sur le Jura (2cm à la Chaux de fonds) et à assez basse altitude sur les Alpes par exemple 5cm de neige fraîche à Piotta à 990m, 7 cm à Adelboden à 1320 m. L’évolution de l’enneigement de la station de Santis est très caractéristique. Il a atteint un premier maximum de 6.10 m le 9 mars puis ensuite la fusion, le tassement, la sublimation ont contribué à diminuer le manteau qui est descendu à 5.45 m au début avril, depuis il reprend à nouveau de l’importance et était remonté à 5,72m à la date du 14 avril. Vu ce qui est annoncé passera-t-il à nouveau le seuil des 6 mètres qu’il avait brièvement atteint début mars ?

Je vous ai décrit dans une précédente chronique le moment de faiblesse de la banquise arctique de la mi-janvier à la mi-février en liaison possible avec l’activité solaire, voilà qui aurait justifié tous les discours alarmistes à son sujet, mais là encore les surfaces englacées ont connu un progression au mois de mars qui a largement compensé l’indigence du cœur de l’hiver. Elle a connu un premier maximum d’extension le 4 mars de 13,68 millions de km2, un second de 13.7 millions de Km2 est intervenu le 18 mars. A ces dates, cette superficie englacée serait plutôt réduite par rapport aux années antérieures. Plus surprenant, un dernier maximum de 13.71 millions de Km2 s’est produit le 28 mars, ce qui correspond à une superficie tout à fait moyenne pour les derniers jours de mars depuis 1979. Actuellement l’ensemble des surfaces marines englacées cumulées de l’Arctique comme de l’antactique est supérieur à la moyenne depuis 1979 au début du mois d’avril !

Vous avez tous entendu le discours du retour de la sécheresse. Il est même arrivé de façon très prématurée en février. Si les précipitations étaient alors très faibles, les besoins des végétaux étaient nuls, la ressource en eau était donc restée intacte. En mars, l’alerte a été plus justifiée. La conjonction des premières températures élevées, augmentant l’évaporation et des précipitations indigentes a provoqué les premiers déficits pluviométriques. Là encore il s’agit d’un contrepied hydrologique majeur. Mars est habituellement le mois du maximum de la recharge de la ressource en eau avec des débits élevés des rivières, des nappes rechargées et de barrages remplis, or cette année l’évaporation supérieure aux précipitations a souvent provoqué un déficit pluviométrique très précoce avec une ponction sur la réserve du sol pour alimenter le début du développement des végétaux.

Voilà que la pluie est revenue avec avril. Dans de nombreux postes le total des 14 premiers jours est largement supérieur à celui de la totalité du mois de mars et aussi le mois d’avril entier de l’année 2011. Par exemple à mon poste de Saint Etienne, il est déjà tombé 42.4 mm contre 22.1 mm pour mars 2012 entier, 33.2 mm pour le cumul février et mars 2012 et 9.3mm pour avril 2011 entier. Depuis 2006, 3 mois d’avril entiers sur 6, ont subi  une pluviométrie plus faible que celle des 12 premiers jours de 2012. Une situation semblable est enregistrée à Lyon Bron avec 50.9mm, au Puy Loudes avec 40.2 mm,  à Nimes avec 43 mm où la pluviométrie des mois précédents était quasiment nulle. Le changement d’orientation est aussi très net, nous sommes passés de la chaleur printanière sèche ensoleillée, à la fraîcheur arrosée d’avril. Avec les précipitations du week-end en cours, ces valeurs sont déjà  toutes dépassées !

IL existe souvent des périodes douces et des vagues de froid en hiver, des phases fraîches et arrosées s’opposant à des sècheresses ensoleillées au début du printemps, pourquoi ces contrastes apparaissent de façon si caricaturale cette année ?

Le ciel a joué avec le calendrier, chaque période de tendance homogène a quasiment duré un mois, et chaque changement majeur s’est produit au passage d’un mois à l’autre.

Par exemple, la totalité du mois de janvier est douce, les prémices de l’arrivée de la vague de froid sont visibles dès le 28 janvier, mais les températures les plus basses avec les journées de grand froid et sans dégel commencent avec le mois de février dans les régions basses.

De même en mars, à l’exception de brefs refroidissements, le début, le milieu et toute la fin du mois connaissent un très fort ensoleillement avec des températures élevées et un temps sec. L’anticyclone centré sur les Iles britanniques responsable de ce temps dans les derniers jours du mois commence son retrait sur l’Atlantique le 29 mars. Il n’abandonne réellement le pays aux perturbations en provenance du nord que le 31 mars. Après avoir stagné sur le pays « Chtimi », elles ne s’étendent au reste du pays que le 3 avril. Depuis, les perturbations ne cessent de descendre sur notre pays, d’abord du nord, puis du nord-ouest et enfin du sud-ouest. Les transitions des principaux types de temps ont toutes correspondu à des changements de mois, et chaque fois ils ont duré le mois presque entier.

Cette correspondance entre le calendrier et les pulsions du ciel a contribué à donner l’impression d’un début d’année aux tendances contradictoires, ce qui n’aurait pas été le cas, si la répartition des temps depuis le début de l’année s’était faite d’une façon plus aléatoire. Chaque mois a eu des caractéristiques très typées : janvier doux et pluvieux, février froid et sec, mars chaud et sec, avril pour l’instant pluvieux, frais ou froid.

Cette chronique est aussi l’occasion de vous annoncer la reprise de la publication du bulletin mensuel de l’AMRL, le Météo fil, dont j’ai terminé de réaliser cette semaine le numéro 76 avril 2012 outre les données de plus de 30 stations sur les départements du Rhône et de la Loire, vous y trouvez des articles climatiques dont je me suis en partie inspirées  pour cette chronique. Il est téléchargeable gratuitement sur le site de l’association des « météo d’entre Rhône et Loire » ou en le demandant par un commentaire sur ce blog.

Dans l’attente de vous retrouver samedi prochain sur radio espérance, bonne semaine.

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