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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:32

Chronique N°945

Nous sommes entrés dans la saison des grosses pluies méditerranéennes d’automne.

Je vous concède que la première, comme je l’ai annoncé dans mes prévisions a été particulièrement modérée. Le coup de vent de sud qui l’a précédé samedi 28 septembre n’a pas atteint le seuil de la tempête et s’est contenté de renverser quelques poubelles laissées imprudemment sur la chaussée (94km/H au mont Aigoual). Ses précipitations n’ont déposé plus de 50 mm en quelques heures que le long de la ligne de crête des Cévennes du mont Aigoual avec 86 mm au Pilat. A proximité de la crête des monts du Vivarais, Montregard reçoit presque 50 mm. Les totaux pluviométriques baissent très vite de part et d’autre. A l’intérieur du massif central , Millau, Mende , le Puy reçoivent moins de 20 mm. Vers le nord les grosses pluies ne dépassent pas le Pilat. Sur le versant rhodanien, les totaux importants sont plus étendus avec 55 mm à Avignon et 66 mm à Montélimar. L’alerte orange sur les départements du Gard  s’est parfois transformé en un petit arrosage, 17.6 mm à Nimes ! Alors que ces événements cévenols sont souvent dangereux, celui-ci s’est souvent contenté de déposer des pluies salutaires sur le sol assez sec de septembre !

Au moment où je préparais cette chronique la seconde grosse pluie méditerranéenne d’automne se prépare. On sait maintenant qu’à l’exception des 88 mm de Sète avec un impact exagéré sur une ville en pente, elle a été presque aussi modérée. Les rafales de vent de sud sont déjà plus virulentes jeudi matin que celles de samedi dernier avec 120Km/h en rafale au mont Aigoual ! les précipitations ont globalement à peine dépassé celles de la précédente et  l’on a été heureusement très loin des événements les plus catastrophiques que tout le monde garde en mémoire , Vaison-la-Romaine le 22  septembre 1992, Nîmes le 3 octobre 1988, la crue de la Loire des 21 et 22 septembre 1980.

Qu’est-ce qui peut expliquer la modération, pour l’instant des pluies cévenoles méditerranéennes de 2013 ?

Nous venons de citer quelques exemples des très grosses catastrophes produites par ces pluies cévenoles ou méditerranéennes d’automne. Beaucoup se sont produite dans ces jours de fin septembre et début octobre La plus grosse crue de l’Ardèche date aussi de la fin septembre 1890. La dernière décade de septembre est celle où elles sont les plus nombreuses et les plus dangereuses avec les derniers jours d’octobre et les premiers de novembre. Ceci ressortait déjà d’un article publié dans la revue de géographie de Lyon pour l’ensemble des pluies cévenoles de 1914 à 1992 et ces grosses pluies débutent souvent après le 21 septembre, sauf cas rares comme la crue des Gardons du 8 septembre 2002 .

La concentration sur cette période s’explique par la conjonction des trois éléments nécessaires à la mise en place de ces grosses précipitations comme je les avais décrit dans mon livre de 2003 «  le ciel tomberait-il sur nos têtes.

Les perturbations  froides en provenance des régions arctiques qui descendent vers l’Europe reprennent de la vigueur après le 20 septembre. Ceci leur permet de pousser plus bas en latitude et d’atteindre la Méditerranée dont l’accès leur est interdit par les anticyclones subtropicaux  au moment de l’été.

L’air froid arrivant sur la grande bleue peut d’autant plus se recharger en humidité que cette masse maritime garde de l’été précédent des températures de surfaces de la mer particulièrement élevées. Le contraste d’une mer chaude humide surmontée d’un air froid rend l’atmosphère particulièrement instable et explique que ces précipitations cévenoles s’accompagnent de phénomènes électriques épars.

Enfin à cette saison se constituent les anticyclones continentaux sur l’Europe avec le refroidissement du continent. Quand ces derniers s’accrochent aux Alpes, ils bloquent la progression des masses pluvieuses ragaillardies sur le grande bleue et déviées par l’anticyclone derrière les Alpes, en donnant une origine de sud. Ce blocage accentue le vent du sud préalable et retarde le déclenchement de pluies qui seront d’autant plus violentes qu’elles sont maintenues sur les mêmes régions.

La modération, pour l’instant, des épisodes cévenols de cette année, semble lié à la faiblesse de ce blocage par l’anticyclone derrière les Alpes. Dans le cas de la pluie du week-end précédent, l’anticyclone est bien présent, mais son centre est décalé vers le nord. Centré sur la Scandinavie, sa présence était affaiblie au niveau des Alpes. Le blocage a peu duré car la perturbation a trouvé une porte de sortie en s’évacuant par l’Italie le lundi! Ceci a limité d’autant le vent de sud préalable et ensuite les pluies.

Dans la pluie qui vient de se terminer, le centre des hautes pressions continentales est descendu sur l’Allemagne, le blocage a été intense, selon l’exemple de Sète mais a peu duré et les pluies ont trouvé rapidement la même porte d’évacuation par la Méditerranée !

Les conditions météorologiques favorables à la réalisation de ces grosses pluies se sont mises en place pendant le week-end des  21 et 22 septembre. Auparavant le temps était très différent. L’anticyclone des Açores se trouvait sur l’Atlantique, nous nous trouvions dans un flux de nord de la Manche aux Alpes. A partir du 20  septembre, les hautes pressions se sont déplacées de l’Atlantique à l’Europe centrale. A partir de ce moment-là, elles se trouvent derrière les Alpes et elles peuvent bloquer les perturbations en provenance de l’Atlantique nord. Les conditions sont devenues compatibles avec les averses cévenoles ! certains constaterons que ce changement fondamental de temps, s’est produit au moment de l’Equinoxe d’automne, mais aussi au moment des quatre temps d’automne au moment de la saint Mathieu. Ces dates, vers le 20 septembre sont aussi celles qui sont suivies de très nombreuses inondations par les pluies cévenoles :   1980 crue de la Loire, 1981 nouvelle crue, 1992 Vaison la Romaine, 1993 reprise sur l’ensemble du bassin méditerranéen occidental. Cette concentration sur ces dates, cette année le changement de temps majeur, l’équinoxe et les 4 temps d’automne ne sont surement pas de simples coïncidences.

Reste une dernière question à élucider ? Pourquoi la répétition de ces grosses pluies à  quelques jours d’intervalle ?

Le  phénomène est courant avec la même perturbation qui apporte en 1993 la désolation sur les Cévennes , puis la région d’Aix en Provence , puis la côte d’Azur, la Ligurie et enfin le versant italien des Alpes avec débordement en Maurienne et dans le valais. C’est aussi possible avec des perturbations différentes en 1992 la première frappe Vaison la Romaine le 22 et quelques jours plus tard, la seconde la haute vallée de l’Aude !

Très rares sont les grosses pluies cévenoles isolées, elles viennent le plus souvent en série  à quelques jours d’intervalle. Par exemple au début octobre 1998, le 3 c’est la catastrophe de Nimes, mais l’importance de cette dernière occulte d’autres pluies qui affectent le 9 l’isère et le 11 l’Ardèche et la Drôme. En 1965, le 25 septembre, une grosse averse cévenole classique affecte le Gard l’Hérault et la Lozère , puis du 29 septembre au 1er octobre les calamités s’étendent à la Loire et à la Bourgogne avec plus de 100 mm en 24 heures à Dijon et de grosses inondations supérieures à celles que cette région a connu au printemps de cette année. Tant que l’anticyclone derrière les Alpes restera, il bloquera les perturbations descendant des régions arctiques et cette situation est susceptible de se reproduire !

Espérons-le, toujours avec la même modération que lors des premières pluies cévenoles de 2013!

 Gérard Staron vous retrouve samedi prochain sur radio Espérance. Bonne semaine….

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 19:00

Chronique N°944

Alors que septembre est passé d’une phase fraîche pour ne pas dire froide, à une phase plus chaude, Ceci m’a donné l’idée d’examiner comment se comporte une limite climatique majeure en France, la crête de l’est du Massif central qui s’étire des Cévennes au Pilat entre sud et nord du pays et de comprendre comment se comporte les températures à son passage.

J’ai comparé les températures minimales, maximales et la durée de l’ensoleillement du mois d’août 2013 pour la station de Montélimar qui représente la vallée du Rhône et celle des 3 axes qui s’ouvrent vers le nord avec Lyon Bron pour celui du Rhône et de la Saône au nord du défilé de Vienne, avec Saint Etienne-Bouthéon pour le sillon de la Loire au pied de la retombée du Pilat et enfin Clermont Ferrand dans les Limagnes pour celui de l’Allier !

Il existe une similitude de situation topographique entre ces quatre stations placées dans des fonds de dépressions. L’intérêt de l’opération vise à examiner comment les influences thermiques en provenance du nord sont transformées en passant au sud et inversement et comment les différents axes méridiens de l’Allier, de la Loire et de la Saône réagissent à ces différentes sollicitations par rapport à la vallée du Rhône aval.

Ne pas oublier que le mois d’août 2013, sur lequel porte la petite étude a été marqué par une dominante de flux de nord, séparés par de brefs épisodes plus ou moins orageux, nous avons pris en compte la différence de températures minimales, maximales et de durée d’ensoleillement entre Montélimar et les 3 autres stations.

Au niveau de la moyenne du mois, l’écart le plus faible concerne toujours Bron , mais ce dernier est nettement plus important au niveau des maximums (1.22°) que des minimums (0.54°). Ceci n’a rien d’étonnant en raison de la différence d’altitude , Lyon Bron étant plus bas que les deux autres sillons, mais aussi en raison de la présence des reliefs qui contraint l’air à passer la crête de l’est du massif central et à retomber de l’autre côté avec les transformations thermiques que cela suppose, sans oublier l’aspect urbain de Lyon.   La surprise correspond à une différence égale pour les maximums entre Montélimar et Clermont d’une part et entre Montélimar et Saint Etienne d’autre part avec 2.5°. Pour les minimums, les différences avec Montélimar sont plus grandes, en particulier pour Saint Etienne  (3.5°)  contre seulement 3° pour Clermont Ferrand.

comparaison M-Br,StE, CL

Un écart très fort des maximums (parfois plus de 6°) traduit un grand avantage de température ou d’ensoleillement de la vallée du Rhône par rapport aux couloirs du nord. Il correspond souvent à des conditions perturbées qui apportent des nuages et souvent de la pluie avec des orages sur le flanc nord de la région mais n’atteignent pas la vallée du Rhône de l’autre côté. Il s’agit des 3, 6, 8 et 27 août qui présentent une très forte différence de températures maximales et d’ensoleillement au profit de la vallée du Rhône.

Il convient de signaler que les températures minimales présentent ces mêmes jours un comportement très différent avec un écart qui peut s’inverser, les sillons du nord présentant certaines de ces journées des minimums supérieurs à ceux de Montélimar. Ce comportement différent n’a rien de surprenant, en raison du mécanisme déjà présenté dans la chronique N°940, d’autant plus que ces situations perturbées et orageuses d’été sont souvent précédées d’un flux de sud qui se réchauffe en descendant sur le versant nord du Massif central provoquant la faiblesse ou l’inversion de l’écart avec Montélimar. Les jours de forte différence d’ensoleillement traduisent une couverture nuageuse forte dans les axes du nord alors qu’elle est plus faible à Montélimar. Il en résulte un rayonnement nocturne facteur de déperdition d’énergie plus important dans la vallée du Rhône  que dans les sillons du nord.

Les courbes des différences de températures minimales permettent de constater que pendant les longues périodes de flux de nord du mois d’août, les écarts augmentent entre Montélimar et les stations des sillons du nord. Il en est ainsi lors des deux périodes anticycloniques où le flux de nord puis nord-est qui descend sur le  flanc oriental des hautes pressions des Açores frappe de plein fouet notre région. Dans ces cas la vallée du Rhône méridionale, avec le mistral qui descend des reliefs rétablit plus vite des minimums matinaux élevés alors que ces derniers peinent à remonter dans les sillons du nord (Loire, Allier et Saône)  qui reçoivent de face ces influences nordiques. Ceci provoque un écart globalement croissant des minimums entre le 9 et le 15 août puis à la fin du mois, parfois jusqu’à 8°. Ce n’est pas au moment où s’établit le flux de nord que la crête de l’est du Massif central provoque les plus gros écarts dans les températures minimales entre les sillons de la loire et de l’Allier et la vallée du Rhône , mais après plusieurs jours en liaison avec un phénomène cumulatif.

Enfin cette étude présente un dernier enseignement. La station de Bron a un comportement totalement différent de celui de Clermont ou Saint-Etienne dans les deux autres sillons du nord de la Loire et de l’Allier. Après le 8 août et quasiment jusqu’à la fin du mois,  à l’exception de quelques jours du 23 au 27, l’écart des températures minimales comme maximales entre Montélimar et Bron est bien plus faible que celui des deux autres stations avec une tendance très différente . Par exemple l’écart des températures maximales de Bron  baisse entre le 13 et le 23 , puis entre le 24 et le 31 alors qu’un tel fait n’apparait pas pour les écarts entre la vallée du Rhône aval et les sillons de la Loire et de l’Allier. La contradiction est aussi très nette pour l’évolution des minimums entre le 11 et le 23 août puis de façon contraire entre le 24 et la fin du mois. A l’exception de quelques jours, les courbes des écarts entre Montélimar et Clermont-Ferrand d’une part et Saint-Etienne d’autre part, évoluent de façon parallèle avec une tendance semblable . De plus cette évolution parait logique avec l’opposition des versants montagneux, écart important et croissant des minimums par flux de nord, forte différence des maximums au moment des temps perturbés, conformité avec les informations fournies par l’ensoleillement. On retrouve les règles simples de climatologie avec par flux de nord , nuages et de fraîcheur sur les versants septentrionaux et mistral avec remontée des températures dans la vallée du Rhône  et par flux de sud une situation inverse avec des coups de chaleur dans les sillons de la Loire et de l’Allier ! Tout ceci traduit une bonne communication de l’air sur le Massif central  attesté par l’accélération de la burle et du mistral dans un sens et du vent du sud dans l’autre.  Au contraire le défile de Vienne semblent une véritable limite climatique et la circulation de l’air semble plus difficile entre les parties méridionales et septentrionale de l’axe Rhône Saône, qu’entre les sillons de la Loire et même de l’Allier avec la vallée du Rhône aval, par-dessus les crêtes du Massif central. Entre le nord et le sud de la France , l’air a plutôt tendance à s’échanger selon un axe Nord-ouest sud–est et inversement, selon un axe Loire et Rhône qu’à suivre le sillon Rhône saône. Au nord de Lyon, celui–ci semble plus appartenir à un ensemble continental qui s’étend ensuite en direction de la  Suisse ou de l’Alsace qu’à une communication avec la partie aval du Rhône.

Le courant d’air entre France du nord et du sud  ne suit qu’imparfaitement les axes méridiens du reliefs, il ne semble pas trop perturbé par le franchissement des crêtes de l’est du Massif central en particulier entre le Mézenc et le Pilat.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance…

Bonne semaine

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 21:24

Chronique N°940

La dernière semaine d’août a été marquée par une chute très marquée des températures qui a suivi le passage d’une perturbation en provenance du nord-est  qui a joué les prolongations en venant tournoyer dans l’est du pays. La première grosse vague des précipitations s’est déchainée samedi de la Normandie  avec 68,6 mm à Dieppe aux Alpes en passant par la région parisienne (36 mm à Beauvais) et les plaines de la Saône, 23.6 mm à Macon et 26mm à Besançon. La seconde vague sur la côte atlantique et la région parisienne dimanche, a joué les prolongations jusqu’à mardi dans l’est du pays et la région lyonnaise avec encore 17 mm à Langres comme à Macon.

La chute des températures a connu un gros décalage de date entre les maximums et les minimums quotidiens.

Alors que samedi 24 août la quasi-totalité de la France présentait des températures maximales supérieure à 20°, la chute est sévère dimanche 25, seule une petite moitié méridionale dépasse encore ce seuil, de la côte atlantique, au Bassin aquitain, à la vallée du Rhône et aux Alpes. Ailleurs, la ville la plus froide de France pour les maximums est Limoges avec 13.8° en baisse de 7.3° par rapport à la veille. Les températures les plus basses correspondent à un axe de la Picardie à l’ouest du Massif central en passant par la Région parisienne.

En début de semaine, les maximums les plus bas vont se concentrer de plus en plus dans l’est du pays avec une tentative de légère remontée ailleurs. Le lundi 26, on trouve en dessous de 20° un axe méridien de la lorraine, au Morvan et au Massif central  sans oublier les montagnes de l’est du pays. Langres est la ville la plus froide de France avec 15.4° devant Dijon 15.8°. Mardi 27, la fraicheur diurne se déplace encore vers l’est en incluant la région lyonnaise en augmentant encore un peu dans les secteurs les plus frais, le Puy avec 15.6° présente le maximum le plus bas. Mercredi, Seules montagnes du Jura et du Massif central   avec des points isolés dans le nord, comme Dunkerque présentent des maximums  en dessous de 20°, même au Puy  le thermomètre atteint 19.2°. A l’exception des montagnes de l’est, il ne reste plus de régions en dessous de 18°.

Les températures minimales connaissent une évolution très différente, la baisse qui commence aussi dimanche va s’étendre au niveau géographique et s’intensifier une grande partie de la semaine. Le seuil de 10° n’est pas atteint le 25 août sur les montagnes du Massif central, du Jura et des Alpes avec en plus un ilot dans le centre ouest du pays, le Poitou, la région de Châteauroux et l’ouest du Limousin. Ce secteur de grande fraicheur s’étend le lendemain, lundi, à la plus grande partie des plaines de la Saône et à la porte de Bourgogne où l’on enregistre le matin 7.7° à Besançon. Mardi, il faut ajouter quelques incursions de températures inférieures à 10° dans la vallée du Rhône et au sud du Massif central où Aurillac reprend le trophée de ville la plus froide avec seulement 7.3°, encore un peu plus bas que la veille. Le mercredi 28, l’extension touche le Maine, les collines du perche et les Ardennes où Charleville  mesure le matin 6.3°. Enfin jeudi, il faut ajouter dans le club des villes de moins de 10° le matin, une grande partie de la Normandie et une diagonale des Ardennes au Massif central avec en plus les Vosges et depuis plusieurs jours le jura et les Alpes. Guéret et Nevers mesurent un minimum de 5.6° et Charleville Mézières de 6.3°.

Cette évolution différente des maximums et minimums sur le pays avec une chute brutale le premier jour pour les premiers qui s’estompe progressivement au fil des jours, et une accentuation de la baisse de jours en jours pour les seconds correspond à des mécanismes qui s’associent de façon différente à l’arrivée de l’air froid des hautes latitudes.

Nous avons connu la première descente d’air froid perturbée en provenance de Russie de la saison sur le flanc oriental d’un gigantesque anticyclone qui s’étire de L’Atlantique à la Scandinavie. cet air froid peu chargé en humidité au départ puisque provenant des régions continental, réagit au contact de l’air chaud déjà en place sur notre pays ce qui augmente les masses nuageuses et les précipitations en leur faisant prendre au départ un caractère orageux, mais aussi les prolonge tant que le contact entre les deux airs continue.

Les températures maximales subissent au départ le changement d’air qui arrive entre 14 et 16°, la différence est d’autant plus brutale que la perturbation détermine un ciel couvert à son passage ce qui empêche l’ensoleillement pendant la journée.

Dans les jours suivants, la poussée de l’anticyclone atlantique va décaler vers l’est les précipitations mais aussi les secteurs nuageux qui l’accompagnent. Pour cette raison, les maximums les plus bas suivent la même translation et ne résistent plus que sur le Jura le mercredi 28. Ailleurs cette même poussée des hautes pressions a provoqué un retour lent du soleil qui a permis une remontée des températures dans la journée.

Les températures minimales sont très sensibles à l’état du ciel pendant la nuit. Quand il reste couvert au moment des passages perturbés ou avant la dispersion de leurs effets, la déperdition de chaleur pendant la nuit est faible car les nuages régissent comme un couvercle retenant l’énergie accumulée par le sol. Au contraire quand le ciel se dégagé cette perte est maximale avec le rayonnement nocturne qui disperse la même énergie sans retenue et les températures minimales baissent. Au moment du passage des perturbations et de leur prolongation jusqu’à mardi, la couverture nuageuse a freiné la baisse des températures minimales, qui s’est accentuée au moment du retour du ciel dégagé. Comme ce dernier a commencé à revenir par l’ouest dimanche, ceci explique l’ilot de grosse fraicheur du Poitou et du limousin du même jour, comme la zone découverte s’est étendue à des régions de plus en plus nombreuses au cours des jours suivants dans l’est du pays , les territoires concernés par des minimums de plus en plus bas se sont étendus géographiquement avec une intensification quantitative de la baisse passant de 8 à 9° à basse altitude dimanche, à 5 à 6° jeudi pour les secteurs les plus touchés jeudi matin.

Ce décalage de comportement dans le temps des températures maximales et minimales est courant en raison de leur réaction différente aux états du ciel. La couverture nuageuse facilite la baisse des maximums par manque d’ensoleillement dans la journée mais limite celle des minimums dans la nuit. Inversement le ciel dégagé permet la hausse des températures par ensoleillement dans la journée mais facilite sa diminution pendant la nuit

 Les deux subissent le même changement d’air, mais ensuite les effets divergent. Quand elle s’effectue de jour,  au moment du passage de la perturbation, la baisse liée à l’arrivée du froid des hautes latitudes se cumule avec le déficit d’ensoleillement pour une baisse brutale du maximum diurne. Au contraire la nuit, la couverture nuageuse freine la baisse jusqu’au retour du ciel clair où le rayonnement s’ajoute pour provoquer les minimums les plus bas !

Souvent le décalage entre les baisses respectives de l’un et de l’autre  ne concerne qu’une journée, la prolongation du temps, arrivé pendant le dernier week-end avec cette perturbation qui a folâtré 3 jours sur la France, a aussi augmenté l’écart dans le temps entre le point bas des températures maximales de la journée dimanche et celui des minimums le matin du jeudi, 4 jours d’écart !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur radio espérance , bonne semaine….

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 20:50

Chronique N°939

Nous sommes passés pendant ce mois d’août de l’été furieux à l’été calme, je suis persuadé que vous avez beaucoup plus apprécié le second en dépit de quelques faiblesses.

On a pu d’abord constater depuis la mi-août la difficulté des températures maximales sur la France à dépasser certains seuils qu’elle franchissait très vite quelques jours auparavant.

Une première remontée des maximums commence le 14 août où seule la pointe méridionale du département du Var dépasse 30° et où une grande moitié nord de la France  située au-delà du Val de Loire angevin, du Massif central, du Lyonnais se situe en dessous de 25°.

Lors de la fête de l’Assomption, la limite des 30° remonte au milieu du Bassin aquitain jusqu’à Agen et progresse en basse vallée du Rhône jusqu’au Vaucluse. A l’exception de quelques secteurs montagneux, et des côtes de la Manche sur les pointes de la Bretagne et du Cotentin et sur des espaces de plus en plus vastes au nord de la Seine, tout le reste du pays a dépassé les 25°.

Les deux jours suivants, les zones géographiques dépassant 30° augmentent un peu dans le Bassin aquitain et en vallée du Rhône jusqu’au niveau de Lyon, certaines dépressions du nord du massif central comme les Limagnes sont concernées le 16. La limite des 25° à proximité des côtes de la Manche de la Bretagne  à celles de la mer du Nord reste stable.

La progression géographique des températures maximales élevées connait une phase d’arrêt à la fin du précédent Week-end. Si le dimanche 18 août, les 30° sont encore dépassés dans la partie méridionale du pays, une grande partie nord-ouest du Poitou à la Lorraine passe en dessous des 25°. Le lundi, cette phase de repli s’accentue, les espaces qui atteignent 30° sont repoussés le long de la Grande bleue, du Roussillon au Var et ceux qui restent au-dessus de 25° sont repoussés au sud du Poitou, du Massif central, du Lyonnais et des Alpes du nord. Une grande partie des côtes de la Manche passe en dessous de 20° .

La seconde phase de poussée du thermomètre commence mardi avec la remontée de l’isotherme des 25° jusqu’au niveau du Val de Loire, alors que l’est de la France reste à la traine.

Mercredi la hausse s’accentue avec le passage de l’ensemble du Bassin Aquitain au-dessus des 30° et de la plus grande partie de la moitié nord jusqu’aux côtes de la Manche au-delà de 25°. La température de la France de l’est augmente moins vite que celle de l’ouest. Enfin jeudi, la situation change très peu avec une isotherme des 25° restant près des côtes de la Manche et une des 30° contournant le massif central du seuil du Poitou aux plaines du bas Rhone. Il convient de préciser que la Côte d’Azur est restée cette semaine en dessous du seuil de 30° jusqu’à jeudi. Vendredi les températures connaissent un nouveau maximum.

Alors que l’ensoleillement est resté très abondant pendant toute cette période, il a fallu chaque fois de 48 à 72 heures pour remonter les maximums au-dessus de 25 dans la France du nord que ce soit entre le 14 et le 17 août ou entre le 19 et le 22 août. Si avant le 18 août le seuil des 30° a réussi à être franchi dans la partie méridionale au sud du Massif central, cette remontée a été bien plus difficile dans l’est du pays. La différence essentielle avec la période de fin juillet et début août est que dès que les orages avaient cessé, le thermomètre franchissait très vite à nouveau le seuil des 30° sur la plus grande partie de la France. Pourquoi par rapport à la période précédente notre pays a-t-il connu une hausse des températures retenue ?

D’abord les températures minimales n’ont pas accompagné la hausse contrairement à la période précédente de fin juillet et début août où elles dépassaient régulièrement les 20°. Seul le minimum des côtes varoises dépasse 20° pendant toute la période, parfois le Roussillon l’accompagne et un seul jour la vallée du Rhône. Des températures minimales clémentes débordent dans la moitié nord du pays seulement le 18 et le 19 août. Souvent, on se situe en dessous de 10° et l’on rencontre ainsi 5.1° à Charleville Mézières, 5.3° au Puy avec 6 autres jours inférieurs à 10° et 5.5° à Reims.

Pendant cette période, les arrivées d’air froid ont été surtout efficaces pour faire baisser les températures minimales. Entre le 19 et les 20, les minimums choient de 9.6° à Guéret, de plus de 7° à Charleville et au Puy et de 5° sur le reste de la France.

En dépit d’un beau temps nettement ressenti sur une grande partie du pays, d’un ensoleillement le plus souvent très abondant, le temps est resté stable sans développement orageux avec un calme qui a tranché par rapport aux excès de la période précédente.

Certes la situation météorologique générale participe à l’explication avec globalement un flux de nord sur le flanc est de l’anticyclone qui participe à cette retenue de la hausse du thermomètre, mais en réalité les conditions thermiques locales ont été prépondérantes dans cette stabilité.

Deux mécanismes se sont ajoutés. Le premier d’origine cosmique correspond à la baisse de la durée des jours et de l’angle d’arrivée des rayons du soleil. Il détermine des apports d’énergie solaire plus faibles au cours  de la journée et une plus grande difficulté à augmenter les températures diurnes. Au contraire la longueur croissante des nuits a facilité la déperdition de l’énergie accumulée dans la journée par rayonnement nocturne. Les températures démarrant leur hausse à partir d’un niveau bas le matin, n’ont pu croitre aussi rapidement qu’au cœur de l’été.

Le second, la convection si active dans la période précédente avec le développement des orages a été nettement perturbée par ce premier phénomène. Elle résulte de l’accumulation de chaleur au cours de la journée qui détermine une couche d’air instable au sol qui ne demande qu’à s’élever en altitude et à provoquer des orages ou à stimuler des perturbations très affaiblies arrivant sur notre territoire. Ce phénomène est très perturbé par le niveau très bas des températures matinales, il doit attendre longtemps dans la journée avant de pouvoir commercer à se mettre en place et il ne connait pas un développement suffisant  pendant une durée assez longue, pour que l’air soit assez instable pour permettre le déclenchement des orages.  Quel que soit le niveau apparemment élevé des températures maximales de la journée, l’air reste assez stable pour que les développements orageux soient impossibles, les perturbations moribondes qui arrivent sur le pays comme celles du précédent week-end ne trouvent pas les relais dans la convection qui les stimulaient à la fin de juillet et au début d’août.

C’est pour cette raison qu’avec un temps très beau, apparemment aussi ensoleillé que fin juillet et début Août, la température a été bien plus lente à atteindre des niveaux élevés dans la journée, qu’elle n’a pas été suffisante pour provoquer une instabilité des couches de l’atmosphère près du sol, que cette carence a empêché le développement des orages et de leurs effets les plus excessifs. Nous avons connu un beau temps calme qui contraste singulièrement avec les excès subis quelques jours auparavant.

Une raison de penser que l’été a changé avec une transition vers un début d’automne et une autre de préciser que le beau temps est une notion très difficile à apprécier en météorologie en raison de la façon dont elle est ressenti par l’homme.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur Radio Espérance… bonne semaine…

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 16:40

Chronique N°938

Notre été semblant être passé de la fureur chaude puis orageuse  à la douceur modérée, C’est peut être l’occasion de vous faire part d’observations au niveau de la superficie des banquises estivales qui peuvent paraitre curieuses.

Nous approchons du minimum d’extension des surfaces englacées dans l’Arctique et du maximum dans l’Antactique qui interviendront environ dans un mois dans la seconde partie du mois de septembre. Cette situation provient de l’inversion des saisons entre les deux hémisphères de notre planète, celui du nord approche de la fin de sa saison chaude ce qui a entrainé logiquement un baisse de la superficie des glaces par fusion depuis son maximum de mars. Au contraire l’autre extrémité de la terre, à sa pointe sud, approche du maximum de sa saison froide et les surfaces englacées ont cru autour du continent de l’Antactique depuis leur point le plus bas atteint là aussi pendant le mois de mars.

Ces derniers jours, les évolutions logiques de fusion de la banquise de l’arctique et de grossissement de l’autre côté de la terre ont été curieusement perturbés de façon conjointe.

Autour du Pôle nord, la baisse de la superficie des surfaces englacées marines a été brutalement stoppée entre le 24 juillet et le 2 août par une petite reprise de l’englacement passé de 4.86 à 4.87 millions de km2. Ensuite le rétrécissement par fusion a repris au même rythme qu’avant ce changement et au 10 août, cette superficie est tombée à 4.35 millions de Km2 perdant un demi-million en une semaine.

Au même moment à l’extrémité méridionale de la planète, l’englacement autour de l’Antactique connait une accélération rapide entre le 24 juillet et le  1er août en gagnant plus de 0.6 millions de km2 de 14.5 M Km2 à 15,15 MKm2. Il convient de signaler que cette dernière valeur constitue un record d’extension des glaces de l’hémisphère sud à cette date depuis 1979  où les satellites suivent régulièrement leur extension. Depuis le début du mois la banquise australe  a connu une baisse à contresens de l’évolution normale jusqu’au 6 août en tombant légèrement en dessous des 15 millions de Km2, avant de repartir à la hausse avec environ 15.3 millions de Km2 vers le 10 août.

Cette évolution conjointe à contresens de la normalité inverse des saisons des deux hémisphères doit être mise en relation avec une autre observation que nous avions faite lors de la chronique N° 895  de l’an dernier. Nous avions en effet constaté en septembre 2012 deux records inverses. La banquise arctique venait de connaitre son plus faible minimum d’extension estivale depuis 1979 avec 2.2 M Km2 devant 2011 et 2007 (2.9 MKm2). En sens inverse celle de l’Antactique venait d’observer son record d’extension. 2012 et 2007 étant les deux seules années à avoir dépassé nettement les 16 millions de Km2 de superficie annuelle depuis 1979 alors que 2006 et 2000 effleuraient à peine ce niveau.

D’une façon générale, l’évolution contraire des banquises arctiques et antactiques est une tendance lourde qui se pérennise d’années en années, celle de l’hémisphère nord est toujours en-dessous de son extension moyenne depuis 2006, alors que celle du sud  la dépasse régulièrement et de façon continue depuis 2012 ! Cette contradiction  étant bien plus visible à cette période de l’année vers août et septembre qu’à celle inverse  de février et mars. En effet vers la fin de notre été boréal, si les extensions minimales les plus faibles  en Arctique correspondent bien aux maximums les plus élevés de l’Antarctique depuis quelques années, à la fin de notre hiver boréal les minimums les plus élevés en Antarctique ne correspondent pas toujours avec les maximums les plus bas en Arctique. Les années sont différentes. L’antarctique ayant eu ses minimums les plus élevés depuis 1979 en 2013, 2003 et 2001alors que l’arctique a connu ses maximums le plus bas en 2011, 2007 et 2006.

L’intéressant dans ces évolutions est qu’à deux échelles différentes, celle de quelques jours signalée au début et celle plus lourde sur une durée pluri-annuelle, les banquises opposées des deux hémisphères ont connu des incidents d’évolution à contresens soit de leur évolution saisonnière au passage de juillet à août 2013, soit de leur évolution annuelle de façon plus durable.

Comment expliquer ces évolutions sans dessus dessous ?

J’avoue être incapable de présenter une hypothèse argumentée, par contre la logique conteste clairement la théorie classique liant cette évolution au réchauffement de la planète.

D’abord les incidents de ces quinze derniers jours , d’augmentation des banquises fin juillet puis de baisse en août avant la reprise d’évolution normale, sont trop brutaux pour pouvoir être imputés aux rejets de gaz à effet de serre par les activités humaines. Ces derniers sont des phénomènes très lents alors que nous avons connu des pulsions sur quelques jours.

Ensuite, Le rétrécissement de la banquise arctique, certains prédisent même sa disparition proche,  est traditionnellement expliqué par le réchauffement de la planète accompagné d’une très forte hausse des températures au niveau des pôles, le renforcement de celle australe étant lié à l’affaiblissement du froid extrème de ces régions qui permet l’arrivée de perturbations apportant des précipitations solides plus importantes.

La logique aussi semble contredire. Alors que tout est expliqué par les rejets de gaz à effet de serre des activités humaines comment comprendre que cette contradiction s’effectue au moment de l’année où elles sont les plus faibles. Ne pas oublier que l’hiver boréal avec la concentration de l’essentiel de la population du globe sur l’hémisphère nord émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que l’hiver austral, que ce soit pour le chauffage, ou pour les aspects saisonniers de la production economique ! Au niveau de l’Arctique comment expliquer qu’un phénomène surtout sensible en hiver donne des effets surtout en été ?

L’évolution des banquises ne manque pas de mystères !

Reste deux petites questions à analyser !

Nous sommes à environ un mois du minimum d’extension de la banquise arctique, quel sera son état à ce moment-là ? Les voies maritime le long des côtes de la Sibérie ou du Canada seront-elles dégagées comme en 2012, 2011 et 2007 ?

Actuellement la glace marine est encore solidement arrimée à la Sibérie au niveau des terres du nord de la Severnaia Zembla et de façon plus fragile en Sibérie orientale

Du côté américain, il en est de même entre le Continent et les Iles du Grand Nord canadien. Aucune des deux voies maritimes ne donne pour l’instant l’impression de vouloir s’ouvrir dans le mois qui vient.

Ces variations de la superficie de la banquise sur quelques jours fin juillet et début août ont-elles eu des effets sur notre climat ?

La recrudescence provisoire des glaces de l’arctique à la fin de juillet a été suivie chez nous par la vague d’orage qui a mis progressivement fin à l’anticyclone qui avait progressé pendant le mois sur l’Europe et installé les fortes températures. Si, les plus fortes températures ont eu lieu juste avant, si les premiers orages, ceux du mardi 23 juillet sont concomitants au début de l’arrêt de la fusion de la banquise, ensuite il a fallu bien plus longtemps aux vagues orageuses successives pour mettre fin à la chaleur. La fusion de la banquise avait repris quand le rafraichissement est arrivé chez nous. Est-ce suffisant pour conclure !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance, bonne semaine

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 14:37

Chronique N°934

Les orages sont revenus cette semaine depuis mardi soir avec depuis le début de juillet une origine originale  en sens inverse !

A l’exception de ceux de la soirée de mardi qui ont connu une trajectoire de sud-ouest classique remontant le long de l’axe des Cévennes au Pilat avec des difficultés à déposer des quantités importantes de précipitations dès que l’on s’éloigne de part et d’autres de la ligne de crête. Il a été mesuré 5 mm à Mende, 8 mm à Montregard , mais les pluies ont épargné les retombées rhodaniennes comme celles vers l’intérieur du Massif central.

Depuis la trajectoire des orages est devenue atypique contraire à celle que l’on leur connait habituellement.

Déjà ceux de mercredi concernent un arc qui commence sur le Jura avec 26 mm à la Dole continuent sur les hauteurs des monts de Tarare avec vers 18 heures 34 mm à Violay. On les retrouve sur les hauteurs de l’est du Massif central avec 16 mm au Puy et autant à Mende. Ils terminent leur courbe en revenant vers l’est sur les Préalpes du sud en déposant une quantité comparable sur la Provence intérieure ou la basse vallée de la Durance.

Ceux de jeudi ont suivi un arc semblable. Le matin en provenance du nord-est, ils butent sur le Beaujolais avec les restes des masses pluvieuses de la veille et Villefranche sur Saône  reçoit plus de 13 mm dans la matinée dont 10 mm en 30 minutes. Au moment de la reprise orageuse de l’après-midi, ils effectuent leur courbe sur le Massif central et reviennent vers l’est  dans la basse vallée du Rhône et la Provence avec de nouveaux totaux importants sur la Costière de Nimes, la Provence, le Var avec des inondations et même la côte d’Azur.

Voilà une trajectoire tout à fait originale des orages, Ils arrivent du nord-est au niveau des Alpes et du Jura, ils abordent un virage dès qu’ils atteignent le Massif central et repartent vers l’est sur les régions méditerranéennes du bas Rhône et de la Provence.

Cette situation a d’ailleurs relativement épargné le Tour de France dans les Alpes, puisque les masses pluvieuses ont quasiment tourné autour de lui sans déposer les déluges annoncés sur la course, sauf vendredi sur le col de la Croix Fry.

Mercredi lors de l’étape contre la Montre, l’épreuve a été plus arrosée que jeudi car elle a été touchée par la branche méridionale de retour vers l’est dans l’étape entre la ville d’Embrun et Chorgues, sans toutefois fausser la course comme certains commentateurs le craignaient. Jeudi au cœur des Alpes iséroises, dans le massif de l’Oisans, l’orage a été annoncé, mais l’étape a été globalement sèche en dépit des craintes pour la descente du col de Sarenne, par contre la pluie a arrosé tout autour à une centaine de kilomètres environ avec un déluge sur le versant italien avec 52 mm à Turin, sur les Alpes du nord avec plus de 10 mm autant à Bourg Saint Maurice qu’à Grenoble, dans la vallée du Rhône et sur les Alpes du sud  avec encore 10 mm à Saint Auban . A l’exception de l’orage de vendredi en fin d’étape,  la grande épreuve cycliste est une véritable miraculée du climat cette année !

Naturellement cette courbe orageuse au rayon de plusieurs centaines de kilomètres n’a rien de régulier en raison de la nature très localisée de ces précipitations estivales. Par exemple, jeudi, les deux stations nîmoises présentent un très gros écart sur quelques kilomètres : 16mm à Nîmes Garons contre 4.4 mm à Nîmes Courbessac. Jeudi matin, alors que les précipitations tombe sur le versant oriental des monts du Lyonnais à ceux du Haut Beaujolais, les nuages semblent bloqués tout le matin contre la crête de ces montagnes et ils ne déborderont avec les pluies associées sur le Forez que dans l’après-midi pour des totaux bien plus faibles.

Depuis le début du mois de juillet la trajectoire de ces orages est assez atypique avec une arrivée par le nord-est, par les Alpes du nord et le jura  tout à fait contraire à leurs habitude puisque traditionnellement ils proviennent du sud-ouest en remontant de l’Espagne et du bassin aquitain. C’était déjà le cas de ceux du 2 qui ont déposé 29.1 mm à Macon et 27.2 mm à Paray le Monial. Même trajectoire pour ceux du 9 juillet qui ont déposé 51 mm à Andrézieux-Bouthéon et si peu à Saint-Etienne à quelques kilomètres. Il y a cependant une différence avec ceux de cette semaine, ils ne repartaient pas en sens inverse le long de la Méditerranée.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette trajectoire erratique des orages de juillet 2013 ?

Depuis le début du mois, l’anticyclone des Açores est remonté sur les Iles britanniques. Il coupe la route traditionnelle des perturbations d’ouest ou nord-ouest en provenance des hautes latitudes par l’Atlantique. Ces dernières doivent donc le contourner par l’est et dans ce cas, soit, elles sont repoussées sur l’Europe centrale et nous disposons de journées ensoleillées sous un léger flux de nord-est, soit elles peuvent arriver chez nous par le nord et le nord-est. Elles entrent alors en contact avec l’air chaud accumulé dans la journée par la convection et les reliefs de la France méridionale, ce qui les stimule. Ces deux conditions cumulées facilitent l’ascendance de l’air et le développement d’orages sur les versants qui font face à la progression de cet air en provenance du nord-est et l’axe des monts du Lyonnais à ceux du Beaujolais est particulièrement concerné.

Ceci explique l’arrivée des orages en provenance du nord-est, situation déjà très originale, mais ne permet pas de comprendre pourquoi cette semaine ils reviennent à partir du sud du Massif central en sens inverse dans les régions méditerranéennes alors qu’ils ne le faisaient pas en début de mois.

En début de mois, les hautes pressions subtropicales d’altitudes s’étaient installées sur la Méditerranée. De ce fait ces orages en provenance du nord-est venaient s’empaler sous ce couvercle de hautes pressions. Les masses nuageuses en provenance du nord-est perdaient de leur puissance à leur contact et ne pouvaient atteindre la Méditerranée.

Cette semaine ces hautes pressions d’altitude connaissent une faiblesse avec une goutte froide relayée au sol par une dépression dans le golfe de Gènes. C’est ainsi qu’après leur descente en provenance du nord-est, ces orages sont ensuite attirés quand ils atteignent le Massif central par cette dépression du Golfe de Gènes qui les renvoi vers l’est, la côte d’Azur et l’Italie. Cette semaine les orages ont donc pu poursuivre une route barrée auparavant lors de leurs tentatives du début du mois.

Ces situations orageuses en provenance du nord-est viennent buter de face sur le versant sequanien des  monts du Beaujolais à ceux du Lyonnais qui reçoit encore des quantités importantes. Cette anomalie de fortes précipitations hydriques sur un pays qui est plus connu pour être un pays du vin que de l’eau se poursuit depuis plusieurs mois. En juin, ce secteur a été le moins sec de la région du Rhône et de la Loire. En juillet il est sensible aux orages jusqu’à vendredi. Il a connu en novembre 2012 puis en avril et mai 2013 de véritables déluges. C’est ainsi que Villefranche sur Saône a reçu au premier semestre 2013,  449,9 mm et Saint Cyr le Chatoux 518,4 mm, des totaux particulièrement importants qui faisaient déjà suite à une fin 2012 très arrosée. Ce secteur qu’il reçoive des précipitations en provenance du nord-est, orageuses comme maintenant ou froides en hiver, ou en provenance du nord-ouest  avec une trajectoire un peu septentrionale a été en première ligne pour accumuler des précipitations importantes ! Ce secteur souvent très sec avec les coteaux viticoles à l’abri des perturbations d’ouest, a mis cette année beaucoup d’eau atmosphérique en provenance du nord ou d’ailleurs dans son vin !

Gérard Staron vous  donne rendez-vous samedi prochain sur radio Espérance, bonnes vacances ou excellente semaine selon le cas.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 16:04

 Chronique N°922

La malédiction météorologique du week-end semble continuer !

Depuis le début du mois, chaque période de repos dominicale est frappée d’une baisse très sensible des températures marquée par des gelées ou le retour de la neige. C’est ce que nous avons vécu la semaine dernière avec une couche de neige lourde sur les plateaux de la haute Loire au-dessus de 900 m, mais les précédents  avaient été à peine meilleurs et celui qui se déroule en ce moment n’a rien à envier au  précédent pour la dégradation du temps avec encore un retour de la neige un peu plus bas. Le contraste est d’ailleurs même accentué depuis que le soleil est revenu. Lors de ces deux dernières semaines, l’astre nous a accompagné du mardi au jeudi ou vendredi de ses rayons, les températures ont remonté , puis se sont effondrées ensuite.

L’an dernier à la même époque je signalais le même phénomène dans la Chronique N°873 :la malédiction des week-ends depuis avril! . Nous avions aussi supporté un week-end de Pâques aux tisons, la même neige du Coucou de la mi-avril s’était produite un dimanche, le mauvais temps avait aussi accompagné les tours des élections présidentielles et législatives avec toutes les conséquences que vous savez[1], et enfin la chute exceptionnelle des températures des Saints de glace s’était produite entre un vendredi et un dimanche !

Existe-t-il donc une calamité du week-end ?

Pour tenter de trouver une réponse, au moins partielle au problème, j’ai effectué pour l’ensemble de l’année 2012, l’analyse des températures maximales, minimales et des précipitations selon les différents jours de la semaine à ma station de Saint Etienne (500m).

La malédiction du Dimanche est la plus visible pour les précipitations.  En 2012, c’est le jour le plus arrosé de la semaine avec 215.7 mm soit plus du quart du total annuel. Il devance le samedi avec 133.8 mm et 16% du total annuel. Pour deux jours sur 7, le week-end a cumulé près de 42% des précipitations de l’année. Quand on ajoute le lundi qui jouxte le week-end et suit immédiatement  dans la liste des plus arrosés, les trois jours du samedi au lundi représentent 56% des précipitations contre 44% pour les 4 autres jours du mardi au vendredi.

La domination du week-end est encore plus importante pour les précipitations les plus intenses avec 9 jours dépassant 20 mm contre 4 pour le reste de la semaine du lundi au vendredi inclus, avec les deux plus substantielles pour le dimanche, 53 et 33 mm. La pluie ou la neige du dimanche ne peut pas passer inaperçue puisque le rapport entre total des précipitations et le nombre de jours où elles sont tombées donne 10,8 mm pour le dimanche et  3.5 à 7 mm pour les 6 autres jours de la semaine ! Voilà de quoi attrister la journée de repos ! Si le dimanche est nettement pourri dès qu’il pleut, le nombre de jours du Seigneur  affecté par des précipitations au long de l’année n’est pas plus important que celui des autres. Seuls 20 sont concernés contre 27 pour le samedi. Le seul jour à connaitre une fréquence inférieure est le mercredi avec 17, les scolaires ont bien choisi leur jour de repos, j’en connais qui vont encore râler ! Mais ils risquent de le perdre partiellement !

La concentration des températures les plus basses  est moins nette sur le dimanche. Pour les maximums, le dimanche est le jour le plus frais de la semaine à égalité avec le lundi avec 15°, mais au long de l’année 2012, il est très intéressant de constater un rythme hebdomadaire d’évolution des températures.

Ce cycle est très marqué au niveau des maximums. Si le dimanche et le lundi sont les deux jours les plus frais de la semaine, les températures montent régulièrement jusqu’au jeudi avec 17.2°. Le vendredi est presque globalement au même niveau avec 17.1°, puis les maximums baissent le samedi avec 16.7° et s’effondrent le dimanche avec 15°. Cette chute de plus de 2° en 2012 entre le vendredi et le dimanche et de plus de 1.5° en 24 heures, est naturellement fortement ressentie et permet de mesurer une dégradation marquée par la population, ceci contraste avec la hausse du début de la semaine qui est beaucoup plus progressive, 0.3 à 0.5° en 24 heures du lundi au jeudi !

Notons que si le dimanche n’a pas le maximum le plus bas lors du grand froid de février 2012, il a celui le plus élevé de la vague de chaleur de la seconde partie d’août avec 37.6° !

Le même rythme existe pour les températures minimales mais avec une amplitude plus faible entre le jour le plus chaud et le jour le plus frais, 1.4° d’écart pour les minimums contre 2.2° pour les maximums et avec aussi un décalage de 24 heures au cours de la semaine.

Cette fois le lundi possède les minimums les plus  bas avec une moyenne de 6.2° en 2012. Ces derniers montent par tranche de 0.2 à 0.4° jusqu’au vendredi et non pas le jeudi avec 7.6°. Le début de la baisse est lent jusqu’au dimanche avec 7.3° et l’effondrement a lieu entre le dimanche et le lundi avec 1.1° d’écart, de quoi rendre le premier jour de la semaine encore plus impopulaire à ceux qui reprennent le travail.

Ce décalage dans le temps dans l’évolution parallèle entre le rythme des maximums et des minimums parait climatiquement logique. Quand arrive une vague de froid en provenance des hautes latitudes, cette dernière amène d’abord beaucoup de nuages qui retardent la baissent des minimums mais accentuent celle des maximums en cumulant l’effet d’arrivée de l’air extérieur, des précipitations et de l’absence d’ensoleillement. Le froid du matin  est le plus fort quand le ciel se dégage à la fin de l’épisode perturbé, ce qui permet un fort rayonnement nocturne

Cette petite étude met aussi en évidence le caractère progressif de la montée des températures sous l’effet de l’ensoleillement  et la chute brutale de ces dernières lors de l’arrivée d’une vague de froid, en illustrant mon propos de la semaine dernière Chronique N°921 : "Plus dure sera la chute"... du thermomètre ! .

En 2012, il y a donc bien eu un rythme hebdomadaire du temps avec une dégradation pendant le week-end. Cette étude permet d’en montrer les étapes. L’arrivée du mauvais temps en début du Week-end permet un début de baisse des maximums le vendredi et le samedi avec l’arrivée des nuages et le début des précipitations, la dégradation pluvieuse ou neigeuse en hiver est centrée sur le dimanche, elle s’accompagne de l’effondrement des maximums et elle est suivie de celui des minimums quand le ciel plus dégagé permet le rayonnement nocturne. Ensuite le rétablissement du temps, le retour du soleil permettent une remontée des températures et une accalmie des précipitations jusqu’au jeudi ou vendredi.  

Les études de climatologie sur le rythme de la semaine sont rares, la seule que je posséde jusqu’à présent est celle de Bernard Subrin à propos de son poste du Breuil, dans le Rhône (Beaujolais) parue en juin 2012 dans le bulletin « Meteofil » de l’AMRL qu’il honore de son adhésion. Elle montrait déjà le problème du dimanche pour la pluviométrie, mais le rythme thermique hebdomadaire était moins évident

Ce qui a été prouvé pour 2012, et probablement le début de 2013, pour Saint Etienne est-il extensible sur une plus longue période d’observation et sur un espace géographique plus vaste ? Ce rythme hebdomadaire se décale-t-il en fonction des différents types de temps dominants pendant une année ?

En 2012, il y a eu une malédiction du week-end avec un rythme hebdomadaire des types de temps, mais ce fait  soulève plus de question qu’il ne résout de problème ?

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance , bonne semaine



[1] G. Staron « Leciel tomberait-il sur nos têtes » 2003 Editions ALEAS  chapitre 1

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:09

Chronique N°920

Si mars a été mauvais chez nous, nous ne devrions pas nous plaindre quand on compare à ce qu’ont subi nos voisins allemand et polonais aspect totalement occulté par les médias.

La carte des anomalies de températures du mois de mars, montre que si la moitié nord de la France a subi un déficit de plus de 1° , si toutes nos régions frontalières de la Belgique à l’Allemagne ont poussé cette anomalie à 3° en dessous des normales , l’ensemble de toute la Plaine d’Allemagne du Nord et des monts hercyniens qui la borde est au-delà , ce déficit thermique dépasse 5° de l’Ancienne RDA à la Pologne et l’on passe à -7° par ilots sur la Lituanie et de façon plus régulière en Russie, de réputation déjà si froide !

La moyenne de mars constitue un record de froid depuis 1963 à Berlin avec -0.5° battant le record précédent de 1969 (-02°), record de froid depuis 1947 pour Gorlitz et Angermunde avec respectivement -1.5° et 1.6° devançant dans un cas 1958 et dans l’autre 1969., record de froid depuis 1906 à Lindenberg (-1.2°) devançant 1917 avec -1.1°, record de froid depuis 1891 à Hambourg (-0.4°) égalant celui de 1942 et enfin record de froid depuis 1889 à Gottbus (-1.1°) battant celui de 1969 avec -0.5°.

Les rythmes de ce froid au cours du mois ont été les mêmes que chez nous. Logiquement quand la vague de froid était la plus intense chez eux, elle était la plus étendue chez nous. On retrouve les mêmes périodes de très basses températures minimales que celles que j’ai mentionné dans le bulletin N°88 « Météo fil » d’entre Rhône et Loire qui vient de paraitre. D’abord celle du 14 au 16 mars, Quand il faisait -16° à Gottbus et -14° à Angermunde , on retrouve entre -11 et -13° sur nos postes d’altitude du Pilat et -5° sur l’ensemble de nos deux départements. Ensuite la vague de fin du mois débute comme en France vers les 23 et 24. Quand il faisait encore de -13° à -15° à la frontière germano-polonaise, les fortes gelées reprenaient sur le Massif central pour culminer quelques jours plus tard. On trouve les mêmes périodes de répit des très basses températures qu’en France entre le 5 et le 9  et aussi entre le 17 et le 22, mais à la différence de la France où le thermomètre est parfois monté jusqu’à 20° à Villefranche sur Saône et 19° à Lyon et Saint Etienne, les stations de l’est de  l’Allemagne sont restées continument dans les gelées sauf le 6 et le 7 à Hambourg ou Berlin : 31 jours consécutifs de gelées en mars à Angermunde et Gottbus pourtant à basse altitude.

La plupart de ces postes, Gorlitz, lindenberg, Gottbus, Andermunde, sont situés à proximité de la frontière polonaise mais les records de neige sont situés un peu plus à l’ouest fort logiquement, avec 36cm à Lubeck, 28 cm à Hambourg, 20cm à Berlin et enfin 18 cm à Francfort.

Les allemands ont même joué la prolongation du froid au début du mois d’avril puisque des minimums très bas ont été enregistrés jusqu’au 8 avril avec -8.1° à Greifswald, -7.5° à l’aéroport de Bonn Cologne  et -6.7° à Magdebourg. Ce même jour la France commençait à entrevoir une amorce de printemps qui a continué à se développer ensuite.

Pour comprendre la raison de ce froid exceptionnel de l’ensemble européen au-delà des reliefs majeurs que constitue l’arc Alpin, il faut effectuer une analyse d’ensemble de l’hémisphère nord, car il s’agit bien d’un phénomène généralisé sur l’Europe et je ai choisi mes exemples en Allemagne car ce pays communique ses données météorologiques de façon plus facile et objective que d’autres !

Tout se passe comme si le pôle avait choisi de dispatcher son froid autour de lui.

 La situation moyenne sur 30 jours montre un anticyclone extrêmement puissant sur l’Océan arctique avec une forme un peu allongée de la baie d’Hudson à la Sibérie. Ces hautes pressions sont particulièrement puissantes en altitude avec une forte anomalie positive au niveau de la surface des 500 hpa. Habituellement les anticyclones polaires sont très puissants au sol en raison de l’accumulation de l’air froid très dense et plus faibles en altitude, ici nous sommes dans une situation inverse qui rend ce centre d’action particulièrement stable. L’air froid  très dense au sol est surmonté par celui plus volatile. Pour cette raison, cette situation qui s’est installée dans la première partie du mois de février a persisté jusqu’au début avril.

Cette masse anticyclonique dispache son air froid par une série de dépressions qui sont situées aux latitudes moyennes, tout autour des zones polaires, et qui servent de relais pour envoyer l’air froid sur une grande partie de l’hémisphère nord. Il fait  très froid au cœur des zones qui ceinturent l’arctique, entre -20 et -30° et parfois en dessous au niveau de la surface des 500 hpa et vers -10 à -12° au niveau de celle des 850 hpa.

Ces dépressions froides des latitudes tempérées forment une ceinture.

On trouve celle qui nous intéresse, de l’Europe centrée sur la Russie d’Europe, qui envoie son froid par une langue de Nord-est qui traverse la Pologne, l’Allemagne, et termine sa route sur la France. 

On remarque ensuite celle de l’Atlantique au large de l’Irlande, plus modeste.

On trouve celle de l’Amérique du nord centrée sur la Mégalopolis qui envoie son air froid en direction des Grandes plaines et trouve ensuite des relais secondaires sur la Colombie Britanniques et l’Alaska

Enfin un autre ensemble complexe est formé de deux dépressions alignées à la même latitude, la première sur la mer d’Okhotsk actuellement englacée suivie de celle sur l’Extrême-Orient russe et la Mandchourie.

Toutes ces extensions arctiques en direction des latitudes tempérées ont provoqué des flux d’est qui se sont d’autant plus développés qu’ils s’étendent ensuite sur des continents froids que ce soit l’Europe ou l’Amérique du nord. Au contraire les cellules sont bien plus réduites quand elles sont centrées sur un océan comme l’Atlantique ! En hiver, même à la fin, un continent attire plus le froid qu’un océan.

Cette immense invasion d’air froid sur l’hémisphère nord a totalement perturbé la circulation atmosphérique traditionnelle d’ouest avec les fameuses perturbations océaniques. A ce sujet on constate une inversion entre deux parties de l’hiver. Autant jusqu’au début de février la circulation des perturbations d’ouest a prédominé, autant elle a été totalement modifiée ensuite à partir de cette calotte en provenance de l’Arctique qui a généré des flux d’est sur les continents et a chassé plus au sud les perturbations océaniques traditionnelles !

Y-a-t-il un rapport avec la situation de la banquise arctique ?

Cette période est celle où elle connait son maximum d’extension pendant le mois de mars. Alors qu’au cours de 2012, elle a été longtemps déficiente en particulier pendant toute la saison estivale, à la fin de l’année, elle a récupéré progressivement son retard de superficie, son maximum de 2013  sans être très important marque une certaine reprise par rapport aux années précédentes et actuellement pour un début avril son extension est quasiment normale et presque moyenne pour la période de 1979 à 2012.

Nous avons connu pendant cette fin d’hiver avec sa prolongation du début du printemps, une glissade de l’air froid arctique dans tout l’hémisphère nord autour d’un anticyclone particulièrement tenace et cela continue en Europe de l’est !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio espérance , bonne semaine.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 21:07

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Le bulletin N°87 " le Météo fil" de mars 2013 vient de paraitre !

Il vous est toujours possible de rejoindre notre association pour le recevoir !

sommaire :

Janvier en France et dans le monde : Guy Blanchet

La neige au nord du Pilat : vue d'en bas Gérard Staron et vue d'en haut Bruno Aujoulat et Bernard Faure

la masse volumique de la neige du dimanche 24 février Michel Gagnard

Au jour le Jour .......

Naturellement les données températures et précipitations de nos 35 stations!

 

Au jour le jour

Février 2013 : Hiver aux modes océaniques puis continentales !

Gérard Staron

 

L’hiver commence par une douceur trompeuse dans un courant perturbé d’ouest. Le1 er est aussi premier par ses fortes températures en particulier à Saint Etienne avec les maximums et minimums les plus élevés dans l’air qui se réchauffe en redescendant du Pilat. C’est aussi le seul jour du mois à ne pas connaitre le gel dans les postes d’altitude au-dessus de 850 mètres, les deux de Violay, les quatre du haut Pilat, Saint André la côte et Mont Saint Rigaud.

La suite est toute différente. Dès le lendemain, la neige revient à basse altitude, les gelées réapparaissent sur les reliefs, puis partout à partir du 4. Jusqu’à la mi-février nous allons connaitre 3 cycles successifs identiques par leurs types de temps . Après le passage d’une perturbation océanique d’ouest ou de nord-ouest avec neige en altitude et températures assez douces, le flux atmosphérique passe au nord avec l’attraction de l’air par la dépression du golfe de Gènes, puis l’anticyclone des Açores gonfle à partir de ces îles mais hélas insuffisamment pour nous empêcher de continuer d’avoir un flux de nord sur son flanc oriental.

Ces cycles se renouvellent avec un froid de plus en plus marqué à l’intérieur de chacun d’eux, la perturbation océanique est plus douce que celle qui revient par le nord ou le nord-est et enfin le rayonnement nocturne accentue le froid pendant  la période anticyclonique, ainsi que les phénomènes de brouillard ou de couvercle de grisaille. ,

Cette accentuation du froid est aussi visible d’un cycle  à l’autre. Le premier commence par la douceur du 1er et se termine par les gelées du 4. le second commence par quelques maximums positifs le 5 et le 6 et se poursuit par trois journées sans dégel à de nombreuses stations du 7 au 9 .Le troisième débute encore par des maximums souvent positifs le 10 et le 11, pour se terminer par les journées sans dégel du 12 et du 13 et surtout par la très forte gelée matinale du 14 qui dépasse le seuil du grand froid  sur les postes d’altitude à la Tour Matagrin , au Mont saint Rigaud , à saint André la côte( 770 m) et sur les 4 du Haut Pilat avec -17.4° au Sapt. Ce même jour possède  même parfois le minimum le plus froid du mois à St Cyr le Châtoux et Saint André la côte (860m) avec une belle inversion ce jour-là entre les deux postes de la commune (-13.2° à 770 m et -9.6° à 860m)

 Au début de chaque cycle, les précipitations sont plus importantes en raison de leur caractère océanique avec un niveau de passage à la neige qui s’abaisse à chaque cycle. A saint Etienne, la ville est à peine atteinte quelques heures le 3 au matin  par le sol blanchi après la pluie précédente. Le retour à la neige est plus net dans la nuit du 5 au 6 au début du second cycle et ensuite c’est toujours de la neige jusqu’au 14. L’essentiel des précipitations tombe pendant cette première partie du mois.

La période anticyclonique qui termine chacun de ces cycles est très souvent marqué par des phénomènes de brouillard ou de couvercles de grisaille. C’est le cas à Saint Cyr le Chatou les 4 , 9 et 10 et le 12 et quand Saint Cyr le Chatou est dans le brouillard , Villefranche plus bas est sous le couvercle de grisaille !

A partir de la mi-février le temps change avec la mise en place d’un énorme axe anticyclonique reliant les hautes pressions des Açores à celles continentales de Russie Sibérie

Pendant la première partie jusqu’au 21, le ciel est souvent dégagé ce qui provoque de fortes gelées matinales en raison du rayonnement nocturne important à cette période de l’année, mais aussi des maximums positifs dans la journée. Une seule exception classique, le val de Saône, l’une des régions françaises où les nappes de stratus sont particulièrement tenaces. C’est ainsi que Saint Cyr le Chatou en haut, mentionne des brouillards les 16, 17, et 18, qu’il transmet ensuite en bas à Villefranche sur Saône les 18, 19 et 20. Comme souvent la nappe de grisaille assez haute et épaisse au début a tendance à descendre ensuite  dans les zones les plus basses.

Cette masse anticyclonique évolue. Progressivement les hautes pressions d’origine continentale s’imposent  et, à partir du 20, elles sont centrées sur la Scandinavie, ce qui permet sur leur flanc sud l’installation d’un flux de nord-est particulièrement froid. Cette situation permet le retour de températures particulièrement basses avec des journées sans dégel généralisées sur les stations de la Loire à partir du 21. Elles s’étendent ensuite au val de Saône et à l’agglomération Lyonnaise le 23. Ce dernier jour est aussi celui qui présente le minimum absolu le plus bas du mois avec grand froid sur de nombreuses stations d’altitude.

Ce flux de nord-est est parfois perturbé, légèrement le 19 avec quelques flocons à Tarentaise et Villefranche- sur-Saône, bien plus nettement avec cette très longue chute de neige légère soufflée par le vent avec formation de petites congères à des altitudes assez basses, ce qui est rare, qui s’étire du vendredi 22 au lundi 25 au petit matin. Voir l’article de Michel Gagnard sur sa masse volumique, cette dernière est particulièrement basses par rapport à celle moyenne de 109 kg par m2 mesurée autrefois au centre d’étude de la neige Par E. Pahaut [1].

Le déplacement de l’anticyclone sur la Mer du Nord, puis le Royaume-Uni, change la nature de ce flux de nord-est, il n’est plus capable d’apporter de la neige, avec des pressions plus élevées , il est bien plus sec. Sous un ciel dégagé permettant un très fort rayonnement nocturne surtout sur un sol encore enneigé, les températures minimales sont particulièrement basses, avec un nouveau pic de grand froid à de nombreuses stations le 26 février qui  dispute le titre de jour le plus froid du mois au 23 et  au 14 février ! Les maximums trop proche de zéro quand ils sont positifs dans les dépressions permettent au manteau nival de résister à des altitudes assez basses jusqu’à la fin du mois.



[1] Edmond Pahaut «  Les cristaux de neige et leurs métamorphoses » 1975m onographie N° 96 de la Météorologie nationale.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:52

Prévision du 6 au 9 mars 2013

 

L’anticyclone a rendu les armes et son départ ne se fait pas sans agitation dans l’atmosphère nous repassons l’influence de perturbations en provenance d’abord de Méditerranée, puis de l’océan en subissant  des trajectoires qui commencent par le sud, puis passent à l’ouest et risquent de terminer par le nord la semaine prochaine !

Avec elles,  les précipitations reviennent. Elles affectent dans un premier temps l’axe du Mézenc au Pilat avec forte abondance et un débordement privilégiant ensuite le Velay et le Forez, puis dans un second elles affectent surtout  les reliefs océaniques (le Sancy , les axes du haut Forez aux monts de la Madeleine et du Pilat au haut Beaujolais). Le passage à la neige remonte à des altitudes proches des sommets les plus élevés et les bassins intérieurs sont partiellement à l’abri.

Les températures sont douces : pas de gelées nocturnes, les maximums tournent autour de 10° dans les dépressions

La conjonction des précipitations et de la fonte de la neige est susceptible de gonfler notablement le débit des rivières surtout les affluents de rive droite de la Loire, leurs crues devraient rester modérées toutefois

Vent du sud fort sur les plateaux du Massif central  sans atteindre toutefois la tempête comme en Méditerranée

 

Mardi :

Prévision antérieure maintenue

Les pluies remontant de Méditerranée abordent déjà le Mézenc, continueront sur la crête jusqu’au Pilat mais leur pénétration au-delà est aléatoire sur le Velay et le Forez

Douceur comme annoncée sous un ciel plus couvert que la veille

Vent du sud fort sur les  plateaux du Massif central  sans atteindre la tempête en Méditerranée

 

Mercredi :

L’épisode pluvieux méditerranéen continue avec un dégradé dans le total reçu , les crêtes du Mézenc au Pilat sont les plus arrosées avec un risque de crue modéré des rivières qui descendent de ces reliefs. La pénétration des pluies sur le Velay et le Forez est plus forte que la veille ; les Limagnes du sud en position d’abri recevront peu de précipitations.

Relative douceur des températures, quasiment pas de gelées matinales, des maximums vers  10° dans les dépressions

Vent du sud fort comme la veille

 

Jeudi

Les précipitations changent d’origine, l’épisode méditerranéen nous quitte le matin par l’est après avoir déposé ses dernières pluies du Mézenc au Pilat et au haut Beaujolais, celui d’origine océanique commence dans la seconde partie de la journée,  mais pour ce jeudi il se limite à atteindre les reliefs du nord en particulier le Sancy

Entre les deux, la journée sera douce. Pas de gelées matinales. Un vent de sud booste les températures maximales dans les sillons qui longent la Loire et l’Allier où elles dépasseront largement 10° avec plus de soleil.

 

Vendredi :

Une perturbation océanique  importante plutôt de sud-ouest traverse la région à partir de la nuit précédente. Ses pluies privilégient les montagnes océaniques citées dans l’introduction et la bordure nord des Combrailles au Roannais. Toute la région est cependant concernée même si les bassins internes du Massif central (Limagnes du sud et le Puy) sont en situation relative d’abri.

Pas de gelées, mais les températures maximales commencent à baisser, 10° environ dans les dépressions

 

Samedi :

Après un intermède le matin, la nouvelle perturbation océanique arrive de l’ouest, elle traverse la région en respectant la même géographie des précipitations que celle de la veille

Les températures changent peu : pas de gelées, maximums vers 10° dans les dépressions

Le vent change de direction, l’ouest domine au nord d’une ligne Clermont-Feurs

 

Ces 4 jours, constituent un intermède de douceur.  Le retour d’un épisode hivernal est annoncé pour le début de la semaine prochaine à confirmer samedi !

Gérard Staron

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