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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 23:28
Toujours des vents d'est dans la stratosphère (1 et 2 juin 2015)

Claude vient de m'envoyer les trajets des ballons sondes envoyés par des écoles de Montélimar (1-06-2015) et de Montpezat sur Bauzon dans l'Ardèche au pied du massif des Boutières (2-06-2015).

Ces deux ballons ont été lancés dans des régions proches du sillon rhodanien , dans le fond de la vallée du fleuve au milieu de l'axe pour le 1er à Montélimar et au pied des reliefs de l'est du massif central pour le second .

Lors de ces deux jours consécutifs, les flux atmosphériques qui entrainent ces ballons lors de leur montée (en jaune) ou dans la fin de la descente (en rouge) sont différents. Ils sont d'une direction ouest sud-ouest pour le 1er juin soit perpendiculaire aux axes méridiens des reliefs et de nord pour le 2 juin soit de même direction que la vallée du Rhône après au début de la montée avoir suivi l'axe de la vallée de affluent de l'Ardèche où se trouve Montpezat sous Bauzon.

En dépit de flux atmosphériques différents dans les basses couches de l'atmosphère, le plus intéressant consiste à remarquer qu'au dessus d'un niveau élevé d'altitude dans l'atmosphère, à partir du moment où l'on se trouve dans la stratosphère , les deux ballons sont tous les deux entrainés par des vents d'est dans le haut de leur montée et après leur éclatement dans le début de leur descente.

Ceci montre montre que pendant deux journées consécutives, des vents d'est stratosphériques existent alors que les flux sont différents en dessous dans la troposphère !

Une information intéressante à ne pas négliger !

Gérard Staron

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 14:47
Températures de Montregard (43) du jour de l'an à Paques

le graphique des températures de Montregard (43) du jour de l'an à Paques avec le minimum et le maximum quotidien sous abri et une courbe de tendance polynomiale sur 5 jours permet de faire un bilan du début de cette année.

la structure de l'hiver est fort intéressante avec une première partie de janvier particulièrement douce et une véritable saison froide de la dernière décade de janvier à la mi-février.

la remontée des températures est ensuite aussi intéressante jusqu'à la mi-mars:

elle est plus rapide pour les maximums que pour les minimums

la différence de régularité est aussi flagrante. les minimums connaissent une montée lente et assez progressive alors que les maximums alternent des poussées chaudes séparées de piqures de rappel de froid très brutales.

De la mi-mars à Paques , alors que les maximums ne progressent plus, il n'en est pas de même des minimums qui continuent leur hausse plus régulière

le site de mesure sur un adret bien exposé est peut être plus sensible aux jours très ensoleillées et la région connait la burle lors des coups de froid, mais ces très grands contrastes thermiques de début de printemps sur de courtes périodes sont très intéressantes.

Ce graphique montre aussi la plus grande inertie des minimums , le plus souvent le matin, aux changements thermiques

Gérard Staron

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 18:40

Chronique N°1000

Qui aurait pu penser en octobre 1993, qu’une telle chronique pourrait être consacrée à la climatologie pendant 21 ans ; personne ?

A l’époque où je me promenais dans les stations de ce que l’on n’appelait pas encore Météo France, mais l’Office de Météorologie Nationale dépendant du Secrétariat d’état à l’aviation civile, un responsable syndical à Gourdon m’avait déclaré que la climatologie était « l’hôpital » de la météo, car à l’époque dans le service correspondant on plaçait les agents qui ne pouvaient plus continuer dans l’actif !

A l’époque, le réchauffement de la planète n’était qu’une préoccupation lointaine de spécialistes qui ne débordait pas des colloques, congrès ou symposiums pour scientifiques. Ce fût le cas du congrès de Rio sur la terre de l’année précédente en 1992. Ce n’est qu’en 1997 avec le « Protocole de Kyoto » que la théorie commence à déborder sur le monde politique , les associations internationales, et la population.

C’est ainsi que Radio Espérance a tapé dans le mil avec cette chronique puisqu’en 20 ans , le climat dont seulement quelques scientifiques se souciaient à l’époque est devenu la principale peur de la planète pour le siècle à venir. La surveillance de la température est un sport mondial avec des écarts de plus en plus faibles, souvent moins de 1°, que l’on présente comme des catastrophes potentielles. C’est ainsi que l’on vous dit que septembre 2014 est le plus chaud dans le monde depuis 135 ans en raison d’un excédent par rapport aux normales de 0.72° sur l’ensemble de la planète selon le NCDC/NOAA (organisme américain) ! Comme ces dernières normales calculées sur 30 ans varient selon les séries utilisées, on vous annonce selon le GISS que la hausse par rapport à la normale de septembre 2014 est de 0.78° pour celle de 1951-80 et de 0.42° pour 1981 à 2010.

Pourquoi la moyenne des températures est-elle devenue le gendarme de la planète ?

La moyenne de la température, au début de la climatologie exprimait la synthèse des caractéristiques géographiques de l’atmosphère au-dessus d’un lieu dont elle permettait avec les précipitations de définir le climat comme si ce dernier était une donnée théorique invariable. C’est par exemple l’objectif de la première thèse sur le Massif central de Pierre Estienne en 1955 qui découpait ce vaste ensemble en « climats » en fonction de l’importance relative des influences océaniques méditerranéennes et continentales.

A partir des années soixante-dix, on s’est de plus en plus rendu compte que tout cela bougeait. La notion de variabilité des climats a été mise en valeur par les travaux de l’ER30 du CNRS de Grenoble à laquelle j’ai participé sous la direction de Charles Pierre Peguy, fils posthume du grand homme de lettres et qui a été le patron de ma thèse « l’hiver dans le Massif central » qui venait d’être publiée en 1993 quand j’ai commencé cette chronique. C’est l’époque où les calendriers de probabilité ont tenté de remplacer les moyennes en climatologie. Ceci permettait de comparer l’état habituel du climat d’un lieu avec ses événements exceptionnels qu’ils soient thermiques ou pluviométriques. Ceci était associé à la recherche de la durée de retour d’un phénomène, tempêtes, gelées ,froid, chaleurs etc. Il faut bien dire que cette méthode est surtout utilisée en matière pluviométrique et hydrologique avec les crues décennales, trentennales centennales ou millénaires censées se produire, plus ou moins, selon une probabilité de 10 ans , 30 ans 100 ans et 1000 ans.

Mais dans le domaine thermique, le retour à l’utilisation des moyennes a triomphé avec la théorie du réchauffement de la planète. On m’avait toujours annoncé quand j’ai été formé aux statistiques et à leur utilisation en climatologie que les mathématiciens, ceux de Grenoble en particulier, étaient très réservés sur leur utilisation, que la méthode de la corrélation manquait de discernement

C’est pourtant par l’utilisation de la corrélation mathématique entre l’évolution des températures et d’autres paramètres comme les gaz à effet de serre avec surtout le gaz carbonique que cette théorie a triomphé. C’est cette relation entre la hausse conjointe de ces deux paramètres, les températures et le taux de gaz carbonique depuis le début du XXème siècle qui a été à l’origine de tout cet univers de menaces qui a été construit autour du climat. Des courbes ont été établies comme celle de Lorius entre l’évolution des températures et le gaz carbonique contenu dans les bulles des glaces anciennes de l’Antarctique. Il suffit de poursuivre bêtement les courbes pour définir la hausse future des températures en liaison avec celle conjointe des gaz à effet de serre dans l’atmosphère !

Tout parait tellement simple que l’on se demande comment la majorité des états et des organisations internationales a pu se laisser séduire et hisser le climat au niveau du principal risque pour la planète.

Il serait trop long d’évoquer les questions de fond aujourd’hui, mais le rôle du climatologue n’est pas de rentrer, voir même de se laisser enfermer dans ces schémas simples, mais de voir toute les implications, et même leurs faiblesses. La principale est que le réchauffement semble en panne ou pour le moins hésite, surtout en Europe depuis 2007 en dépit des quelques mois de 2014 particulièrement chaud au printemps et maintenant à l’automne.

Il est bien évident que c’est cette démarche de recherche objective qui a attiré l’auditeur vers la chronique de climatologie de Radio Espérance d’autant plus que pendant très longtemps aucun média français ne disposait d’une telle rubrique.

C’est ainsi que son texte a été repris à partir de 2004 par le site Zoom 42.fr et à partir de 2008 par mon blog « blog gesta info ». Je n’ai jamais pu obtenir l’impact en auditeur sur Radio espérance mais son audience écrite dépasse plusieurs milliers de visiteurs uniques par mois. L’irrégularité est très forte, avec des hausses rapides dès que l’actualité attire l’attention ou inquiète nos concitoyens. Certains vont peut-être voir tous les 4 jours mes prévisions pour les départements de la Loire de la Haute Loire et du Puy de Dôme

C’est ainsi que son auteur a vu au cours de ces années se multiplier les possibilités de tribunes. Bien d’autres sujets et surtout chaque grosse crue de la Loire et la dernière en 2008 m’ont permis d’écrire sur la revue « La Loire et ses terroirs » consacrée à l’ensemble du fleuve à partir d’Orléans. Président de l’AMRL depuis mars 2012, je suis chargé de la rédaction et de la parution chaque mois de notre bulletin « le météofil », le 105ème va paraitre le 10 novembre. Nous disposons d’un réseau d’une quarantaine de stations sur les départements de la Loire et du Rhône. l’an dernier lorsque « le Progrès » a publié son ouvrage hors-série « Quel drôle de temps », j’ai été chargé de la rédaction des articles sur les climats de la Loire , de la Haute Loire, sur les rivières Gier et Furan ainsi que sur le fleuve Loire. Les sollicitations ne manquent pas « Soleil solidaire » depuis 3 ans, et même le 40ème anniversaire du Parc du Pilat à Bourg Argental , le 21 septembre dernier !

Le 1000ème millesime d’un événement est toujours le moment de s’interroger sur son avenir, 21 ans l’âge adulte autrefois. J’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé il est possible que vous ne m’entendiez plus dans les semaines à venir. Une formule plus courte, plus illustrée et plus en prise sur l’actualité apparaitra sur mon blog : blog-gesta info ou gesta over-blog .com

C’est l’occasion de vous remercier chers auditeurs pour votre écoute fidèle depuis 21 ans, de remercier aussi Radio Espérance, surtout son personnel aux petits soins dès qu’un petit problème perturbait mon enregistrement, Jean-Pierre qui m’a introduit à la Radio, Marinette puis ma fille Marie Gabrielle qui ont assuré la technique jusqu’au moment où je suis devenu autonome dans ce domaine.

et Gérard Staron vous souhaite bien plus qu’une bonne semaine !

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 21:22

Chronique N°999

Nous avons connu pendant le week-end précédent (18-19 octobre 2014) une bouffée de chaleur comme la France peut en connaitre par flux de sud.

Si les températures minimales ne sont pas particulièrement élevées les maximums quotidiens ont atteint des niveaux quasiment estivaux. Sur la quasi-totalité du pays ils sont supérieurs à 20°, à l’exception de quelques secteurs des côtes de la Manche de la pointe de la Bretagne au Pas de Calais. Les différences régionales sont assez peu marquées puisque la plupart des stations sont comprises entre 23 et 25°. Globalement la vague de chaleur culmine plutôt samedi que dimanche mais les différences entre les deux journées sont faibles.

Il y a cependant deux régions qui se détachent par des températures qui dépassent 27°, le Piedmont pyrénéen et les couloirs de la Loire et de l’Allier à la sortie du Massif central. Le samedi, le Piedmont pyrénéen est le secteur le plus chaud de France avec parfois plus de 30° à Biarritz, Dax et Pau. Cette remarque est surtout valable pour la partie basque, landaise ou béarnaise et s’atténue vers l’est à partir des Pyrénées centrales. Le Dimanche, cette particularité se déplace en direction des sillons de la Loire et de l’Allier. Cette fois avec des maximums compris entre 27.5° et 28.5° Vichy, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Roanne, concurrencent les cités du Piedmont pyrénéen ou des Landes. Souvent dans ce cas, cette face septentrionale présente des températures plus élevées que les régions de la vallée du Rhône ou de la Méditerranée. Il ne fait que 24.7° à Montélimar et entre 25 et 26° pour les stations de la basse Camargue au Comtat Venaissin qui sont les plus chaudes du milieu méditerranéen. Il en est de même de l’agglomération lyonnaise où les températures n’atteignent pas 26°

La situation météorologique responsable de cette bouffée de chaleur est classique. Elle associe un flux de sud entre une dépression très creusée sur l’Atlantique au large de l’Irlande et des hautes pressions centrées sur l’Europe centrale. Cette situation au sol est relayée en altitude par une dorsale des hautes pressions subtropicales à partir de la Tunisie. Dans ces conditions, rien ne s’oppose à la remontée d’un air en provenance de l’Afrique du nord et même du Sahara jusqu’à nos régions. Cette origine méridionale de l’air se cumule avec deux autres aspects. D’abord un ensoleillement exceptionnel du matin au soir dans les hautes pressions ce qui permet une hausse diurne importante du thermomètre en dépit de la moindre durée du jour de la mi-octobre. Ensuite quand l’air provenant du sud, a franchi les montagnes des Pyrénées et du Massif central et redescend sur leur versant septentrional, il provoque un mécanisme de foehn. Il se réchauffe au rythme de l’air sec soit au rythme de 1° par 100 mètre alors que sur l’autre versant il s’était refroidi souvent au rythme de l’air humide soit à 0.6° par 100 m. Selon les lois de la physique, ceci explique que dans ce cas le versant nord soit plus chaud que celui du sud pour les Pyrénées comme pour les couloirs de l’est du Massif central. Comme la phase de ce mécanisme se déplace d’ouest en est, ce coup de chaleur sur le versant nord est plus sensible sur les Pyrénées Atlantiques le samedi et il culmine sur les couloirs de la Loire et de l’Allier supérieurs le dimanche.

Les températures maximales de ce dernier week-end ne sont pas des records même si elles sont assez proches des maximums les plus élevés d’un mois d’octobre. Par exemple à Vichy les 28.5° de samedi sont devancés par les 29.3° du 7 octobre 2009 et dans le passé par les 29.2° du 11 octobre 1978. De même à Clermont Ferrand avec un 29.7° en 2009 et 28.7° en 1978 et à Saint Etienne . De même les 30° observés dans les Pyrénées atlantiques ont été aussi dépassés en 2009 et parfois 1978.

Ces bouffées de chaleur de sud sont connues dans la région centre-est et celle de ce week-end de la mi-octobre est la troisième d’importance de l’année même si sa position en pleine arrière-saison limite la chaleur. Il y avait eu celle de Pentecôte en juin avec les températures les plus élevées de la saison chaude de 2014 avec 37.5° à Anse et 37.2° à Saint Etienne le 9 juin. Il y a eu aussi celle du passage du Tour de France les 17 et 18 juillet avec 35° aux deux mêmes postes.

Lors de ces deux bouffées chaudes de l’été, nous avons tenté d’analyser leur mécanisme. Elles sont toujours brutales avec une remontée très forte des températures maximales sur un petit nombre de journées, nous avons donc tenter d’examiner sur les postes de l’AMRL, des départements du Rhône et de la loire quelle était l’amplitude de la montée des maximums entre le jour qui précède la mise en place de la bouffée de chaleur et celui de son maximum soit entre le 4 et le 9 juin pour Pentecôte et le 14 et le 18 juillet pour le passage du tour de France.

Les deux cartes que nous avons obtenues sont parfaitement semblables et montrent que l’est du couloir de la Loire de la région de saint Etienne à celle de Roanne connait la hausse des températures la plus forte alors que cette dernière est bien plus faible le long de l’axe Rhône-Saône.

La bouffée de chaleur est maximale de Saint Etienne à Roanne avec en juin une hausse de plus de 18° le long de cet axe qui suit la rive droite de la Loire avec un maximum de 19.2° de montée du thermomètre dans la capitale ligérienne.

Cette hausse des températures maximales est un peu plus faible, de l’ordre de 1° à l’ouest de la plaine du Forez et sur les monts du même nom, mais elle est nettement moins marquée sur l’agglomération Lyonnaise et la val de Saône avec une différence de l’ordre de 3 à 4°.

Les informations fournies par les trois principales vagues de chaleur de la saison chaude 2014 concordent pour mettre en évidence une langue de forte hausse des températures dans l’axe et au nord du Pilat par flux de sud. Ce phénomène est peu visible dans l’axe Rhône Saône. Ceci confirme une observation effectuée à des très nombreuses reprises. Les flux d’air qui communiquent entre le nord et le sud de la France et inversement, ont un itinéraire de passage préféré qui relie le couloir de la Loire à partir de la plaine du Forez à celui du Rhône au sud du défilé de Vienne. Ces courants passent par-dessus le Pilat ce qui explique que ce petit massif montagneux vers 1300 à 1400 m est suffisamment élevé pour être une limite climatique entre ses versants, mais il apparait mais trop faible pour limiter les flux atmosphériques qui présentent un itinéraire de passage privilégié au-dessus de lui en France. L’exemple de ces bouffées de chaleur de 2014 constitue des exemples dans le sens sud-nord, mais il a été plus souvent signalé des cas de direction inverse nord-sud. A commencer par le mistral qui apparait dans la vallée du Rhône au sud du Pilat. On aurait pu penser que la communication entre le nord et le sud de la France passerait par l’axe Rhône-Saône, le faible relief suggère ce passage, or ce n’est pas le cas au nord du défilé de Vienne et la communication nord-sud est beaucoup plus faible avec le val de Saône

Cette remarque confirme celle de la chronique de la semaine dernière concernant la déviation des vents d’ouest par les axes du relief de l’est de la France. Ce changement de direction s’effectue à proximité du Pilat.Cet effet de couloir entre celui du Rhône au sud de Vienne et celui de la Loire à partir de la plaine du Forez explique l’exagération des coups de chaleur de sud dans le Forez , en particulier de l’agglomération stéphanoise à l’est de la plaine et en sens inverse celle du mistral en vallée du Rhône !

Gérard Staron vous retrouvera samedi prochain pour la millième chronique, bonne semaine.

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 19:12

Chronique N°998

L’atmosphère a calmé ses excès et la France semble progressivement digérer les masses d’humidité accumulées sur le sud du pays. Les dernières sont remontées jusqu’au Pilat qui a servi de barrière puisque Montregard au sud a reçu déjà 186 mm dans la première moitié d’octobre alors que Saint Etienne de l’autre côté ne cumule que 82 .7 mm. Sur les deux grosses averses qui sont arrivées jusqu’au Pilat en octobre, seule la première du 9 et du 10, l’a franchi de façon importante avec 110 mm à Montregard et 74.6 mm à Saint Etienne Alors que la seconde a été totalement stoppée avec 76 mm à Montregard au sud et seulement 6.3 mm au nord à Saint Etienne.

Ce calme de retour permet d’aborder un autre problème lié au relief dans notre région celui de la déviation de la direction des vents associée parfois à une accélération !

Vous avez tous appris qu’en France les vents dominants proviennent de l’ouest. Dans le centre-est et en particulier autour des sillons de la Loire supérieur et de l’axe Rhône Saône, c’est faux. On passe à une dominante de nord ou de sud selon le flux atmosphérique dominant du moment. L’affaire est bien connue dans la vallée du Rhône avec le mistral qui prend de la vitesse quand l’air descend du nord et avec le marin quand il remonte du sud. Il est bien connu que dans la moitié septentrionale du pays, les grosses tempêtes sont celles océaniques d’ouest comme celles de décembre 1999 octobre 1987 pour les plus virulentes ou celles de l’hiver dernier ou de 1990 pour les plus nombreuses. Au contraire dans l’espace compris entre le Massif central et les Alpes, la tempête de sud de novembre 1982 reste encore celle qui a fait le plus de dégâts, la dernière très virulente étant celle de fin avril 2012 avec 150 km/h au Mazet-Saint-Voy.

Il est bien connu que cette particularité provient de l’orientation des reliefs qui contredit la direction de la circulation générale de l’atmosphère. En effet les perturbations proviennent de l’océan avec leur vent dominant d’ouest , plutôt de sud-ouest surois avant l’arrivée des pluies et plutôt de nord-ouest norois après leur passage. Ces flux ne trouvent guère d’obstacles pour traverser la moitié nord de notre pays qui ne présente pas jusqu’aux Vosges de reliefs significatifs. Au contraire, dans la moitié méridionale de la France, le vent d’ouest trouve face à lui une organisation des reliefs d’une toute autre ampleur de direction perpendiculaire. L’arc Alpin présente une direction sud-nord nette dans sa partie française avec des hauteurs d’importance synoptique. La même orientation se retrouve dans l’est du Massif central. Les axes méridiens sont moins hauts et parallèles que ce soit celui à l’est des Cévennes du Pilat qui perd ensuite de la hauteur jusqu’au Morvan, dans la partie centrale celui des monts du Velay à ceux du Forez et pour terminer de la Madeleine et enfin à l’ouest l’axe des monts volcaniques auvergnats. Le tout est séparé par trois couloirs, celui de l’axe du Rhône prolongé par celui de la Saône, celui de la Loire supérieure du bassin du Puy jusqu’à sa sortie du massif central et enfin celui de l’Allier. Ces orientations expliquent la déviation bien connue des vents conformes à la circulation générale de l’atmosphère d’ouest en nord ou en sud par tous ces axes.

La particularité du Forez veut que cette déviation s’effectue sur ses terres, entre la plaine et le Pilat. Ceci explique que parfois je suis plaisanté par un ancien cycliste de la région de Feurs qui prétend qu’à ce niveau de la plaine du Forez le vent d’ouest est encore important alors que l’originaire de Saint Etienne prétend que ce n’est pas le cas un peu plus au sud et que Eole souffle de nord ou de sud.

En réalité il est possible de trouver des éléments bien plus scientifiques pour l’établir. Dans notre association des météorologistes d’entre Rhône et Loire (AMRL), nous détenons deux points de mesure des vents excellemment placés pour analyser ce problème , Bard dans les monts du Forez, un peu à l’ouest à un endroit où l’influence des axes méridiens n’est pas à son maximum et Saint Héand au sud des monts du Lyonnais près de Saint-Etienne et du Pilat à un endroit idéalement placé entre les couloirs de la Loire et du Rhône . L’occasion de saluer et de remercier nos observateurs, Ludovic Robert et David Dumas dont les données sont publiées dans notre bulletin « le météofil » dont le 104ème numéro vient de sortir en particulier les roses de vents depuis maintenant plus d’un an.

Il est facile de constater que pour deux points de mesure assez proches, moins de 50 km sur deux massifs voisins, la déviation des vents entre les deux est toujours visible. A Bard, sur le haut Forez, la rose des vents présente toujours une composante d’ouest très marquée avec WNW qui correspond le plus souvent à la fréquence des vents la plus importante et SW qui concentre ceux les plus violents. Cette composante d’ouest disparait à Saint-Héand, l’influence méridienne, Nord plus durable ou Sud plus violente, devient nettement dominante et il s’ajoute parfois des composantes secondaires SE ou NE inexistantes à Bard.

Depuis que nous publions ces observations, l’importance de la déviation entre les deux postes parait très variable.

Lors des mois à forte tendance océanique de l’hiver dernier avec les multiples tempêtes d’ouest qui ont affecté la Bretagne, la déviation entre les deux postes est caricaturale. En janvier 2014, les vents les plus nombreux et les plus forts proviennent de SW et de S-SW à Bard alors que cette direction est complètement remplacée par une dominante de franc sud à Saint Héand. La composante secondaire de NW à Bard disparait aussi à Saint Heand où on remarque une recrudescence de sud-est totalement absente à l’autre poste. Autre exemple flagrant décembre 2013, à Bard, la direction dominante est WSW pour les vents de vitesse modérée et de SW pour ceux de plus de 29 km/h. Là encore à Saint-Héand, ces directions sont totalement déviées et remplacées d’un côté par le nord pour les vitesses modérées et le plein sud pour celles plus élevées. Ce même mois, les tempêtes océaniques sont aussi déviés. Le 24 décembre 2013, la vitesse maximale est de 108 km/H à Bard pour une direction de SSO alors qu’elle est de 97 km/h à Saint Héand pour une direction de SSE. La domination pendant ces deux mois d’une influence d’ouest sur la France, est encore visible à Bard, et elle disparait totalement à Saint Héand avec en remplacement une circulation méridienne de l’air. Ceci montre bien la déviation maximale sur les vents d’ouest et elle s’effectue entre les monts du Forez et les monts du lyonnais et du Pilat.

Au contraire lors des mois où la circulation atmosphérique est naturellement méridienne la déviation est moins sensible. Comme l’air arrive selon une direction proche de celle des reliefs, il s’engouffre dans les couloirs correspondants sans vraiment en changer. C’est par exemple le cas lors du mois de juillet 2014 marqué par l’arrivée de très nombreuses perturbations de nord ou nord-ouest. Saint-Héand n’introduit qu’une légère composante secondaire de sud invisible à Bard, sinon ce sont les deux roses les plus proches avec une dominante de N-NW. En août le mois subit des influences septentrionales de nature plus anticyclonique. Les différences sont un peu plus grandes, là encore saint Héand ajoute une fréquence de vents de sud qui n’existe pas à Bard. Enfin en septembre affecté de nombreux vents de sud après le 15, la composante d’origine méridionale est très marquée à Saint Héand et beaucoup plus discrète à Bard. Ceci signifie que le vent de sud qui redescend du Pilat affecte plus Saint Héand que Bard un peu à l’écart à l’ouest. Ces différences sont des détails lors de ces mois à circulation atmosphérique méridienne

La déviation des vents d’ouest en France et leur moulage sur les axes des reliefs méridiens s’effectue en grande partie sur la région stéphanoise entre les monts du Forez et du Pilat !

Gérard Staron vous retrouve samedi sur radio espérance pour la 999ème Bonne semaine…

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 20:23

Chronique N°995

La semaine dernière je vous disais que l’atmosphère n’hésitais plus qu’elle avait choisi, c’est-à-dire que nous sommes passés dans les conditions automnales. l’évolution vers la saison froide a commencé !

Ceci est visible au niveau de la banquise de l’Arctique. Le mois de septembre correspond à son minimum annuel après la fusion du printemps et de l’été depuis le mois de mars. Elle a connu son extension la plus faible cette année le 10 septembre avec une superficie de 3.48 millions de km2 selon le site « cryosphère today » qui mesure son extension chaque jour depuis 1979 et concentre les données de la N.A.S.A et des universités américaines.

L’inversion de tendance entre la fusion et le début de la reconstitution est intervenue tôt dans le mois alors que souvent il s’effectue plus tard, après la mi-septembre. Après quelques jours de remontée qui ont fait passer la superficie au-delà de 3.5 M KM2, la situation est restée incertaine jusqu’à ces derniers jours où la reprise a été plus nette et a dépassé 3.6M Km2. Les propos alarmistes sur la disparition prochaine de la banquise arctique estivale doivent être une fois de plus repoussés à plus tard puisque la reprise constatée en 2013 a été confirmée avec un niveau semblable du minimum annuel. Ce dernier est bien plus élevé que celui des années 2012, 2011, 2007, 2008, 2010 et 2009. Ceci signifie qu’il faut remonter à 2006 pour trouver une superficie minimale de la banquise plus étendue que celle de 2013 et 2014.

La voie maritime dans l’océan arctique le long des côtes canadiennes n’a pas été ouverte et la jonction de la glace avec les côtes sibériennes n’a été absente que quelques jours vers les iles de Nouvelle Sibérie ou de Wrangel. D’ailleurs vous n’avez pas entendu le couplet habituel des médias cette année sur le sujet !

Cette tendance froide est aussi confirmée par l’évolution de la banquise de l’Antarctique autour de l’autre Pôle. Cette dernière connait le même mois son maximum d’extension annuel en raison de l’inversion des saisons entre les deux hémisphères.

Ce dernier s’est produit une semaine plus tard que le minimum de l’Arctique de l’autre côté de la planète, mais surtout il constitue selon le même site, le record d’extension de la banquise antarctique depuis 1979, début des observations. Avec une superficie de 16.8 millions de KM2, 2014 devance 2007 et 2012 avec 16.2 et 2013 avec 16.07 M Km2. Toutes les autres années sont en dessous de 16 M Km2 !

Il se confirme que l’évolution globale de la banquise de l’hémisphère sud est strictement inverse à cette période de l’année à celle de l’hémisphère nord. Toutes les années depuis 1999 où la superficie des glaces de mer a été la plus faible au moment de la fusion de l’été boréal se retrouvent dans celles où elle a été la plus forte lors du maximum d’extension de l’hiver austral. Outre les années que nous venons de citer, il faut ajouter 2006, 2005, 2000, soit en gros toutes celles depuis le début du nouveau siècle. Il n’y a que 2011 et 1994 qui font bande à part à l’extrême sud de la planète dans des sens contraires !

S’il se confirme que les deux banquises au mois de septembre ont des évolutions strictement inverses depuis la fin du siècle dernier, celle du nord à la baisse et celle du sud à la hausse. L’année 2014 est originale puisque il y a confirmation de la reprise au nord et record absolu de superficie au sud.

Cette tendance de la reprise du froid a été retardée pendant quelques jours en France par le premier épisode cévenol de la saison, la semaine dernière. En lui-même, il s’agit d’un signe de l’arrivée de l’automne, mais au niveau des températures, nous avons plutôt ressenti un coup de chaleur avec le vent de sud et la fraîcheur n’est revenue que cette semaine.

En France, Il y a pourtant eu une évolution classique de l’atmosphère de l’automne avec au départ une descente froide qui s’effectue sur le proche Atlantique, mais pendant cette première phase qui correspond aux grosses pluies méditerranéennes, nous sommes dans la remontée de l’air en provenance des régions tropicales. Cette dernière est accentuée par la grande bleue et le blocage par les hautes pressions derrière les Alpes, ce qui provoque chez nous un gros coup de chaleur. Il faut alors attendre que l’air froid qui vient en arrière s’installe cette semaine pour que nous subissions une chute importante des températures. Après un épisode cévenol, il y a toujours une descente d’air froid en arrière et cette semaine n’a pas failli à la règle.

Cette baisse a surtout concerné le minimum du matin, car à cette période de l’année la durée des nuits augmentant, la combinaison avec le ciel dégagé provoque une très grande perte d’énergie. Il a gelé dans les trous à froid ! La chute des minimums est sévère de 13.9° le 21 à Charleville à 2.3° le mardi 23 !

Dans la journée, l’ensoleillement réussit à masquer une partie de la fraîcheur matinale en dépit du vent de nord ou nord-est. C’est ainsi que mardi dernier , après un minimum de 2.1°, le thermomètre monte à 18.1° à Reims. A Charleville, on passe aussi de 2.3° à 18.8° du matin à l’après-midi, et à Nevers de 4.4° à 20°.

La semaine dernière je vous signalais que les inondations provoquées par l’épisode cévenol avaient surtout concerné de petits cours d’eaux à l’arrivée dans des villages où leur lit est rétréci et les rues se transforment en rivières aux écoulements imprévus. C’est le cas de Lamalou les bains avec le Bitoulet, mais aussi de Saint Gervais sur Mare sur un tout petit affluent de la dite Mare et enfin à Saint Laurent le Minier sur le ruisseau de la Grenze, sous affluent de l’Hérault.

Au contraire les grandes rivières ou fleuves ont connu des crues relativement modérées. Nous avions signalé ce phénomène sur l’Orb la semaine dernière, c’est aussi le cas sur l’Ardèche qui a atteint 8.44 à Vallon Pont d’Arc, ce qui est très loin des 17.3 m de septembre 1890 ou des 12.2 m de septembre 1958 et de nombreuses autres crues s’intercalent. Par ailleurs les crues ne se situent pas au même moment. Les cours d’eaux les plus à l’ouest l’Orb et l’Hérault connaissent leur crue dans la nuit de mercredi à jeudi alors que l’Ardèche située plus à l’est n’atteint son maximum que le lendemain. En réalité il n’y a pas eu une seule pluie cévenole mais 3 lors de nuits consécutives, celle du Mardi, du mercredi et du jeudi avec chaque fois des impacts ponctuels au niveau géographique !

Par ailleurs seuls les cours amont, près des crêtes de l’axe des montagnes de l’est du Massif central ont connu des montées importantes, dès que les ondes poursuivent vers l’aval, elles s’étalent. Le gardon d’Ales atteint 2.8m au pied des Cévennes et seulement 2.7 m dans la plaine languedocienne ce qui place la crue très loin dans la hiérarchie derrière septembre 2002 avec 9.3 m au même endroit ! L’étalement de la crue de l’Hérault entre le pied des reliefs et la plaine languedocienne est plus marqué.

Habituellement les pluies cévenoles provoquent des inondations régionales qui intéressent surtout les principaux cours d’eau, cette fois nous avons observé trois orages exacerbés localement qui ont fait surtout réagir de petits ruisseaux. Dans la traversée de villages, là où les lits sont contraints, les impacts ont pris dans 3 petites cités différentes une importance catastrophique, alors que les grosses rivières ont subi des inondations de moindre ampleur.

Ce caractère localisé semble attester que nous avons subi un épisode de transition entre les abats localisés d’un orage d’été et une grosse pluie méditerranéenne qui affecte habituellement un espace d’ampleur régional

Gérard Staron donne rendez-vous sur Radio Espérance samedi prochain, bonne semaine..

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 21:18

Chronique N°993

L’été que nous n’avons pas eu au moment de la saison normale, nous sommes maintenant en train de le vivre au début de l’automne, puisque selon les normes météorologiques nous sommes entrés en automne depuis le 1er septembre, même si l’équinoxe n’aura lieu que dans quelques jours et marquera le début de la saison cosmique.

Après deux mois de dominante de temps de nord, nettement perturbés avec beaucoup d’orages en juillet , plus anticyclonique donc plus secs dans la plus grande partie du mois d’août, la circulation générale de l’atmosphère semble hésiter depuis le 25 août

La première tentative de changement se produit pendant la dernière semaine d’août avec la mise en place d’une circulation atmosphérique classique d’ouest. Les perturbations en provenance de l’océan balaient la France du nord en suivant les côtes de la Manche de la Bretagne au Bénélux et en y déversant d’importantes précipitations comme le 25 août, mais la moitié méridionale du pays n’est quasiment plus arrosée car les anticyclones méditerranéens s’y sont installés et la protègent en grande partie. Quand la perturbation du 25 y arrive le 26, elle a perdu la plus grande partie de son efficacité !

La deuxième version de la circulation atmosphérique commence début septembre avec l’implantation d’une dépression dans le sud de l’Atlantique. l’anticyclone des Açores qui s’était installé là pendant tout l’été a disparu, mais cette dépression n’est pas assez forte, elle n’est pas encore assez alimentée en air froid pour tenter une avancée en direction de l’Europe et de la France.

Le continent est occupé par un gigantesque axe anticyclonique de la Méditerranée à l’Europe du nord. Au sol, les hautes pressions sont centrées de la mer du Nord à la Russie. En altitude, ce sont celles de Méditerranée qui ont remonté sur l’Europe, alors que la grande bleue est dépressionnaire à la surface des eaux.

Cette différence selon la latitude de l’anticyclone est le résultat de l’évolution thermique du moment en train de changer en amorçant le passage des conditions d’été à celles d’hiver.

La Méditerranée reste dépressionnaire au niveau de la mer, car ses eaux sont encore chaudes, ce qui entretient dans les basses couches un air peu dense qui provoque par nature des pressions faibles. Par contre au-dessus, les anticyclones subtropicaux l’ont recouvert puis ils ont gonflé en direction du nord. Il s’agit de l’un des membres de la chaine de hautes pressions dynamique qui ceinture le globe au nord des tropiques et qui en cette saison est encore décalé vers l’hémisphère nord.

Au nord de l’Europe, la baisse de la durée des jours et de l’angle des rayons du soleil commence à affecter le bilan thermique. La perte d’énergie de la nuit est maintenant plus importante que les apports liés à l’action du soleil pendant la journée. C’est donc une pellicule d’air froid dense qui s’installe au sol en Europe du nord, qui détermine ces hautes pressions du nord de l’Europe qui perdent de leur consistance en altitude.

La France se trouve juste au contact entre ces deux masses anticycloniques, celle du nord amorce encore timide des hautes pressions continentales d’hiver et celles du sud reliquat des conditions tropicales d’été. Les pressions n’y sont pas vraiment très élevées sur notre pays , mais les attaques perturbées ne sont pas capables de s’imposer qu’elles proviennent de l’Espagne par le sud-ouest comme mardi ou qu’elles redescendent du nord-est comme depuis mercredi où après avoir déposé des précipitations ridicules, ces dernières ne sont plus capables de franchir le Rhin et seul un vent de nord-est ou de nord avec quelques nuages déboule sur la France de l’est .

Ces hautes pressions sont stables car les attaques en provenance de l’air arctique sont faibles en cette fin d’été. Nous sommes pendant le mois de septembre dans la période où la banquise arctique qui fond depuis son maximum de mars arrive à son minimum d’extension estival avant de repartir à la hausse en octobre. Si cette année sa superficie d’été confirme la reprise de l’an dernier après 6 années depuis 2007 où la fusion avait été particulièrement forte, si cette année la superficie des glaces de mer semblent rester au-dessus de 3 millions de Km2 contrairement à 2007, 2008 2011 et 2012, si les voies maritimes de l’Océan arctique le long des côtes canadiennes ou siberiennes ne sont pas ouvertes, la réserve d’air froid disponible pour descendre vers les latitudes tempérées est à son minimum annuel et ses possibilités d’actions paraissent affaiblies.

De même les capacités orageuses semblent aussi relativement en panne en ce moment chez nous. En plein été, la longue durée des jours et l’angle d’incidence élevé des rayons du soleil permettent une réaction importante dès que de l’air froid arrive sur nos régions. Une convection se met en place au cours de la journée, une couche de chaleur s’installe au sol, se développe en altitude, les cumulus couvrent le ciel et l’orage se déclenche. Ce mécanisme est en panne maintenant. Pas tellement par manque de chaleur dans la journée, car les rayons du soleil par ciel dégagé font ce qu’ils peuvent, mais maintenant pendant les trop longues heures de la nuit, le phénomène est stoppé par le rayonnement et il n’a pas le temps de se réinstaller dans la journée. Par exemple, ce jeudi les températures minimales sont descendues en dessous de 10° sur une très large moitié nord de la France jusqu’au Massif central avec 4.2° à Charleville Mézières. Si les températures remontent au-dessus de 20° dans la journée comme ce mercredi au sud de la région parisienne, les heures de chaleur ne sont pas assez nombreuses pour que la convection se remette en place. Elle sera au mieux capable de produire quelques cumulus mais très difficilement des orages sans aide extérieure.

Actuellement en cette première moitié de septembre l’atmosphère hésite !

Les anticyclones subtropicaux occupent encore le terrain au sud en altitude mais celui des Açores a déserté ses iles favorites et ils se sont réfugiées au sud de la Méditerranée en peinant à remonter au-delà

Les hautes pressions continentales présage de ce qui deviendra en plein hiver l’anticyclone sibérien ne sont qu’aux prémices de leur mise en place et encore peu refroidies au sol

Les descentes polaires en provenance de l’Arctique et les perturbations qu’elles alimentent semblent marquer le pas et ne plus pouvoir provisoirement nous atteindre.

Au même moment la banquise hésite près de son minimum annuel entre la fin de sa fusion de saison chaude et le début de sa reprise hivernale. La nuit polaire ne va pas tarder à se réinstaller avec la reprise du froid. Le changement est pour les prochains jours mais nul ne sait quand il va se produire dans la quinzaine.

Le mécanisme de convection à l’origine des orages d’été s’émousse

Vers quoi l’atmosphère et le temps risquent-ils d’évoluer dans les semaines qui viennent ? La météorologie n’est pas encore capable de le dire, ses prévisions ne permettent pas de voir aussi loin. La saison des grosses pluies méditerranéennes qui commence souvent à l’équinoxe se mettra–t-elle en place ? Le bel arrière-saison qui commence va-t-il se renforcer ? Ce sont les deux hypothèses les plus vraisemblables

Depuis l’hiver dernier, à chaque changement de saison, une nouvelle circulation atmosphérique s’est mise en place et a duré les trois mois qui ont suivi, lors de l’hiver océanique, du printemps anticyclonique ou de l’été venu du nord ? Ceci se vérifiera-t-il encore une fois ?

Encore un peu de patience et Gérard Staron vous donne rendez-vous, samedi prochain sur radio espérance, on saura peut-être ! Bonne semaine !

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:00

Chronique N°989

Régulièrement nous suivons l’évolution des températures coulissantes sur 12 mois d’un certain nombre de stations françaises et Européennes. Cette méthode permet de mesurer l’évolution des températures en éliminant le rythme saisonnier puisque dans chaque série de 12 mois chacun d’entre eux de janvier à décembre est représenté dans un ordre qui évolue selon la suite annuelle normale.

Notre dernière chronique sur le sujet présentait la situation à fin de juin 2013 . A cette époque la série mai2006-avril 2007 restait la série de 12 mois consécutifs la plus chaude, depuis cette date, les températures ont connu des périodes de baisse avec leur point le plus bas au début de 2009 et à la fin de 2010 et des mois de reprise pendant la seconde partie de 2009 et l’année 2011. Cependant ces dernières n’ont jamais permis d’atteindre le niveau le plus élevé de mai 2006 à avril 2007 et sont restées à leur maximum en retrait de l’ordre d’environ 1° en dessous. En juin 2013 la moyenne des températures coulissantes sur 12 mois de juillet 2012 à juin 2013 se trouvait une 3ème fois à la fin d’une période de baisse des températures commencée en février 2012 et présentait des valeurs en baisse dans une fourchette de 1.7° à Nice à 3° à Lille et à Montregard.

La question correspond à l’évolution jusqu’à juin 2014 en mesurant si l’hiver 2013-2014 et le printemps 2014 particulièrement doux de façon continue ont rapproché ou dépassé cette moyenne coulissante de la période la plus chaude à cheval sur 2006 et 2007 !

La seconde partie de 2013 est en demi-teinte. Entre juin et novembre 2013, les températures des stations de climat océanique amorcent un début de hausse qui n’est pas le cas de celles des pays d’influence continentale, méditerranéenne ou des climats d’altitude. Par exemple à Lille, Laval ou Dublin, les températures moyennes coulissantes remontent de 0.4 à 0.6° ce qui les laisse toutefois de l’ordre de 2° inférieures au record de la série mai 2006-avril 2007.  A l’opposé pendant cette même période la situation reste sans changement à Nice, les gains et les pertes s’équilibrant au fil des mois de juin à Novembre 2013 et comme toujours le poste où la baisse de température depuis la série record de mai 2006 à avril 2007 est la plus faible avec -1.7°. Au contraire dans les zones continentales ou d’altitude, que ce soit Francfort, le mont Aigoual ou Montregard,  la baisse des températures moyennes coulissantes continue encore un peu de descendre avec 3° en dessous de la moyenne coulissante la plus élevée. Depuis 2006, l’évolution de nos stations européennes était toujours convergente, c’est le premier semestre où l’on constate des différences géographiques sensibles en fonction des zones climatiques du continent.

A partir de décembre 2013 et jusqu’à juin 2014 inclus, l’influence d’un hiver très océanique avec tempêtes et perturbations incessantes et d’un printemps anticyclonique, a provoqué une longue période de températures nettement supérieures aux normales qui n’a pu que remonter les moyennes coulissantes, mais à aucun moment le niveau de la série juillet 2013-juin 2014, la plus élevée à la fin, n’a rejoint celle du record de mai 2006 à avril 2007.  La remontée est spectaculaire. Par exemple par rapport à cette série record de 12 mois on passe de -2.6° à -0.7° à Lille. Cependant on reste à fin juin 2014 entre -0.7° à Lille et Laval et  -1.6° à Montregard  avec une différence  très sensible entre les postes de plaine qui sont se sont rapprochés de la série la plus chaude à moins de 1° et ceux d’altitude comme le Mont Aigoual ou Montregard qui sont restés nettement en dessous, avec plus de un degré d’écart, respectivement -1.3 et -1.6°.

Le mois de juillet pourri que nous venons de connaitre vient à nouveau d’inverser la tendance et la moyenne coulissante sur 12 mois août 2013 à juillet 2014 est en baisse de 0.2 à 0.3° par rapport à la précédente de juillet 2013 à juin 2014. Les températures sont redescendues souvent en dessous de 1° par rapport au maximum sur 12 mois de mai 2006 à avril 2007 pour nos postes de référence en plaine , de -0.9° pour Laval et Lille à -1.1° à Dublin. Cet écart est porté au-delà de -1.5° en zone d’altitude comme le mont Aigoual et Montregard.

La seule interrogation qui subsiste pour les prochains mois consiste à savoir si le renversement de tendance de juillet 2014 est un simple accident sans suite ou s’il s’agit d’un phénomène plus durable. Les premiers jours d’août pas vraiment chauds font penser que la seconde hypothèse est plus probable, mais dans le passé, un seul mois à contresens de la tendance générale s’est produit surtout en été, autant en juillet 2010 chaud en année de températures basse ou juillet 2011 pourri dans une année chaude. Une évolution sur un mois est parfaitement trompeuse et il faut un peu de patience pour connaitre si la tendance au réchauffement reprendra pour la première fois depuis 2006-2007 ou si les températures plongeront à nouveau comme régulièrement depuis 8 ans!

Les conclusions sont simples. La période de réchauffement accentuée du dernier quart du 20ème siècle et des toutes premières années du  21ème est en panne depuis mai 2006-avril 2007 puisque le niveau atteint à cette occasion n’a jamais été dépassé.

On assiste depuis à des cycles courts de montée et de baisse des températures de l’ordre d’une année. Ces derniers culminent entre 0.5 et 1° en dessous du maximum atteint en 2006-2007, mais descendent parfois à des niveaux inférieurs d’environ 3°.

Lors de ces cycles, les périodes de baisse sont plus longues et progressives avec une durée qui dépasse l’année comme celle commencée à la mi 2007 et se termine au début 2009, ou celle plus récente de février 2012 à la mi 2013. Au contraire les mois de remontée des températures sont d’une durée inférieure à l’année, comme ceux de la fin 2009, de l’ensemble de l’année 2011 ou de décembre 2013 à juin 2014, mais le rythme de hausse est plus rapide comme par exemple pendant ce printemps 2014 qui a été l’un des plus chaud connu comme si le climat voulait vite rattraper le niveau le plus élevé du début du siècle sans vraiment l’atteindre.

Ces enseignements attirent deux remarques de prudence.

La première concerne l’échelle du temps. Notre analyse concerne 8 années depuis 2006, alors que les modèles concernant ce que l’on nomme le réchauffement de la planète établissent leurs remarques au niveau de l’échelle du siècle. 8 ans est suffisant pour s’interroger mais insuffisant pour conclure à l’échelle du siècle. 8 ans a l’avantage de correspondre à un fait mesuré alors que l’évolution à l’échelle du siècle n’est qu’une prévision de modèles mathématiques qui doivent encore attendre la validation par les faits mesurés  ce qui n’est pas évident ! Actuellement le réchauffement est en panne, pour combien de temps ?

Cette évolution est valable pour l’ensemble de l’Europe occidentale , ce n’est certes pas la planète entière, mais on peut être surpris par l’uniformité d’évolution d’un continent très divers au niveau climatique. Toutes les stations, en secteur océanique, continental ou méditerranéen connaissent toutes la même évolution  avec des changements de tendance au même moment, mi 2009, fin 2010, fin 2011, juin 2013 et peut être juillet 2014 si cela continue. Les particularités régionales sont secondaires. Les stations méditerranéennes comme Nice ont pendant longtemps bien moins baissé que les autres, mais maintenant elles ont rentré dans le rang. Dans la période récente, la différence porte sur les postes d’altitude qui baissent plus que ceux de plaine, mais la différence est tout aussi limitée. 

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain sur Radio espérance, Bonne semaine !

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 17:49

Chronique N°987

Les précipitations sont toujours iconoclastes dans le centre-est de la France. Après janvier et février très humides, quand l’hiver est habituellement très sec dans la région , après un printemps et un mois de juin particulièrement sec dès mars , quand mai et juin sont les maximums pluviométriques des séries climatologiques de nombreuses stations, voici un mois de juillet exceptionnellement arrosé, alors que dans les séries des normales, il marque soit un ceux dans les précipitations, soit une véritable sécheresse dans le domaine méditerranéen ou à proximité.

Le ciel n’a pas fait dans le détail ! Les déluges les plus importants ont affecté le versant nord du Massif central avec Andrézieux-Bouthéon  227, 1 mm et Vichy 184.9 mm, le pourtour des Vosges avec 202 mm à Strasbourg, le piémont du Jura de Besançon 246 mm à Ambérieu 249 mm en passant par Lons-le-Saulnier 232.5 mm, et les Préalpes du nord avec 214 mm à Annecy et 249 mm à Chambéry. D’une façon générale un grand est et centre-est du Pays dépasse largement les 100 mm de la Lorraine au Massif central et aux Alpes du nord. Il déborde largement sur la moitié orientale du Bassin parisien en particulier sur la partie méridionale, Le bassin de la Loire. Plus au sud il faut ajouter une partie du Piémont Pyrénéen avec 134mm à Pau. Toutefois cette répartition géographique n’a rien d’homogène, car les paroxysmes orageux ont gonflé ponctuellement les totaux. Par exemple sur les 227 mm d’Andrézieux, 60 mm sont tombés lors d’un orage le 25 juillet , qui n’a déposé que 3 mm à mon poste pourtant seulement distant d’une quinzaine de kilomètres. Ces orages sont à des dates très différentes, il y a les 51.4 mm du 6 au Puy-Loudes, les 44 mm de Chambéry le 7, les 40 mm de Lyon-bron le 20, les 50 mm d’Ambérieu du 21 , et les 63 mm de Bergerac du 25 pourtant distant des 60 mm d’Andrézieux du même jour.

De tels totaux constituent souvent des records, les 239 mm recueillis à Montregard et les 146,4 mm de Saint Etienne (500 m) recueillis à mes stations pour l’ensemble du mois ne sont que des records pour un mois de juillet sur 10 ans. D’autres sont bien plus significatifs sur des durées bien plus longues. Les 227.2 mm d’Andrézieux constituent le total le plus élevé pour un mois de juillet depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ils pulvérisent les 169 mm de 1977, les 165.9 mm de 1963 et les 149.8 mm de 1965 qui détenaient auparavant les 3 cumuls les plus élevés de juillet. Ces 227.2 mm approchent les 230 mm de mai 1983 qui détient le record absolu du mois le plus arrosé depuis 1946, avec une différence notable, mai 1983 était connu pour des inondations importantes sur le Furan, la rivière locale et aussi ailleurs, ce qui n’est pas le cas de juillet 2014 ! La station du sud de la plaine du Forez a donc connu le second mois, toutes catégories de janvier à décembre, le plus arrosé depuis 68 années.

Même pour une station moins affectée comme Lyon-Bron, les précipitations de juillet 2014 sont aussi à ranger dans le domaine exceptionnel! Les 151.3 mm constituent le 4ème cumul depuis 1921 soit près d’un siècle après les 176.8 mm de 2008 accompagnées d’inondation dans le sud de l‘agglomération, les 161 mm de 1930 et les 152.1 mm de 1965, même les 149,7 mm de 1977 sont devancés !

Il est difficile de ne pas placer le mois de juillet 2014 parmi les plus pourris connus par notre pays depuis très longtemps ! Cet été très médiocre est lié à une répétition de temps perturbés de nord lors d’un mois de juillet où ces derniers sont en principe les moins nombreux de l’année. Ces descentes de nord sont les plus importantes au printemps surtout en avril et en automne, les plus rares en été selon le décompte que j’avais effectué sur 10 ans de 1989 à 1999, or pendant ce dernier mois de juillet , ces temps ont persisté du 6 au 14 juillet puis pendant la quasi-totalité de la dernière décade.

Chaque fois, ce type de temps amène de l’air froid en provenance des hautes latitudes, qui  entre en contact avec celui bien plus chaud de nos régions en raison de la durée du jour et de l’angle d’incidence des rayons du soleil de l’été. Des perturbations parfois moribondes sont régénérées et prennent un caractère orageux qui stimule les précipitations. Ce dernier, avec la foudre, la grêle, les coups de vent et l’intensité des pluies s’atténue au fur et à mesure que l’air des hautes latitudes réussit à rafraichir l’air autochtone. C’est pour cette raison que les phénomènes atmosphériques les plus dangereux se produisent souvent à l’arrivée de ces types de temps.

Chaque fois l’installation s’effectue de la même façon. L’anticyclone des Açores remonte sur l’Atlantique. Dans une première phase, il laisse encore passer les perturbations en provenance de l’Atlantique nord qui nous arrivent selon une trajectoire de nord-ouest. Dans une seconde phase, l’anticyclone continue sa remontée en latitude et fait sa jonction avec les hautes pressions des régions Arctiques. Dans ce cas, le flux descend de plein nord, mais en arrivant sur l’Europe centrale ou la Méditerranée réchauffées, il se crée des dépressions autour desquelles se régénèrent et tournoient les précipitations qui reviennent chez nous par le nord et le nord-est.

Cet enchainement se produit une première fois lentement du 6 au 14 juillet. la première phase de nord-ouest s’annonce le 4 juillet , arrive réellement le  5 et le 6 juillet et à partir du 7 et du 8 on passe à la seconde de plein nord qui persévère jusqu’à la fête nationale avec une atténuation progressive des pluies en même temps qui disparait leur caractère orageux.

Cet enchainement se produira de façon plus rapide pendant la dernière décade du mois, une première fois du 19 au 22 juillet, une seconde, du 24 au 26 juillet où la situation est compliquée par une goutte froide en altitude que les fortes pluies contournent le 25. Les orages viennent du nord-est sur la bordure du nord du Massif central avec les 60 mm d’Andrézieux , il contournent le massif pour toucher de plein nord le Bassin aquitain avec 63 mm à Bergerac et ils reviennent par l’ouest le long de la méditerranée . Une dernière fois du 28 au 30, cet enchainement se reproduit !

Le fait que l’anticyclone des Açores ait remonté sur l’Atlantique explique aussi que les régions de l’ouest de la France sont restés partiellement sous son influence, qu’elles n’ont pas connu la forme perturbée des temps de plein nord  de la phase deux, et avec plus de soleil ont moins ressenti  leur influence. Ceci explique les précipitations plus faibles des régions océaniques à l’ouest de Paris, mettant à mal la réputation pluvieuse de la Bretagne, de la Normandie ou des côtes de la Manche.

Au contraire les pluies de nord ou de nord-est ont frappé de plein fouet l’est de la France , ce qui explique que tous les versants qui se trouvaient face à leur progression ont cumulé les précipitations. Tous les versants nord des Vosges, du Jura, du Massif central surtout dans son angle nord-est de L’Yssingelais au Forez et au Roannais et des Alpes du nord ont ainsi reçu des totaux de précipitations historiques avec des orages suivis ensuite de pluies froides.

Le Pilat éperon vers le nord et vers l’est du Massif central a été une fois de plus le relief sur lequel viennent buter ou mourir les masses nuageuses venues du nord ou nord-est !

La France de l’est a donc effectivement connu, un mois de juillet pourri. Les médias ont tenté de nous convaincre qu’il faisait quand même beau, le temps meilleur des zones littorales de l’Atlantique, la Manche ou la méditerranée avec du vent a permis de camoufler un temps le problème, mais quand il a fallu faire le bilan de l’activité touristique des régions de montagnes de l’est du pays, les plaintes n’ont pas tardé à réapparaitre et à lever le masque d’un mois de juillet particulièrement pourri !

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain, sur Radio Espérance … Bonne semaine

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 20:22

Chronique n°985

Une première semaine pluvieuse fraîche et venteuse du Tour de France cycliste suivie d’une seconde très chaude  est un phénomène classique d’autant plus qu’à ce moment-là, l’épreuve se déplace dans la France du nord plus sensible au passage des perturbations avant de passer dans le sud. Nous signalons dans notre ouvrage « Conditions climatiques et compétitions cyclistes » avec Jean-Paul Bourgier de nombreux exemples lors des éditions 1996, 2004 et 2005, on pourrait ajouter le départ en Bretagne de 2008. Les calamités climatiques de cette année resteront dans les mémoires car elles accumulent au même moment plusieurs facteurs. Le mauvais temps surtout pluvieux a ciblé les étapes difficiles dans les pavés du nord et sur les crêtes vosgiennes, sur des parcours sensibles et avec des incidents comme l’abandon des favoris, Froome et Contador, sur chute et route mouillée !

 L’étape Ypres-Arenberg a subi un événement exceptionnel. La probabilité de reproduire au même moment une telle concentration de faits climatiques et liés au parcours est infime !

Ce jour-là, mercredi 9 juillet arrive par la Belgique une perturbation de nord  qui accompagne la course toute la journée. L’air arctique descend en ligne directe des hautes pressions centrées en Laponie sur le nord de la Scandinavie. Il est attiré vers le sud par une dépression sur l’Allemagne et une seconde sur le golfe de Gènes . Il entre en contact avec l’air chaud en provenance de l’Europe balkanique.  Les situations de plein nord sont  rares en été en particulier pendant le mois de juillet, mais celle-ci est particulièrement originale comme le montre l’analyse des températures. L’air froid part de 7° en mer de Norvège à 12 h pour arriver à 17° à Paris , mais au même moment il fait 28° à Hambourg et 30° au Danemark. La perturbation qui arrive sur la course le 9 juillet correspond à de l’air chaud d’Europe centrale qui prend à revers l’air froid qui descend de l’Arctique. Il en résulte ce même jour des quantités de précipitations importantes de l’ordre de 20 à 30 mm avec 24 mm à Lille dans une masse nuageuse qui occupe un immense triangle entre la Belgique, la région parisienne et la Manche ! La pluie tombe du départ à l’arrivée de l’étape.

Cette situation a été aggravée par les caractéristiques du parcours avec 9 passages pavés communs à une partie de ceux empruntés par Paris-Roubaix, mais franchis en sens inverse. Ne pas s’étonner que deux de ces secteurs inondés ont dû être retirés du parcours et que les autres sont particulièrement boueux avec des bas-côtés recouverts de flaques ce qui les rend particulièrement glissants et oblige les concurrents à circuler uniquement sur le haut du pavé. Pour l’expliquer, il faut prendre en compte les précipitations du jour, 20 à 30 mm, mais aussi celles des jours précédents. En effet, depuis le 4, il a plu tous les jours, et le cumul de l’ensemble à Lille représente 49.8 mm.  Le sol est totalement saturé et sur des secteurs pavés qui ne sont souvent que des chemins de ferme, la boue est au rendez-vous.

Là encore on se trouve dans une situation exceptionnelle en Juillet. En effet au moment de Paris-Roubaix en avril, les années boueuses sont déjà moins nombreuses que celles qui se déroulent dans la poussière sèche. Il faut remonter à 2000 et 1994 pour trouver des éditions très boueuses. Avril correspond à la fin de la saison froide, marquée par la grande fréquence des perturbations océaniques qui apporte l’essentiel des pluies, c’est le moment où les sols sont saturés et où les nappes phréatiques sont au plus haut, or peu de Paris Roubaix sont déjà boueux. Au contraire, Juillet est le mois le plus sec de l’année en pays océanique, les nappes phréatiques ont commencé à baisser et la réserve en eau  du sol  est entamée. Chaque fois que des Tours de France ont pratiqué les secteurs pavés, ils étaient secs et poussiéreux. Pour toutes ces raisons nous avons connu une étape exceptionnelle ce 9 juillet au niveau de l’état hydrique des secteurs pavés

En dépit de la pluie persistante, de la boue et des flaques des secteurs pavés particulièrement glissants, l’étape s’est déroulée à une vitesse  exceptionnelle de 46.2 km/h de moyenne. Un autre aspects météorologique s’est ajouté. Un vent fort de nord avec des rafales maximales de l’ordre de 50 à 60 km/h est  continument favorable sur la quasi-totalité de l’étape à l’exception des premiers kilomètres entre Ypres et Roeselare en Belgique. Ce n’est certes pas le record de vitesse d’une étape du Tour puisque de Laval à Blois le 7 juillet 1999 la vitesse avait dépassé 50 Km/h mais dans des conditions  optimales. Pour des conditions météorologiques difficiles et un parcours exigeant sur les pavés, nous sommes encore dans une situation exceptionnelle.

Cette journée du 9 juillet de Ypres à Arenberg, du Tour de France a cumulés moult aspects rarissimes, rare le passage du Tour sur les pavés du nord, rare la situation météorologique de plein nord, rare un sol aussi boueux en juillet, rare un vent favorable continu, rares les températures aussi fraîches. Ne pas s’étonner que es aspects sportifs aient été à la hauteur de l’événement : abandon de Froome, multiples rebondissements, chutes etc. Le Nord a justifié en plein été, la climatologie apocalyptique du film « Bienvenue chez les chti » !

La pluie dans les 3 étapes vosgiennes est peut-être moins exceptionnelle mais la dureté cycliste en moyenne montagnes avec de multiples ascensions pentues a été ajoutée à  une aggravation des conditions météorologiques avec la pluie et le brouillard des sommets. En réalité cette dernière appellation porte à confusion car cette masse qui enveloppait les crêtes vosgiennes n’était pas du brouillard classique mais le tour était seulement « dans les nuages» de la perturbation.

Pendant les 3 jours des étapes vosgiennes, des perturbations de nord-ouest en provenance de l’Atlantique nord traversent la France. Le versant Lorrain des Vosges est toujours très sensible à ces précipitations car c’est le premier massif montagneux que les masses pluvieuses rencontrent après la traversée du Bassin parisien. En été l’air froid des hautes latitudes rencontre en plus l’air chaud accumulé précédemment ce qui aggrave l’instabilité de l’atmosphère dans l’après-midi. Ces deux raisons contribuent à accentuer les pluies et à recouvrir les sommets de nuages !

Le samedi 12, la course se termine sur le versant lorrain des Vosges, celui qui reçoit de plein fouet les perturbations de nord-ouest, ne pas s’étonner que les précipitations accompagnées de sommets ennuagés à des niveaux assez bas aient affecté l’épreuve dès qu’elle a abordé les pentes des reliefs.

Le dimanche 13, après avoir traversé le massif, le Tour se situe sur le versant alsacien. Ce dernier est à l’abri des perturbations qui arrivent par le nord-ouest, donc les précipitations cessent dès que l’épreuve se situe sur le piémont alsacien avec parfois un peu de soleil. Par contre, dès qu’il reprend de l’altitude pour escalader le Markstein ou le Grand ballon, il retrouve les pluies et les nuages de la perturbation pour l’envelopper.

La même situation est visible le 14 juillet entre Mulhouse et « la Planche des belles filles », tant que le Tour reste côté Alsacien, pas de pluie et parfois du soleil, dès qu’il monte sur les sommets et repasse sur le versant lorrain, il retrouve pluie et nuages. Près de la « Planche des belles filles », il passe sur le versant sud du massif,  la perturbation s’évacue vers l’Allemagne, et le temps s’améliore un peu

Dans les Vosges, si la météorologie est moins exceptionnelle que dans le Nord. En 1909 lors de la première incursion du Tour, il y avait même eu de la neige sur le Ballon d’Alsace, le cumul de difficultés du parcours et de la météorologie a encore rendu la course épique !

Gérard Staron donne rendez vous samedi prochain sur radio Espérance. Bonne semaine !

Bonne course au Tour !

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