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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 15:53

logo.jpgL’enneigement sur le versant septentrional du Pilat

Situation fin février 2011

Gérard Staron

 

 

Après les pellicules de janvier, février s’est singularisé par les retours furtifs en fin de nuit au dessus de 900 mètres d’altitude. Dès l’après-midi, au plus tard le lendemain, la neige disparaît de mon champ de vision sur le Pilat jusqu’à 1000 mètres.

Le 1er février, une chute de petites billes floconneuses fines et roulées tombe le matin dans la ville à 500 m,  mais est loin de blanchir la moitié du sol. Une neige urbaine ou industrielle tombée dans la partie basse de la ville, alors que les radars météo n’indiquaient aucune précipitation à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde dans une situation anticyclonique  sous une couche de stratus épais. C’est la seule petite chute du mois ce qui porte le total provisoire de l’hiver à 22 jours à 500 mètres.

Le 3 février, la ville glisse sur le verglas, mais au dessus de 650 mètres le sol est blanc. La petite précipitation pluvieuse a gelé en arrivant au sol en bas en provoquant moults glissades accidents et fractures, mais elle s’est transformée en flocons au dessus.

Le 15, la neige revient à 950 mètres environ sur le Pilat, pour ne pas contredire l’existence du maximum de la mi février[1].

Pendant la fin du mois, un retour matinal se produit 3 fois dont les deux derniers dimanches, mais le manteau ne tient temporairement qu’au dessus de 900 mètres.

 

S’il n’a pas été celui de la neige, février a été le mois du givre en liaison avec les gelées matinales sous un ciel anticyclonique, le plus souvent dégagé. 15 jours ont été dénombrés à Saint Etienne dont 10 consécutifs entre le 4 et le 13.

Le tableau suivant montre qu’à la suite de l’indigence du début de 2011, la durée de l’enneigement a toute les chances d’être inférieure à la moyenne de l’hiver entier de ces dernières années (2003 à 2010), une inversion de tendance après le début tonitruant de la saison à la fin de 2010 !

 

durée de l'enneigement (hiver 2010-2011)

 

Altitudes

février

 hiver (10-11)

moy hivers (2003-10)

1000 m

8

63

78,2

900 m

2

51

64,2

800m

1

40

54,2

700 m

1

35

46,4

600 m

 

27

37,2

500 m

 

22

29,2



[1] G. Staron « L’hiver dans le Massif central, étude climatique et hydrologique » 1993 Publications de l’Université de Saint Etienne

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 16:35

 

Une France dégagée !

 

L'anticyclone occupe la France avec un air continental très sec qui provoque un ciel clair avec un soleil abondant sur la plus grande partie du pays en particulier toutes les zones de montagne qui ont souvent été recouvertes d'une couche de givre le matin. Dans la région stéphanoise, cette pellicule matinale au sol est observée pour le 6ème jour consécutif.

02091352n18hvct

Il existe cependant quelques restes des brouillards et des stratus bas de la nuit dans des dépressions de l'est du pays avec:

  • ----  Les plaines de la Saône jusqu'à Lyon

  • ----  L'est du bassin Parisien avec une extension le long de la vallée de l'Yonne, sur la Lorraine et la plaine d'Alsace avec une prolongation en aval le long du bassin rhénan

  • ---- Plus surprenant une partie des plaines de languedoc et du Bas Rhône

  • En Allemagne ajouter la vallée du Danube et du Main

Le temps calme a permis leur mise en place dans la nuit et ne facilite pas leur dispersion.

 

Les perturbations dont nous apercevons les nuages avec une couleur plus blanche pénètrent difficilement sur le pays

L'océanique dépasse difficillement les côtes de la Manche

La Méditerranéenne n'atteint même pas les côtes sauf au niveau du Roussillon

 

Le ciel dégagé permet de voir la neige des Alpes et des Pyrénées centrales avec quelques points difficiles à distinguer en raison de leur faible supérficie sur les montagnes volcaniques auvergnates et les sommets vosgiens

 

Gérard Staron

avec les remerciements à Claude pour l'image

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:18

     Le verglas qui a affecté, jeudi matin 3 février 2011 la région stéphanoise, a eu un prédécesseur célèbre le 23 novembre 1993. Seule petite différence il a eu lieu le matin alors que celui de 1993 s’est produit en fin d’après-midi. La situation atmosphérique et les conditions de formation en tous points semblables m’ont conduit à ressortir la chronique N°2 faite sur Radio Espérance.

A l’époque la même situation glissante avait provoqué aussi une grande panique dans la région parisienne les premiers jours de décembre !

 

Chronique N°2 du 12/12/1993 : Le verglas

 

     Le verglas atmosphérique a affecté la France à deux reprises, une première fois un mardi soir de fin novembre (23/11) où un nombre impressionnant de carambolages a concerné l’autoroute de Saint-Etienne à Lyon et la semaine dernière où deux jours consécutifs (1 et 2 /12), il a répandu son spectacle de glissades sur la France du nord et la région parisienne, bloquant les aéroports, multipliant les urgences hospitalières et les fractures.

 

     Ce phénomène de verglas atmosphérique est assez rare. il correspond à une pluie qui congèle en arrivant au sol et se produit dans les situations de redoux.

Les jours qui précèdent, un anticyclone froid  recouvre la France avec des températures négatives surtout la nuit. Dans les deux cas, une perturbation atlantique, amenant un air plus doux pénètre sur le pays en apportant des précipitations. Cet air tiède plus léger  repousse difficilement l’air froid antérieur plus dense qui a tendance à se tapir au sol dans les basses couches. L’air chaud passe par-dessus l’air froid. Quand la précipitation tombe, elle est liquide dans l’air doux en altitude, elle continue sa descente sous forme liquide dans les basses couches froides et ce n’est qu’en atteignant le sol qu’elle se congèle et forme une fine pellicule glissante.

      Il peut y avoir des précipitations liquides par températures négatives comme à l’inverse la neige peut survenir par températures positives. La congélation ne s’effectue que lorsque la gouttelette trouve un corps étranger déjà solide, ici le sol. Il va servir de noyau de congélation  sur lequel vont venir se geler toutes les précipitations qui tombent.

 

Le verglas atmosphérique est toutefois un fait rarissime qui demande des conditions très précises de réalisation. La situation de redoux hivernal ne suffit pas, car 3 cas peuvent se produire.

1)      le redoux est massif et important. L’air chaud balaye l’air froid. On a de la pluie  et le sol dégèle très vite sans que puisse se former de couche glissante

2)      Le redoux est insuffisant pour chasser rapidement l’air froid des basses couches atmosphériques. La neige tombe et les températures restent négatives

3)      La situation intermédiaire donne le verglas. Le redoux doit être suffisant pour que la précipitation tombe sous forme de pluie, mais insuffisant  pour chasser  le froid des basses couches. La période de verglas n’est qu’une situation transitoire  de quelques heures avant l’arrivée finale des températures positives. La précipitation liquide ne doit pas être trop forte car une pluie trop intense empêcherait la congélation au sol avec le ruissellement. Le crachin fournit la condition idéale de formation.

 

Le mot verglas désigne le phénomène que nous venons de décrire, mais dans le langage courant sa signification s’est étendue à beaucoup d’autres formes de surfaces glissantes liées au gel et à la neige. Le panneau « risque de verglas » de nos routes désigne seulement un secteur un peu plus dangereux en hiver en raison de sa mauvaise exposition

Le véritable, le seul verglas météorologique est celui qui a touché la France récemment. Ce type de surface glissante est le plus difficile à prévoir, à identifier car la couleur du sol est peu modifiée par cette pellicule et surtout à traiter car cette fine couche glacée couvre uniformément la surface. C’est le principe de la patinoire appliqué à une région entière.

Ceci permet de comprendre l’importance et la nature des perturbations et dégâts causés, ainsi que l’extrême difficulté pour y remédier

Nous espérons que le député, qui a cru se singulariser en demandant une enquête sur ceux qui n’auraient pas fait leur travail n’est pas représentatif  des connaissances de la représentation nationale en matière de climatologie…. (Déjà en 1993, les calamités atmosphériques parisiennes provoquaient des polémiques, ce dernier hiver  ce fût pour la neige !)

 

 

Gérard Staron

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 20:28

Neige urbaine ou industrielle sur Saint Etienne (1/02/2011)

 

Sous une masse de stratus épais, de petits flocons très fins et roulés, parfois balayés par le vent sur les chaussées sont tombés surtout en fin de matinée.

neige urbaine2

Cette chute peut surprendre :

Elle s’est produite sous des pressions atmosphériques très élevées

Elle était totalement invisible sur les images radars

Aucune perturbation n’était visible à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde

Elle a laissé une pellicule très fine, inégale comme le montre la photographie, les sols en terre, imperméabilisés ont gardé le blan, le gazon est resté vert

L’air froid, températures négatives toute la journée peut contenir très peu d’humidité sans se condenser, mais il est toujours près de son point de condensation surtout avec une masse de stratus venant buter sur le Pilat. La ville et ses rejets  sa pollution etc est le petit coup de pouce qui permet la chute. Ces particules constituent autant de petits noyaux de condensation où vient se congeler l’humidité, ce qui augmente leur poids et les fait retomber vers le sol !

Autrefois on utilisait le terme de neige industrielle car elle était observée à proximité des rejets des usines, avec leur diminution, il convient d’utiliser plus le terme de neige urbaine. Il n'y a peut être pas de trace de ville sur la photographie mais on est bien en villle !

 

Gérard Staron

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 15:26

L’enneigement sur le versant septentrional du Pilat

Situation fin janvier 2011

Gérard Staron

 

logo.jpg 

 A paraitre dans le prochain Météofil de l'association

 N°70 février 2011

 

 

 

Décidément les normes météorologiques officielles sont totalement inadaptées pour rendre compte de la neige, et ce mois de janvier est un exemple caricatural en raison de la présence d’un air continental, incapable d’apporter des couches de neige, mais souvent très froid pour conserver les pellicules déposées. Le redoux de la partie centrale du mois a aussi contribué à faire disparaître le manteau antérieur.

Les chutes de neige sont comptabilisées dès le premier flocon. J’en ai dénombré 4 jours dans la ville à 500 mètres ce qui porte le total pour la saison à 21 mais les quantités déposées ont été ridicules et pour 3 d’entres elles n’ont pas été capables de provoquer un manteau au sol en dépit de températures négatives au moment de la chute.

L’enneigement au sol est décompté à partir du moment où la moitié de la surface est recouverte.

Que faire avec des pellicules souvent gelées, de l’ordre de 1 cm d’épaisseur qui correspondent à une chute de neige au départ, renforcée par du givre dont le nombre de jours dépasse 10 ?

Que faire avec ces feuilles blanches très tenaces, remaniées par un vent qui a crée de petites congères mais aussi découvert de très nombreux espaces par déflation. L’action de la sublimation, la réaction différente des milieux, toitures, pelouses, terres cultivées ou sols imperméabilisés a accentué cette situation. L’évaluation de la superficie couverte de neige a été complexe. Par exemple à 500 mètres dans mon jardin,  la chute du 21 au soir, dépose une pellicule complète le 22 au matin, inégale le 23, partielle le 24 et avec des restes pendant une semaine. J’ai compté seulement 2 jours.

Que faire pour déterminer l’altitude de base du manteau nival quand l’effet cumulé de ces faibles épaisseurs, des différents milieux et de l’exposition conduit à des situations burlesques. Par exemple le 4, il existait des plaques à 500 mètres, le Guizay était blanc à partir de 700 mètres et Salvaris indemne ne neige jusqu’à 900 m. Le tableau qui suit a tenté d’établir une synthèse moyenne pour l’ensemble du mois. La moyenne concerne la situation au 31 janvier de 2004 à 2010 depuis le début de l’hiver.

                                     

durée de l'enneigement en jours

 ( hiver 2010-11)

 

Altitudes

janvier

total hiver

moy fin janv

1000 m

12

55

42,1

900 m

11

49

35

800m

7

39

28,4

700 m

7

34

23,3

600 m

6

27

18,1

500 m

2

22

14,7

 

Il est bien évident que ces normes de mesure de neige sont irrationnelles. Pour qui utilise le manteau nival, pour quelque activité que ce soit, janvier 2010 n’a pas eu de neige sur le versant septentrional du Pilat en dessous de 1000 m. Pour la météorologie, il en est autrement ! J’avais déjà signalé longuement cette situation dans ma thèse « L’hiver dans le Massif central » ( 1) sur un relief où les faibles épaisseurs, les congères, etc, rendent ces règles totalement inadaptées pour traduire la situation réelle.

 

 

(1) G. Staron "L'hiver sur le Massif central" 1993 publications de l'Université de Saint Etienne

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 17:19

L’enneigement sur le versant septentrional du Pilat

Situation fin décembre 2010

Gérard Staron

logo.jpg

 

 

 

Publié ce jour  dans le Météo fil de janvier 2011

 

La neige précoce a continué d’imprimer sa marque en décembre lors de ce début d’hiver. Deux seuls redoux, celui du 8 décembre et celui pluvieux de l’épisode cévenol du 21 au 23 ont réussi à faire disparaître le manteau en quelques heures, mais le retour de l’air froid revenu bien vite en arrière l’a rétabli.  

L’enneigement est resté très longtemps dans la ville dès le début du mois. La comparaison avec la médiane de l’altitude de base du manteau neigeux lors des 7 derniers hivers traduit sa présence à des bas niveaux, rarement atteint aussi longtemps dans les bassins en début d’hiver.

Ces couches de neige au sol ont été aussi tenaces dans les périodes de froid que fragiles lors des redoux.  Les épaisseurs médiocres sont une première explication. A 500 mètres à l’exception des 17 centimètres relevés au matin du 1er décembre, 11 centimètres ont été accumulés le lendemain de Noël. Le plus souvent, il s’agissait de pellicules de quelques centimètres, mais leur remaniement par le vent de nord a provoqué de petites congères qui ont pu atteindre 20 à 30 cm localement le 26 décembre à Saint Etienne, tout en découvrant par déflation éolienne de nombreux espaces. Au dessus de 1000 mètres, le vent de sud a aussi modifié le manteau le 19 décembre avant la fusion. Cette faiblesse des épaisseurs a facilité le manque de résistance du manteau lors des redoux autant que la remontée spectaculaire des températures. Le froid a fait perdurer au maximum de petites chutes arrivées par vent du nord. Lors de l’épisode cévenol du 21 au 23 décembre, le passage à la neige s’est effectué tardivement alors que l’essentiel est tombé sous forme de pluie jusqu’à des altitudes élevées. Cette répartition pluie-neige n’a pas permis la mise en place de grosses couches souvent lourdes comme on a pu les connaître lors d’hivers précédents.

 

neige dec10

 

La cohérence des altitudes enneigées sur les reliefs de l’est du Massif central entre le Mézenc et le Pilat permettent de constater que seul le Mézenc a pu conserver son manteau lors des deux  redoux. La comparaison avec la moyenne de la durée d’enneigement lors des 7 précédents hivers depuis 2003, du début de la saison au 31 décembre, traduit l’avance prise par l'hiver 2010-2011. Alors que la partie centrale de la période froide commence seulement, on approche déjà d’une durée moyenne d’une saison entière d’enneigement.

 

durée de l'enneigement (hiver 2010-11)

 

 

 

 

Altitudes

lieu

octobre

novembre

décembre

total

moyenne 31/12

1500 m

Mézenc

12

16

31

59

non calculé

1300 m

Pilat Felletin

7

16

29

52

non calculé

1000 m

Salvaris

2

13

28

43

19,9

900 m

 

1

11

26

38

15,7

800m

 

 

9

23

32

13,4

700 m

 

 

8

19

27

9,2

600 m

 

 

4

17

21

6,8

500 m

Saint Etienne

 

3

17

20

5,4

 

Il en est de même du nombre de jours de chutes : 9 pour décembre et 16 depuis le début de la saison à 500 mètres.

Ceci ne préjuge en rien de la suite de la saison, d’autant plus que le froid ne peut pas compter sur l’aide de l’inertie d’un épais manteau dans ses moments de faiblesse !

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 14:05

L’enneigement  entre Mézenc et Pilat

Gérard Staron

logo.jpg

 

 

 

article à retrouver dans le prochain "météofil" publié le 6 décembre 2010 de l'association

 

 

Après octobre, novembre a continué dans le registre de l’enneigement précoce. Le manteau blanc est revenue au début de la seconde quinzaine et n’a plus lâché les sommets des reliefs de l’est du Massif central jusqu’à la fin du mois.

Mes multiples déplacements m’ont permis de constater que l’altitude de base était semblable lors de ces journées de repli au dessus de 1000 m du Mézenc au Pilat ce qui nous a permis d’augmenter l’espace d’observation en direction des sommets.

Par ailleurs le Haut Forez a présenté des décalages notoires. Par exemple le 29 novembre, l’enneigement commençait vers 500 mètres, immédiatement au dessus de la plaine, dans le  secteur de Saint Germain Laval, alors que le manteau ne descendait pas en dessous de 700 mètres sur le Pilat, plaques isolées exclues.

Dans cette seconde partie de novembre, la neige a accru sa présence jusqu’au point d’orgue de la chute du dernier jour qui a déposé 17 cm le 1er décembre au matin à Saint Etienne (500 m). Sur le graphique ci-dessous vous pouvez constater la ténacité précoce exceptionnelle du manteau blanc puisque j’ai fait figurer pour chaque journée l’altitude la plus basse enregistrée pendant la totalité des 7 hivers depuis 2003. Avant le 30 novembre, le versant septentrional du Pilat n’a pas connu de neige pendant plus de la moitié des années.

 

neige nov10

 

Dans la ville de Saint Etienne (500m), ce n’est qu’à la 5ème chute que la neige a pu tenir en raison d’un sol encore tiède, du milieu urbain ou d’un mélange avec la pluie. Au total avec 7 jours de chute de neige, on atteint presque déjà le tiers d’un hiver moyen complet !

En ajoutant les séquences observées en octobre, les totaux commencent à être impressionnants à partir de 1000 m.

Est-il possible de trouver un début de saison hivernale plus enneigé antérieurement ? La comparaison la plus intéressante concerne les altitudes à partir de 1000 mètres

Au niveau des épaisseurs il suffit de rappeler les 41 cm à Saint Etienne et le mètre à Tarentaise du 26 novembre 1982. Au moins 8 années, l’épaisseur maximale a dépassé 25 cm à Tarentaise avant la fin de novembre. A Saint Etienne, au moins 3 fois, les 17 cm du 1/12/2010 ont été dépassés en novembre.

A Tarentaise, le total de la durée de l’enneigement a dépassé 15 jours au 30 novembre, situation approximative de 2010-2011 selon le tableau suivant, pendant au moins 4 années : 22 jours en 1971, 20 jours en 1974, 18 jours en 1966 et 1975.

 

durée de l'enneigement (hiver 2010-11)

 

 

Altitudes

lieu

octobre

novembre

total

1500 m

Mézenc

12

16

28

1300 m

Pilat Felletin

7

16

23

1000 m

Salvaris

2

13

15

900 m

 

1

11

12

800m

 

 

9

9

700 m

 

 

8

8

600 m

 

 

4

4

500 m

Saint Etienne

 

3

3

 

En commençant tôt, l’hiver 2010-2011 annonce-t-il une durée record de sol recouvert et une troisième saison consécutive difficile ?

Il suffit de comparer les années pour constater que les années à enneigement précoce sur le Massif central sont rarement suivies d’un grand hiver. Le cas le plus typique est 1974-75 qui détient le record pour octobre, qui commence à rentrer dans le rang en novembre et qui est encore l’un des hivers les plus doux pour l’ensemble de la saison !

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 16:50

 

Les neiges d’octobre entre Mézenc et Pilat

Gérard Staron

 

logo.jpg

 

 

 

article publié dans le prochain bulletin Météo-fil de l'association

 

 

Le mois d’octobre va rester dans les tablettes pour la durée de son enneigement sur les sommets de l’est du Massif central entre Pilat et Mézenc.

Avec deux épisodes de chutes, les 17 et 25 octobre, l’enneigement a fait la jonction entre les deux  sur les hauteurs du Mézenc et de l’Alambre à plus de 1500 mètres par contre les autres reliefs, comme le Pilat dépassant à peine 1400 m, n’ont pu maintenir le manteau entre les deux. Il est possible que le Haut Forez ait aussi connu une persistance de l’enneigement entre les deux épisodes de chutes, mais je n’ai pas les mêmes facilités, ni les mêmes repères d’observation sur ce massif ! J’ai toutefois pu observer que le 27 au matin l’altitude de base du manteau blanc semblait la même sur le haut Forez, que sur le Mézenc, le Pilat mais aussi sur le Sancy. Par contre le Puy de Dôme, sommet isolé était déjà indemne de manteau blanc alors que ce dernier descendait à 1200 m environ sur les autres massifs cités.

Voici un graphique de reconstitution de l’altitude de base de l’enneigement de ce mois d’octobre

  neige oct10

Cette jonction de l’enneigement entre les deux chutes du 17 et du 25 détermine probablement un record de durée puisque dans le passé je n’ai répertorié que 10 jours d’enneigement en 2003 et 8 jours en 1980 et 1974 aux Estables. Habituellement les neiges d’octobre ne durent pas au sol car les épaisseurs et le froid sont insuffisants pour permettre la persistance entre deux chutes, tel n’a pas été le cas cette année au dessus de 1500 mètres.

Les recherches dans mes archives m’ont permis de dénombrer pendant octobre pour les 36 mois de  1974 à 2009 :

--- 13 années indemnes de neige sur l’ensemble des reliefs

--- 6 années, les chutes de neige sont descendus à des altitudes inférieures à 800 mètres parfois jusqu’à 500 m comme les 29 et 30 octobre 1983, le 21 octobre 1991 ou les 23 et 24 octobre 2003

--- 7 années, les flocons se sont arrêtés vers 800 mètres environ, ce qui signifie que les plateaux ont été blanchis 13 fois en octobre

--- 10 années, les chutes sont restées au dessus de 1000 à 1100 mètres, soit avec les cas précédent 23 années avec neige sur les sommets.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 08:59

 

         Claude à qui rien n’échappe dans le ciel a attiré mon attention ces dernières semaines sur un aspect hautement mystérieux  de l’atmosphère : les vents de la stratosphère.

Ces faits ont été révélés par le décodage des informations des ballons sondes quand ils montent à des altitudes qui dépassent la tropopause, le niveau de très basses températures qui sépare la troposphère, ou basse atmosphère,  de la stratosphère au dessus. A nos latitudes moyennes, la tropopause se situe à des altitudes de l’ordre de 10 Km. Elle est plus basse en hiver mais souvent plus haute en saison chaude. D’ailleurs au cours de ce mois de septembre, elle a beaucoup baissé, à plus de13 Km au début, elle est tombé à 8 Km le 27. Les radiosondages météorologiques traditionnels qui mesurent, le vent, la température, le point de rosée aux différentes altitudes s’arrêtent le plus souvent légèrement au dessus de la tropopause. Par exemple, celui de Payerne, que je reçois chaque jour, ne fournit ces informations que jusqu’à 14 kilomètres, or les ballons sondes récents en particuliers ceux de Nîmes, de l’Observatoire de Provence ou de Toulouse montent à des niveaux bien plus élevés qui peuvent dépasser les 30 kilomètres et on découvre alors des éléments surprenants.

Ces derniers ne concernent pas les températures. On sait déjà que ces dernières baissent du sol jusqu’à la tropopause où elle se situe entre -50 et -60° et que au-delà elles remontent un peu dans la stratosphère à des niveaux proches de -40°. A cette altitude, la couche d’ozone absorbe les rayons ultraviolets émis par le soleil, ce qui nous protège de leurs effets nocifs et en même temps provoque cette relative montée des températures. Il est aussi connu que dans ces airs très froid, l’humidité est quasiment nulle.

Les nouveautés intéressantes se situent au niveau des vents.

J’avais déjà constaté à propos du ballon émis par le Lycée Lalande de Bourg en Bresse, que, lorsque l’altitude atteinte dépassait  20 kilomètres, la trajectoire du ballon changeait. Ce jour là, le flux dans les basses couches atmosphériques était de plein nord, donc dans sa montée le ballon avait été entraîné vers le sud jusqu’au défilé de Vienne, puis à plus de 20 kilomètres de haut, le ballon avait été propulsé vers l’ouest par un vent d’est jusqu’au dessus de Saint Etienne. Dans sa descente après avoir éclaté, il avait été repris à nouveau dans le flux de nord.

Le 7 septembre j’ai suivi avec Claude, en direct, l’évolution du ballon sonde émis par Toulouse. Captant ces signaux de Haute Loire, il les reçoit au dessus de 5000 mètres et le ballon se trouve entraîné à ce niveau par un violent vent d’ouest qui l’envoie au dessus de la ville d’Albi. Rien de plus normal, tout le monde connaît la présence du jet stream, virulent flux d’ouest qui circule à nos latitude au dessus des perturbations du front polaire !

Encore plus haut intervient la nouveauté, le ballon franchit la tropopause assez haute ce jour là. Au dessus le courant jet d’ouest qui le poussait vers l’est perd peu à peu de sa vitesse. Il continue en s’affaiblissant jusqu’à l’altitude de 21,8 Km où surmontant la banlieue sud d’Albi, la sonde change de cap avec un vent de sud-est qui l’envoie en direction du Tarn.. Lorsqu’il atteint les 28 kilomètres, le ballon se met à tourner sur un espace réduit au nord-ouest d’Albi sur le Tarn et peu à peu il s’immobilise sur place. Il ne bouge plus au dessus de 33 kilomètres d’altitude.

Le ballon a éclaté très haut entre 34,9 et 35 kilomètres de hauteur ce jour là. Dans sa descente très rapide, le parachute étant probablement en torche selon Claude,  il reste sur place jusqu’à 26,5 kilomètres, amorce un déplacement poussé par un vent de sud-est , puis en dessous de 17 kilomètres, il est repris par le courant du jet stream en provenance de l’ouest-nord-ouest. Il passe au dessus de la cathédrale d’Albi comme pour saluer la promotion de la cité épiscopale de la ville au rang de patrimoine mondial de l’UNESCO, puis l’on perd son signal vers Valence d’Albigeois à 5550 m d’altitude.

Cet exemple que nous avons suivi ensemble n’est pas le seul à présenter deux éléments intéressants pour les vents de la stratosphère.

Qu’il s’agisse de l’évolution des ballons émis par l’observatoire de Provence ou ceux envoyés de Nîmes, on constate toujours deux faits concernant les vents dans la stratosphère entre 20 et 30 kilomètres.

D’abord Leur vitesse diminue avec l’altitude. Elle est maximale dans le haut de la troposphère au niveau de la présence du jet stream, et elle baisse ensuite dans la stratosphère où elle devient très faible et même presque nulle quand on dépasse l’altitude de 30 kilomètres puisqu’à ce niveau les ballons restent sur place.

Ensuite au dessus de 20 kilomètres, la direction des vents change. Elle est soit perpendiculaire à celle du courant jet en dessous, soit parfois totalement contraire. On passe de vents à dominante d’ouest dans la haute troposphère avec leurs variantes sud-ouest ou nord-ouest, à une origine d’est ou de sud-est dans le cas des radiosondages récents.

Les climatologues s’occupent habituellement peu des vents de la stratosphère et cantonnent leurs observations à ce qui apporte quelques explications des phénomènes observés à proximité du plancher des vaches !

Ce que j’avais lu auparavant sur les vents de la stratosphère était jusque là assez flou, j’ai donc tenté de savoir dans la littérature scientifique, si de telles constatations étaient présentées et expliquées en particulier sur des cours d’universités en ligne. J’avoue être encore plus perplexe après mes lectures et recherches sur la question !

Beaucoup d’auteurs signalent des vents rapides et violents dans la stratosphère, ce que j’avais déjà entendu auparavant. Au vu des découvertes observées lors de ces radiosondages, j’avoue ma stupéfaction puisqu’avec Claude je n’ai observé que des vents qui faiblissent au dessus de 20 kilomètres au point de devenir quasiment nuls à plus de 30 kilomètres. Les vitesses mentionnées dans ces cours ne correspondent absolument pas avec ces observations !

Les milieux universitaires sont prioritairement intéressés par les problèmes liés à la couche d’ozone et surtout par son trou au niveau des Pôles. J’avoue avoir découvert un grand vide de connaissances sur les flux atmosphériques dans la stratosphère pour les moyennes latitudes.

Ces vents semblent mieux connus au niveau des hautes et des basses latitudes. C’est pour ces dernières que j’ai trouvé l’information qui peut être reliée aux observations de ces radiosondages élevés. Il existerait au dessus des tropiques une oscillation bisannuelle des vents de la stratosphère. Ces derniers s’inverseraient tous les deux ans avec le passage d’une direction d’ouest à une direction d’est et inversement. Quand les vents proviendraient de l’est, leur vitesse serait plus faible que lorsque que leur origine serait de l’ouest. Selon les alternances présentées en 2010, actuellement ils proviendraient de l’est.

Les observations effectuées au dessus de la France s’inscriraient-elles dans ce schéma ! Le seul lien trouvé correspondrait à la direction des vents avec l’inversion de leur direction au dessus de 20 kilomètres d’altitude et une provenance actuelle de l’est au printemps puis plutôt du sud-est maintenant. Par contre les vitesses annoncées sont bien plus fortes que celles que nous avons pu observer. Ces dernières ne dépassent pas 5 nœuds, moins de 10 Km/h alors que ces cours annoncent 15 à 20 m/s pour les westerlies et 30 à 35 m/s pour les easterlies, au minimum 50 km/h.

Conclusion, il y a au moins un domaine dans lequel l’amélioration des connaissances parait une nécessité : les vents dans la stratosphère aux moyennes latitudes. On annonce le lancement d’un satellite de l’agence canadienne à la fin 2010 pour mieux connaître la stratosphère, il risque par ses informations de combler un vide lié à la curiosité trop récente des météorologistes pour la stratosphère et au manque d’intérêt pour les latitudes moyennes de ceux qui étudient le trou dans la couche d’ozone placé aux Pôles.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, le texte étant repris sur mon blog : gesta.over-blog.com. Bonne Semaine…..

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 18:20

Le bilan de l’eau

Eté 2010

Gérard Staron

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Article publié dans le dernier Météo-fil N° 64-65 de l'association paru le 6 septembre 2010

Situation avant le déluge du 7 septembre

 

 

La situation du bilan de l’eau sur nos deux départements est aussi incohérente qu’intéressante !

L’été est par nature la saison du déficit pluviométrique (Evapotranspiration potentielle supérieure aux précipitations) mais les postes autour du Pilat ont connu un excédent d’eau en juin, celui de Saint Just en Bas en juillet et Noirétable en Août où le déficit commencé en juin est interrompu, cas unique dans nos départements.

Au niveau géographique, des orages ponctuels, comme celui du début de juillet, ont provoqué des écarts énormes entre des stations proches.

Normalement, plus l’altitude est élevée plus le déficit pluviométrique est faible, il suffit de lire le tableau pour constater que la hiérarchie est bouleversée.

L’ouest de la Plaine du Forez est considérée comme un pôle de sécheresse de la région : la position de Leigneux est erratique  à ce niveau.

Les comportements divergents sont nombreux dans le temps et l’espace. Les plaines de la Saône qui ont commencé tôt leur déficit, ont été plutôt épargnées au cœur de l’été.  Le Pilat connaît une sécheresse méditerranéenne grave après un mois de juin abondant !

Seules conclusions claires :

La grande déficience de la ressource en eau sur l’agglomération Lyonnaise.

Ailleurs, Juillet et août ont détérioré un bilan très favorable fin juin, mais la situation est globalement acceptable.

 

 

excédent (gras) ou déficit(-) pluviométrique

 

 

poste

juin

juillet

août

cumul déficits fin août

Noirétable

-2,3

-57,7

5,7

non significatif

St Just en Bas

25,5

4,7

-37,4

-37,4

Aveize

-15

-20,8

-36,6

-72,4

Tarentaise

43,6

-37,3

-37,7

-75

Leigneux

-4,7

-5,7

-62,3

-82,7

Violay

-22,6

-49

-20,9

-92,5

Bard

32,3

-27,8

-69,2

-97

St André la Côte

1,2

-67,1

-32,9

-100

Andrézieux

29,4

-46,3

-69,1

-115,4

Montchal

-24,7

-67,1

-26,3

-118,1

Montregard (43)

12,5

-67,9

-59,1

-127

Saint Etienne

69,4

-73,7

-72,1

-145,8

Montmelas

23,4

-83,3

-63,9

-147,2

Anse

-27,2

-75,3

-50,5

-188

Villefranche

-36,6

-65,1

-68,2

-195,9

Ecully

-45

-113,1

-52,5

-226,6

Corbas

-24,5

-136,6

-77,1

-238,2

Bron

-45,9

-136,5

-87,6

-270

 

Pour la lecture du tableau :

La colonne « cumul déficits fin août » commence au premier mois où l’ETP est supérieure aux précipitations et pour certaines stations (Montmelas, Leigneux , Ecully, Villefranche et Anse) il a fallu tenir compte des déficits antérieurs à juin ( bulletin 62).

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