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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 20:13

Chronique N° 983

La répartition des précipitations de cette année 2014 est vraiment « sans dessus-dessous » dans la région stéphanoise

Si l’on prend pour référence la station d’Andrézieux Bouthéon on peut mesurer la vérité de cette assertion.

Les mois de janvier et février sont dans les normales les plus secs de l’année avec un cumul pour l’ensemble du bimestre de 70 mm or les  deux premiers mois de 2014 ont connu le total le plus élevé depuis la fin de la seconde guerre mondiale avec plus de deux fois le cumul d’une année moyenne. Janvier et février 2014 avec 152,3 mm devancent  1994 (143.8 mm), 1948 (141mm), 1960 (130mm) et  1977 (123mm) pour les fins d’hiver les plus arrosées.

Les mois de mai et de juin sont les plus pluvieux de l’année dans toutes les séries avec un cumul moyen de 166 mm depuis la fin de la seconde guerre mondiale, or les deux derniers mois que nous venons de connaitre ont reçu un total plus de deux fois inférieur à cette moyenne avec 75 mm. Ce n’est pas le bimestre le plus sec pour mai et juin mais seulement le 4 ème sur 67 ans, puisque 1976 avec 35 mm, 2003 avec 67 mm et 2004 avec 68 mm ont été plus sec.

Sur l’ensemble du premier semestre, l’année 2014 se retrouve près de la moyenne.  Comme les deux autres mois de transition, mars et avril sont plutôt secs, le cumul des 6 mois de 2014 est légèrement inférieur avec 293.7 mm à la moyenne depuis la fin de la seconde guerre mondiale soit 331 mm. De même seulement 19 premiers semestres ont été plus secs que celui de 2014 contre 47 plus arrosés. Janvier et février représentent encore fin juin 2014 plus de la moitié du total. Vous ne serez pas étonnés que les totaux les plus bas depuis 1947 pour mai et juin cumulés  soient  1976 et son célèbre impôt sécheresse avec 134 mm et 2003 et sa non moins célèbre canicule avec 148.9 mm, ce qui représente pour l’une ou l’autre année la moitié du total de 2014. A l’inverse les deux premiers semestres les plus arrosés, 1983 avec 533 mm et 1969 avec 529 mm représentent un peu moins du double de ce qui est tombé de janvier à juin 2014.

Ce paradoxe mensuel entre le début et la fin du semestre  peut être complété par un autre paradoxe interne au mois de juin

Dans la région, il faut opposer la diagonale orageuse du 28 juin qui a boosté le total de certaines stations des monts de Tarare au-dessus de 100 mm et le reste des départements de la Loire et du Rhône qui ne dépasse pas les 30 ou 40 mm. Même Tarentaise d’habitude si arrosé en juin sur les sommets du Pilat a reçu seulement 37.7 mm, une misère !

Sur le reste de la France on retrouve la même opposition entre les quelques postes qui ont reçu les orages violents sur des secteurs localisés des Pyrénées à la Côte d’Azur avec un paroxysme de 205 mm à Pertuis dans le Vaucluse à un moment où est censé commencer la sécheresse méditerranéenne d’été  et le reste du pays qui n’a pas dépassé le plus souvent 50 mm et même parfois 30 mm.

Qu’est-ce qui peut expliquer ce caractère « sans dessus-dessous » de la pluviométrie du premier semestre 2014 sur la région stéphanoise.

Cette dernière correspond à un amphithéâtre de dépressions ouvert vers le nord au pied du Pilat et ceinturé d’un encadrement montagneux vers le sud avec l’axe du Mézenc au Pilat et vers l’ouest avec celui du Mézenc au haut Forez continuant jusqu’aux monts de la Madeleine. Comme les précipitations venant de plein nord sont rares comme les types de temps qui les amènent ou peu intenses en raison de la faible humidité de l’air froid qui provient des hautes latitudes, la pluviométrie principale pour atteindre la région stéphanoise doit avoir la force de franchir l’encadrement montagneux qui la ceinture vers l’ouest comme vers le sud , que les masses pluvieuses viennent de l’Atlantique ou de la Méditerranée.

 En temps ordinaire, les précipitations océaniques d’hiver arrivent peu à remplir cette condition car elles doivent franchir toutes les hauteurs du Massif central en commençant par les hauteurs volcaniques auvergnates puis les monts du forez pour arriver jusqu’à nous. Pierre Estienne avait montré dans sa thèse sur le climat du Massif central que sur 50 millimètres tombés par temps d’ouest sur le Cantal, il en restait moins de 10 millimètres sur l’encadrement montagneux de la région et à peine quelques unités dans ses bassins. En janvier et février 2014, la fréquence et la force des perturbations océaniques ont été telles que non seulement elles ont déposé des déluges sur la Bretagne, mais qu’elles ont réussi à franchir l’obstacle montagneux qui ceinture la région stéphanoise pour y déposer des quantités plus importantes que d’habitude. Nous sommes loin du mètre de pluie tombé sur les hauteurs de la Bretagne, mais 150 mm constituent chez nous un record inégalé en janvier et février.  Par ailleurs la région Lyonnaise et surtout les hauteurs voisines ont aussi profité de cette virulence anormale des pluies océaniques d’ouest d’hiver !

Toujours en temps ordinaire, les précipitations de sud-ouest des mois de mai et de juin qui présentent à l’origine un caractère océanique mais sont exacerbées par des phénomènes orageux en raison de la présence au sol d’une couche d’air chaud ou en raison en altitude d’un goutte froide qui active l’instabilité de l’atmosphère, ces pluies de sud-ouest disait-je, pénètrent habituellement facilement sur la région et son encadrement montagneux. Cette année, cette pénétration facile a fait défaut et a affecté d’autant le total pluviométrique. En effet nous avons connu un nombre important de jours anticycloniques avec des hautes pressions centrées sur les iles britanniques ou l’Atlantique nord, cette situation a induit beaucoup de flux de nord peu chargés en humidité, le plus souvent les pressions élevées empêchaient les précipitations et les perturbations qui les accompagnaient sont aller le plus souvent arroser l’Allemagne, la Suisse, les Alpes, elles sont même allé jusqu’à créer des inondations dans les Balkans en Serbie et sur le bassin du Danube. Ces pluies ont fait défaut.

Lors des rares périodes favorables aux précipitations remontant de Méditerranée de mai et juin, elles ont rarement pu pénétrer massivement sur la région stéphanoise en suivant des trajectoires qui sont passés soit au nord, soit au sud. Il en a été ainsi lors de l’orage du 28 juin qui a suivi une trajectoire de l’Auvergne au Roannais en étant exacerbé sur les monts de Tarare, il en a été aussi de celui qui quelques jours plus tôt a suivi une diagonale de la bordure nord des Pyrénées à la Cote d’Azur en déposant de grosses quantités sur Pertuis ou sur Grasse. La seule forte pluie qui a affecté la région stéphanoise a été celle du mardi 10 juin qui a déposé plus de 15 mm en une heure sur tout le versant nord du Pilat.

L’analyse de l’évolution des précipitations de ces derniers mois depuis mars  montre souvent qu’en arrivant près de la région stéphanoise, elles dévient dans deux directions, soit elles partent vers le nord vers le bassin Parisien ou plus près vers le Roannais, soit vers le sud et les secteurs plus proches de la Méditerranée. Tout se produit comme si l’encadrement montagneux au demeurant assez limité en importance avec des sommets qui dépassent peu 1500m était devenu un obstacle plus difficile à franchir qu’autrefois pour les masses pluvieuses. Je vous ai signalé souvent dans cette chronique le blocage des masses pluvieuses par des anticyclones centrés au-delà des Alpes, on constate ces derniers mois une avancée vers l’ouest de ces blocages sur les monts du Forez ou les montagnes volcaniques auvergnates qui prive l’agglomération stéphanoise d’une grande partie des pluies de sud !

Un changement géographique curieux !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi 13h15 sur Radio Espérance… Bonne semaine….

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 12:51

Prévision du 6 au 9 juillet 2014

 

La région se situe dans une diagonale de dépressions  nord-ouest  sud-est entre les anticyclones de l’Atlantique et de l’Europe de l’est et où l’air froid descend des hautes latitudes pour affronter l’air chaud qui stagne sur la Méditerranée

Les perturbations remontent selon une trajectoire de sud-ouest en fonction de la géographie du contact entre l’air froid et l’air chaud. Les précipitations prennent une allure orageuse à partir de la mi-journée avec risque de grêle, de foudre et d’inondations localisées sous les paroxysmes d’intensité.

Les températures restent modérées pour la saison mais le moindre rayon du soleil provoque très vite une chaleur lourde

Le vent sud domine avant les orages mais le vent du nord suit !

 

Vendredi

La prévision antérieure est confirmée en partir le risque de pluies orageuses à partir de l’après midi avec des risques de paroxysmes locaux

Les températures sont plus élevées dans le couloir de la Loire que celui de l’Allier avec une amorce de chaleur lourde

Le vent du sud précède la vague orageuse

 

Samedi :

Après une amélioration provisoire le matin, la reprise pluvio-orageuse de l’après midi et de la soirée est plus faible que la veille et affecte surtout la bordure nord et les montagnes

Si les températures minimales amorcent une baisse, les maximums remontent un peu, plus de 25° dans les dépressions.

 

Dimanche :

Reprise généralisée des orages avec risque de grêle, foudre et inondations localisées avec deux vagues dans la journée, le hors d’œuvre le matin sur une trajectoire plutôt Auvergne Roannais et ensuite la principale qui devrait traverser  en soirée l’ensemble de la région et s’attarder sur l’axe du Velay au Forez

Après la douceur matinale, les maximums restent stables avec environ 25° dans les dépressions

 

Lundi :

Encore une journée très orageuse avec les risques associés à partir de l’après-midi. Les cumuls déposés sont localement importants en particulier sur l’axe du Velay au Forez

Les températures baissent légèrement le matin, fortement pour les maximums avec le retour du vent du nord

 

Mardi :

Après la fin des dernières pluies le matin sur l’axe du Mézenc au Pilat , le temps s’améliore avec un ciel qui se dégage d’une grande partie de la couverture nuageuse accrochée surtout sur les versants nord.

Les températures confirment leur baisse avec le retour de la fraîcheur matinale sur les plateaux , des maximums aussi bas que la veille et un vent du nord qui forcit.

 

Le début du mois de juillet continue ensuite d’être très agité au niveau météorologique : à confirmer mardi

Gérard Staron

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 09:52

Observations de Saint Etienne (500m) : juin   2014

Températures minimales et maximales quotidiennes (Hobo dans abri à coupelles)

Les archives de la station depuis l’origine (2006) sont consultables

 sur  http://mgsb.perso.sfr.fr  à la suite de celles de Montregard, accessible aussi en cliquant sur « site » dans les liens placés sur la barre à droite.

 

date

min

max

P

1-juin-14

9,7

21,3

2-juin-14

8,9

18,7

3-juin-14

9,3

22,5

4-juin-14

12,8

17,8

1,5

5-juin-14

7,6

23,0

6-juin-14

10,5

27,1

7-juin-14

14,8

32,1

8-juin-14

19,0

34,4

9-juin-14

16,2

37,2

10-juin-14

16,2

34,7

11-juin-14

14,2

30,8

17,1

12-juin-14

16,8

30,1

13-juin-14

17,5

29,0

14-juin-14

15,5

25,8

15-juin-14

11,6

23,8

16-juin-14

11,8

25,4

17-juin-14

12,5

21,5

9,1

18-juin-14

12,1

20,2

5,4

19-juin-14

10,7

25,0

20-juin-14

12,3

26,7

21-juin-14

12,3

29,0

22-juin-14

15,1

32,6

23-juin-14

16,7

30,3

1,3

24-juin-14

15,3

23,3

1,6

25-juin-14

14,4

25,1

26-juin-14

13,6

25,5

27-juin-14

13,8

28,2

28-juin-14

16,0

28,4

5,5

29-juin-14

14,2

20,8

2,2

30-juin-14

11,1

22,1

moyenne

13,4

26,4

43,7

Encore un mois chaud et sec mais le seul record est celui de la température maximale absolue de juin avec les 37.2° du coup de chaleur du lundi de Pentecôte ! Il prend la suite des 35.3° de juin 2011.

Par contre

La température moyenne de juin 19.9° est devancée par celle de 2006 :20.1°

Le minimum moyen de 13.4° est battu par celui de 2012 : 13.9° et égalé par celui de 2006

Le maximum moyen de 26.4° est devancé par celui de 2006 26.8°

Le total des précipitations 43.7 mm a été plus bas l’an dernier 27.3 mm en 2013 !

L’écart entre moyenne approchée et vraie (0.6°) est important avec 10 jours où il dépasse 1°

Gérard Staron

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 10:01

Prévision du 1er au 4 juillet 2014 :

 

Entre des Anticyclones sur L’Atlantique et la Russie , la France se trouve dans un couloir qui permet à l’air des hautes latitudes de descendre jusqu’à la Méditerranée

Les perturbations prennent un aspect orageux dans l’après-midi en soirée et en début de nuit, au contact de la chaleur diurne accumulée par le soleil. Ces pluies sont d’intensité variable au fil des jours

Après le gros coup de fraîcheur de ce lundi, les températures remontent un peu mais restent très modérées pour la saison. Pas de canicule en vue, plutôt l’inverse !

Si le vent du sud précède les pluies orageuses,  un épisode de vent du nord très marqué les suit avec burle sur les plateaux de la haute Loire et mistral en vallée du Rhône

 

Lundi :

Prévision antérieure confirmée : vent du nord, fraîcheur marquée, le risque de pluies orageuses de fin de journée est limité à quelques averses sur les reliefs, les bassins internes du Massif central ont un temps meilleur

 

Mardi :

Précédée par un flux de sud assez fort, une perturbation pluvio-orageuse  remonte dans l’après-midi et en soirée en commençant par un axe Auvergne Roannais et en continuant dans la nuit par celui du Velay au Forez. Les précipitations accompagnées de la foudre et localement de grêle sont assez intenses surtout au début.

Après un reste de fraîcheur matinale sur les plateaux, les températures maximales remontent aux alentours de 25° dans les dépressions.

 

Mercredi :

L’accalmie sera de courte durée entre la fin des précipitations de la nuit et la reprise de la soirée qui devrait surtout concerner l’axe du Mézenc au Pilat. L’aspect orageux toujours présent sera cependant moins marqué que la veille.

Plus de fraîcheur matinale, même retour d’une grande douceur, mais avec moins d’ensoleillement, les maximums baissent un peu tout en restant entre 20 et 25°.

En fin de journée retour d’un vent de nord à nord-est modéré.

 

Jeudi :

En raison d’une légère poussée de l’anticyclone atlantique, le risque de pluie orageuse de fin de journée est le plus faible de la semaine, mais ne pas exclure des averses localisées sur les reliefs  et  la nouvelle perturbation qui arrive ne devrait pas atteindre la région avant la nuit

Avec un vent faible, les températures reprennent leur hausse, douceur matinale et maximums au-dessus de 25° dans les dépressions.

 

Vendredi :

Nouvelle journée marquée par les pluies orageuses remontant du sud-ouest et traversant la région avec une intensité localement forte et un risque de foudre et de grêle !

Légère tendance à la baisse des températures qui restent cependant à des niveaux proches de celles de la veille

Le vent du nord revient

 

Un début d’été assez médiocre qui devrait se poursuivre ensuite : à confirmer vendredi

Gérard Staron

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 10:32

Chronique N°982

Après la bouffée de chaleur de Pentecôte, et les orages qui l’on suivi, juin a dérivé vers d’autres ciels qui ont mis fin à un printemps aux températures élevées.

Le temps a changé de façon durable à partir du 11 juin et à la fin de ce mois nous sommes toujours sous l’influence de cette modification !

Il s’est produit alors une inversion des centres d’action qui nous concernaient. Auparavant un anticyclone tenace au sol sur l’Europe centrale et balkanique derrière les Alpes et en altitude avec une excroissance en provenance de la Méditerranée barrait la route à la progression des perturbations océaniques envoyées par une dépression centrée sur l’atlantique nord et provoquait une bouffée de chaleur avec un violent flux de sud remontant du Maghreb. Les températures ont atteint entre 35 et 37° de la France à l’Allemagne. Cette vague de chaleur a été le point d’orgue final d’un printemps particulièrement chaud et sec.

Le 11 juin, la situation s’inverse durablement. l’anticyclone qui était à l’est de l’Europe disparait, il est remplacé à l’ouest sur l’Atlantique.

En effet le 11 juin,  l’anticyclone des Açores remonte jusqu’à la Manche avant de s’installer sur les Iles britanniques. En se plaçant sur l’Irlande puis au large de cette dernière sur l’Atlantique, puis en revenant sur l’Irlande  avant de s’éloigner vers la Norvège, la route des perturbations océanique est coupée. Depuis plus de deux semaines, les flux atmosphériques sont inversés par rapport à la période antérieure avec une provenance du nord ou du nord-est. En effet l’air doit contourner la masse des hautes pressions sur son flanc oriental avant de nous parvenir et de ce fait cet air provient du nord et du nord-est. 

Selon la plus ou moins grande proximité des hautes pressions, ces flux de nord sont perturbés avec des précipitations qui prennent un caractère orageux en arrivant dans des zones aux latitudes plus basses à l’air plus chaud, ou sont plus anticycloniques avec un air plus sec et dans ce cas les perturbations sont repoussées plus à l’est sur l’Allemagne et l’Europe centrale.

Quand ces perturbations traversent la France, leurs précipitations sont le plus souvent maximales sur un axe du sud-ouest au nord –est du pays en descendant en latitude . Par exemple lors du dernier épisode qui commence le 22 juin. Les premiers gros orages ont lieu sur le Limousin en particulier à Brives la Gaillarde et Gourdon avec plus de 30 mm . Le lendemain ils glissent sur une ligne des Pyrénées au Jura et le surlendemain le long de la Méditerranée des Pyrénées à la Cote d’azur en passant par le Languedoc.

Lors du passage de ces perturbations il se produit un contraste entre la faiblesse de l’humidité de l’air qui arrive du nord et des conditions de chaleur de la saison qui activent au fil des heures l’instabilité de l’atmosphère. Il en résulte un rythme diurne qui commence le matin par un ensoleillement important. Le ciel dégagé se charge peu à peu de nuages au fil des heures au fur et à mesure que la température de la journée monte. Une couche d’air chaud  s’installe puis enfle au sol jusqu’au moment où suffisamment développée en altitude les orages peuvent se déclencher !

A cette période de l’année quand ce type de flux en provenance des hautes latitudes s’installe , les températures sont le résultat d’un affrontement entre l’origine de l’air qui pousse le thermomètre vers le bas et l’ensoleillement qui agit de façon inverse  au moment de l’année où son efficacité est la plus grande avec la durée la plus longue des jours et l’angle d’arrivée des rayons du soleil les plus élevés au-dessus de l’horizon. Quand le temps est à dominante anticyclonique, le soleil plus efficace arrive à maintenir le thermomètre à des niveaux convenables pour la saison, par contre quand le temps perturbé maintient une couverture nuageuse substantielle, la déperdition thermique est plus marquée avec des températures plus basses.

Dans nos régions de l’est de la France, ces flux septentrionaux  sont le plus souvent accélérés quand ils  descendent vers la Méditerranée. En effet l’arrivée de l’air froid sur une mer chaude provoque la création d’une dépression qui s’installe habituellement sur le golfe de Gènes. Cette dernière attire cet air septentrional et provoque un gigantesque couloir nord-sud. En plus en dévalant des reliefs du Massif central avec la burle  ou en étant enserrée dans le couloir du Rhône et son acolyte le mistral,  l’accélération de l’air augmente encore ainsi que la vitesse associée des vents.

Ce type de flux de nord pendant le mois de juin présente deux types d’anomalies !

D’abord le mois de juin est l’un de ceux où les flux de nord sont les moins nombreux de l’année. Ces derniers sont particulièrement répétitifs au printemps en particulier en avril mais aussi à l’automne avec novembre. Entre ces saisons intermédiaires, ces descentes de nord présentent une fréquence bien plus faible et limitée à quelques journées assez rares !

Ensuite cette année l’installation de ces courants de nord a correspondu avec les « quatre temps d’été » qui avaient lieu les 11 juin , jour de la remontée de l’anticyclone des Açores sur l’Atlantique, puis les 13 et 14 juin avec la première descente franche de nord en provenance directe de l’Arctique par la Scandinavie jusqu’au golfe de Gènes avec une perturbation qui traverse la France de l’est mais aussi l’Allemagne et la Suisse.

Le trimestre précédent nous avions déjà signalé au début de mars la coïncidence du changement de temps avec la semaine à proximité des «  quatre temps de printemps » après la dernière grosse tempête océanique  et une transformation radicale avec l’arrivée d’anticyclones très tenaces. Cette situation a quasiment tenu trois mois puisque nous sommes passés de trois mois d’hiver à forte dominante océanique marqué par une multitude de tempêtes et de perturbations d’ouest à des mois de printemps marqués par la chaleur, l’ensoleillement et la sécheresse   sous des hautes pressions dominantes

Dans le passé nous avons signalé à plusieurs reprises la concordance des « quatre temps d’automne » à proximité de la Saint-Mathieu  avec le début de la saison des grosses pluies Méditerranéennes qui commencent souvent vers le 21 septembre

Selon les « savoirs populaires », en particulier dans les milieux agricoles,  Les « quatre temps » sont souvent présentés comme pouvant donner une orientation du temps susceptible de se produire dans les trois mois suivants. Les météorologues n’accordent le plus souvent aucune valeur à ces assertions, pourtant sans présenter le caractère rigide que certains accordent à ces quatre temps, une fois de plus on peut constater que s’est produit au moment de leur date un changement de tendance qui semble être durable. En effet après trois mois de tempêtes et perturbations océaniques, trois de temps anticycloniques avec une dominante de temps ensoleillés depuis mars, sommes-nous entrés depuis le 11 juin dans un autre trimestre marqué par des flux de nord avec des températures modérées ou basses pour la saison ?

Il est bien trop tôt et surtout très inconvenant selon les règles météorologiques de répondre à cette question, mais même quand le temps évolue, comme cette semaine , Quand l’anticyclone présent depuis le 11 juin se retire en direction de la Scandinavie,  le flux de nord dominant continue sous la forme d’une perturbation de nord-ouest !

La météorologie et la climatologie  présentent encore bien des mystères dès que l’on analyse les phénomènes à l’échelle de la saison !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio espérance ….

Bonne semaine

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 10:55

Prévision du 27 au 30 juin 2014

 

Avec l’anticyclone des Açores replié sur l’Atlantique, nous restons dans un couloir descendant des hautes latitudes jusqu’au golfe de Gènes en liaison avec une dépression centré de l’Irlande à la Mer du Nord.

Ceci n’annonce rien de bon pour notre temps.

1)      A l’exception des heures qui précèdent les perturbations orageuses, le vent du nord souvent fort l’emporte avec ses acolytes la burle sur les plateaux de la Haute Loire et le mistral en vallée du Rhône

2)      L’origine de l’air contredit l’influence de l’ensoleillement maximal de la saison. La fraîcheur matinale (minimums inférieurs à 10°) continue sur les plateaux en particulier ceux du cœur du Massif central (Velay et Margeride ), les maximums assez médiocres pour la saison  continuent leur tendance à la baisse

3)      Les perturbations prennent un caractère orageux au contact de l’air chaud méditerranéen en seconde partie de journée et début de nuit, leurs précipitations  sont  importantes sur la région au moment du week-end  avec une localisation géographique difficile à préciser.

 

Jeudi :

Confirmation de la prévision antérieure en particulier pour le vent du nord

L’accalmie des précipitations touche surtout le sillon de la Loire car la nouvelle perturbation qui touche surtout le Bassin Parisien  est susceptible d’apporter  dès la mi-journée des précipitations orageuses de l’Auvergne au Roannais en continuant sa route dans la nuit

Les températures , fraîches le matin sur les plateaux, seront inférieures  à  25° dans la journée même dans les dépressions

 

Vendredi :

Après la fin du passage de la perturbation de la veille en fin de nuit, le risque de précipitations est faible à l’exception d’averses localisées en soirée sur les reliefs.

Le vent du nord continue

Les températures changent peu, fraicheur matinale sur les plateaux et maximums  partout inférieurs à 25°

 

Samedi :

Une perturbation pluvio-orageuse très active traverse la région du nord-ouest au sud-est à partir de la mi-journée et ses précipitations sont généralisées et  importantes en soirée et dans la nuit suivante  surtout sur le Velay et le Forez. Les cumuls seront localement importants avec risque de grêle, de foudre et d’inondations localisées. Il est difficile de prévoir les secteurs les plus affectés en raison du caractère très variable des orages !

Le vent du nord disparait progressivement avant les orages remplacé par un petit flux de sud

Les températures changent peu mais la fraîcheur matinale disparait provisoirement  sur les plateaux et les maximums baissent dans le couloir de l’Allier, tout en montant à plus de 25° dans celui de la Loire.

 

Dimanche :

La forte perturbation pluvieuse s’évacue dans la matinée par l’est en terminant ses précipitations, une reprise limitée avec quelques averses est possible en fin de journée sur les reliefs  

Nous passons dans l’air froid avec le retour du vent du nord fort et des températures maximales en forte baisse, à peine 20° dans les dépressions. Par contre sous les nuages, les minimums du matin sont plutôt en hausse

 

Lundi :

Dans l’air froid, le vent du nord continue en s’affaiblissant un peu en fin de journée

Les températures sont basses pour la saison avec le retour de la fraîcheur matinale sur les plateaux et des maximums indigne d’un dernier jour de juin.

Dans la traine alimentant une couverture nuageuse importante, quelques rares averses sont possibles en fin de journée sur les secteurs océaniques, bordure septentrionale et montagnes.

Les bassins internes du Massif central (Le Puy, Limagnes du sud) ont un temps meilleur avec plus de soleil

 

Le début de juillet ne parait pas meilleur : à confirmer

Gérard Staron

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 08:19

Chronique N°981

La ressource en eau est actuellement en France dans un état curieux. Ceux qui ont eu l’occasion de prendre connaissance des bilans de l’eau que j’ai publié dans les derniers bulletins de l’AMRL (Association des Météorologistes d’entre Rhône et Loire) sur les deux départements, N° 100 mai  et N° 101 juin 2014,  ont pu constater la dégradation précoce de la ressource en eau sur les 3 derniers mois depuis mars 2014. A l’exception de quelques rares postes de montagne à plus de 1000 m d’altitude, le déficit pluviométrique est généralisé à fin mai. Ceci signifie que les précipitations ont été inférieures à l’évaporation. Le cumul de ce déficit depuis mars atteint 75 à 100 mm dans certains postes. Les végétaux pour continuer leur croissance ont commencé à puiser dans la réserve en eau du sol. Comme dans le Rhône et la Loire, cette tendance a commencé en mars, ceci signifie qu’à certains postes du Val de saône dans le Beaujolais ou de l’agglomération lyonnaise, la réserve en eau du sol se situe en dessous de 50%. La situation est à peine meilleure dans les dépressions qui longent le cours de la Loire supérieure. Fin mai, de façon très précoce par rapport à une année normale,  la réserve facilement utilisable est déjà utilisée et l’on entame la réserve de survie ! Ceci laisse présager une situation difficile de la ressource en eau pendant l’été, en effet dans la saison chaude dans laquelle nous entrons, les précipitations sont normalement inférieures à l’évaporation et la situation de la ressource en eau se dégrade habituellement ! Ce ne sont pas les orages localisés de juin que nous connaissons chaque jour qui sont susceptible de renverser cette tendance.

Le paradoxe veut que les régions que nous venons de citer, plaines et dépressions des départements de la Loire et du Rhône ont en année ordinaire une forte pluviométrie pendant les mois de mai et de juin qui correspondent sur de nombreuses séries au maximum pluviométrique. Cette période de forte pluie a été aux abonnés absents cette année en mai et au début juin.

Le second paradoxe, si les ressources en eau de surface donnent des signes de sécheresse, celles de profondeur sont à des niveaux particulièrement élevés. Pour les nappes phréatiques de l’est Lyonnais, dans les couloirs des anciens terrains glaciaires de Mions ou de Meyzieu, depuis très longtemps les nappes phréatiques n’avaient pas été à des niveaux aussi proches de la surface . Par exemple au Piézomètre de Villeurbanne la Doua, en janvier 2014, l’eau était monté à 4.59 m de la surface et il faut remonter à décembre 1992 pour trouver un niveau aussi élevé 3.61 m. En mai 2014 l’aquifère est encore à 5.48 m de la surface. Un peu plus à l’est à Saint Priest l’eau a été la plus haute en mars et avril 2014 et il faut remonter à février 2003 pour trouver une nappe phréatique aussi proche de la surface. Aux deux piézomètres de Genas, toujours dans l’est Lyonnais, il faut remonter à 1994 pour trouver un niveau aussi proche du sol par rapport à celui d’avril mais aussi mai 2014.

Cette contradiction entre une ressource en eau de surface nettement déficiente depuis mars et celle des nappes souterraines particulièrement abondantes à des niveaux très élevés et proches de la surface n’est pas seulement l’apanage de notre région. En effet l’un des éléments important de la dernière année a été la reconstitution massive d’un nombre important de nappes phréatiques de notre pays qu’elles soient proches de la surface comme celles dans les terrains glaciaires de l’est Lyonnais, ou bien plus profondes comme celles des pays calcaires de la Beauce. La nappe de Beauce a connu une hausse de son niveau depuis 2013 de plus de 3 m dans son secteur central comme dans celui de Blois. Le précédent pic qui datait de 2002-2003 n’a pas été égalé, mais l’on se trouve au plus haut niveau de ces 10 dernières années. La montée de la nappe de la craie dans le Loing est encore plus spectaculaire : plus de 5 mètres. Ces sursauts ont été d’autant plus nets que les niveaux de la fin de l’été 2012 étaient souvent parmi les plus bas ! Seules les nappes dans les terrains du crétacé,  de l’Albien ou du Cénomanien ou celles des couches  du jurassique, du Malm ou du Dogger dans la région centre, ont moins haussé leur niveau en 2013, 2014.

Cette contradiction entre la faiblesse de l’eau de surface et l’abondance de celle des profondeurs correspond au cumul de deux phénomènes

Les précipitations de l’année écoulée montrent un contraste majeur entre celles des 12 derniers mois qui ont été largement excédentaires sur l’ensemble de la France en particulier sur tout l’ouest de la Bretagne aux Pyrénées, à l’exception du Languedoc Roussillon. Au contraire sur les 3 derniers mois, la France de l’est au-delà d’une ligne des Cévennes aux Ardennes a connu des précipitations très faibles. Ce phénomène est maximal en mars et en avril, mais il continue en mai sur un espace plus réduit des axes Rhône-Saône, de la Loire et de l’Allier supérieur.

Cette différence dans le temps des précipitations doit être relié avec les décalages de leurs effets. En surface, l’écoulement des précipitations en période d’excédent   s’effectue dans les heures qui suivent, comme l’humectation des sols. Les déficits s’accumulent au fil du temps. Au contraire les nappes sont alimentées avec un décalage. Plus elles sont profondes, plus l’écart entre les précipitations et la réaction des nappes est long. Par exemple alors que les précipitations ont été maximales dans la région lyonnaise de décembre 2013 à février 2014, une nappe qui se situe à moins de 5 mètres du sol connait son maximum avec un décalage très faible, les mêmes mois que les fortes pluies. Au contraire les nappes qui se situent à une profondeur supérieure à 25 mètres connaissent leur maximum pendant le mois d’avril soit deux mois après la fin des grandes précipitations terminées en février.

Il ne faut donc pas s’étonner que la situation de la ressource en eau soit déjà dégradée en surface alors qu’elle reste très favorable pour les eaux profondes. La même remarque peut être faite pour les réserves des barrages qui ont conservé leur niveau élevé de la fin de l’hiver alors que les débits des rivières ont très largement baissé !

Un dernier contraste doit être évoqué : l’opposition entre la France de l’ouest et de l’est de part et d’autre d’une ligne qui s’étire du Roussillon au Massif central et aux Ardennes

L’ouest a connu de très gros abats de précipitations dans les 12 derniers mois  en particulier en Bretagne et sur le flanc nord des Pyrénées alors que sur la même période l’excédent de l’est est plus modéré

Sur les 3 derniers mois (mars à mai 2014), l’ouest est resté correctement arrosé sans connaitre les déluges antérieurs, alors que l’est connait depuis mars un déficit sévère de la ressource en eau

Sur mai et le début de juin, cette opposition s’est aggravée avec une ligne d’orages persistants du Bordelais au Nord  alors que le manque de précipitations persiste à l’est. Dans ce dernier ensemble les sillons de la Loire et du val de Saône sont les plus touchés !

La situation de la ressource en eau de la France ne manque pas de paradoxes, entre une France de l’ouest dans une grande abondance retrouvée en 2013 et 2014 après quelques années sèche et une France de l’est avec une sécheresse de l’eau de surface et du sol déclenchée très tôt, depuis le mois de mars, mais des nappes phréatiques largement reconstituées aux niveaux élevés au plus haut depuis au moins 10 ans, héritage antérieur !

Ces contrastes s’accentuent. Nos départements de la Loire et du Rhône en sont l’illustration ! La ressource en eau risque d’être maintenant un des grands sujets de l’été dans la moitié est du pays car l’été devrait continuer la dégradation !

Gérard Staron vous donne rendez-vous sur les ondes de Radio Espérance, samedi prochain,

Bonne semaine….

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:19

Prévision du 23 au 26 juin 2014

 

Le contact entre un air descendant des hautes latitudes jusqu’à la dépression du golfe de Gènes et celui réchauffé de nos région contribue à continuer la situation orageuse commencées dimanche.

Les trajectoires des orages qui frappent de plein fouet la région les premiers jours, descendent de plus en plus en latitude au point de n’intéresser ensuite que les régions méditerranéennes. Généralisés et forts au début ils perdent de l’intensité et deviennent plus localisés.

L’air frais progressant en arrière, les températures baissent progressivement au point de permettre le retour de la fraîcheur matinale sur les plateaux et des maximums médiocres pour la saison.

Le vent du nord revient avec ses acolytes habituels : la burle sur les plateaux de la haute Loire et le mistral en vallée du Rhône 

Un début d’été assez médiocre

 

Lundi :

Une perturbation orageuse remontant du sud-ouest est en train d’atteindre la région stimulée par  la convection de la journée , les précipitations risquent d’être intenses localement avec risque de foudre, grêle et éventuellement de petites inondations. Toute la région est susceptible d’être concernée mais il est difficile de préciser les lieux des paroxysmes orageux.

Le vent vient encore du sud

Les températures commencent leur baisse en raison d’un ensoleillement limité mais 25° devraient encore être dépassés dans les plaines les plus chaudes

 

Mardi :

Après une matinée alternant restes nuageux et soleil, la reprise orageuse à partir de la mi-journée parait moins intense et généralisé que la veille. L’axe du Velay au Forez et au Roannais parait le plus concerné

Les températures continuent leur baisse en particulier les maximums qui n’atteindront plus 25° même dans les dépressions

Le vent du nord revient

 

Mercredi :

Les orages dès le matin continuent sur la bordure méridionale du Mézenc au Pilat et surtout les régions méditerranéennes plus au sud.

L’air froid des hautes latitudes prend le relais avec un vent du nord qui forcit  et les températures qui continuent leur baisse, minimums frais sur les plateaux et maximums à peine au-dessus de 20° dans les dépressions

 

Jeudi :

Accalmie dans les pluies orageuses, on ne peut toutefois pas exclure une reprise localisée sur les reliefs en fin de journée.

Le vent du nord reste fort

Les températures sont indignes de la saison : fraicheur matinale sur les plateaux (moins de 10°) et maximums souvent en dessous de 20°.

 

Le début d’été assez médiocre devrait continuer : à confirmer jeudi

Gérard Staron

 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 12:55

Prévision du 19 au 22 juin 2014

 

Avec un anticyclone centré sur l’Irlande, le temps reste  médiocre pour un mois de juin !

Le flux de nord qui circule sur son flanc oriental continue avec la burle sur les plateaux de la Haute Loire et le mistral en vallée du Rhône

Les températures restent fraiches avec une fraicheur matinale sur les plateaux, minimums en dessous de de 10°, et des maximums qui ne semblent pas dépasser 25° même dans les dépressions les plus basses en dépit d’une petite hausse au cours du week-end

L’air des hautes latitudes atteint la Méditerranée avec la dépression du golfe de Gènes et nous revient par le nord-est avec des averses qui prennent un caractère orageux en fin de journée. Ces dernières présentent depuis mardi seront repoussées vers  les Alpes et intéresseront de moins en moins la région au fil de jours avec un début de week-end sans précipitations.

 

Mercredi :

Temps médiocre, ciel très nuageux, vent du nord 

L’arrivée des averses orageuses est maximal et dépose des totaux substantiels mais inégaux géographiquement en privilégiant l’angle nord-est de la région Velay, Forez et Roannais

Températures maximales basses pour la saison , à peine 20° dans les dépressions et plaines

 

Jeudi :

Le vent du nord forcit avec ses acolytes burle et mistral  mais les averses orageuses connaissent une reprises plus faible que la veille en fin de journée, limitée surtout aux montagnes

Les températures évoluent peu avec une fraicheur matinale sur les plateaux et des maximums en hausse très légère en dépassant un peu 20° dans les dépressions et plaines

 

Vendredi :

L’amélioration continue, temps plus ensoleillé, pas de précipitations

Toutefois le vent du nord fort persiste et les températures restent basses pour la saison même si les maximums gagnent 1 à 2° dans les dépressions et plaines.

 

Samedi

La meilleure journée de la période :

Pas de précipitations

Le vent du nord commence à faiblir

Les températures maximales augmentent un peu en approchant 25° dans les dépressions après une matinée fraîche sur les plateaux

 

Dimanche

Une remontée pluvieuse et orageuses  en provenance du sud-ouest devrait atteindre la région en soirée, elle touche surtout la Haute Loire et l’axe du Mézenc au Pilat

Le vent du nord disparait

Si la fraicheur matinale subsiste sur les plateaux les maximums dépassent 25° dans les dépressions

 

La situation assez peu estivale pour une fin juin, devrait continuer encore la semaine suivante

Gérard Staron

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:25

Chronique N°980

Le week-end de Pentecôte a connu la première bouffée chaude estivale sur la France suivie comme souvent d’une vague orageuse.

La bouffée chaude n’a pas concerné que la France, elle s’est étendue aussi à une grande partie de l’Allemagne.

Les températures maximales supérieures à 30° commencent à sortir du domaine méditerranéen le samedi 7 juin dans les retombée septentrionales des reliefs de l’Europe méridionale, sur l’Aquitaine au pied des Pyrénées, dans les dépressions de la Loire et de l’Allier au pied du Massif central où Clermont-Ferrand est la ville la plus chaude de France avec 33.7° et dans les bassins de la Saône , du Rhin ou de la Bavière. Le thermomètre dépasse déjà 32.8° à Strasbourg.

La vague de chaleur s’accentue le dimanche de Pentecôte, 8 juin. Les maximums dépassent 30° sur une large portion de la France à l’est d’une ligne des Charentes au limousin et aux Ardennes. Les premières températures supérieures à 35° sont enregistrées en dehors du domaine méditerranéen avec 35.5° à Strasbourg mais aussi en Allemagne jusqu’à Berlin.

Le maximum est enregistré le 9. La carte des régions supérieures à 30° varie peu au niveau géographique. Elles intéressent en France toutes les régions à l’est d’une ligne qui s’étire de la Gascogne au centre du Bassin parisien et aux Ardennes. Par contre les maximums gagnent encore quelques degrés avec  37° en Allemagne et à Strasbourg et plus de 35° dans les sillons de l’Allier de la Loire et ponctuellement de la Saône.

Ensuite la pointe de chaleur recule. Les maximums supérieurs à 30° sont repoussés à l’est  au-delà du Massif central et de la Lorraine le 10. Ils ne subsistent plus que sur des points isolés  le 11 dans le Tarn et à l’est du Rhône en dehors des régions méditerranéennes.

Les orages ont progressivement pris la suite de la chaleur en soirée et en début de nuit avec deux zones

D’abord celle située en bordure de la zone de chaleur traverse pendant trois jours consécutifs le Bassin parisien du val de Loire jusqu’au Nord avec une grande stabilité géographique.

Les précipitations de la soirée de Dimanche  s’étirent de l’Anjou jusqu’à la région parisienne avec un maximum de 21.2 mm à Creil

Celles de la soirée de lundi remontent un peu plus vers le nord. Plus importantes sur l’agglomération de Paris, avec localement 28 mm à Roissy , l’axe des gros orages s’étire de Melun à Saint Quentin et Lille avec 17 mm. J’ai connu cette série orageuse dans la capitale « Chti » avec une multitude  d’averses orageuses qui commencent en fin de matinée de mardi, qui se succèdent jusqu’à mardi 4 heures du matin et dont les phénomènes électriques et l’intensité des précipitations croissent jusqu’en début de nuit.

Les précipitations orageuses reprennent sur le même axe en soirée du mardi 10 juin avec un léger décalage vers l’est qui place la zone la plus arrosée d’Orléans à Charleville Mézières.

Cette grande stabilité pendant trois jours des précipitations orageuses persiste selon un axe sud-ouest nord-est englobant la région parisienne au point que certains secteurs comme Creil reçoivent plus de 51 mm. La zone la plus arrosée se déplace à peine vers l’est.

A partir du mardi 10 en soirée apparaissent de nouvelles zones d’orages en avant de cet axe sur les reliefs de l’est de la France avec un débordement sur les dépressions voisines.

Dans la soirée du mardi, il s’agit d’un orage très violent qui prend naissance vers 19 heures sur le versant nord du Pilat qui s’étire de Saint-Etienne ou je mesure 17 mm à Lyon avec

6,4 mm, avant de se déplacer vers le nord jusqu’à Macon qui reçoit 20 mm. J’ai connu cet orage en arrivant dans la région. Depuis longtemps, on distinguait du TGV un ciel particulièrement noir et zébré d’éclairs sur les monts d’Or Lyonnais. Mon arrivée à Lyon Part Dieu confirmait, mais l’intensité maximale de la précipitation a été observée à Saint-Chamond, près de la gare. Les voies inondées, ont obligé le TER à rouler au pas sous un ciel noir que l’on distinguait à peine de l’intérieur du train alors qu’il n’était pas encore 20 heures ! Quelle différence d’intensité avec les orages à répétition de la veille à Lille, le total de celui de Saint-Etienne en 1 heure représentait autant d’eau que la multitude des averses répétitives de la veille à Lille en plus de 12 heures !

Dans la soirée de mercredi, les orages reprennent sur les montagnes. Le plus important suit l’axe des reliefs auvergnats de la Margeride ou il nait, au Cantal où il se développe, au Sancy et aux monts Dôme, où il déborde sur les Limagnes avec 22.5 mm à Clermont Ferrand.

Ceux de la soirée de jeudi, plus modestes se retrouvent des Cévennes au Pilat, sur le haut jura et dans une moindre mesure sur le plateau de Millevaches et les sommets vosgiens. Ils  débordent peu dans les plaines voisines !

Ces orages de mercredi et jeudi ont des trajectoires originales. Terminées celle en provenance du sud-ouest, elles sont remplacées par un développement de sud le mercredi et une descente du nord-est le jeudi !

Comment expliquer ce premier gros coup de chaleur estival suivi de la vague orageuse ?

Une fois de plus la France a connu une situation de blocage entre une dépression située sur le proche Atlantique au large de la Bretagne et des hautes pressions implantées sur l’Europe continentale. Ses dernières sont beaucoup plus importantes en altitude vers 5500 à 5800 m avec une langue qui remonte du Maghreb à l’Europe centrale. En plus elles s’abritent  derrière les Alpes qui constituent pour elles un bastion imprenable.

Tant que cette situation très stable résiste, elle s’accompagne d’un double mécanisme.

Dans les hautes pressions à l’est se met en place un flux de sud rapide en altitude qui trouve son origine sur le Maghreb et s’accompagne de la remontée d’un air tropical particulièrement chaud qui traverse la France de l’est continue sa route jusqu’au nord de l’Allemagne. Il accentue encore sa chaleur quand il redescend des reliefs, c’est pour cette raison que les températures les plus élevées commencent le samedi 7 par le pied des versants septentrionaux des Pyrénées, du Massif central avec les couloirs de la Loire et de l’Allier, du Jura et des Alpes. Tant que cet anticyclone reste en place, ce flux de sud persiste avec sa vague de chaleur associée.

La dépression atlantique envoie une perturbation face à ses hautes pressions qui lui barrent la route. Dès le 8, ses masses pluvieuses sont stoppées dans leur progression, elles resteront pendant 3 jours sur une ligne traversant le Bassin parisien du Val de Loire au nord avec impossibilité de progresser. Comme elle y rencontre la bouffée chaude de sud accentuée par l’ensoleillement, elle prend en même temps une allure orageuse qui persiste pendant 3 jours sur les mêmes régions en particulier l’ile de France.

A partir de mardi,  les hautes pressions s’affaiblissent un peu, ceci permet le développement de ces cellules orageuses dans l’est de la France, à partir du Pilat mardi soir, en Auvergne mercredi soir, mais ces dernières pour se développer ont bien besoin de l’appui des reliefs qui obligent l’air à monter en altitude, car les hautes pressions résistent encore au-dessus ! Elles vont même se déplacer ce qui explique les trajectoires particulières des orages de mercredi en Auvergne et de ceux de jeudi sur nos montagnes ! Le retour du vent de nord va calmer peu à peu l’instabilité de l’atmosphère, cette fin de semaine !

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance…Bonne semaine…..

 

 

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