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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 18:14
 
 
L’inondation des régions cotières et les navires perchés en raison du phénomène de « surcotes », Les effets sur la première étape de Paris-Nice, raccourcissement du parcours et bordures.
La tempête de lundi a balayé la moitié septentrionale du pays. Elle doit être classée dans les épisodes de vents violents qui proviennent de l’Océan Atlantique en liaison avec une dépression très creusée centrée sur les Iles britanniques. La colère du ciel de lundi ne restera pas dans l’histoire des plus violentes puisque la vitesse maximale des rafales a atteint 155 km/h à la pointe du Raz et 135 km/h à Ouessant. Les grandes tempêtes comme celles de décembre 1999, février 1990 ou octobre 1987 ont connu des vitesses maximales de l’ordre de 180 à 200 km/h.
Cet événement présente deux aspects intéressants, des inondations selon un mécanisme particulier celui des « surcotes », et la grande sensibilité des courses cyclistes au vent avec le départ différé de la première étape de Paris-Nice.
Les inondations de lundi n’ont pas été liées à des débordements classiques de rivières. Comme toujours les vents violents sont accompagnés de précipitations. Ces dernières ont déposé 20 à 30 mm sur l’ensemble du Massif Armoricain avec des extensions en direction du Limousin et du nord du pays jusqu’aux Ardennes. Après un mois de février assez sec, un tel total n’est pas de nature à provoquer un débordement majeur des rivières. Les rivières bretonnes, la Mayenne, l’Orne, les affluents aval de la Seine à partir de l’Oise ont monté de l’ordre de 50 cm, soit une réaction assez modeste.
Les inondations concernent des secteurs côtiers avec une montée de la mer sur les quais comme à Cherbourg ou un débordement des rivières dans l’estuaire. Elles sont liées à un phénomène qui accompagne les tempêtes océaniques que l’on nomme la surcote. Le même mécanisme explique la présence de bateaux perchés sur les quais des ports ou de ce cargo sur la plage des Sables-d’Olonne. La forte baisse de la pression atmosphérique au moment du passage de la tempête provoque une réaction de l’océan qui monte son niveau pour compenser le vide. Cette espèce d’aspiration de la mer est connue en cas de forte dépression. Lundi, les pressions descendent à moins de 960 hpa contre une moyenne de 1013 hpa environ. L’océan compense par une hausse de l’ordre d’un mètre. Le danger est accentué par la concordance avec de fortes marées. Le cumul de la marée haute et de la surcote de la tempête a provoqué les inondations littorales. Dans l’estuaire de la Laita en Bretagne, les marées font varier le niveau de la rivière entre 2,5 m pour le jusant et 5,5 m pour la marée haute, mais ce 10 janvier le niveau monte d’un mètre supplémentaire, à plus de 6,50 m, en raison de l’arrivée au même moment de la surcote liée à la tempête. Quand on ajoute les vagues de l’ordre de 4 à 6 m dans ces cas, un habitat doit être au moins 10 mètres au dessus du niveau normal de la mer pour être à l’abri des tempêtes océaniques, des bateaux peuvent être propulsés à des niveaux habituellement peu maritimes.
Deuxième conséquence originale de la tempête, la première étape de Paris Nice entre Amilly, petite commune près de Montargis et Nevers a été raccourcie dans une premier temps puis a connu un déroulement très intéressant en raison du vent.
Pour la troisième fois au moins dans l’histoire du cyclisme, une étape a été partiellement neutralisée en raison de la vitesse du vent. Les deux cas précédents concernaient une étape du Tour de France Aubagne-La Grande Motte en juillet 1969 en raison du mistral au moment de la traversée de la Camargue, et plus récemment, lors du Tour de Murcie 2005.
 Ce lundi, c’est une tempête océanique qui provoque le même avatar dans un secteur qui ne correspond pas à l’endroit où les vents ont été les plus forts en France. Cette première en domaine océanique est liée au passage du maximum du coup de vent au moment du départ de la course, à la mi-journée. La tempête a balayé la Bretagne dans la nuit précédente, elle traverse le pays avec une bulle maximale qui s’étire de la Manche aux régions du Val de Loire et qui continue en soirée dans l’est de la France. Dans se traversée du centre du pays, Eole a perdu de sa vigueur et les rafales atteignent à peine 100 km/h. Ceci montre une certaine fragilité du sport cycliste par rapport aux vents violents, car dans les 3 cas que nous venons de citer, la course a été interrompue quand les vents ont atteint 80 à 100 km/h, seuil faible pour une tempête mais dangereux pour un peloton en plein effort.
En déplaçant le départ de l’étape vers le sud dans le petit village de la Chapelotte, les organisateurs éloignent la course des rafales les plus fortes qui se situent du centre du bassin de Paris à la Manche, Ils laissent aussi le temps au paroxysme de la tempête de continuer à se décaler vers l’est en dépassant l’axe de l’itinéraire de la course .
Il n’en reste pas moins que le vent a gardé suffisamment de force sur le parcours effectivement couru pour imposer son impact sur la compétition. Dans notre récent ouvrage « Conditions climatiques et compétitions cyclistes »(1), Jean-Paul Bourgier et moi-même avons constaté qu’Eole influence les épreuves de vélo à partir de seuils situés ver 40 à 50 km/h de vitesse, soit bien plus bas que les niveaux de lundi.
 Le tracé restant de l’étape vers Nevers comprend deux tronçons très différents. Entre La Chapelotte et Baugy, la course continue sa descente vers le sud, avec un vent de sud-ouest défavorable à la progression de la course. Non seulement l’épreuve est ralentie, mais ce genre de situation freine l’animation de la course, car le peloton reste tranquillement collé aux basques de ceux qui mènent et qui supportent principalement les effets du vent.
 Après le village de Baugy, l’itinéraire prend une orientation ouest-est pour rallier Nevers, le vent provient alors de côté, plus précisément, trois-quarts arrière. A partir de ce moment là, un mécanisme classique de bordure se met en place comme souvent par vent de coté dépassant 40 à 50 km/h. A l’avant du peloton, il se forme un éventail, les concurrents s’abritant derrière celui qui mène. A l’arrière ceux qui n’ont pas trouvé d’abri dans l’éventail sont alignés dans la ficelle. Ils doivent fournir un violent efforts dans le vent pour garder le contact avec les concurrents qui précèdent et ils sont lâchés les uns après les autres. Des groupes éparpillés s’égrènent au bord de la route et à l’arrivée leur retard est conséquent sur la quarantaine de concurrents qui forment la première bordure et qui se disputent la victoire. un violent souffle atmosphérique de côté a toujours pour effet de déclencher une sélection en fonction du positionnement des concurrents dans le peloton au moment où le mécanisme se met en place. Un des favoris de l’épreuve Cadel Evans, qui n’avait pu remonter suffisamment à l’avant du peloton après une chute, est piégé à l’arrière.
Ce phénomène se déclenche toujours après un changement de direction majeur du parcours, ici à Baugé. La vitesse et la direction du vent sont le facteur déterminant, mais la nature géographique des régions traversées, des plateaux dégagés souvent voués aux cultures céréalières est aussi essentielle. Dans le Bassin parisien, il s’agit le plus souvent de la Beauce, mais lundi le Berry est concerné. De longues lignes droites de même direction sont nécessaires pour donner le temps aux bordures de se mettre en place.
Les conditions atmosphériques difficiles sont capables d’arrêter la course ou de provoquer les plus grands exploits avec une animation très intéressante, c’est ce qui a été produit par le vent lundi dernier.
 
 
       
 
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(1) Pour plus de détail sur les bordures, voir….
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages, 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce livre très original rassemble de très nombreuses analyses de courses cyclistes professionnelles pendant lesquelles les conditions météorologiques ont facilité des performances exceptionnelles, gêné la course, voir provoqué de graves accidents »
 « Vient de paraître »La Météorologie 8ème série N°59 novembre 2007
Revue de la société météorologique de France
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 15:56

        
  Les élections du 9 mars 2008 confirment l’impact des conditions climatiques. Le phénomène est autant visible pour les municipales en France que pour les législatives en Espagne. Depuis les débuts de la Cinquième République, toutes les victoires de la gauche se sont produites en France lors de temps perturbés nuageux et pluvieux. Il en est ainsi des victoires présidentielles de F. Mitterrand, des législatives de 1981 et 1997 et aussi des dernières municipales. Ce 9 mars 2008, La France est en effet traversée par une perturbation en liaison avec la célèbre dépression d’Islande. Les pressions sont inférieures à 1015 hpa sur l’ensemble du pays et à 13 heures un front froid s’étire du Benelux au golfe du Lion. L’image du satellite à la même heure montre une France couverte de nuages avec deux zones où leur densité est plus forte, dans le grand ouest et aussi dans l’axe Rhône, Saône Rhin. Il est curieux de constater que les pertes les plus sévères de la droite se sont produites dans les deux secteurs du pays où les précipitations sont les plus fortes. Ce dimanche, il pleut beaucoup à Laval (17 mm) Rouen 17 mm) Rennes etc… Une grande zone de précipitations occupe le grand ouest et s’étend jusqu’au Poitou, à la région Parisienne et au nord du pays. De nombreux observateurs signalent les très fortes pertes de l’UMP dans toutes ces régions. L’autre partie arrosée du pays se situe dans le sud du Massif central (Rodez 6,4 mm) dans la vallée du Rhône et remonte en direction de celle de la Saône. Il est intéressant de constater que les listes UMP résistent mieux dans un espace intermédiaire qui s’étire de l’Aquitaine au nord-est, où les pluies ont été beaucoup plus faibles, moins d’un millimètre au Puy en Velay, à Chaumont, mais aussi à Saint Etienne et des élections au premier tour à Bourges et Châteauroux, Saint Quentin etc.... Il s’agit de villes situées dans des bassins intramontagnards à l’abri, peu sensibles aux influences océaniques, ou dans une bande centrale du pays où la perturbation avait perdu de sa puissance. En effet les pluies sont fortes quand elles abordent les continents, puis elles s’étiolent dans la bande centrale, et se régénèrent près de la Méditerranée. Les conditions climatiques nuageuses pluvieuses s’étendent aussi à L’Espagne, ce même dimanche, où les socialistes emportent de peu les législatives contre le parti populaire ( 43,6% contre 40,1%) L’analyse régionale est encore plus intéressante quand on observe l’image de satellite de 13 heures. Les socialistes du PSOE progressent fortement dans les régions les plus affectées par les précipitations et le ciel couvert, soit le Pays Basque (+11% pour le PSOE) où les masses pluvieuses qui descendent de l’Atlantique butent sur les reliefs de la chaine Cantabrique, et la Catalogne (+ 5 sièges ). La perturbation et les nuages français débordent sur une large bande septentrionale du pays. Les régions au ciel parfaitement dégagé du centre et du sud de la Péninsule Ibérique ont connu une forte progression du Parti populaire avec des gains en siège à Madrid, Valence et Murcie. Lors des dernières élections de 2004, le PSOE avait aussi remporté le scrutin sous les fortes pluies d’une perturbation méditerranéenne. Scrutins après élections, une corrélation se confirme entre le temps du jours de l’élection et les résultats. Depuis 1958, la droite l’a toujours emporté lors des jours de beau temps anticyclonique avec soleil et ciel dégagé. 2007 l’a confirmé lors des deux tours de l’élection présidentielle et seulement lors du premier des législatives. Le second avait corrigé le résultat sous les pluies d’orages. Les victoires de la gauche se sont produites toujours sous un ciel couvert avec un temps perturbé et pluvieux. Elections après scrutins, cette remarque s’étend à des pays européens de plus en plus nombreux. Dans mon ouvrage « le ciel tomberait-il sur nos têtes ? » publié en 2003, l’Allemagne, les Pays bas, confirmaient la même remarque faite d’abord en France. L’Espagne s’est ajouté en 2004 et confirme en 2008. D’autres pays, comme La Suède, l’Autriche, se sont inscrits au club…… Pour en savoir plus……

 Gérard Staron « Le ciel tomberait-il sur nos têtes » 2003, 222 pages Plus précisément chapitre 1 : Climat électoral p 13 à 47 Editions ALEAS 15 Quai Lassagne 69001. Lyon

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:18

                                                                Chronique climatologie n°669

     L’hiver est officiellement terminé depuis le dernier jour de février, c’est pourtant le moment où il a choisi de revenir avec mars. Les documents de Météo France précisent en effet que l’hiver comprend les mois de décembre, janvier et février, mais le ciel se moque des normes administratives, fussent-elles météorologiques et internationales.
Le déroulement de la saison hivernale 2007-2008 est-il si erratique que cela ?
Souvenez vous… La neige avait fait une première apparition à 1200 mètres sur le Pilat le 29 septembre. La saison commence ensuite en fanfare avec une vague de froid exceptionnelle à la mi novembre avec -8,4 à Saint-Etienne-Bouthéon, -12,6° à Saint-Genest-Malifaux. Décembre suit avec la même tendance, l’air froid est indélogeable avec 16 jours de gelées consécutives à mon poste de Saint Etienne. Au changement d’année, l’enneigement est excédentaire, les épaisseurs exceptionnelles sur les Alpes au dessus de 2000 mètres et les températures en dessous des normales.
Ensuite tout change, les perturbations apportent la douceur et la pluie dans la première moitié de janvier surtout sur la moitié nord de notre pays, puis l’anticyclone suit avec son fort ensoleillement et ses températures maximales particulièrement douces. La neige n’effectue que de brèves apparitions sur le Pilat au dessus de 900 mètres
Il faut attendre les premiers jours de mars, donc du printemps administratif, pour un retour tonitruant du froid et de la neige à basse altitude.
Quand j’avais effectué ma thèse « L’hiver dans le Massif Central », j’avais constaté que chaque année, l’hiver connaissait un déroulement particulier avec des doux, des rudes, des longs, des courts, des neigeux, des précoces, des tardifs…
 Il y a bien quelques points de repères, en partie gommés cette année, deux maximums dans la première moitié de janvier et à la mi-février, séparés par un redoux. Le retour de temps de nord avec froid et neige au début mars est aussi un classique du genre qui a très souvent perturbé la course cycliste Paris-Nice pour le franchissement du col de la République ou dans sa traversée du Massif central,  au point de provoquer ce que nous nommons Jean-Paul Bourgier et moi « la malédiction du 13 mars » dans notre ouvrage « conditions climatiques et compétitions cyclistes- atmosphère de courses » publié en 2007 aux Editions L’Harmattan (1).
Il y a toutefois une saison froide qui ressemble étrangement à celle de cette année, il s’agit de 1974-1975. Cette dernière détient encore de très nombreux records de premières neiges précoces. Au dessus de 1000 mètres d’altitude, les chutes commencent aussi, dès le 29 septembre, par exemple à Tarentaise. A toutes altitudes, la neige tombe en octobre sur le Massif central, et quand certains secteurs privilégiés passent au travers de ces flocons précoces, ces derniers n’arrivent qu’en mars et pour de nombreux postes jamais en 1974-75.
La partie centrale de la saison connaît une douceur remarquable et il faut attendre mars 1975 pour l’arrivée le 18 et le 19 d’une vague de froid et de neige qui dépose de grosses épaisseurs sur le Limousin. Une autre se produit à la mi-avril, elle avait déposé 80 cm sur les hauteurs séparant Velay et Vivarais, le jour d’une élection municipale partielle contestée dans ma petite commune de Haute Loire. 
Comme en 2007-2008, l’enneigement avait été abondant à plus de 2000 mètres d’altitude sur les Alpes, mais avait singulièrement manqué en dessous. La saison froide actuelle n’est donc pas si erratique et son bilan chiffré risque d’être plus fourni que celui de 1974-75, par exemple pour le nombre de jour d’enneigement, 6 jours en 1974-75 à Saint-Etienne, 9 déjà cette année.
Ceci nous conduit une seconde question : l’hiver actuel dans sa partie centrale janvier et février a-t-il été si doux que l’on annoncé les médias, sachant que les températures de décembre étaient plus basses que les normales ?
Si je crois les repères climatologiques publiés par Michel Gagnard dans les 2 derniers bulletins des météorologistes d’entre Rhône et Loire, la douceur restera dans les annales pour les températures maximales.
-          En janvier elles se situent entre 3 et 4 ° au dessus des normales avec un rang compris entre le 1er et le 6ème  selon un classement établi en fonction de la douceur pour les 4 stations qui servent de repères Lyon-Bron, Villefranche, Le Breuil et Saint-Etienne-Bouthéon.
-          En février, Les températures maximales atteignent des niveaux conformes avec des écarts aux normales proches de 4° et un classement entre la 4ème et la 6ème place.
Par contre les températures minimales tranchent :
-          En janvier, l’excédent est bien moindre par rapport aux normales, moins de 1° au Breuil et Villefranche, 2,3° à Lyon Bron, avec des rang compris entre la 8ème et la 16 ème valeur la plus douce.
-          La tendance s’accentue en février avec des valeurs proches de la normale, entre -1,3° et 0,5°, des classements compris entre le 22ème et le 34ème sur des durées d’observation entre 40 et 88 ans selon les postes.
Ces températures minimales font rentrer dans l’anonymat les mois de janvier et surtout de février 2008
Si l’ensoleillement a été maximal, record sur la France selon Météo France, Le nombre de jours de gelées n’est pas négligeable et dépasse 50 à mon poste de Saint Etienne depuis le début de la saison, dont 24 pour les deux mois concernés.
La comparaison est particulièrement intéressante avec les mois de janvier et février 2007 réputée aussi pour leur très grande douceur. Si les températures maximales sont égales ou supérieures en 2008 par rapport aux valeurs de l’année précédentes, les minimales sont beaucoup plus basses, surtout en février, avec des écarts supérieurs à 2°.
Dans les deux cas les conditions étaient très favorables à la douceur avec une dominante de hautes pressions. Un facteur nouveau s’est invité en 2008, dont le rôle avait été discret en 2007, le rayonnement nocturne sous ciel dégagé qui provoque une forte déperdition d’énergie pendant les longues nuits et une baisse des températures minimales. Ce mécanisme est très présent dans les régions continentales en hiver où il détermine les températures très basses qui y sont observées en particulier en Sibérie. Pendant les jours de février où le phénomène a pris une certaine importance en France, les régions affectées par les gelées ont représentées un triangle dont le côté continental se situait des Ardennes à l’Alsace  avec une hauteurs qui s’étendait jusqu’au bassin aquitain et parfois aux plateaux de la Meseta espagnole.
Pourquoi ce pouvoir réfrigérant croissant en janvier et février 2008  par rapport à 2007 dans des conditions météorologiques très favorables à la douceur et dans des régions basses continentales souvent urbanisées qui dégagent de la chaleur par leurs activités ? Il peut y avoir des raisons de flux atmosphériques d’orientation différente, mais dans des situations météorologiques proches, on peut s’interroger sur le retour en force d’un mécanisme que l’on a toujours observé mais qui s’imposait beaucoup moins ces dernières années……
Si cette évolution se confirme, il s’agit d’une indication  qui pourrait enlever beaucoup de certitudes sur l’évolution à venir des températures !
Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain, sur les ondes de Radio Espérance, texte repris sur le portail internet Zoom42.fr
 
(1) Connaissez vous le dernier libre du « tandem professoral »
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages, 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce livre très original rassemble de très nombreuses analyses de courses cyclistes professionnelles pendant lesquelles les conditions météorologiques ont facilité des performances exceptionnelles, gêné la course, voir provoqué de graves accidents »
 « Vient de paraître »La Météorologie 8ème série N°59 novembre 2007
Revue de la société météorologique de France
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 15:02

                                                                           Chronique climatologie N°668

(enregistrement le 29/02/08, passage antenne le 1/03/08 Radio Espérance)
Nos amis suisses du canton de Genève ont une façon solennelle de faire de la climatologie, plus précisément de la phénologie, branche de la météorologie qui s’occupe de l’influence des climats sur les phénomènes périodiques de la végétation.
Ce 19 février 2008 le sautier de la République, Maria Anna Hutter, du grand conseil de l’Etat du canton de Genève a annoncé l’arrivée du printemps par l’éclosion de la première feuille du marronnier officiel. Cet arbre est planté dans la promenade de la Treille de la ville de Genève. Le Sautier de la République effectue ces observations officiellement depuis 1818. En réalité il s’agit du troisième arbre utilisé, le premier de 1818 à 1905, le second de 1906 à 1928 et le troisième, l’actuel, depuis 1929.
Les dates d’apparition de cette première feuille semblent de plus en plus précoces depuis l’origine. A l’époque du premier marronnier, avant 1905, 58% des années connaissaient le phénomène en avril, contre 42% en mars. De 1905 à 1928 pour le second arbre, plus de 4 années sur 5 la venue de la première feuille s’est produite en mars. Depuis 1929, pour le troisième marronnier, près de deux cas sur trois apparaissent en mars, le troisième tiers se produit en février. Il existe des années où l’observation a eu lieu en janvier et même une en décembre en 2002. Avril n’est plus représenté. Toutes les observations de décembre et janvier la majorité de celles de février ont eu lieu après 1970. La décade la plus précoce est celle de 1990 à 1999, avec 8 observations sur 10 avant mars et une date moyenne au 17 février. On peut déjà affirmer que celle en cours depuis 2000 sera en retrait et amorce une légère tendance un peu plus tardives avec actuellement un retard moyen de 3 jours par rapport à la décade précédente, en dépit de la seule observation en décembre.
On constate que lorsque le marronnier a ouvert sa première feuille très tôt, il a pu y avoir ensuite des retours de saison froide qui ont pu maltraiter la dite feuille. Tel est le cas de l’hiver 1974-75 où l’épisode hivernal de la mi-mars puis d’avril a suivi sa date d’apparition au 31 janvier, mais aussi ceux de 1990-1991 et de 2002-2003 où la feuille arrivée respectivement le 3 janvier 1991 et le 29 décembre 2002 a dû être très résistante pour supporter les gelées sous abri de la mi-avril. De nombreux vergers et vignobles avaient été dévastés en Europe avec des baisses significatives des productions correspondantes ! Plus la date est précoce, plus le marronnier officiel doit être très dur de la feuille pour supporter des reprises tardives possibles de l’hiver.
La tendance à une précocité très affirmée depuis le XIXème est indéniable. Elle s’est renforcée dans les dernières années du XXème et semble s’atténuer avec le nouveau siècle.
La date du 19 février 2008 correspond au 14ème rang de l’observation la plus précoce depuis 1970. Ceci confirme qu’au bilan global l’hiver qui se termine sera moins doux que le matraquage médiatique l’a annoncé régulièrement. Ne pas confondre beau temps et douceur !
L’arrivée de cette première feuille est-elle vraiment représentative du début du printemps comme le prétend le Sautier de la République de Genève ? Quelles sont les conditions thermiques qui déterminent cette apparition dans les jours qui précèdent ? En utilisant mes archives des températures quotidiennes de Genève Cointrin depuis 20 ans, j’ai donc effectué cette petite étude….
Cette apparition de la première feuille est-elle précédée de la fin des gelées sous abri ? Près d’une année sur 3, et même de façon parfois sévère (-4,8° en 2008), les températures minimales sous abri sont négatives les jours de la venue. Il ne s’agit pas de phénomènes isolés puisqu’il concerne plus de 3 jours avant et même une décade en 2008 et 1998. Au contraire, seulement une année sur 4, la dernière gelée est intervenue plus d’une semaine avant la date fatidique. Il est donc impossible d’établir un lien entre la fin du gel et l’apparition de la première feuille qui lui semble totalement insensible.
Le seuil de 6° de température moyenne quotidienne est considéré par les biologistes et les géographes comme celui qui provoque le début du développement de la végétation. De nombreuses études agronomiques effectuent même le cumul des températures moyennes quotidiennes de plus de 6° pour les mettre en relation avec les différents stades de développement des plantes. Le marronnier officiel de Genève est iconoclaste. En effet sur 20 ans, 3 fois il n’y a eu aucun jour où la température moyenne quotidienne a dépassé 6° dans la décade qui a précédé la première feuille. Il s’agit de 2008, 1996 et 1993. 11 années, on observe moins de 3 jours épars puisqu’ils ne précèdent pas immédiatement l’apparition de la feuille. Seulement en 2007, il y a eu une décade consécutive de températures moyennes supérieures à 6°. Il est donc difficile d’établir quelques liens entre les deux observations.
Si les critères classiques de la fin des gelées et des températures quotidiennes moyennes supérieures à 6° sont inopérants pour expliquer l’arrivée de la première feuille du marronnier officiel, doit-on en conclure que cette date est aléatoire par rapport aux températures ?
Pour avoir un début de réponse, il faut prendre en compte les températures maximales. On remarque que sur les 20 ans, 19 fois le maximum de la journée a été positif pendant les 10 jours consécutifs qui ont précédé l’éclosion de la feuille. La seule exception correspond à 1993. Si on applique le seuil de 6° aux températures maximales, on observe que 3 années sur 4, on trouve plus de 7 jours où ce niveau est dépassé dans la décade qui précède la venue.
Est-ce que le cumul de ces températures maximales positives de la dernière semaine apporte une information nouvelle. A l’exception de l’année 1993, il semble que la somme des températures maximales de la semaine qui précède le jour fatidique dépasse toujours 45°.La moyenne se situe à 62°. A l’opposé ce cumul ne dépasse 90 qu’en 2005.
A Genève, les températures maximales positives semblent avoir un rôle substantiel dans le réveil de la végétation pour déterminer l’arrivée du printemps selon le Sautier de la République. Ce marronnier officiel est toutefois très dur de la feuille puisqu’il résiste aux gelées et aux seuils reconnus par les éminents biologistes et agronomes.
Cette particularité n’est-elle pas liée à sa localisation dans un lieu très particulier, surnommé autrefois « le petit Languedoc » dont les caractéristiques thermiques favorables n’ont pu qu’être renforcées par le développement de l’agglomération de Genève et de son îlot de chaleur urbain. Ceci fausse-t-il la comparaison avec les températures de la station officielle de Genève-Cointrin ?
Tout ceci laisse penser que cette observation de la première feuille du marronnier officiel est plus une tradition historique vénérable qu’un critère valable du début du printemps, une indication à utiliser avec modération. Le grand intérêt de cette date de l’éclosion de la première feuille du marronnier  officiel de la treille se situe dans la durée continue de la série d’observation, officiellement depuis 1818 , officieusement depuis 1808 avec Marc Louis Rigaud.

Gérard Staron 
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Connaissez vous le dernier libre du « tandem professoral »
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages , 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce sont ces grandes heures de ces courses d’anthologie que Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron nous livrent ici avec la verve du grand reporter pour l’un et l’atticisme du météorologue pour l’autre » Jacques Plaine

   

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 11:41

Chronique climatologie N°667

(enregistrement le 22 février 2008, passage antenne le 23 février 2008 Radio Espérance)
On commence à entendre ici et là le retour de discours catastrophiques sur la ressource en eau avec l’annonce de problèmes en vue de la prochaine saison chaude. Le préfet des Pyrénées orientales aurait même pris le premier arrêté de la saison de restriction de la consommation d’eau.
Ce discours n’est-il pas un peu prématuré sur notre pays ?
Après une saison chaude 2007 globalement très arrosée, la pluviométrie connaît une faiblesse relative depuis le mois d’octobre 2007.
L’automne 2007 a été globalement très sec. A l’exception de secteurs ponctuels des Cévennes et de la Corse, en raison de l’épisode méditerranéen de novembre, tout le reste du pays a connu un déficit substantiel parfois sévère. Toutes les régions littorales de l’Atlantique et de la Méditerranée ont reçu moins de la moitié de la pluviométrie habituelle de septembre à novembre en compagnie des Alpes et de secteurs ponctuels de l’est du Bassin parisien.
Le mois de décembre a commencé légèrement à corriger avec une pluviométrie excédentaire sur les massifs montagneux, à l’exception des Pyrénées.
Les perturbations de la première moitié de janvier ont continué à apporter une pluviométrie très abondante sur une diagonale du Grand Ouest aux Alpes. Seuls quelques secteurs à l’abri du Roussillon des Limagnes, du bassin parisien et de l’Alsace ont continué l’indigence
Après, la présence de l’anticyclone tenace, dont je vous contais les tribulations la semaine dernière, a contribué à limiter les précipitations à l’épisode du 31 janvier au 4 février et à celui très limité de la semaine précédente.
Ainsi à l’exception de la première quinzaine de janvier, les précipitations de saison froide qui rechargent les réserves en eau sont faibles en ce semestre froid 2007-2008. Habituellement, elle rechargent la réserve en eau des sols, alimentent les cours d’eaux et leurs barrages et remontent les niveaux des nappes, tous affectés et entamés par les déficits de la saison chaude.
Cette année, on aboutit à un paradoxe. La saison chaude 2007 a été tellement pluvieuse que les ponctions ont été très réduites et la saison froide actuelle n’a pas contribué à améliorer une situation qui n’était pas vraiment dégradée.
Tout ceci a pour résultat une situation de la ressource qui n’a rien d’excellent, ni de catastrophique.
La réserve en eau du sol a été rechargée très tôt à l’automne, dès septembre sur la région stéphanoise, elle était pleine. Elle l’est encore sur la plus grande partie du pays. Seuls échappent à ce plein remplissage quelques plaines et vallées: les bassins de Provence, l’ouest du Languedoc et le Roussillon, les Limagnes et les plaines de la Loire supérieure, des secteurs ponctuels des centres du Bassin aquitain et de la plaine d’Alsace. L’an dernier à la même époque le bilan était semblable.
Les débits des rivières sont corrects. A titre d’exemple, la Loire à Bas en Basset a eu un débit moyen de 45,2 m3s en janvier contre une moyenne de 47. A Gien et en aval, ils ont été un peu supérieurs à la normale. Sur l’ensemble du bassin de la Loire, à la fin de janvier 2008, 74% des stations limniques présentaient une hydraulicité proche de la moyenne à la même date avec une amélioration sensible par rapport aux mois précédents.
 Les barrages sont le plus souvent remplis. Sur la Loire, Naussac a continué son remplissage avec 151 Mm3 soit environ 80% de la capacité totale. Villerest est quasiment plein avec 128 Mm3 pour une capacité totale de 130 Mm3.
La situation la plus contrastée concerne les nappes. Globalement, plus elles sont profondes et importantes, plus leur situation est dégradée en raison de leur histoire antérieure.
Les nappes alluviales, celles des pays volcaniques de la Haute Loire, celle du Trias sur le bord septentrional du Massif Central sont correctement remplies parfois avec des niveaux  supérieurs à ceux atteints une année sur 10. Les nappes du cénomanien et de la craie ont des niveaux assez faibles. La plus basse, en dessous de son second niveau d’alerte, est la nappe de Beauce, la plus profonde et vaste du centre du bassin de Paris.
Cette dernière situation n’est en rien liée à l’évolution du dernier semestre. En effet depuis les maximums de 2002 et de mai 2003, la nappe de Beauce a baissé de plus de 4 mètres jusqu’à Juillet 2007. Depuis, la nappe a bougé de moins de 20 cm et elle est même stable depuis octobre.
Ces aquifères puissants varient avec des retards sensibles sur les conditions météorologiques. La sécheresse de l’automne a fournit un minimum au 27 janvier 2007. Les pluies de la première partie de janvier ont provoqué un début  de relèvement du niveau  à la mi-février. En outre les caractéristiques des années successives se cumulent. Après 4 années consécutives de baisse depuis la mi-2003, 2007 a été le premier millésime où la tendance à la baisse a été progressivement stoppée…..
En conclusion, l’état hydrique du pays est dans une situation globalement stable qui permet d’attendre.
Il est en effet urgent d’attendre avant de s’alarmer…… pourquoi ?
-- Nous sommes encore dans la période de l’année où l’évaporation est très faible en raison des températures, toute précipitation nouvelle est donc efficace pour améliorer le bilan de l’eau et provoquer des excédents hydriques
--  les besoins pour l’irrigation et l’agriculture sont nuls en raison du repos végétatif, les besoins domestiques sont limités. Toute nouvelle précipitation arrivant sur des sols saturés en humidité sauf dans quelques plaines, rivières, ferait bénéficier barrages et nappes superficielles de l’eau tombée.
-- Les nappes profondes qui baissaient continûment depuis 2003, ont amorcé un changement de tendance depuis juillet 2007. Tout nouvel apport ne pourrait que confirmer cette nouvelle évolution et permettre d’améliorer des niveaux parfois préoccupants.
En l’état actuel de la ressource en eau du pays, il ne manque donc qu’une nouvelle période de précipitations abondante avant le mois de mai, pour changer une situation assez moyenne en une abondance qui nous mettrait à l’abri pour l’ensemble de la saison chaude. L’anticyclone actuel particulièrement tenace qui repousse ou absorbe les perturbations les unes après les autres, reporte chaque jour un peu l’arrivée de cette nouvelle période humide…
L’exemple de 2007 est là pour nous rappeler qu’il faut espérer dans la providence. En 2007 après 4 mois secs jusqu’en avril, au moment des Saints de Glace, la situation a basculé vers une forte pluviométrie qui a duré 5 mois. Il vaudrait mieux ne pas attendre la mi-mai cette année, mais le ciel a des notions de l’équilibre qui lui font souvent alterner des périodes très contrastés de nature inverse.
Il faudrait si peu de choses pour qu’il n’y ait pas de sécheresse en 2008……

Gérard Staron
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 19:03
 
(enregistrement le 15/02/2008, passage antenne le 16/02/2008 Radio Espérance)
La vedette incontestable de cet hiver est l’anticyclone tenace et puissant qui occupe notre ciel depuis la mi-janvier.
Il est en effet arrivé le 18 janvier en remontant de l’Espagne. Il a atteint des pressions énormes pour notre pays qui ont culminé le 25 janvier avec plus de 1040 hpa. Il a chassé avec succès toutes les perturbations qui tentaient de progresser ou de le pénétrer : celle du 25 janvier s’empale dans son champ de pression, celle du 31 a un peu plus de succès, celle du 3 et du 4 février est avalé avec le coup de vent sur la région stéphanoise que je vous contais la semaine dernière. Samedi l’anticyclone est toujours là, imperturbable, pour quelques jours encore. Ces hautes pressions donnent le tournis aux modèles mathématiques météorologiques, je ne compte les prévisions qui prévoyaient son enfoncement par quelque perturbation océanique ou méditerranéenne, pourtant, il est toujours là.
Le bilan est édifiant dans la région centre-est de la France qui nous sert de référence. On dénombre depuis la mi-janvier : 1 jour avec des pressions supérieures à 1040 hpa, 4 jours où elles dépassent 1035 hpa, 19 jours où elles surpassent 1030 hpa et 25 jours à plus de 1025 hpa. Depuis le début, il faut décomposer le temps en deux périodes séparés par un moment de faiblesse :
--- Du 18 au 31 janvier, les hautes pressions dépassent continûment 1025 hpa avec le maximum de 1040 hpa du 25. Elles sont centrées sur la France, surtout la partie occidentale de notre pays et le golfe de Gascogne.
--- Après la faiblesse du changement de mois, l’anticyclone revient à partir du 5 février pour persister jusqu’à aujourd’hui. Il arrive par l’Espagne, comme pour la première période, mais au sol, il a tendance à glisser vers l’est du continent et depuis le 9 il s’est installé sur la Russie.
On remarque ainsi un décalage entre son positionnement au sol à l’est de notre continent et celui en altitude qui est resté sur la France. Ce positionnement d’altitude permet l’arrivée jusqu’à nous des courants de nord-est qui n’ont rien de très chaud à cette saison.
Vous pouvez observer la triple caractéristique climatique de cette situation :
--- un ciel parfaitement dégagé.
--- un rayonnement nocturne très important qui provoque des gelées quotidiennes sur toutes les régions à l’intérieur du continent accompagnées de phénomènes matinaux blancs , givre, verglas et surtout gelées blanches. Le 14 février une langue de températures négatives descend des Ardennes avec -5,6° à Charleville Mézières et de l’Allemagne au centre du bassin de l’Ebre, avec -3°, en passant par le centre de celui d’Aquitaine. Pour illustrer mon propos de la semaine dernière, les Limagnes étaient parmi les plus affectées avec -5,9° à Vichy contre -2,6° à Saint Etienne.
--- un ensoleillement continu du lever au coucher de l’astre qui détermine des températures maximales agréables. Toutefois sur ces régions intérieures, le concert de douceur signalé sur les médias doit être modéré en raison du flux de nord-est d’altitude.
Cette situation n’est pas sans poser 3 questions :
1) Les situations anticycloniques provoquent habituellement de très nombreux brouillards dans les zones basses en particulier dans toutes les plaines et bassins de l’est de la France, ce fût le cas en décembre , or depuis la mi-janvier ces formations de stratus sont discrètes. Qu’est-ce qui explique cette grande luminosité de l’atmosphère et son dégagement diurne comme nocturne ?
L’air de ces anticyclones est continental ou s’est continentalisé en restant sur l’Europe. De ce fait son taux d’humidité relative est particulièrement faible. Pour qu’il y ait formation de brouillard, il faut qu’au moment du refroidissement nocturne l’air franchisse son point de condensation, soit que l’air arrive à saturation avec 100% d’humidité relative. Actuellement ce seuil est très difficile à atteindre dans l’air, par contre l’humidité se dépose sur le sol en formant des gelées blanches, souvent quotidiennes. Pour que de la grisaille ou des brouillards réapparaissent, il faut réinjecter de l’humidité dans cet air continental. Ceci se produit depuis jeudi à partir de la mer du Nord surface maritime et a atteint vendredi soir le centre-est de la France, mais devrait arriver Dimanche à partir de la Méditerranée.
2) Pourquoi ces anticyclones sont-ils si solides, si tenaces, cette année ?
Il est vrai que l’on connaît actuellement des pressions élevées, rares en hiver chez nous, mais moyennes pour l’anticyclone Sibérien au centre de l’Eurasie.
La condition à remplir est un air descendant particulièrement stable. Il faut la rechercher dans la double structure en altitude de l’anticyclone. Ces hautes pressions sont doubles avec une pellicule d’air froid au sol et la cellule d’altitude un peu décalée géographiquement.
 Au sol il s’accumule chaque nuit de l’air froid, très lourd, très difficile à déloger. Pendant la journée l’ensoleillement remonte bien les températures, mais en cette saison ce phénomène est insuffisant pour provoquer une pellicule d’air chaud léger et volatile. Donc l’anticyclone est tenu au sol par l’air froid. En altitude la cellule, différente, est formée d’air en provenance des zones subtropicales chaudes. Ces dernières renvoient l’air vers le sol comme dans une cheminée qui refoule. N’avez-vous pas remarqué que vous connaissez cet incident quand vous voulez chauffer des pièces froides alors que le soleil inonde le sommet de la cheminée. Rien n’est plus stable que de l’air froid au sol et chaud au dessus. Une situation anticyclonique est beaucoup difficile à déloger en hiver qu’en été. L’absence de nuages en est le témoin.
3) ces situations anticycloniques semblent se répéter lors d’hivers successifs, déjà en 2007 ?
Entre 2007 et 2008, on constate une double nuance. En 2007 les pressions sont moins élevées, moins tenaces, en bordure de passages perturbés. Il n’y a que 16 jours à plus de 1025 hpa séparés en 4 épisodes sur janvier et février contre 25 en 2 périodes en 2008.
Autre nuance, Les flux atmosphériques étaient plus occidentaux et océaniques, moins orientaux et continentaux en 2007. Les températures minimales étaient plus élevées avec moins de gelées que cette année. Le bilan final de l’hiver 2008 fera déchanter de nombreux esprits qui ont annoncé la douceur à grands renforts de trompes chaque jour et qui ont confondu beau temps et chaleur.
Ceci traduit un changement notable dans la circulation atmosphérique hivernale : un affaiblissement des flux d’ouest perturbés qui contournent les hautes pressions, un renforcement de l’aspect continental.


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain à 13 heures 15 sur les ondes de radio Espérance, texte repris sur les portails Internet zoom42 et Zoom43.fr 

Pour en savoir plus : http://perso.orange.fr/climatologie.staron

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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 16:46
 

Chronique climatologie N°665

(enregistrement le 8/02/2008, passage antenne Radio Espérance le 9/02/2008)
L’actualité climatologique récente permet de relever deux informations peu médiatisées :
Les températures maximales moyennes de janvier 2008 de Clermont Ferrand avec 11° représentent un record à saluer
La petite tempête de sud du dimanche 3 et du lundi 4 février a agité la nuit des stéphanois, abattu quelques arbres. Je crois avoir été le seul à annoncer du vent violent dans mes prévisions sur zoom42.fr. Il est venu un peu plus tôt qu’annoncé. Cet excès d’Eole mérite mieux que de rester dans l’oubli.
Avec 11° de température maximale moyenne mensuelle, Clermont-Ferrand présente les valeurs les plus chaudes de toute la région centre-est de la France de janvier 2008. Pour trouver plus doux, il faut descendre au niveau de Montélimar dans la vallée du Rhône ou dans le Bassin aquitain. Toutes les villes voisines sont en dessous contrairement aux habitudes, Lyon et Limoges avec 9,6°, Saint-Etienne et Saint-Yan 9,7°, Macon 8,8°, Grenoble 8,6°. La plus proche dans tous les sens est Vichy avec 10,9°.
Pour des températures maximales moyennes, il s’agit bien d’un record. Depuis 1943 la valeur la plus proche est de 10,9° en 1948, on trouve aussi 10,7° en 1975 et 1993, 10,6 en 1974 et 10,2° en 1943.
Par contre avec 1,5°, la moyenne des températures minimales est quelconque. Pour ce mois de janvier 2008, Lyon, Limoges et Gueret ont fait plus doux. Dans le passé de Clermont–Ferrand, on trouve de nombreuses années aux valeurs supérieures. Sur la période récente, 2001 avec 2,9°, 1996 avec 2,3°, 2007 avec 2,2°, 1971 avec 2,1° sont parmi les mois de janvier les plus tièdes.
L’anomalie Clermontoise de douceur de janvier 2008 se limite donc aux températures de l’après-midi et à l’efficacité de l’ensoleillement diurne. La ville a été favorisée dans les 3 situations atmosphériques les plus courantes du mois :
Souvent le nord du Massif central a été en bordure de perturbations océaniques d’ouest qui affectaient surtout la partie septentrionale de la France. Dans ce cas la capitale de l’Auvergne se trouve à l’abri derrière la chaîne des Dômes. Comme la perturbation est peu active, les reliefs suffisent à disperser les nuages et la descente de l’air vers les Limagnes augmente les températures. Dans ce cas l’écart le plus fort est visible avec Limoges et Guéret qui reçoivent de face les perturbations. Le 31 janvier, le thermomètre monte à Clermont à 9,3° contre 4,7 à Guéret et 5,7 à Limoges
Lors des situations anticycloniques, les hautes pressions sont centrées sur l’ouest de la France, sur le flanc oriental un courant de nord abaisse les températures. Clermont Ferrand par sa situation plus occidentale ne connaît pas ce rafraîchissement qui est accentué à l’est par la présence d’axes méridiens de reliefs et de couloirs de la Loire au Rhône. Dans cette situation l’écart existe surtout avec les stations de Rhône-Alpes et de Bourgogne. Le 27 janvier, le maximum atteint 9,5° à Clermont contre 3,6° à Saint Etienne dans le flux de nord
Enfin les images de satellite montrent que les brouillards et stratus qui recouvrent très souvent la moitié nord de la France s’arrêtent au niveau des Limagnes. Au contraire ils sont particulièrement tenaces dans les plaines de la Saône.
Quelque soit la situation, la capitale clermontoise était largement favorisée pour l’ensoleillement, ce qui n’était pas le cas pour les températures minimales car le fond des Limagnes n’échappe pas au refroidissement nocturne d’autant plus important par ciel dégagé et calme. Comme je l’ai présenté dans ma thèse « l’hiver dans le Massif central » Le nombre de jours moyen de gel par an peut atteindre entre 90 et 100, valeures nettement supérieures à celles du sillon de la Loire.
L’autre particularité récente est le coup de vent de SSE des 3 et 4 février. A la station de Bouthéon, la petite tempête présente deux paroxysmes, le premier dans l’après midi du dimanche vers 16 heures avec une vitesse moyenne sur 10mm de 67 km/h environ avec des rafales que l’on peut estimer à 100 km/h. La deuxième pointe, dans la nuit de dimanche à lundi, est plus étalée dans le temps avec des pointes à environ 80 km/h.
Cette fois Saint Etienne présente les vitesses de vent les plus fortes par rapport à Clermont Ferrand et Lyon. Pourquoi cette fois la capitale du Forez a-t-elle l’atmosphère la plus agitée ?
Cette petite tempête résulte de l’affrontement entre un système perturbé qui progresse à partir d’une dépression atlantique centrée au niveau des Iles britanniques et l’anticyclone qui a décidé d’avancer à partir de la Méditerranée. La première pointe du dimanche correspond au moment où l’anticyclone progresse jusqu’aux Alpes pour barrer la route à la perturbation. La seconde de la nuit de lundi précède de peu le passage des fonts qui s’empalent dans l’anticyclone avant le déclenchement de la pluie.
La vitesse du vent est exacerbée sur la capitale forézienne.
Sur l’est de la France, les vents de SSE sont canalisés par les axes du Rhône et de la Loire ce qui contribue d’autant à augmenter la vitesse. Le petit massif du Pilat qui sépare ces deux axes est insuffisant pour stopper le flux atmosphérique, mais après le passage des sommets, la redescente de l’air en direction de l’agglomération stéphanoise contribue encore à augmenter la violence du vent. Ces accélérations d’origine géographique affectent moins Lyon à l’écart vers l’est et Clermont dans l’axe des Limagnes en cul de sac
Bizarrement, l’axe qui canalise les vents dans l’est de la France est Rhône-Loire plus que Rhône-Saône. Ceci suit mieux les flux atmosphériques qui sont plus souvent NW que Nord dans le sens descendant ou SSE plus que sud dans le sens remontant de la Méditerranée. C’est d’ailleurs le cas du vent du premier week-end de février.
Les deux particularités climatiques que nous venons de présenter n’ont apparemment rien de commun pourtant… Clermont et Saint-Etienne sont deux villes dans le fond de dépressions orientées et ouvertes vers le nord. Les Limagnes sont plus à l’ouest et se terminent vers le sud par un cul de sac, les dépressions foréziennes sont plus à l’est et plus ventilées en lien avec l’axe du Rhône, ceci explique les particularités que nous venons de décrire.

Je vous retrouverai samedi prochain pour une nouvelle chronique sur les ondes de Radio Espérance , texte repris sur les portails zoom42 et zoom43.fr. Bonne semaine
  
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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 22:06

 

(Enregistrement le 1er février, passage antenne le 2 février 2008 Radio Espérance)

Le courrier électronique du représentant d’une association d’opposition à l’installation d’éoliennes sur le massif du Mézenc m’est parvenu après ma chronique 658 concernant le record de consommation électrique en France du 18 décembre 2007 à 19 heures avec 88960 MW.

Je le remercie de ces constatations et je vais tenter d’apporter quelques précisions.

Il me fait remarquer qu’au moment du record de consommation électrique les éoliennes de son secteur étaient à l’arrêt et n’ont pas été en mesure de faire face aux besoins d’électricité par leur production.

L’analyse de la situation atmosphérique très calme de la journée du 18 décembre 2007 confirme ses propos. Notre pays est recouvert par un anticyclone avec des pressions très fortes qui dépassent 1030 hpa et se renforcent dans la journée. Les vents sont très faibles au sol puisque des brouillards tenaces occupent toute la journée les fonds des bassins du Rhône et de la Saône et des vallées du Massif central. Au dessus, les montagnes connaissent un ciel totalement dégagé.

La seule agitation atmosphérique est visible au niveau de la surface des 500 hpa à un peu plus de 5000 mètres d’altitude. Un flux de nord-est est attiré par une dépression en Méditerranée. Les vents dépassent 50 nœuds le 17 décembre. Toutefois ce courant s’arrête dans la journée du 18 et même à ce niveau les vents deviennent faibles.

Mon lecteur signale ensuite le fait que la production d’énergie éolienne n’est pas de nature à répondre à une pointe record de consommation électrique. Dans d’autres situations, la réponse est plus complexe.

D’abord la consommation électrique croit en liaison avec le froid et les records se situent toujours au cœur de l’hiver au moment des jours courts et des faibles apports d’énergie solaire, même nuls à 19 heures. Le record du 18 décembre 2007 a été précédé par ceux du 27 janvier 2006, du 28 février 2005 et enfin du 26 janvier 2005 pour la période récente. J’ai recherché la situation atmosphérique des jours concernés dans mes archives

Chaque fois, il a fait froid avec des températures maximales négatives sur l’ensemble du pays et surtout dans les régions basses où se situent les principales agglomérations. Si je pends en exemple Lyon Bron le thermomètre n’a pas dépassé -3° le 18 décembre 2007, -2° le 27 janvier 2006, -1° le 28 février 2005 avec -10° le lendemain matin et aussi-1° le 26 janvier 2005.

Le froid et le vent faible ne sont pas toujours deux notions concomitantes. Les anticyclones calmes ne sont pas toujours en place à ces moments. Certains des records antérieurs se sont produits par des atmosphères agitées

Lors du précédent du 27 janvier 2006, la remontée sur la France d’une dépression méditerranéenne provoque un fort vent d’est avec 113 km/h  à Porquerolles. Le lendemain matin toutes les régions méditerranéenne connaissent la tempête avec un maximum de 167 puis 170 km/h.

Lors du 28 février 2005, un flux de nord très froid déboule sur la France et provoque une violente réaction de la Méditerranée avec un fort vent d’est entre Corse et continent et du mistral et de la tramontane jusqu’en soirée. Le vent d’altitude est très fort vers 50 et 60 nœuds, celui moyen sur 10 mn  au sol est de l’ordre de 15 nœuds à Clermont Ferrand ou 20 nœuds à Bordeaux.

Pour le record du 26 janvier 2005 un nouveau flux de nord–est attiré par une dépression en Méditerranée  détermine des vents moyens de 15 à 20 nœuds au sol et de 50 à 95 nœuds en altitude sur notre pays. Il s’ajoute des mistral et tramontane violents toute la journée.

Le froid qui provoque les maximums de consommation électrique  et le vent qui détermine l’énergie éolienne sont deux notions différentes en météorologie. Elles peuvent coïncider ou diverger selon la situation atmosphérique.

Il s’ajoute d’autres notions :

-         Contrairement à l’énergie solaire limitée aux quelques heures de la journée en hiver, l’énergie éolienne peut être produite 24 h sur 24

-         Même par temps anticyclonique, le relief ou le littoral peuvent produire des brises locales, de mer ou de montagne, susceptibles de fournir un vent non négligeable.

-          les éoliennes sont les plus efficaces pour la production électrique par des vents moyens et réguliers, non lors des tempétes.

-         Enfin par grand froid, l’accumulation de givre qui peut stopper les rotors.

En conclusion la contribution de l’énergie éolienne pour faire face aux pointes de consommation électrique par grand froid peut être très variable et aléatoire en fonction des types de temps. Les deux paramètres sont indépendants l’un de l’autre.

Par ailleurs mon lecteur signale la question qui agite la Haute Loire : Faut-il détruire le barrage de Poutes ?

Cet ouvrage est un barrage d’éclusée, comme celui de Grangent sur la Loire à côté de Saint Etienne. Il produit de l’électricité au moment des  pointes journalières de consommation soit le matin et le soir. Sa retenue accumule l’eau la nuit et en heures creuses, pour la turbiner au moment du maximum quotidien de besoin d’électricité. Ce type de barrage est donc de nature à participer, à son niveau, pour faire face aux records de consommation électrique.

Ce barrage est situé dans le fond de la vallée de l’allier au niveau de Monistrol d’Allier : pour mieux le situer, entre Le Puy et Saugues. L’Allier, comme autrefois la Loire, est une rivière que les saumons remontaient pour venir frayer à proximité de la source.  Si les hauts barrages ne laissent aucun espoir de rétablir cette remontée des saumons sur la Loire, les obstacles de plus petite taille, équipés d’échelle à poissons, peuvent permettre un franchissement par les saumons regagnant l’amont de l’Allier. Le barrage de Poutes, par sa hauteur est le principal obstacle à cette remontée.

Le choix est donc philosophique : Faut-il privilégier les activités humaines ? On garde le barrage. Faut-il favoriser le saumon ? On le détruit.

Pour ma part, je me référerai au texte fondateur de notre civilisation « Judéo chrétienne ». La genèse dans le premier récit de la création précise « Dieu dit, faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance  et qu’ils dominent sur les poissons de la mer » Le choix me parait clair.


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, mais aussi ce même 9 février de 15 à 19 h à la librairie de Paris à Saint Etienne pour vous rencontrer et dédicacer son dernier livre « Conditions climatiques et compétitions cyclistes – atmosphère de course » effectué en collaboration avec Jean-Paul Bourgier.

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