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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 14:28

 

Analyse du livre 12 des confessions de Saint Augustin sur le premier verset de la Genèse « Dieu créa le ciel et la terre » 

Chronique climatologie N°672

Les circonstances d’un groupe de lecture m’ont conduit à étudier le livre 12 des « confessions » de Saint Augustin. Le vénéré évêque d’Hippone y analyse le premier verset du livre de la Genèse « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Voila des thèmes qui sont obligés d’intéresser un climatologue et un géographe, et j’ai découvert dans un texte datant du Bas-Empire romain, au moment où le christianisme s’impose sous les Empereurs Constantin et Théodose, une interprétation très contemporaine de la Création à l’age de la science triomphante et agnostique du XXI ème siècle.

Dès le chapitre 1, Saint Augustin admet la faiblesse humaine face à la création « L’abondance de parole témoigne de la pauvreté de l’intelligence humaine, la recherche use plus de mots que la découverte » Voilà bien une citation représentative de la situation de la climatologie actuelle. Alors que la science a fait d’immenses découvertes dans des domaines multiples, celui du ciel atmosphérique est nettement à la traîne. Combien de fois vous ais-je signalé dans des chroniques antérieures que l’on identifiait clairement la première cause des phénomènes mais que l’on butait très vite sur la seconde. Le mois de mars a été frais avec 2 descentes de nord au début et pour Pâques, mais pourquoi ces descentes de nord ? Pourquoi la position des centres d’action atmosphériques les ont-elles permises ? On aboutit très vite au bout des connaissances. La Météorologie multiplie les modèles mathématiques pour la prévision du temps, maintenant sur des durées qui dépassent la semaine, pourtant combien de fois je constate  dès le 3ème ou le 4ème jour des déviations notoires. Par exemple la semaine précédente, les hypothèses des modèles atmosphériques n’ont cessé de varier, au point que j’ai dû refaire mes prévisions. Initialement il était annoncé une descente froide, puis ce fût un retour de l’anticyclone et enfin il y a réellement eu des passages perturbés de nord-ouest. Que dire de la fragilité des modèles mathématiques qui prévoient une accélération du réchauffement au XXI ème siècle, à partir d’un paramètre, les rejets de gaz à effet de serre, qui n’est pas le seul à influencer les températures. Décidément la climatologie illustre bien aujourd’hui la citation de Saint Augustin, « la recherche use plus de mots que la découverte » même si les mots sont remplacés aujourd’hui par les outils mathématiques.

 Dans son interprétation de « Dieu créa le ciel et la terre », il distingue très vite deux ciels, le premier, invisible, celui de Dieu, qu’il nomme aussi « le ciel du ciel » et plus loin « le ciel intellectuel »  et le second visible qu’il qualifie aussi de « corporel », qu’il joint à la terre, et qui correspond au ciel que l’on peut observer, celui atmosphérique du climatologue ou le firmament des astronomes. J’avoue que je suis souvent gêné quand j’utilise le mot « ciel » dans cette chronique ; j’ajoute souvent météorologique ou climatique, car il y a tellement de significations différentes qui touchent au spirituel et à Dieu. Cette distinction faite par Saint Augustin parait très moderne, comment ne pas différencier le ciel, l’atmosphère ou  l’astronomie dont la science essaie de percer bien mal les secrets, et celui de Dieu d’une toute autre nature.

Augustin tente aussi d’imaginer la création, avec deux ouvrages en liaison avec ces deux ciels :

 L’un crée à partir « du ciel du ciel » de rien, par un dieu immortel, indépendant du temps  aboutit à la création d’une matière informe, une terre invisible et chaotique

L’autre  à partir de cette matière informe qu’il fait évoluer pour prendre forme avec le temps  devient le ciel et la terre que nous voyons. Ce second ouvrage, hors des vicissitudes des jours présentées dans le texte de la Genèse lie 3 notions :

-          la mise en forme de la création

-          l’écoulement du temps qui fait progresser la création

-         La variété des aspects de la création : le ciel que j’ajouterai atmosphérique, la terre. les eaux présentent selon lui un cas particulier dont le moment de la création n’est pas signalé dans le texte de la Genèse

La citation suivante illustre bien chez Saint Augustin ce lien entre les 3  « La recherche de Dieu, c’est aussi la recherche de la création, d’une matière informe on passe d’une forme à une autre » et ensuite « sans variété de mouvement, il n’y a pas de temps, il n’y a pas de variété là où il n’y a pas de forme ».

 Cette interprétation du Père de l’Eglise parait très contemporaine. Si de nombreux scientifiques qui ont critiqué les textes sacrés de la Genèse avaient lu le livre 12 des confessions de Saint Augustin, il leur aurait été plus difficile de s’en prendre au christianisme, au niveau de la mise en forme de la création. La distinction d’une création en deux temps, d’abord celle d’un matière informe par un Dieu hors du temps et ensuite d’une mise en forme qui suit le mouvement du temps, fait disparaître beaucoup d’objections émises depuis le siècle des lumières par les tenants d’une sciences qui veut tout expliquer.

Enfin le moins que l’on puisse dire, la Création qui fait débat aujourd’hui dans les milieux scientifiques, était déjà l’objet de polémiques notoires au bas Empire. En effet Saint Augustin consacre la plus grande partie des chapitres du livre, à la justification de ses positions et à la réponse à ses détracteurs qui semblent nombreux. Il confie seulement ses doutes ou les limites de sa réflexion à Dieu  « Quand la pensée humaine tient ce langage, elle ne peut s’efforcer que de la connaître en l’ignorant et de l’ignorer en la connaissant »

Seule différence notoire à 16 siècles d’intervalle, les remises en causes proviennent aujourd’hui surtout de milieux athées qui rejettent la création divine ; à l’époque de Saint Augustin, il s’agissait d’interprétations divergentes qui semblent plutôt venir de l’intérieur ou de milieux proches du christianisme. Je cite « je ne veux discuter devant vous qu’avec ceux qui reconnaissent pour vrai tout ce que votre vérité (il s’adresse à Dieu ) a fait entendre à mon intelligence au-dedans de moi. Pour ceux qui le nient, qu’ils aboient tant qu’ils veulent au point de ne plus s’entendre eux-mêmes. Je tenterai de les persuader de se tenir en repos et de frayer à votre parole le chemin de leur cœur. »

Dans ce livre 12 des confessions, j’ai trouvé une vision de la création par Saint Augustin en lien avec les conceptions modernes du ciel météorologique, celui-là.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, texte repris sur le portail Internet zoom 42.fr. Par ailleurs, le référencement de mes chroniques anciennes se poursuit sur mon blog .

http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:09

 Chronique N°70 du 16/2/96 sur Radio Espérance,  texte d’origine

 

   Alors que beaucoup de vacanciers vont s’élancer sur les pistes, il convient de savoir comment un petit flocon a pris tellement d’importance dans l’économie de nos montagnes tempérées.

   On est en effet passé d’une société rurale montagnarde où la neige était un handicap, à une valorisation au point d’en faire la principale activité.

   La neige était autrefois considérée comme un obstacle aux communications,  ce qui explique l’isolement des vallées montagnardes. Chacune de ces vallées constituait un milieu fermé à l’écart pendant de longs mois d’hiver. Les conséquences sont encore visibles dans le paysage avec les particularités de l’habitat montagnard, des tavaillons de bois des façades alpines au mazot des greniers en bois sur disque de pierre du Valais suisse. Il fallait construire les habitations à l’écart des couloirs d’avalanches et récupérer le plus d’ensoleillement possible en étalant les chalets sur les pentes de l’adret bien exposé. Dans les zones de moyenne montagne, les congères sont le principal obstacle aux communications.

   L’isolement par la neige obligeait à stocker des quantités énormes de bois pour le chauffage, de fourrages pour faire face aux besoins hivernaux du bétail, ce qui explique le volume des greniers et granges qui enveloppent le haut des anciennes habitations de montagne comme dans le Jura. Des balcons étagés face au sud permettent la fin du séchage des fourrages en raison d’un climat humide. L’isolement explique aussi la spécialisation de l’élevage montagnard dans la fabrication de fromages, pour utiliser le lait de l’alpage estival difficile à exporter. Le plus grand nombre des appellations contrôlées fromagères, si on exclut la Normandie, sont situées dans des zones d’altitude : Comté, Morbier ou Mont d’Or du Jura, Reblochon, Tome de Savoie, Beaufort des Alpes, Saint-nectaire, Cantal ou Fourme du Massif central et d’autres. Les troupeaux occupaient l’alpage déneigé en été, pour se replier dans les étables de la vallée en hiver. Les  rythmes de la vie humaine dépendaient de la neige et, dès les premiers flocons, la société passait d’un état d’activité intense à la léthargie hivernale. Pour faire face à cet isolement certaines régions avaient développé un travail à domicile ainsi sont nés l’horlogerie ou le travail du bois dans le Jura dont il subsiste des traces même si l’activité s’est transformée avec, par exemple, le jouet.  On pourrait aussi citer les petits personnages sculptés du Queyras et tant d’autres activités disparues ou non.

    Au XIXème siècle, la montagne s’est ouverte aux communications modernes avec l’aménagement des routes des cols à l’époque napoléonienne (celui du mont Cenis ou des Saint- Bernard petit et grand). Elle a été atteinte par les chemins de fer, avec les tunnels des percées alpines. Le Fréjus a été le premier inauguré en 1871 suivi du Saint-Gothard(1882),  du Vorarlberg(1884) et du Simplon (1906). Ont suivi ensuite les chemins de fer adaptés à la  pente, avec les crémaillères comme celles de la Jungfrau en Suisse ou du Montenvers à Chamonix, ou les funiculaires. La montagne s’est alors vidée de sa population rurale.

   Il a fallu un certain temps avant que la neige ne devienne attractive et permette de maintenir ou de faire revenir les hommes à la montagne.

   Progressivement, la montagne alpine a pu créer la spécificité de ses produits touristiques :

-          Au début la beauté des sommets montagnards a été découverte l’été par ceux qui venaient prendre les eaux des stations thermales voisines : Aix les bains, Luchon, Bad Isch, Bad Gatien et bien d’autres.

-          Ensuite le docteur Spranger a découvert à Davos la rareté de la tuberculose en altitude en raison de l’air sec et ensoleillé de la partie centrale du massif et la montagne s’est couverte de sanatorium et de préventorium.

-          Enfin, les sports nordiques de glace sont introduits. Les skis seraient apparus pour la première fois en 1879 à Chambrousse, chaussées par un grenoblois d’adoption Henri Duhamel, selon l’ouvrage de Christian Charles et Michel Wayr sur les pays de la neige.

    Les premiers utilisateurs de ces planches ont été les militaires avec les bataillons de chasseurs alpins et les alpinistes, ce n’est qu’après la première guerre mondiale que cet outil a été adapté aux Alpes et au tourisme. En effet, la première descente, le Kandahar, n’a été organisée        qu’en 1911, le premier slalom en 1922 à Mürren dans l’Oberland bernois. Les premiers championnats du monde n’ont eu lieu qu’en 1931. Les disciplines alpines n’ont été introduites aux jeux olympiques qu’en 1936 aux jeux Garmisch-Partenkirchen, elles ne figuraient pas aux premiers jeux de Chamonix en 1924

   A ce moment là, sont nés les premières stations de sport d’hiver, d’abord à partir de villages existant comme Val d’Isère ou Morzine,  ensuite sont construites dans les années 60 puis 70 les usines à ski spécialisées dans les alpages ou aux sommets de la forêt.

    Les Alpes du nord ont été favorisées dans cette utilisation de la neige. La régularité de l’enneigement est meilleure. Le massif est plus proche des zones fortement peuplées et clientes de l’Europe du nord. Plus les sports d’hiver sont arrivés tôt, plus ils ont pu s’intégrer dans  un tissu rural encore actif et peuplé,  cela s’est produit en Suisse, en Autriche et dans la Haute Savoie française. Ces régions détiennent  la plus grande partie des stations formées à partir des villages existants. Elles se sont fondues dans le paysage.

   Dans le reste des Alpes du nord, Savoie et Dauphiné, l’essor des sports d’hiver, un peu plus tardif, a concerné une montagne déjà en grande partie dépeuplée et la plupart des stations en Maurienne, en Tarentaise et en Dauphiné s’est construite ex-nihilo à l’écart des villages anciens trop dépeuplés.

   Enfin les autres massifs montagneux ont connu encore plus tardivement et partiellement le phénomène. La montagne était trop dévitalisée. Leur éloignement des grandes agglomérations de la France ou de l’Europe du nord, la moins grande régularité du manteau neigeux expliquent le moindre développement et surtout son irrégularité géographique dans les Alpes du sud, les Pyrénées, le Jura, les Vosges et surtout le Massif central.

   Cette histoire des sports d’hiver n’est qu’une illustration de l’impact énorme de la climatologie sur la vie des hommes qui la subissent trop souvent.

 

Commentaire :


Toujours d’actualité

Cet hiver,  l’enneigement a encore plus nettement favorisé les Alpes du nord par rapport aux autres massifs. La neige tombée en Novembre et décembre est restée sur les reliefs au dessus de 2000 m en janvier et février, alors qu’elle disparaissait en dessous. Depuis le mois de mars les nouvelles chutes ont permis de reprendre l’activité touristique dans de nombreuses stations de moyenne altitude.

Gérard Staron

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 18:45

 

   Le froid ne nous avait pas complètement quittés, il est revenu avec la neige pour un point d’orgue à la fin du week-end. Le temps nous avait pourtant aguichés d’un beau  samedi ensoleillé.

Une nouvelle descente froide perturbée d’origine arctique  est arrivée sur le flanc d’un anticyclone centré sur l’Atlantique suivant une trajectoire traversant les Îles britanniques, selon une situation atmosphérique semblable à celle de Pâques.

L’image du satellite américain NOAA de dimanche à 12 heures que vous trouverez commentée  ci-dessus permet de comprendre les différentes étapes de la coulée froide que nous avons subie :

1 – En avant de l’arrivée des fronts, il se produit souvent un flux de sud. Ceci provoque la bouffée chaude de samedi. A Saint-Etienne (500 mètres) les températures sous abri passent de 0,6° le matin à 15° dans l’après midi.

2-  Le front froid de la descente arctique amène quelques précipitations (1,1mm à Saint Etienne) et de la neige au col de la République au matin du dimanche.

3-  Suivent de multiples fronts secondaires avec de l’air de plus en plus froid. Le plus net provoque la neige du Pas de calais mais aussi celle du début de la nuit à Saint-Etienne

4- Le ciel qui se dégage en fin de nuit dans l’air froid et sur un sol enneigé permet une grande déperdition d’énergie et les fortes gelées (-2,3° à ma station de Saint Etienne) lundi matin.

 

Des chutes de neige en avril sont courantes à Saint Etienne, La dernière d’importance, du 15 au 17 avril 2005 avait déposé une pellicule à 500 mètres, 15 cm à 600 mètres et 60 à 80 cm à 1000 mètres d’altitude avec des dégâts. Les chutes les plus tardives sont un 29 avril 1960 à Bouthéon et un 3 mai sur la ville. Au niveau statistique, si cette neige s’avérait la dernière, elle serait dans la norme pour une chute puisque la médiane, l’occurrence une année sur deux, la place au 11 avril à Bouthéon et au 12 avril à Saint-Etienne-ville. Par contre pour le manteau au sol, une neige au 7 avril correspond à une probabilité atteinte une année sur 4 environ (3 avril à Bouthéon, 10 avril à Saint-Etienne-ville. (  G. Staron « L’hiver dans le Massif central » thèse de doctorat d’état).

 

En ce qui concerne les gelées sous abri, elles peuvent se produire bien plus tard, les dates médianes, une année sur deux,  les situent à l’extrême fin d’avril et au début de mai. Plus grave, le niveau atteint -2,3° est de nature à effectuer des dégâts sur les arbres fruitiers ou la vigne quand ces végétaux ont atteint le seuil de développement de la floraison et de la formation du fruit. Selon les indications de mon jardin, cerisiers et groseilliers atteignaient ce stade ce qui menace la récolte,  par contre les mirabelliers, poiriers, amorcent le processus, pommiers, cognassiers et griottiers sont encore au stade du bourgeon, mais dans d’autres secteurs à l’exposition différente il peut en être autrement. ( chroniques de climatologies).

 

Les très grands écarts quotidiens de températures sont aussi difficiles à supporter quand ils dépassent 6°, ce qui se multiplie ces dernières semaines.

 

Depuis les Saints de Glace de la mi-mai 2007, nous sommes entrés dans une suite de mois  frais. Les 6 derniers mois de 2007 ont connu des températures en dessous des normales. Après Janvier et février 2008 dont la douceur a été plus médiatique qu’exceptionnelle, mars renoue avec des valeurs inférieures aux moyennes. Le début d’avril semble vouloir continuer dans la même direction. Cette année plus froide fait suite à une autre, remarquable par sa chaleur, depuis la canicule de juin et juillet 2006, jusqu’au mois d’avril 2007, en passant par l’automne
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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 14:10

   Un gros cumulus bourgeonnant

 

 

   L’état clément persistant du ciel en cette mi-octobre avec cet anticyclone puissant me permet de vous inciter à l’observation non pas à la rêverie. Je vais vous entretenir des nuages tout en souhaitant que vous ne soyez pas dans les nuages, même si on peut y être parfois au sens propre, sur des sommets, ou dans des brouillards.

 3 façons permettent de distinguer et de nommer les nuages :

  -1- Il existe d’abord deux grandes familles de nuages en fonction de leur forme.

Celle des cumulus concerne des nuages qui ont tendances à bourgeonner et à se développer    verticalement ce qui traduit une instabilité de l’air avec des mouvements ascendants.

La seconde famille, celle des stratus est constituée de nuages plats et peu épais de forme horizontale. Que ce soit des brouillards qui se tapissent au sol, les stratus bas ou à différentes altitudes des couvercles plats qui couvrent plus ou moins le ciel,  leur épaisseur est faible car leur développement en altitude est souvent empêché par un niveau d’inversion de température qui les fait s’étaler.

  -2- La seconde façon de désigner les nuages concerne leur niveau dans le ciel. Attention ce qui est pris en référence, c’est l’altitude de leur base qui est très souvent identique à un moment donné, car elle correspond à ce que l’on appelle le point de condensation,  passage dans l’atmosphère de l’eau de l’état gazeux à celui de gouttelettes liquides. Par ailleurs, le sommet des nuages est très souvent variable et inégal, surtout dans les cas de forte instabilité de l’air.

   Les nuages de très haute altitude font partie de la famille des Cirrus. En fonction de leur forme, on distingue les cirrus en forme de virgule, les cirrostratus, qui montrent le plus souvent un mince voile blanc très fin qui laisse passer la lumière du soleil avec parfois des phénomènes de halo, et les cirrocumulus un peu plus épais sous forme de nappes de dalles blanches. Ces nuages blancs brillants sont formés, en raison de leur altitude élevée, de particules de glaces. Ils sont incapables le plus souvent de fournir des précipitations.

   Au niveau moyen, on trouve les altostratus et les altocumulus. Les premiers forment le plus  souvent un voile blanc gris, un peu plus épais que celui des cirrostratus, qui ne laisse que vaguement entrevoir le soleil. Il existe de multiples formes d’altocumulus formant des bancs assez épais. Les nuages de ce niveau sont encore peu capables de donner des précipitations, quelques gouttes au plus.

   Au niveau inférieur, on trouve le nimbostratus ou le cumulonimbus. Grands pourvoyeurs de pluies, ils masquent complètement le soleil. Le nimbostratus est un altostratus qui s’est encore épaissi au point de donner sous la pluie un aspect flou mouillé et même parfois laiteux. Le plus souvent l’horizon est totalement bouché.

   Les cumulonimbus dont la base est assez proche du sol peuvent se développer en altitude jusqu’au sommet de la troposphère. Il en est qui ont plus de 10 km  d’épaisseur. Souvent leur sommet prend la forme d’une enclume avec un léger étalement de la masse sommitale. L’instabilité est tellement forte que parfois on les entend gronder. Ce sont les nuages des orages d’été et des violentes précipitations méditerranéennes. Ce sont eux qui donnent la grêle.

 - 3 -  Il existe une troisième façon de désigner les nuages par le biais d’adjectifs latins qui permettent de mieux décrire leur forme et on nomme ainsi des lenticularis surtout des altocumulus, des floccus, des mammatus, des opacus, des translucidus, des lacunosus et même  des castellanus, petites tours bourgeonnantes donnant un aspect crénelé au nuage.

   Pour prendre un exemple parmi les cumulus, il existe le cumulus fractus le plus petit, le cumulus médiocris et le cumulus humilis un peu plus gros, le cumulus congestus un peu plus noir et menaçant et enfin les cumulonimbus calvus  puis capillatus le plus dangereux et développé.  On peut  le distinguer par un beau ciel d’été au début de la journée, puis de plus en plus menaçant au cours du déroulement de la journée jusqu’au déclenchement de l’orage.

   Un dernier nuage, le strato-cumulus est intermédiaire entre les deux familles. Suffisamment épais pour présenter une instabilité verticale, largement étalé, le plus souvent en forme de couvercle vers 2000 m, au point de recouvrir la totalité de l’horizon surtout au petit matin, Il correspond à des inversions de températures assez hautes dans l’atmosphère.

   Vous avez pu constater que l’expression « être dans les nuages » s’applique mal à leur étude, par contre, vous vous apercevrez qu’elle n’est pas sans humour quand je vous aurais signalé le petit détail qui suit. L’abréviation officielle du cumulus surtout dans la forme parlée se limite aux deux premières lettres que je n’ose écrire.

   Dans ces conditions vous pouvez deviner ce que donne dans un language courant  mais d’une correction météorologique parfaite : un stratocumulus ou un cumulus congestus bien obscènes ou un altocumulus bien moral. Il est toujours intéressant de voir dans ces situations le rire aigriard ou retenu des personnes non averties face au météorologiste et au climatologue serein dans ces certitudes scientifiques. Que voulez vous la météorologie et la climatologie disposent d’un avantage que nul ne pourra leur enlever, celui de parler de ces choses que je ne saurais nommer, en tout bien tout honneur. Au plaisir de vous retrouver vendredi prochain pour une nouvelle chronique climatologique. Bonne semaine et beau temps.

 

Commentaire : sans changement  entre 1995 et 2008

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 12:14


Températures minimales (Tn), maximales (Tx), et moyennes quotidiennes

Matériel : abri à coupelles avec sonde reliée à un Hobo-pro effectuant une mesure toutes les 2 minutes

 

date                min       max  moyenne

1-mars-08        11,1     15,1     13,1

2-mars-08        2,7       15,9     9,3

3-mars-08        4,2       13,7     8,9

4-mars-08        0,2       4,8       2,5

5-mars-08        -1,0      3,5       1,2

6-mars-08        -4,3      6,6       1,2

7-mars-08        -1,2      5,7       2,3

8-mars-08        2,6       7,6       5,1

9-mars-08        -1,6      11,9     5,2

10-mars-08      3,1       9,3       6,2

11-mars-08      4,1       13,2     8,7

12-mars-08      10,9     16,0     13,5

13-mars-08      5,4       12,5     8,9

14-mars-08      2,6       17,7     10,1

15-mars-08      3,2       20,6     11,9

16-mars-08      7,2       12,8     10,0

17-mars-08      6,0       8,7       7,3

18-mars-08      1,8       7,3       4,6

19-mars-08      -2,4      5,7       1,7

20-mars-08      -1,0      5,1       2,0

21-mars-08      1,9       8,5       5,2

22-mars-08      0,5       5,0       2,7

23-mars-08      -0,6      1,1       0,3

24-mars-08      -3,5      3,6       0,0

24-mars-08      0,4       4,8       2,6

26-mars-08      -0,5      10,2     4,9

27-mars-08      2,7       5,7       4,2

28-mars-08      1,8       13,8     7,8

29-mars-08      1,8       15,0     8,4

30-mars-08      3,9       15,1     9,5

31-mars-08      4,3       11,3     7,8

moyenne         2,1       9,9       6,0

2008 présente les températures les plus basses pour un mois de mars depuis l’ouverture de la station en mars 2006

Commentaire plus complet dans une prochaine chronique……..

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 18:20


Chronique climatologique N°27, le 31/03/1995, texte d’origine radiodiffusé


   La semaine dernière, comme aujourd’hui (en 1995)  je fais cette chronique sous un soleil printanier qui permet aux bourgeons de s’épanouir, entre temps, une descente d’air froid a rappelé avec un peu de neige que l’hiver pouvait encore sévir.

La semaine dernière nous sommes passés, le 21 mars au printemps astronomique, ceci ne veut pas dire que le froid et la neige sont forcément terminés et l’atmosphère suit toujours avec un décalage l’astronomie. Pour prendre quelques exemples dans les villes du massif central du réseau de Radio Espérance, la dernière chute de neige peut se produire une année sur deux, le 30 mars à Limoges, le 31 mars à Clermont-Ferrand, le 3 avril à Guéret, le 11 avril à Mont-Saint-Vincent en Saône et Loire, le 12 avril à Saint-Etienne. Une année sur quatre, les chutes même dans ces villes de basse altitude, peuvent être encore plus tardives, soit le 14 avril à Limoges et à Clermont Ferrand, le 17 avril à Guéret, le 19 avril à Saint-Etienne et le 22 avril à Mont Saint Vincent. Les records  concernent un printemps plus avancé, surtout en altitude. Le Massif Central a connu des neiges en juin et même en juillet sur le Mézenc. Aussi les flocons qui tombaient mercredi ou jeudi au moment où je pensais à cette chronique peuvent très bien ne pas être les derniers de la saison.

Les dernières gelées sous abri sont encore tardives en débordant souvent sur le mois de mai à basse altitude. Une année sur deux, elles sont le 29 avril à Limoges, le 30 avril à Clermont Ferrand, le 4 mai à Saint-Etienne et une année sur quatre elles peuvent atteindre le 7 mai à Limoges, le 9 mai à Clermont Ferrand et le 12 mai à Saint-Etienne, Bouthéon.

Or cette période est aussi un moment de grande sensibilité de certains végétaux aux basses températures, au moment de la floraison. C’est par exemple le cas de la vigne qui , en plein repos au mois de janvier peut supporter des températures de -19°, alors qu’au moment de la floraison il peut y avoir des dégâts à -2,5°.Il en est de même pour de nombreux arbres fruitiers quand ils sont au stade de la floraison ou de la formation du fruit. Ceci explique que certaines gelées tardives puissent provoquer des dégâts sur les futures récoltes quand elles arrivent après une période  chaude, à ce moment de sensibilité du végétal.

Il est des cas célèbres où des gelées tardives ont provoqué des dégâts irrémédiables. En avril 1991, des températures très basses le 21 et le 22 avec -5° à Poitiers,-3,4° à Agen et Dijon et même -10° au Puy surviennent après une période chaude, avec 22°7 à Saint-Etienne. La destruction des grappes naissantes dans les vignobles du Jura, celui du Bordelais, ont permis de crier à la catastrophe. La production fruitière de l’année a été très fortement affectée avec pour les cerises : 50% de récolte en moins en Provence, 25% dans la région Rhône-Alpes, pour les pêches et nectarines, 87% de pertes dans le sud-ouest et 32%  dans la région Rhône-Alpes. D’autres années, dans le passé, comme 1977, ont connu de tels problèmes avec une vague de froid et de neige vers les 24 et 25 avril.

Cette année nous n’en sommes pas encore là car les périodes de chaleur sont entrecoupées de petites vagues de froid qui freinent considérablement le développement végétal qui s’effectue quand la température moyenne de la journée dépasse au moins 6°, mais il faut au moins attendre la fin du mois d’avril pour être fixé sur cette question.

Vous comprendrez pourquoi la recherche agronomique s’applique à trouver des variétés qui connaissent une floraison tardive, en effet plus cette dernière est repoussée dans le temps et plus le risque d’une gelée tardive s’affaiblit.

 Le temps de ces derniers jours pose aussi un problème avec les variations brutales de températures liées à l’alternance de descentes d’air froid et de temps ensoleillés froids le matin et chauds dans l’après-midi. Hier il neigeait encore et aujourd’hui la chaleur reprend progressivement le dessus après la gelée matinale. Depuis déjà quelques semaines nous subissons cette alternance entre les descentes d’air polaire et les remontées de l’anticyclone des Açores. Il est bien évident que ces changements brutaux peuvent avoir des conséquences sur les organismes. Une variation de température d’un jour à l’autre de 2 à 4 degrés est considérée comme normale, par contre des différences supérieures, surtout de plus de 6° peuvent être difficiles à supporter pour l’organisme humain. Or entre le 19 et le 20 mars, puis plus récemment entre le 26 et le 28 mars des chutes de températures ont atteint ces niveaux en particuliers à Clermont Ferrand et Saint-Etienne où il y a eu un passage de 13°à 4,6° entre le 19 et le 20. De très belles amplitudes thermiques diurnes sont aussi à signaler au moment du retour du beau temps : 21° d’écart entre le matin et l’après-midi le 23 mars à Clermont et 20°3 le 24 à Saint-Etienne. Il gèle la nuit en raison de la présence de l’air froid et d’un ciel clair qui permet le rayonnement et la perte d’énergie, alors que l’ensoleillement  fait remonter le thermomètre le jour. L’amplitude thermique aujourd’hui risque d’être aussi particulièrement forte. En vous souhaitant un bon printemps, je vous retrouverai, chers auditeurs, à nouveau la semaine prochaine en espérant que ce rendez-vous vous intéresse.

 

Commentaire de 2008 :


Beaucoup de similitudes à la même date et même des répétitions à 13 ans d’intervalle……

Le coup de froid de Pâques 2008 n’a rien à envier à ses devanciers, ainsi que les changements brutaux de températures (voir les observations de Montregard)

 

G. Staron  http:// pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

 

 


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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 10:48


Voici les températures relevées au bourg de  Montregard (43)


Ma station est située en sortie de village sur un versant exposé au sud-ouest à environ 990 mètres d’altitude. A l’extrémité orientale du département de la Haute Loire sur le canton de Montfaucon-en-Velay, la commune de Montregard mitoyenne du département de l’Ardèche se situe sur le versant Vellave des monts du Vivarais qui culminent dans le secteur au mont Felletin.

Le matériel comprend un abri à coupelle dans laquelle se situe une sonde reliée à un Hobo pro qui enregistre les températures toutes les 2 minutes, l’appareil a une autonomie de 45 jours. L’ensemble est situé entre 1,50 et 2 mètres du sol.

 

Le tableau ci-dessus comprend

La température minimale quotidienne :Tn

La température maximale quotidienne :Tx

La moyenne approchée : Tn+TX/2

La moyenne vraie : calculée à partir de toutes les mesures toutes les 2 minutes

 

La moyenne provisoire (Le 31 mars est encore manquant) est nettement inférieure à celle de l’année précédente puisqu’en 2007 les moyennes correspondantes étaient de 4,1° et 3,5°

On distingue nettement les deux périodes froides  du début du mois ainsi que celle de Pâques.

date min max moyenne moy. vraie
01-mars-08 6,5 13,3 9,9 8,3
02-mars-08 0 14,6 7,3 6,8
03-mars-08 0,8 10,4 5,6 4,8
04-mars-08 -3,1 0,5 -1,3 -1,8
05-mars-08 -5,1 -1,9 -3,5 -4,2
06-mars-08 -8 1,2 -3,4 -3,9
07-mars-08 -4 1 -1,5 -1,5
08-mars-08 -0,7 3,2 1,3 0,5
09-mars-08 -3,6 6,1 1,3 1,4
10-mars-08 -1 3,8 1,4 1,4
11-mars-08 0 8,9 4,5 3,8
12-mars-08 5,8 10,9 8,3 7,4
13-mars-08 0,3 10,9 5,6 4,1
14-mars-08 0,7 16,3 8,5 8,1
15-mars-08 6,3 15,5 10,9 9,1
16-mars-08 2,4 8,7 5,5 4,5
17-mars-08 3 5,8 4,4 3,7
18-mars-08 -2 4,1 1 0
19-mars-08 -6,4 3,5 -1,5 -2,4
20-mars-08 -4,1 3,1 -0,5 -1,8
21-mars-08 -3,2 4,1 0,5 0,5
22-mars-08 -4,2 1,1 -1,5 -1,7
23-mars-08 -4,8 -1,2 -3 -4
24-mars-08 -10 -0,4 -5,2 -3,6
25-mars-08 -2,8 1,5 -0,7 -1,4
26-mars-08 -6,5 6,4 0 0,5
27-mars-08 -1,1 3,1 1 1,6
28-mars-08 -0,7 9,2 4,2 3,9
29-mars-08 -1,5 14,4 6,5 6
30-mars-08 5,4   6 6,5
31-mars-08        
moyenne -1,4 6,1 2,4 1,9
mini -10 -1,9    
maxi 6,5 16,3    


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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 21:50

 

 

Le sujet incontournable de la semaine concerne l’épisode hivernal de Pâques :

-         Retour de la neige à basse altitude en particulier sur le Massif central et les reliefs de la moyenne montagne hercynienne,

-          consolidation du manteau au-dessus,

-          gelées dévastatrices pour les vergers en vallée du Rhône.

Les caractéristiques de la pulsion froide sont classiques. Au cours de la semaine sainte, l’anticyclone des Açores se positionne progressivement sur l’Atlantique, il met en place une véritable barrière de hautes pressions du Groenland à ses îles favorites en effectuant sa jonction avec l’anticyclone Polaire. Sur le flanc oriental, l’air arctique descend dans un vaste couloir. Le paroxysme du flux de nord se produit du Vendredi Saint au lundi de Pâques avec le retour de la neige. Le manteau tient à 650 m le vendredi, puis à 500 m pendant le week-end. Pendant 6 jours consécutifs des chutes de neige tombent sur la région stéphanoise. Sur le Pilat des hauteurs de 30 centimètres sont signalées, sur les Alpes en particulier les Préalpes suisses, les chutes cumulées dépassent 1,30 mètre avec le risque d’avalanches correspondant.

Après la fête pascale, la barrière méridienne de hautes pressions  cède au sud de l’Islande pour laisser passer des perturbations qui proviennent du nord –ouest. Elles sont alors moins froides, plus humides et arrosent d’autres régions. Les précipitations affectent les versant occidentaux des montagnes, le Massif central, Le Morvan, le Jura, les Vosges et les Alpes. Moins froides, le niveau du passage pluie neige remonte progressivement en altitude

Les temps perturbés de nord sont coutumiers des mois de mars et d’avril où ils donnent des giboulées. Les statistiques de types de temps  montrent que ces deux mois connaissent la probabilité la plus forte. Cette année, ils n’ont peut être pas fini de se signaler à notre attention. Non seulement la neige tombe au passage des fronts, mais aussi à l’arrière de ceux-ci par de brèves averses liées à l’instabilité de l’air qui descend des pôles quand il aborde nos régions. C’est pour cette raison que de Vendredi à mardi nous avons subi une alternance continue de chutes de neige et de courtes accalmies Les précipitations de nord affectent fortement le versant correspondant du Massif central en pénétrant plus profondément que les pluies ou neige de nord-ouest ou ouest. Le Pilat et la région stéphanoise sont un lieu très concerné par ces temps de nord, alors que ceux de nord-ouest ou ouest arrêtent très souvent leurs précipitations à la crête des monts de la Madeleine au Forez ou à celle du Beaujolais en effleurant par le nord  le département de la Loire.

Je ne sais s’il convient de faire une corrélation, mais l’extension de la banquise dans l’hémisphère nord a connu son maximum annuel le 24 mars selon l’image en provenance des satellites. Côté américain, le golfe du Saint Laurent est totalement englacé avec une grande partie des Grands Lacs et les côtes du Labrador. Côté Atlantique, une langue de glace s’élargit de l’extrême sud du Groenland au Spitsberg, puis rejoint la Nouvelle-Zemble et le nord de la Scandinavie. Les golfes de Botnie et de Finlande sont pris. De même, les mers de Béring et d’Okhotsk sont majoritairement englacées jusqu’à l’île d’Hokkaido du coté pacifique. La progression est nette depuis un mois.

Au maximum de sa puissance, le lundi de Pâques, le courant de nord est descendu jusqu’à proximité de la Méditerranée avec des températures négatives sous abri dans l’axe rhodanien jusqu’à Nîmes et Aix en Provence avec respectivement -2,2° et -0,4°.

Les vergers d’abricotiers, de cerisiers et de pêchers de la vallée du Rhône ont connu des dégâts importants en  raison de la convergence de plusieurs éléments

De nombreux végétaux, en particulier les arbres fruitiers et la vigne sont très sensibles aux gelées lorsqu’ils atteignent les stades de la floraison ou de la formation du fruit. Par exemple, la vigne résiste à des températures très basses en période de repos végétatif, en dessous de -19° alors qu’à partir du stade de la floraison de -1,8° à -2,5°  sont suffisants pour provoquer des dégâts importants. Chaque fois que des gelées tardives ont correspondu à ce stade de développement des végétaux, les quantités des récoltes de l’année concernée ont été très affectées en 1974, en 1977, en 1991 et en 2003. Pour cette dernière année, la récolte de vin avait baissé d’un tiers dans le Languedoc, la récolte de cerises de Cellieu avait été presque nulle, la pomme du Pilat avait fortement souffert.

Pour que ce stade de la floraison ou de la formation du fruit soit atteint, il faut un développement précoce des végétaux suivi de gelées tardives. La douceur de cet hiver a particulièrement affecté la vallée du Rhône en raison de sa situation à l’abri derrière les hauteurs du Massif central et du réchauffement de l’air qui redescend vers la Méditerranée.

En février dernier et au début de mars, les températures maximales douces ont été compensées par des gelées matinales sur l’axe qui s’étire du nord-est du pays au Massif central avec une extension irrégulière au Bassin aquitain. La vallée du Rhône n’a pas connu ces gelées. Les températures moyennes de Montélimar et Nimes 8,4° et 8,6° dépassent largement 6°, seuil de début de croissance des végétaux. Les arbres fruitiers  ont eu un développement rapide qui n’a pas été freiné. Subitement le 24 mars, des températures sous abri de l’ordre de -2°, souvent beaucoup plus basses près du sol et dans les bas fonds où se situent les vergers, ont franchi le seuil destructeur sur les fleurs ou les fruits en formation.

 La vallée du Rhône semble la seule région fruitière affectée en France, car le lundi de Pâques, elle s’est trouvée dans l’axe de la descente froide attirée par la dépression du golfe de Gènes.  D’autres grandes régions fruitières, le Bassin aquitain, le Roussillon, à l’écart n’ont pas subi ces gelées, entre +1 et +2° pour le Bassin aquitain, et +4° pour Perpignan dans le Roussillon. Les perturbations sur le marché des fruits seront moins fortes qu’en 1991 où toutes les zones productrices avaient été affectées. Par ailleurs, l’abricot, la Pêche et la cerise sont les fruits concernés car leur développement printanier est plus précoce, en particulier ils atteignent plus vite que d’autres, comme les pommiers et les poiriers, les stades de la floraison et de la formation du fruit. Ils ont plus de probabilité de connaître des dégâts en cas de gelées tardives. Je n’ai rien entendu sur les pommiers et poiriers ces derniers jours. 
 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance, texte repris sur zoom42.fr et sur mon blog.


Sur ce même blog, j’ai commencé un récapitulatif de mes chroniques anciennes de Radio Espérance depuis le N°1 en octobre 1993, si certains auditeurs souhaitent retrouver certains de ces textes, me le faire connaître sur la rubrique commentaire de gesta.over-blog.com.


 
Bonne semaine à tous.

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 12:34

 

Avec les références climatiques de Saint-Etienne (42)  et des régions voisines

 

   Les gelées sous abri ont réapparu mardi matin 18 mars. Selon ma thèse « l’hiver dans le Massif central », la dernière gelée sous abri se produit, une année sur deux,  le 22 avril à Saint Etienne-ville et le 4 mai à Andrézieux pour des séries de plus de 20 ans. La différence paradoxale en fonction de l’altitude entre les deux s’explique par l’ilot de chaleur urbain, les inversions de températures par temps anticyclonique et par la situation topographique, cuvette  dans un cas, position sur un versant pour l’autre. Les gelées tardives sont souvent dévastatrices pour la végétation en particulier les arbres fruitiers et la vigne, quand arrive le stade de la floraison. On peut espérer que les dégâts seront plus faibles que ceux de 1991 et 2003 pour les producteurs de notre département.

La neige est arrivée un peu en retard sur les prévisions. Les radars et les images de satellite montrent que la progression des fronts pluvieux a été retardée plusieurs heures sur l’axe des monts du Forez à ceux de la Madeleine. La chute a eu lieu vers 17 heures dans le nord de Saint-Etienne. Elle a tenu au sol à plus de 650 mètres sur les flancs du Pilat. Selon la même source, la dernière chute se produit une année sur deux le 12 avril sur la capitale forézienne, elle tient au sol une année sur deux jusqu’au 22 mars. La chute la plus tardive date du 3 mai 1974 sur la ville.

Ce retour de l’hiver n’a donc rien d’exceptionnel, reste seulement à connaitre sa durée puisque le week-end pourrait bien montrer une aggravation.

Pâques sera aux tisons, la principale fête chrétienne de 2008 est la plus précoce des 30 dernières années, avec un 23 mars après un 26 mars en 1989. Tout le monde connait le dicton « Noël aux balcon, Pâques aux tisons », cette année les deux risquent d’être aux tisons puisque j’avais observé pour le 25 décembre 2007 -4,7° de température minimale et 6,6° de maximale.  Le lien thermique si connu entre les deux fêtes est aléatoire.  Vous pouvez retrouver ma chronique N°14 du 30 décembre 1994 consacrée à ce sujet sur mon blog : gesta.over-blog.com.  2008 battra-t-il  la température la plus basse de -5° enregistrée le jour de Pâques 1981 à Clermont-Ferrand ?

La situation atmosphérique responsable de ce retour de l’hiver correspond à un temps de nord tout à fait classique à une période de l’année où ils sont les plus nombreux et provoquent les fameuses giboulées de mars souvent en avril. L’anticyclone installé sur l’Atlantique laisse descendre sur son flanc oriental l’air polaire dans un gigantesque couloir dépressionnaire de l’Océan Arctique à la Méditerranée. Jusqu’à jeudi, le courant de nord nous atteignait avec des pressions élevées en marge de l’anticyclone,  les gelées ont été observées sur notre département. Depuis vendredi, les perturbations prennent le relais et la neige arrive.

Autre information intéressante, avec plus de 10.5 mm, ce vendredi 21 mars, a subi la précipitation la plus importante sur 24 heures depuis le début de l’année 2008, pour commercer à tordre le cou de la sécheresse !

 

Vous pouvez aussi consulter : http:// pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 19:28

 

 

Les dictons en météo : Noël au balcon Pâques aux tisons

 

    Chronique climatologie N° 14,  le 30 décembre 1994,  Radio Espérance, texte d’origine

 

  En cette période de fête, j’ai pensé vous entretenir d’un sujet un peu moins sérieux : quel est le degré de fiabilité des dictons pour la prévision du temps ?

Les météorologues et les climatologues considèrent très souvent les dictons que vous connaissez tous, avec un grand détachement. Certains sont frappés d’un certain bon sens : « En avril ne te découvre pas d’un fil et en mai fais ce qu’il te plait » .Dans ce cas il existe des mois d’avril très beaux suivis d’un mois de mai très frais, ou pour  le dicton vellave «  quand la montagne prend son chapeau (souvent le Mézenc), berger prend ton manteau ». Bien que cette situation de nuages très bas annonce plus la pluie, il y a souvent un rafraichissement du temps après son passage.

Beaucoup de dictons ont un caractère très anecdotique ou même parfois confus, par exemple « Quand il pleut pour la Saint Médard… » Suivent deux versions « il pleut pendant 40 jours… ou 40 jours plus tard », ce qui n’est pas la même chose

 

En cette fin d’année (1994), je me suis intéressé au fameux « Noël au Balcon, Pâques aux tisons » en comparant les températures de ces deux fêtes pendant les 20 dernières années (1974-1994) à quelques villes du réseau de Radio Espérance (Clermont-Ferrand, Limoges, Chambéry-Aix, et Saint-Etienne).

On constate tout de suite que notre Noël 1994 est plutôt aux tisons, ce n’est certes pas une grande découverte, la fête a correspondu à la phase maximale de la petite vague de froid qui a touché le pays du 15 au 27 décembre entre deux périodes très douces. Les températures minimales et maximales du jour de Noël ont été négatives  à Saint-Etienne (-2 et-1°) à Clermont-Ferrand (-1,5 et -0,4°) et Limoges (-2,3 et -1,4° ). Seule la station de Chambéry-Aix a connu des températures positives (1° pour les deux). En outre, dans toutes ces stations, ce jour de Noël n’a pas vu le soleil : durée d’insolation nulle.

Ces températures ne sont un record pour la journée de Noël qu’à Limoges puisque la température maximale la plus basse depuis 1974 était de +0,8° en 1976 contre -1,4° en 1994. Partout ailleurs, on recense au moins un jour de Noël plus froid. La température moyenne maximale d’une journée de Noël dans les 4 stations se situe entre 7 et 7,7°. Pour la nuit de Noël,  la température observée a été banale à Clermont Ferrand, où 6 fois sur les 20 dernières années elle a été plus basse avec un minimum de -6.4° en 1979, et à Limoges, où 2 fois on descend en dessous avec -3,6° en 1975. Saint-Etienne a même connu un -7.6° pour le 25 décembre 1986.

Que donne la comparaison des températures de Noël avec celles du jour de Pâques qui suit ?

Si on apporte crédit au dicton, « Noël au balcon, Pâques aux tisons »,  les 25 décembre les plus doux devraient être suivis des journées pascales les plus froides. Les Noël les plus doux ont été ceux de 1983 avec un maximum de 20,2° à Saint-Etienne et un minimum quotidien de 9° à Clermont-Ferrand. Les autres 25 décembre au balcon sont ceux de 1985, 1978 et 1988.

Les températures de la fête de Pâques qui a suivi sont-elles basses ? La réponse est non.  Le 22 avril 1984 qui suit le Noël le plus doux, les  températures maximales ont aussi été les plus chaude  de ces 20 dernières fêtes pascales avec 24,2° à Saint Etienne et 25,9° à Clermont-Ferrand... les autres années citées ont une fête de la résurrection un peu aux tisons  en 1986 à Saint-Etienne  (6,3 et8°), Beaucoup moins à Clermont, Limoges et Chambéry. Les autres Noël très doux (1978 et 1988 ont été suivis de journées pascales où le thermomètre a approché (15 avril 1979) ou même dépassé les 20° (le 26 mars 1989).

Le dicton fonctionnerait-il en sens inverse ? Noël aux tisons, Pâques aux balcons. Les corrélations ne sont pas nettes. Si Noël 1984, le plus froid  a été suivi de températures pascales très clémentes en 1985, Pour celui de 1979, très froid, la fête de la Résurrection suivante a été l’une des plus froides de la série un 6 avril.

 

Que conclure des dictons en matière de météorologie ? Ils sont certainement empreints de la sagesse paysanne ou des anciens véhiculés jusqu’à nous, mais nous espérons que ce petit exemple vous aura montré qu’il convient de les manier avec la plus extrême prudence. Que voulez vous ? Si l’on avait trouvé des moyens aussi faciles pour prévoir le temps, la météorologie et la climatologie ne seraient pas des disciples aussi difficiles.

 

Aussi nous espérons que vous avez eu des préoccupations plus spirituelles  ou familiales à l’occasion de cette fête de Noël  et avant de vous retrouver vendredi prochain à la Même heure, je vous présente, chers auditeurs, tous mes vœux pour 1995.

 

Commentaire actuel :


Il ne semble pas que les 14 années écoulées depuis cette chronique aient changé la tendance à propos de ce dicton

Par contre, la fête pascale de 2008 est la plus précoce depuis 1974. Signaler un 26 mars en 1989…….

Pâques 2008 va-t-il battre les températures les plus froides qui datent du 19 avril 1981 avec -5° de minimum à Clermont-Ferrand et -4° à Saint-Etienne ?

La mobilité de la Fête pascale ne semble pas avoir d’influence sur les températures, avant 2008, les plus précoces n’étaient pas les plus froides et inversement.

 

Gérard Staron

 

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Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195