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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 21:50

 

 

Le sujet incontournable de la semaine concerne l’épisode hivernal de Pâques :

-         Retour de la neige à basse altitude en particulier sur le Massif central et les reliefs de la moyenne montagne hercynienne,

-          consolidation du manteau au-dessus,

-          gelées dévastatrices pour les vergers en vallée du Rhône.

Les caractéristiques de la pulsion froide sont classiques. Au cours de la semaine sainte, l’anticyclone des Açores se positionne progressivement sur l’Atlantique, il met en place une véritable barrière de hautes pressions du Groenland à ses îles favorites en effectuant sa jonction avec l’anticyclone Polaire. Sur le flanc oriental, l’air arctique descend dans un vaste couloir. Le paroxysme du flux de nord se produit du Vendredi Saint au lundi de Pâques avec le retour de la neige. Le manteau tient à 650 m le vendredi, puis à 500 m pendant le week-end. Pendant 6 jours consécutifs des chutes de neige tombent sur la région stéphanoise. Sur le Pilat des hauteurs de 30 centimètres sont signalées, sur les Alpes en particulier les Préalpes suisses, les chutes cumulées dépassent 1,30 mètre avec le risque d’avalanches correspondant.

Après la fête pascale, la barrière méridienne de hautes pressions  cède au sud de l’Islande pour laisser passer des perturbations qui proviennent du nord –ouest. Elles sont alors moins froides, plus humides et arrosent d’autres régions. Les précipitations affectent les versant occidentaux des montagnes, le Massif central, Le Morvan, le Jura, les Vosges et les Alpes. Moins froides, le niveau du passage pluie neige remonte progressivement en altitude

Les temps perturbés de nord sont coutumiers des mois de mars et d’avril où ils donnent des giboulées. Les statistiques de types de temps  montrent que ces deux mois connaissent la probabilité la plus forte. Cette année, ils n’ont peut être pas fini de se signaler à notre attention. Non seulement la neige tombe au passage des fronts, mais aussi à l’arrière de ceux-ci par de brèves averses liées à l’instabilité de l’air qui descend des pôles quand il aborde nos régions. C’est pour cette raison que de Vendredi à mardi nous avons subi une alternance continue de chutes de neige et de courtes accalmies Les précipitations de nord affectent fortement le versant correspondant du Massif central en pénétrant plus profondément que les pluies ou neige de nord-ouest ou ouest. Le Pilat et la région stéphanoise sont un lieu très concerné par ces temps de nord, alors que ceux de nord-ouest ou ouest arrêtent très souvent leurs précipitations à la crête des monts de la Madeleine au Forez ou à celle du Beaujolais en effleurant par le nord  le département de la Loire.

Je ne sais s’il convient de faire une corrélation, mais l’extension de la banquise dans l’hémisphère nord a connu son maximum annuel le 24 mars selon l’image en provenance des satellites. Côté américain, le golfe du Saint Laurent est totalement englacé avec une grande partie des Grands Lacs et les côtes du Labrador. Côté Atlantique, une langue de glace s’élargit de l’extrême sud du Groenland au Spitsberg, puis rejoint la Nouvelle-Zemble et le nord de la Scandinavie. Les golfes de Botnie et de Finlande sont pris. De même, les mers de Béring et d’Okhotsk sont majoritairement englacées jusqu’à l’île d’Hokkaido du coté pacifique. La progression est nette depuis un mois.

Au maximum de sa puissance, le lundi de Pâques, le courant de nord est descendu jusqu’à proximité de la Méditerranée avec des températures négatives sous abri dans l’axe rhodanien jusqu’à Nîmes et Aix en Provence avec respectivement -2,2° et -0,4°.

Les vergers d’abricotiers, de cerisiers et de pêchers de la vallée du Rhône ont connu des dégâts importants en  raison de la convergence de plusieurs éléments

De nombreux végétaux, en particulier les arbres fruitiers et la vigne sont très sensibles aux gelées lorsqu’ils atteignent les stades de la floraison ou de la formation du fruit. Par exemple, la vigne résiste à des températures très basses en période de repos végétatif, en dessous de -19° alors qu’à partir du stade de la floraison de -1,8° à -2,5°  sont suffisants pour provoquer des dégâts importants. Chaque fois que des gelées tardives ont correspondu à ce stade de développement des végétaux, les quantités des récoltes de l’année concernée ont été très affectées en 1974, en 1977, en 1991 et en 2003. Pour cette dernière année, la récolte de vin avait baissé d’un tiers dans le Languedoc, la récolte de cerises de Cellieu avait été presque nulle, la pomme du Pilat avait fortement souffert.

Pour que ce stade de la floraison ou de la formation du fruit soit atteint, il faut un développement précoce des végétaux suivi de gelées tardives. La douceur de cet hiver a particulièrement affecté la vallée du Rhône en raison de sa situation à l’abri derrière les hauteurs du Massif central et du réchauffement de l’air qui redescend vers la Méditerranée.

En février dernier et au début de mars, les températures maximales douces ont été compensées par des gelées matinales sur l’axe qui s’étire du nord-est du pays au Massif central avec une extension irrégulière au Bassin aquitain. La vallée du Rhône n’a pas connu ces gelées. Les températures moyennes de Montélimar et Nimes 8,4° et 8,6° dépassent largement 6°, seuil de début de croissance des végétaux. Les arbres fruitiers  ont eu un développement rapide qui n’a pas été freiné. Subitement le 24 mars, des températures sous abri de l’ordre de -2°, souvent beaucoup plus basses près du sol et dans les bas fonds où se situent les vergers, ont franchi le seuil destructeur sur les fleurs ou les fruits en formation.

 La vallée du Rhône semble la seule région fruitière affectée en France, car le lundi de Pâques, elle s’est trouvée dans l’axe de la descente froide attirée par la dépression du golfe de Gènes.  D’autres grandes régions fruitières, le Bassin aquitain, le Roussillon, à l’écart n’ont pas subi ces gelées, entre +1 et +2° pour le Bassin aquitain, et +4° pour Perpignan dans le Roussillon. Les perturbations sur le marché des fruits seront moins fortes qu’en 1991 où toutes les zones productrices avaient été affectées. Par ailleurs, l’abricot, la Pêche et la cerise sont les fruits concernés car leur développement printanier est plus précoce, en particulier ils atteignent plus vite que d’autres, comme les pommiers et les poiriers, les stades de la floraison et de la formation du fruit. Ils ont plus de probabilité de connaître des dégâts en cas de gelées tardives. Je n’ai rien entendu sur les pommiers et poiriers ces derniers jours. 
 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance, texte repris sur zoom42.fr et sur mon blog.


Sur ce même blog, j’ai commencé un récapitulatif de mes chroniques anciennes de Radio Espérance depuis le N°1 en octobre 1993, si certains auditeurs souhaitent retrouver certains de ces textes, me le faire connaître sur la rubrique commentaire de gesta.over-blog.com.


 
Bonne semaine à tous.

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 12:34

 

Avec les références climatiques de Saint-Etienne (42)  et des régions voisines

 

   Les gelées sous abri ont réapparu mardi matin 18 mars. Selon ma thèse « l’hiver dans le Massif central », la dernière gelée sous abri se produit, une année sur deux,  le 22 avril à Saint Etienne-ville et le 4 mai à Andrézieux pour des séries de plus de 20 ans. La différence paradoxale en fonction de l’altitude entre les deux s’explique par l’ilot de chaleur urbain, les inversions de températures par temps anticyclonique et par la situation topographique, cuvette  dans un cas, position sur un versant pour l’autre. Les gelées tardives sont souvent dévastatrices pour la végétation en particulier les arbres fruitiers et la vigne, quand arrive le stade de la floraison. On peut espérer que les dégâts seront plus faibles que ceux de 1991 et 2003 pour les producteurs de notre département.

La neige est arrivée un peu en retard sur les prévisions. Les radars et les images de satellite montrent que la progression des fronts pluvieux a été retardée plusieurs heures sur l’axe des monts du Forez à ceux de la Madeleine. La chute a eu lieu vers 17 heures dans le nord de Saint-Etienne. Elle a tenu au sol à plus de 650 mètres sur les flancs du Pilat. Selon la même source, la dernière chute se produit une année sur deux le 12 avril sur la capitale forézienne, elle tient au sol une année sur deux jusqu’au 22 mars. La chute la plus tardive date du 3 mai 1974 sur la ville.

Ce retour de l’hiver n’a donc rien d’exceptionnel, reste seulement à connaitre sa durée puisque le week-end pourrait bien montrer une aggravation.

Pâques sera aux tisons, la principale fête chrétienne de 2008 est la plus précoce des 30 dernières années, avec un 23 mars après un 26 mars en 1989. Tout le monde connait le dicton « Noël aux balcon, Pâques aux tisons », cette année les deux risquent d’être aux tisons puisque j’avais observé pour le 25 décembre 2007 -4,7° de température minimale et 6,6° de maximale.  Le lien thermique si connu entre les deux fêtes est aléatoire.  Vous pouvez retrouver ma chronique N°14 du 30 décembre 1994 consacrée à ce sujet sur mon blog : gesta.over-blog.com.  2008 battra-t-il  la température la plus basse de -5° enregistrée le jour de Pâques 1981 à Clermont-Ferrand ?

La situation atmosphérique responsable de ce retour de l’hiver correspond à un temps de nord tout à fait classique à une période de l’année où ils sont les plus nombreux et provoquent les fameuses giboulées de mars souvent en avril. L’anticyclone installé sur l’Atlantique laisse descendre sur son flanc oriental l’air polaire dans un gigantesque couloir dépressionnaire de l’Océan Arctique à la Méditerranée. Jusqu’à jeudi, le courant de nord nous atteignait avec des pressions élevées en marge de l’anticyclone,  les gelées ont été observées sur notre département. Depuis vendredi, les perturbations prennent le relais et la neige arrive.

Autre information intéressante, avec plus de 10.5 mm, ce vendredi 21 mars, a subi la précipitation la plus importante sur 24 heures depuis le début de l’année 2008, pour commercer à tordre le cou de la sécheresse !

 

Vous pouvez aussi consulter : http:// pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 19:28

 

 

Les dictons en météo : Noël au balcon Pâques aux tisons

 

    Chronique climatologie N° 14,  le 30 décembre 1994,  Radio Espérance, texte d’origine

 

  En cette période de fête, j’ai pensé vous entretenir d’un sujet un peu moins sérieux : quel est le degré de fiabilité des dictons pour la prévision du temps ?

Les météorologues et les climatologues considèrent très souvent les dictons que vous connaissez tous, avec un grand détachement. Certains sont frappés d’un certain bon sens : « En avril ne te découvre pas d’un fil et en mai fais ce qu’il te plait » .Dans ce cas il existe des mois d’avril très beaux suivis d’un mois de mai très frais, ou pour  le dicton vellave «  quand la montagne prend son chapeau (souvent le Mézenc), berger prend ton manteau ». Bien que cette situation de nuages très bas annonce plus la pluie, il y a souvent un rafraichissement du temps après son passage.

Beaucoup de dictons ont un caractère très anecdotique ou même parfois confus, par exemple « Quand il pleut pour la Saint Médard… » Suivent deux versions « il pleut pendant 40 jours… ou 40 jours plus tard », ce qui n’est pas la même chose

 

En cette fin d’année (1994), je me suis intéressé au fameux « Noël au Balcon, Pâques aux tisons » en comparant les températures de ces deux fêtes pendant les 20 dernières années (1974-1994) à quelques villes du réseau de Radio Espérance (Clermont-Ferrand, Limoges, Chambéry-Aix, et Saint-Etienne).

On constate tout de suite que notre Noël 1994 est plutôt aux tisons, ce n’est certes pas une grande découverte, la fête a correspondu à la phase maximale de la petite vague de froid qui a touché le pays du 15 au 27 décembre entre deux périodes très douces. Les températures minimales et maximales du jour de Noël ont été négatives  à Saint-Etienne (-2 et-1°) à Clermont-Ferrand (-1,5 et -0,4°) et Limoges (-2,3 et -1,4° ). Seule la station de Chambéry-Aix a connu des températures positives (1° pour les deux). En outre, dans toutes ces stations, ce jour de Noël n’a pas vu le soleil : durée d’insolation nulle.

Ces températures ne sont un record pour la journée de Noël qu’à Limoges puisque la température maximale la plus basse depuis 1974 était de +0,8° en 1976 contre -1,4° en 1994. Partout ailleurs, on recense au moins un jour de Noël plus froid. La température moyenne maximale d’une journée de Noël dans les 4 stations se situe entre 7 et 7,7°. Pour la nuit de Noël,  la température observée a été banale à Clermont Ferrand, où 6 fois sur les 20 dernières années elle a été plus basse avec un minimum de -6.4° en 1979, et à Limoges, où 2 fois on descend en dessous avec -3,6° en 1975. Saint-Etienne a même connu un -7.6° pour le 25 décembre 1986.

Que donne la comparaison des températures de Noël avec celles du jour de Pâques qui suit ?

Si on apporte crédit au dicton, « Noël au balcon, Pâques aux tisons »,  les 25 décembre les plus doux devraient être suivis des journées pascales les plus froides. Les Noël les plus doux ont été ceux de 1983 avec un maximum de 20,2° à Saint-Etienne et un minimum quotidien de 9° à Clermont-Ferrand. Les autres 25 décembre au balcon sont ceux de 1985, 1978 et 1988.

Les températures de la fête de Pâques qui a suivi sont-elles basses ? La réponse est non.  Le 22 avril 1984 qui suit le Noël le plus doux, les  températures maximales ont aussi été les plus chaude  de ces 20 dernières fêtes pascales avec 24,2° à Saint Etienne et 25,9° à Clermont-Ferrand... les autres années citées ont une fête de la résurrection un peu aux tisons  en 1986 à Saint-Etienne  (6,3 et8°), Beaucoup moins à Clermont, Limoges et Chambéry. Les autres Noël très doux (1978 et 1988 ont été suivis de journées pascales où le thermomètre a approché (15 avril 1979) ou même dépassé les 20° (le 26 mars 1989).

Le dicton fonctionnerait-il en sens inverse ? Noël aux tisons, Pâques aux balcons. Les corrélations ne sont pas nettes. Si Noël 1984, le plus froid  a été suivi de températures pascales très clémentes en 1985, Pour celui de 1979, très froid, la fête de la Résurrection suivante a été l’une des plus froides de la série un 6 avril.

 

Que conclure des dictons en matière de météorologie ? Ils sont certainement empreints de la sagesse paysanne ou des anciens véhiculés jusqu’à nous, mais nous espérons que ce petit exemple vous aura montré qu’il convient de les manier avec la plus extrême prudence. Que voulez vous ? Si l’on avait trouvé des moyens aussi faciles pour prévoir le temps, la météorologie et la climatologie ne seraient pas des disciples aussi difficiles.

 

Aussi nous espérons que vous avez eu des préoccupations plus spirituelles  ou familiales à l’occasion de cette fête de Noël  et avant de vous retrouver vendredi prochain à la Même heure, je vous présente, chers auditeurs, tous mes vœux pour 1995.

 

Commentaire actuel :


Il ne semble pas que les 14 années écoulées depuis cette chronique aient changé la tendance à propos de ce dicton

Par contre, la fête pascale de 2008 est la plus précoce depuis 1974. Signaler un 26 mars en 1989…….

Pâques 2008 va-t-il battre les températures les plus froides qui datent du 19 avril 1981 avec -5° de minimum à Clermont-Ferrand et -4° à Saint-Etienne ?

La mobilité de la Fête pascale ne semble pas avoir d’influence sur les températures, avant 2008, les plus précoces n’étaient pas les plus froides et inversement.

 

Gérard Staron

 

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 21:06
 
                 Remarques après le second tour des municipales et des cantonales en France……..
 
    La répétition est bannie dans le domaine de l’écriture, pourtant elle est indispensable quand les faits sont tenaces et que beaucoup de nos concitoyens circulent sans voir.
Une fois de plus, ce dimanche 16 mars, une situation météorologique perturbée en liaison avec une dépression centrée sur le nord de notre pays correspond à une nette victoire électorale de la gauche. Les pressions sont inférieures à 1013 hpa sur la quasi-totalité du pays, l’image de satellite montre une France camouflée sous d’épaisses couches de nuages. . Les plus épais recouvrent les zones qui connaissent des séismes politiques, avec deux lignes ouest –est, du Périgord au département de l’Ain, et de la Normandie , au bassin Parisien et à l’Alsace.
Les seules régions qui présentent un ciel moins nuageux sont celles où l’UMP conserve ou gagne quelques villes. Il s’agit de régions à l’abri derrière des reliefs comme le littoral méditerranéen avec Marseille, Nice, Nîmes, Sète, Aix, comme les Alpes du sud avec Gap,. Le sud-ouest pourtant historiquement défavorable à la droite est partiellement dans le même cas avec Agen Albi Montauban en dépit du cas inverse de Toulouse pour une marge infime. La pointe de la Bretagne est aussi en arrière du système perturbé et l’UMP y gagne quelques villes moyennes dans le Finistère.
L’association entre un temps anticyclonique avec ciel dégagé le jour de l’élection et une victoire de la droite, et à l’inverse entre un temps perturbé et pluvieux et une victoire de la gauche m’a été suggéré par mes souvenirs antérieurs lors de l’élection présidentielle de 1995 avec ma chronique N°32 sur Radio Espérance. Mon livre «  le Ciel tomberait-il sur nos têtes ? » ( Editions ALEAS 2003) consacre un chapitre complet avec analyse des situations atmosphériques, à cette concordance pour les élections en France , en Allemagne aux Pays bas et au Parlement européen. Depuis les élections françaises de 2007 et celles d’autres pays européens ont confirmé …
Il ne s’agit pas d’une remarque amusante mais d’une observation tenace et persistante qui suscite trop souvent l’agacement ou l’hostilité de nos concitoyens les plus politisés ou des universitaires enfermés dans leurs certitudes. Combien de fois ais-je entendu « je n’y crois pas » comme si c’était une croyance ou une religion. Dans une société qui reconnait subir l’impact des conditions climatiques dans de nombreux domaines, pourquoi serait-il inconvenant que le temps puisse influencer une frange d’électeurs pour se rendre ou non au bureau de vote ou son humeur au moment de glisser un bulletin dans l’enveloppe? Je suis le premier à considérer que la majorité des citoyens émet un vote motivé par des raisons de fond, mais, dans un pays où les élections se jouent souvent sur une marge infirme, pourquoi l’influence du ciel météorologique ne pourrait pas être déterminante ?
 
Décidément la conclusion de mon livre «  Le ciel tomberait-t-il sur nos têtes ? » est toujours d’actualité : « Cet ouvrage n’est que la dictature des faits face aux idéologues qui ont confisqué les pouvoirs pour sortir les peuples des réalités » 
 

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 18:14
 
 
L’inondation des régions cotières et les navires perchés en raison du phénomène de « surcotes », Les effets sur la première étape de Paris-Nice, raccourcissement du parcours et bordures.
La tempête de lundi a balayé la moitié septentrionale du pays. Elle doit être classée dans les épisodes de vents violents qui proviennent de l’Océan Atlantique en liaison avec une dépression très creusée centrée sur les Iles britanniques. La colère du ciel de lundi ne restera pas dans l’histoire des plus violentes puisque la vitesse maximale des rafales a atteint 155 km/h à la pointe du Raz et 135 km/h à Ouessant. Les grandes tempêtes comme celles de décembre 1999, février 1990 ou octobre 1987 ont connu des vitesses maximales de l’ordre de 180 à 200 km/h.
Cet événement présente deux aspects intéressants, des inondations selon un mécanisme particulier celui des « surcotes », et la grande sensibilité des courses cyclistes au vent avec le départ différé de la première étape de Paris-Nice.
Les inondations de lundi n’ont pas été liées à des débordements classiques de rivières. Comme toujours les vents violents sont accompagnés de précipitations. Ces dernières ont déposé 20 à 30 mm sur l’ensemble du Massif Armoricain avec des extensions en direction du Limousin et du nord du pays jusqu’aux Ardennes. Après un mois de février assez sec, un tel total n’est pas de nature à provoquer un débordement majeur des rivières. Les rivières bretonnes, la Mayenne, l’Orne, les affluents aval de la Seine à partir de l’Oise ont monté de l’ordre de 50 cm, soit une réaction assez modeste.
Les inondations concernent des secteurs côtiers avec une montée de la mer sur les quais comme à Cherbourg ou un débordement des rivières dans l’estuaire. Elles sont liées à un phénomène qui accompagne les tempêtes océaniques que l’on nomme la surcote. Le même mécanisme explique la présence de bateaux perchés sur les quais des ports ou de ce cargo sur la plage des Sables-d’Olonne. La forte baisse de la pression atmosphérique au moment du passage de la tempête provoque une réaction de l’océan qui monte son niveau pour compenser le vide. Cette espèce d’aspiration de la mer est connue en cas de forte dépression. Lundi, les pressions descendent à moins de 960 hpa contre une moyenne de 1013 hpa environ. L’océan compense par une hausse de l’ordre d’un mètre. Le danger est accentué par la concordance avec de fortes marées. Le cumul de la marée haute et de la surcote de la tempête a provoqué les inondations littorales. Dans l’estuaire de la Laita en Bretagne, les marées font varier le niveau de la rivière entre 2,5 m pour le jusant et 5,5 m pour la marée haute, mais ce 10 janvier le niveau monte d’un mètre supplémentaire, à plus de 6,50 m, en raison de l’arrivée au même moment de la surcote liée à la tempête. Quand on ajoute les vagues de l’ordre de 4 à 6 m dans ces cas, un habitat doit être au moins 10 mètres au dessus du niveau normal de la mer pour être à l’abri des tempêtes océaniques, des bateaux peuvent être propulsés à des niveaux habituellement peu maritimes.
Deuxième conséquence originale de la tempête, la première étape de Paris Nice entre Amilly, petite commune près de Montargis et Nevers a été raccourcie dans une premier temps puis a connu un déroulement très intéressant en raison du vent.
Pour la troisième fois au moins dans l’histoire du cyclisme, une étape a été partiellement neutralisée en raison de la vitesse du vent. Les deux cas précédents concernaient une étape du Tour de France Aubagne-La Grande Motte en juillet 1969 en raison du mistral au moment de la traversée de la Camargue, et plus récemment, lors du Tour de Murcie 2005.
 Ce lundi, c’est une tempête océanique qui provoque le même avatar dans un secteur qui ne correspond pas à l’endroit où les vents ont été les plus forts en France. Cette première en domaine océanique est liée au passage du maximum du coup de vent au moment du départ de la course, à la mi-journée. La tempête a balayé la Bretagne dans la nuit précédente, elle traverse le pays avec une bulle maximale qui s’étire de la Manche aux régions du Val de Loire et qui continue en soirée dans l’est de la France. Dans se traversée du centre du pays, Eole a perdu de sa vigueur et les rafales atteignent à peine 100 km/h. Ceci montre une certaine fragilité du sport cycliste par rapport aux vents violents, car dans les 3 cas que nous venons de citer, la course a été interrompue quand les vents ont atteint 80 à 100 km/h, seuil faible pour une tempête mais dangereux pour un peloton en plein effort.
En déplaçant le départ de l’étape vers le sud dans le petit village de la Chapelotte, les organisateurs éloignent la course des rafales les plus fortes qui se situent du centre du bassin de Paris à la Manche, Ils laissent aussi le temps au paroxysme de la tempête de continuer à se décaler vers l’est en dépassant l’axe de l’itinéraire de la course .
Il n’en reste pas moins que le vent a gardé suffisamment de force sur le parcours effectivement couru pour imposer son impact sur la compétition. Dans notre récent ouvrage « Conditions climatiques et compétitions cyclistes »(1), Jean-Paul Bourgier et moi-même avons constaté qu’Eole influence les épreuves de vélo à partir de seuils situés ver 40 à 50 km/h de vitesse, soit bien plus bas que les niveaux de lundi.
 Le tracé restant de l’étape vers Nevers comprend deux tronçons très différents. Entre La Chapelotte et Baugy, la course continue sa descente vers le sud, avec un vent de sud-ouest défavorable à la progression de la course. Non seulement l’épreuve est ralentie, mais ce genre de situation freine l’animation de la course, car le peloton reste tranquillement collé aux basques de ceux qui mènent et qui supportent principalement les effets du vent.
 Après le village de Baugy, l’itinéraire prend une orientation ouest-est pour rallier Nevers, le vent provient alors de côté, plus précisément, trois-quarts arrière. A partir de ce moment là, un mécanisme classique de bordure se met en place comme souvent par vent de coté dépassant 40 à 50 km/h. A l’avant du peloton, il se forme un éventail, les concurrents s’abritant derrière celui qui mène. A l’arrière ceux qui n’ont pas trouvé d’abri dans l’éventail sont alignés dans la ficelle. Ils doivent fournir un violent efforts dans le vent pour garder le contact avec les concurrents qui précèdent et ils sont lâchés les uns après les autres. Des groupes éparpillés s’égrènent au bord de la route et à l’arrivée leur retard est conséquent sur la quarantaine de concurrents qui forment la première bordure et qui se disputent la victoire. un violent souffle atmosphérique de côté a toujours pour effet de déclencher une sélection en fonction du positionnement des concurrents dans le peloton au moment où le mécanisme se met en place. Un des favoris de l’épreuve Cadel Evans, qui n’avait pu remonter suffisamment à l’avant du peloton après une chute, est piégé à l’arrière.
Ce phénomène se déclenche toujours après un changement de direction majeur du parcours, ici à Baugé. La vitesse et la direction du vent sont le facteur déterminant, mais la nature géographique des régions traversées, des plateaux dégagés souvent voués aux cultures céréalières est aussi essentielle. Dans le Bassin parisien, il s’agit le plus souvent de la Beauce, mais lundi le Berry est concerné. De longues lignes droites de même direction sont nécessaires pour donner le temps aux bordures de se mettre en place.
Les conditions atmosphériques difficiles sont capables d’arrêter la course ou de provoquer les plus grands exploits avec une animation très intéressante, c’est ce qui a été produit par le vent lundi dernier.
 
 
       
 
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(1) Pour plus de détail sur les bordures, voir….
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages, 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce livre très original rassemble de très nombreuses analyses de courses cyclistes professionnelles pendant lesquelles les conditions météorologiques ont facilité des performances exceptionnelles, gêné la course, voir provoqué de graves accidents »
 « Vient de paraître »La Météorologie 8ème série N°59 novembre 2007
Revue de la société météorologique de France
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 15:56

        
  Les élections du 9 mars 2008 confirment l’impact des conditions climatiques. Le phénomène est autant visible pour les municipales en France que pour les législatives en Espagne. Depuis les débuts de la Cinquième République, toutes les victoires de la gauche se sont produites en France lors de temps perturbés nuageux et pluvieux. Il en est ainsi des victoires présidentielles de F. Mitterrand, des législatives de 1981 et 1997 et aussi des dernières municipales. Ce 9 mars 2008, La France est en effet traversée par une perturbation en liaison avec la célèbre dépression d’Islande. Les pressions sont inférieures à 1015 hpa sur l’ensemble du pays et à 13 heures un front froid s’étire du Benelux au golfe du Lion. L’image du satellite à la même heure montre une France couverte de nuages avec deux zones où leur densité est plus forte, dans le grand ouest et aussi dans l’axe Rhône, Saône Rhin. Il est curieux de constater que les pertes les plus sévères de la droite se sont produites dans les deux secteurs du pays où les précipitations sont les plus fortes. Ce dimanche, il pleut beaucoup à Laval (17 mm) Rouen 17 mm) Rennes etc… Une grande zone de précipitations occupe le grand ouest et s’étend jusqu’au Poitou, à la région Parisienne et au nord du pays. De nombreux observateurs signalent les très fortes pertes de l’UMP dans toutes ces régions. L’autre partie arrosée du pays se situe dans le sud du Massif central (Rodez 6,4 mm) dans la vallée du Rhône et remonte en direction de celle de la Saône. Il est intéressant de constater que les listes UMP résistent mieux dans un espace intermédiaire qui s’étire de l’Aquitaine au nord-est, où les pluies ont été beaucoup plus faibles, moins d’un millimètre au Puy en Velay, à Chaumont, mais aussi à Saint Etienne et des élections au premier tour à Bourges et Châteauroux, Saint Quentin etc.... Il s’agit de villes situées dans des bassins intramontagnards à l’abri, peu sensibles aux influences océaniques, ou dans une bande centrale du pays où la perturbation avait perdu de sa puissance. En effet les pluies sont fortes quand elles abordent les continents, puis elles s’étiolent dans la bande centrale, et se régénèrent près de la Méditerranée. Les conditions climatiques nuageuses pluvieuses s’étendent aussi à L’Espagne, ce même dimanche, où les socialistes emportent de peu les législatives contre le parti populaire ( 43,6% contre 40,1%) L’analyse régionale est encore plus intéressante quand on observe l’image de satellite de 13 heures. Les socialistes du PSOE progressent fortement dans les régions les plus affectées par les précipitations et le ciel couvert, soit le Pays Basque (+11% pour le PSOE) où les masses pluvieuses qui descendent de l’Atlantique butent sur les reliefs de la chaine Cantabrique, et la Catalogne (+ 5 sièges ). La perturbation et les nuages français débordent sur une large bande septentrionale du pays. Les régions au ciel parfaitement dégagé du centre et du sud de la Péninsule Ibérique ont connu une forte progression du Parti populaire avec des gains en siège à Madrid, Valence et Murcie. Lors des dernières élections de 2004, le PSOE avait aussi remporté le scrutin sous les fortes pluies d’une perturbation méditerranéenne. Scrutins après élections, une corrélation se confirme entre le temps du jours de l’élection et les résultats. Depuis 1958, la droite l’a toujours emporté lors des jours de beau temps anticyclonique avec soleil et ciel dégagé. 2007 l’a confirmé lors des deux tours de l’élection présidentielle et seulement lors du premier des législatives. Le second avait corrigé le résultat sous les pluies d’orages. Les victoires de la gauche se sont produites toujours sous un ciel couvert avec un temps perturbé et pluvieux. Elections après scrutins, cette remarque s’étend à des pays européens de plus en plus nombreux. Dans mon ouvrage « le ciel tomberait-il sur nos têtes ? » publié en 2003, l’Allemagne, les Pays bas, confirmaient la même remarque faite d’abord en France. L’Espagne s’est ajouté en 2004 et confirme en 2008. D’autres pays, comme La Suède, l’Autriche, se sont inscrits au club…… Pour en savoir plus……

 Gérard Staron « Le ciel tomberait-il sur nos têtes » 2003, 222 pages Plus précisément chapitre 1 : Climat électoral p 13 à 47 Editions ALEAS 15 Quai Lassagne 69001. Lyon

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:18

                                                                Chronique climatologie n°669

     L’hiver est officiellement terminé depuis le dernier jour de février, c’est pourtant le moment où il a choisi de revenir avec mars. Les documents de Météo France précisent en effet que l’hiver comprend les mois de décembre, janvier et février, mais le ciel se moque des normes administratives, fussent-elles météorologiques et internationales.
Le déroulement de la saison hivernale 2007-2008 est-il si erratique que cela ?
Souvenez vous… La neige avait fait une première apparition à 1200 mètres sur le Pilat le 29 septembre. La saison commence ensuite en fanfare avec une vague de froid exceptionnelle à la mi novembre avec -8,4 à Saint-Etienne-Bouthéon, -12,6° à Saint-Genest-Malifaux. Décembre suit avec la même tendance, l’air froid est indélogeable avec 16 jours de gelées consécutives à mon poste de Saint Etienne. Au changement d’année, l’enneigement est excédentaire, les épaisseurs exceptionnelles sur les Alpes au dessus de 2000 mètres et les températures en dessous des normales.
Ensuite tout change, les perturbations apportent la douceur et la pluie dans la première moitié de janvier surtout sur la moitié nord de notre pays, puis l’anticyclone suit avec son fort ensoleillement et ses températures maximales particulièrement douces. La neige n’effectue que de brèves apparitions sur le Pilat au dessus de 900 mètres
Il faut attendre les premiers jours de mars, donc du printemps administratif, pour un retour tonitruant du froid et de la neige à basse altitude.
Quand j’avais effectué ma thèse « L’hiver dans le Massif Central », j’avais constaté que chaque année, l’hiver connaissait un déroulement particulier avec des doux, des rudes, des longs, des courts, des neigeux, des précoces, des tardifs…
 Il y a bien quelques points de repères, en partie gommés cette année, deux maximums dans la première moitié de janvier et à la mi-février, séparés par un redoux. Le retour de temps de nord avec froid et neige au début mars est aussi un classique du genre qui a très souvent perturbé la course cycliste Paris-Nice pour le franchissement du col de la République ou dans sa traversée du Massif central,  au point de provoquer ce que nous nommons Jean-Paul Bourgier et moi « la malédiction du 13 mars » dans notre ouvrage « conditions climatiques et compétitions cyclistes- atmosphère de courses » publié en 2007 aux Editions L’Harmattan (1).
Il y a toutefois une saison froide qui ressemble étrangement à celle de cette année, il s’agit de 1974-1975. Cette dernière détient encore de très nombreux records de premières neiges précoces. Au dessus de 1000 mètres d’altitude, les chutes commencent aussi, dès le 29 septembre, par exemple à Tarentaise. A toutes altitudes, la neige tombe en octobre sur le Massif central, et quand certains secteurs privilégiés passent au travers de ces flocons précoces, ces derniers n’arrivent qu’en mars et pour de nombreux postes jamais en 1974-75.
La partie centrale de la saison connaît une douceur remarquable et il faut attendre mars 1975 pour l’arrivée le 18 et le 19 d’une vague de froid et de neige qui dépose de grosses épaisseurs sur le Limousin. Une autre se produit à la mi-avril, elle avait déposé 80 cm sur les hauteurs séparant Velay et Vivarais, le jour d’une élection municipale partielle contestée dans ma petite commune de Haute Loire. 
Comme en 2007-2008, l’enneigement avait été abondant à plus de 2000 mètres d’altitude sur les Alpes, mais avait singulièrement manqué en dessous. La saison froide actuelle n’est donc pas si erratique et son bilan chiffré risque d’être plus fourni que celui de 1974-75, par exemple pour le nombre de jour d’enneigement, 6 jours en 1974-75 à Saint-Etienne, 9 déjà cette année.
Ceci nous conduit une seconde question : l’hiver actuel dans sa partie centrale janvier et février a-t-il été si doux que l’on annoncé les médias, sachant que les températures de décembre étaient plus basses que les normales ?
Si je crois les repères climatologiques publiés par Michel Gagnard dans les 2 derniers bulletins des météorologistes d’entre Rhône et Loire, la douceur restera dans les annales pour les températures maximales.
-          En janvier elles se situent entre 3 et 4 ° au dessus des normales avec un rang compris entre le 1er et le 6ème  selon un classement établi en fonction de la douceur pour les 4 stations qui servent de repères Lyon-Bron, Villefranche, Le Breuil et Saint-Etienne-Bouthéon.
-          En février, Les températures maximales atteignent des niveaux conformes avec des écarts aux normales proches de 4° et un classement entre la 4ème et la 6ème place.
Par contre les températures minimales tranchent :
-          En janvier, l’excédent est bien moindre par rapport aux normales, moins de 1° au Breuil et Villefranche, 2,3° à Lyon Bron, avec des rang compris entre la 8ème et la 16 ème valeur la plus douce.
-          La tendance s’accentue en février avec des valeurs proches de la normale, entre -1,3° et 0,5°, des classements compris entre le 22ème et le 34ème sur des durées d’observation entre 40 et 88 ans selon les postes.
Ces températures minimales font rentrer dans l’anonymat les mois de janvier et surtout de février 2008
Si l’ensoleillement a été maximal, record sur la France selon Météo France, Le nombre de jours de gelées n’est pas négligeable et dépasse 50 à mon poste de Saint Etienne depuis le début de la saison, dont 24 pour les deux mois concernés.
La comparaison est particulièrement intéressante avec les mois de janvier et février 2007 réputée aussi pour leur très grande douceur. Si les températures maximales sont égales ou supérieures en 2008 par rapport aux valeurs de l’année précédentes, les minimales sont beaucoup plus basses, surtout en février, avec des écarts supérieurs à 2°.
Dans les deux cas les conditions étaient très favorables à la douceur avec une dominante de hautes pressions. Un facteur nouveau s’est invité en 2008, dont le rôle avait été discret en 2007, le rayonnement nocturne sous ciel dégagé qui provoque une forte déperdition d’énergie pendant les longues nuits et une baisse des températures minimales. Ce mécanisme est très présent dans les régions continentales en hiver où il détermine les températures très basses qui y sont observées en particulier en Sibérie. Pendant les jours de février où le phénomène a pris une certaine importance en France, les régions affectées par les gelées ont représentées un triangle dont le côté continental se situait des Ardennes à l’Alsace  avec une hauteurs qui s’étendait jusqu’au bassin aquitain et parfois aux plateaux de la Meseta espagnole.
Pourquoi ce pouvoir réfrigérant croissant en janvier et février 2008  par rapport à 2007 dans des conditions météorologiques très favorables à la douceur et dans des régions basses continentales souvent urbanisées qui dégagent de la chaleur par leurs activités ? Il peut y avoir des raisons de flux atmosphériques d’orientation différente, mais dans des situations météorologiques proches, on peut s’interroger sur le retour en force d’un mécanisme que l’on a toujours observé mais qui s’imposait beaucoup moins ces dernières années……
Si cette évolution se confirme, il s’agit d’une indication  qui pourrait enlever beaucoup de certitudes sur l’évolution à venir des températures !
Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain, sur les ondes de Radio Espérance, texte repris sur le portail internet Zoom42.fr
 
(1) Connaissez vous le dernier libre du « tandem professoral »
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages, 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce livre très original rassemble de très nombreuses analyses de courses cyclistes professionnelles pendant lesquelles les conditions météorologiques ont facilité des performances exceptionnelles, gêné la course, voir provoqué de graves accidents »
 « Vient de paraître »La Météorologie 8ème série N°59 novembre 2007
Revue de la société météorologique de France
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 15:02

                                                                           Chronique climatologie N°668

(enregistrement le 29/02/08, passage antenne le 1/03/08 Radio Espérance)
Nos amis suisses du canton de Genève ont une façon solennelle de faire de la climatologie, plus précisément de la phénologie, branche de la météorologie qui s’occupe de l’influence des climats sur les phénomènes périodiques de la végétation.
Ce 19 février 2008 le sautier de la République, Maria Anna Hutter, du grand conseil de l’Etat du canton de Genève a annoncé l’arrivée du printemps par l’éclosion de la première feuille du marronnier officiel. Cet arbre est planté dans la promenade de la Treille de la ville de Genève. Le Sautier de la République effectue ces observations officiellement depuis 1818. En réalité il s’agit du troisième arbre utilisé, le premier de 1818 à 1905, le second de 1906 à 1928 et le troisième, l’actuel, depuis 1929.
Les dates d’apparition de cette première feuille semblent de plus en plus précoces depuis l’origine. A l’époque du premier marronnier, avant 1905, 58% des années connaissaient le phénomène en avril, contre 42% en mars. De 1905 à 1928 pour le second arbre, plus de 4 années sur 5 la venue de la première feuille s’est produite en mars. Depuis 1929, pour le troisième marronnier, près de deux cas sur trois apparaissent en mars, le troisième tiers se produit en février. Il existe des années où l’observation a eu lieu en janvier et même une en décembre en 2002. Avril n’est plus représenté. Toutes les observations de décembre et janvier la majorité de celles de février ont eu lieu après 1970. La décade la plus précoce est celle de 1990 à 1999, avec 8 observations sur 10 avant mars et une date moyenne au 17 février. On peut déjà affirmer que celle en cours depuis 2000 sera en retrait et amorce une légère tendance un peu plus tardives avec actuellement un retard moyen de 3 jours par rapport à la décade précédente, en dépit de la seule observation en décembre.
On constate que lorsque le marronnier a ouvert sa première feuille très tôt, il a pu y avoir ensuite des retours de saison froide qui ont pu maltraiter la dite feuille. Tel est le cas de l’hiver 1974-75 où l’épisode hivernal de la mi-mars puis d’avril a suivi sa date d’apparition au 31 janvier, mais aussi ceux de 1990-1991 et de 2002-2003 où la feuille arrivée respectivement le 3 janvier 1991 et le 29 décembre 2002 a dû être très résistante pour supporter les gelées sous abri de la mi-avril. De nombreux vergers et vignobles avaient été dévastés en Europe avec des baisses significatives des productions correspondantes ! Plus la date est précoce, plus le marronnier officiel doit être très dur de la feuille pour supporter des reprises tardives possibles de l’hiver.
La tendance à une précocité très affirmée depuis le XIXème est indéniable. Elle s’est renforcée dans les dernières années du XXème et semble s’atténuer avec le nouveau siècle.
La date du 19 février 2008 correspond au 14ème rang de l’observation la plus précoce depuis 1970. Ceci confirme qu’au bilan global l’hiver qui se termine sera moins doux que le matraquage médiatique l’a annoncé régulièrement. Ne pas confondre beau temps et douceur !
L’arrivée de cette première feuille est-elle vraiment représentative du début du printemps comme le prétend le Sautier de la République de Genève ? Quelles sont les conditions thermiques qui déterminent cette apparition dans les jours qui précèdent ? En utilisant mes archives des températures quotidiennes de Genève Cointrin depuis 20 ans, j’ai donc effectué cette petite étude….
Cette apparition de la première feuille est-elle précédée de la fin des gelées sous abri ? Près d’une année sur 3, et même de façon parfois sévère (-4,8° en 2008), les températures minimales sous abri sont négatives les jours de la venue. Il ne s’agit pas de phénomènes isolés puisqu’il concerne plus de 3 jours avant et même une décade en 2008 et 1998. Au contraire, seulement une année sur 4, la dernière gelée est intervenue plus d’une semaine avant la date fatidique. Il est donc impossible d’établir un lien entre la fin du gel et l’apparition de la première feuille qui lui semble totalement insensible.
Le seuil de 6° de température moyenne quotidienne est considéré par les biologistes et les géographes comme celui qui provoque le début du développement de la végétation. De nombreuses études agronomiques effectuent même le cumul des températures moyennes quotidiennes de plus de 6° pour les mettre en relation avec les différents stades de développement des plantes. Le marronnier officiel de Genève est iconoclaste. En effet sur 20 ans, 3 fois il n’y a eu aucun jour où la température moyenne quotidienne a dépassé 6° dans la décade qui a précédé la première feuille. Il s’agit de 2008, 1996 et 1993. 11 années, on observe moins de 3 jours épars puisqu’ils ne précèdent pas immédiatement l’apparition de la feuille. Seulement en 2007, il y a eu une décade consécutive de températures moyennes supérieures à 6°. Il est donc difficile d’établir quelques liens entre les deux observations.
Si les critères classiques de la fin des gelées et des températures quotidiennes moyennes supérieures à 6° sont inopérants pour expliquer l’arrivée de la première feuille du marronnier officiel, doit-on en conclure que cette date est aléatoire par rapport aux températures ?
Pour avoir un début de réponse, il faut prendre en compte les températures maximales. On remarque que sur les 20 ans, 19 fois le maximum de la journée a été positif pendant les 10 jours consécutifs qui ont précédé l’éclosion de la feuille. La seule exception correspond à 1993. Si on applique le seuil de 6° aux températures maximales, on observe que 3 années sur 4, on trouve plus de 7 jours où ce niveau est dépassé dans la décade qui précède la venue.
Est-ce que le cumul de ces températures maximales positives de la dernière semaine apporte une information nouvelle. A l’exception de l’année 1993, il semble que la somme des températures maximales de la semaine qui précède le jour fatidique dépasse toujours 45°.La moyenne se situe à 62°. A l’opposé ce cumul ne dépasse 90 qu’en 2005.
A Genève, les températures maximales positives semblent avoir un rôle substantiel dans le réveil de la végétation pour déterminer l’arrivée du printemps selon le Sautier de la République. Ce marronnier officiel est toutefois très dur de la feuille puisqu’il résiste aux gelées et aux seuils reconnus par les éminents biologistes et agronomes.
Cette particularité n’est-elle pas liée à sa localisation dans un lieu très particulier, surnommé autrefois « le petit Languedoc » dont les caractéristiques thermiques favorables n’ont pu qu’être renforcées par le développement de l’agglomération de Genève et de son îlot de chaleur urbain. Ceci fausse-t-il la comparaison avec les températures de la station officielle de Genève-Cointrin ?
Tout ceci laisse penser que cette observation de la première feuille du marronnier officiel est plus une tradition historique vénérable qu’un critère valable du début du printemps, une indication à utiliser avec modération. Le grand intérêt de cette date de l’éclosion de la première feuille du marronnier  officiel de la treille se situe dans la durée continue de la série d’observation, officiellement depuis 1818 , officieusement depuis 1808 avec Marc Louis Rigaud.

Gérard Staron 
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Connaissez vous le dernier libre du « tandem professoral »
Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron
« Conditions climatiques et compétitions cyclistes – Atmosphères de courses »
Editions de L’Harmattan collection Espaces et temps du sport, 315 pages , 2007
« Ces pages, je les ai dévorées parce qu’elles on le charme de l’inédit et que leur contenu est passionnant » Jean-Marie Leblanc
« Ce sont ces grandes heures de ces courses d’anthologie que Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron nous livrent ici avec la verve du grand reporter pour l’un et l’atticisme du météorologue pour l’autre » Jacques Plaine

   

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 11:41

Chronique climatologie N°667

(enregistrement le 22 février 2008, passage antenne le 23 février 2008 Radio Espérance)
On commence à entendre ici et là le retour de discours catastrophiques sur la ressource en eau avec l’annonce de problèmes en vue de la prochaine saison chaude. Le préfet des Pyrénées orientales aurait même pris le premier arrêté de la saison de restriction de la consommation d’eau.
Ce discours n’est-il pas un peu prématuré sur notre pays ?
Après une saison chaude 2007 globalement très arrosée, la pluviométrie connaît une faiblesse relative depuis le mois d’octobre 2007.
L’automne 2007 a été globalement très sec. A l’exception de secteurs ponctuels des Cévennes et de la Corse, en raison de l’épisode méditerranéen de novembre, tout le reste du pays a connu un déficit substantiel parfois sévère. Toutes les régions littorales de l’Atlantique et de la Méditerranée ont reçu moins de la moitié de la pluviométrie habituelle de septembre à novembre en compagnie des Alpes et de secteurs ponctuels de l’est du Bassin parisien.
Le mois de décembre a commencé légèrement à corriger avec une pluviométrie excédentaire sur les massifs montagneux, à l’exception des Pyrénées.
Les perturbations de la première moitié de janvier ont continué à apporter une pluviométrie très abondante sur une diagonale du Grand Ouest aux Alpes. Seuls quelques secteurs à l’abri du Roussillon des Limagnes, du bassin parisien et de l’Alsace ont continué l’indigence
Après, la présence de l’anticyclone tenace, dont je vous contais les tribulations la semaine dernière, a contribué à limiter les précipitations à l’épisode du 31 janvier au 4 février et à celui très limité de la semaine précédente.
Ainsi à l’exception de la première quinzaine de janvier, les précipitations de saison froide qui rechargent les réserves en eau sont faibles en ce semestre froid 2007-2008. Habituellement, elle rechargent la réserve en eau des sols, alimentent les cours d’eaux et leurs barrages et remontent les niveaux des nappes, tous affectés et entamés par les déficits de la saison chaude.
Cette année, on aboutit à un paradoxe. La saison chaude 2007 a été tellement pluvieuse que les ponctions ont été très réduites et la saison froide actuelle n’a pas contribué à améliorer une situation qui n’était pas vraiment dégradée.
Tout ceci a pour résultat une situation de la ressource qui n’a rien d’excellent, ni de catastrophique.
La réserve en eau du sol a été rechargée très tôt à l’automne, dès septembre sur la région stéphanoise, elle était pleine. Elle l’est encore sur la plus grande partie du pays. Seuls échappent à ce plein remplissage quelques plaines et vallées: les bassins de Provence, l’ouest du Languedoc et le Roussillon, les Limagnes et les plaines de la Loire supérieure, des secteurs ponctuels des centres du Bassin aquitain et de la plaine d’Alsace. L’an dernier à la même époque le bilan était semblable.
Les débits des rivières sont corrects. A titre d’exemple, la Loire à Bas en Basset a eu un débit moyen de 45,2 m3s en janvier contre une moyenne de 47. A Gien et en aval, ils ont été un peu supérieurs à la normale. Sur l’ensemble du bassin de la Loire, à la fin de janvier 2008, 74% des stations limniques présentaient une hydraulicité proche de la moyenne à la même date avec une amélioration sensible par rapport aux mois précédents.
 Les barrages sont le plus souvent remplis. Sur la Loire, Naussac a continué son remplissage avec 151 Mm3 soit environ 80% de la capacité totale. Villerest est quasiment plein avec 128 Mm3 pour une capacité totale de 130 Mm3.
La situation la plus contrastée concerne les nappes. Globalement, plus elles sont profondes et importantes, plus leur situation est dégradée en raison de leur histoire antérieure.
Les nappes alluviales, celles des pays volcaniques de la Haute Loire, celle du Trias sur le bord septentrional du Massif Central sont correctement remplies parfois avec des niveaux  supérieurs à ceux atteints une année sur 10. Les nappes du cénomanien et de la craie ont des niveaux assez faibles. La plus basse, en dessous de son second niveau d’alerte, est la nappe de Beauce, la plus profonde et vaste du centre du bassin de Paris.
Cette dernière situation n’est en rien liée à l’évolution du dernier semestre. En effet depuis les maximums de 2002 et de mai 2003, la nappe de Beauce a baissé de plus de 4 mètres jusqu’à Juillet 2007. Depuis, la nappe a bougé de moins de 20 cm et elle est même stable depuis octobre.
Ces aquifères puissants varient avec des retards sensibles sur les conditions météorologiques. La sécheresse de l’automne a fournit un minimum au 27 janvier 2007. Les pluies de la première partie de janvier ont provoqué un début  de relèvement du niveau  à la mi-février. En outre les caractéristiques des années successives se cumulent. Après 4 années consécutives de baisse depuis la mi-2003, 2007 a été le premier millésime où la tendance à la baisse a été progressivement stoppée…..
En conclusion, l’état hydrique du pays est dans une situation globalement stable qui permet d’attendre.
Il est en effet urgent d’attendre avant de s’alarmer…… pourquoi ?
-- Nous sommes encore dans la période de l’année où l’évaporation est très faible en raison des températures, toute précipitation nouvelle est donc efficace pour améliorer le bilan de l’eau et provoquer des excédents hydriques
--  les besoins pour l’irrigation et l’agriculture sont nuls en raison du repos végétatif, les besoins domestiques sont limités. Toute nouvelle précipitation arrivant sur des sols saturés en humidité sauf dans quelques plaines, rivières, ferait bénéficier barrages et nappes superficielles de l’eau tombée.
-- Les nappes profondes qui baissaient continûment depuis 2003, ont amorcé un changement de tendance depuis juillet 2007. Tout nouvel apport ne pourrait que confirmer cette nouvelle évolution et permettre d’améliorer des niveaux parfois préoccupants.
En l’état actuel de la ressource en eau du pays, il ne manque donc qu’une nouvelle période de précipitations abondante avant le mois de mai, pour changer une situation assez moyenne en une abondance qui nous mettrait à l’abri pour l’ensemble de la saison chaude. L’anticyclone actuel particulièrement tenace qui repousse ou absorbe les perturbations les unes après les autres, reporte chaque jour un peu l’arrivée de cette nouvelle période humide…
L’exemple de 2007 est là pour nous rappeler qu’il faut espérer dans la providence. En 2007 après 4 mois secs jusqu’en avril, au moment des Saints de Glace, la situation a basculé vers une forte pluviométrie qui a duré 5 mois. Il vaudrait mieux ne pas attendre la mi-mai cette année, mais le ciel a des notions de l’équilibre qui lui font souvent alterner des périodes très contrastés de nature inverse.
Il faudrait si peu de choses pour qu’il n’y ait pas de sécheresse en 2008……

Gérard Staron

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 19:03
 
(enregistrement le 15/02/2008, passage antenne le 16/02/2008 Radio Espérance)
La vedette incontestable de cet hiver est l’anticyclone tenace et puissant qui occupe notre ciel depuis la mi-janvier.
Il est en effet arrivé le 18 janvier en remontant de l’Espagne. Il a atteint des pressions énormes pour notre pays qui ont culminé le 25 janvier avec plus de 1040 hpa. Il a chassé avec succès toutes les perturbations qui tentaient de progresser ou de le pénétrer : celle du 25 janvier s’empale dans son champ de pression, celle du 31 a un peu plus de succès, celle du 3 et du 4 février est avalé avec le coup de vent sur la région stéphanoise que je vous contais la semaine dernière. Samedi l’anticyclone est toujours là, imperturbable, pour quelques jours encore. Ces hautes pressions donnent le tournis aux modèles mathématiques météorologiques, je ne compte les prévisions qui prévoyaient son enfoncement par quelque perturbation océanique ou méditerranéenne, pourtant, il est toujours là.
Le bilan est édifiant dans la région centre-est de la France qui nous sert de référence. On dénombre depuis la mi-janvier : 1 jour avec des pressions supérieures à 1040 hpa, 4 jours où elles dépassent 1035 hpa, 19 jours où elles surpassent 1030 hpa et 25 jours à plus de 1025 hpa. Depuis le début, il faut décomposer le temps en deux périodes séparés par un moment de faiblesse :
--- Du 18 au 31 janvier, les hautes pressions dépassent continûment 1025 hpa avec le maximum de 1040 hpa du 25. Elles sont centrées sur la France, surtout la partie occidentale de notre pays et le golfe de Gascogne.
--- Après la faiblesse du changement de mois, l’anticyclone revient à partir du 5 février pour persister jusqu’à aujourd’hui. Il arrive par l’Espagne, comme pour la première période, mais au sol, il a tendance à glisser vers l’est du continent et depuis le 9 il s’est installé sur la Russie.
On remarque ainsi un décalage entre son positionnement au sol à l’est de notre continent et celui en altitude qui est resté sur la France. Ce positionnement d’altitude permet l’arrivée jusqu’à nous des courants de nord-est qui n’ont rien de très chaud à cette saison.
Vous pouvez observer la triple caractéristique climatique de cette situation :
--- un ciel parfaitement dégagé.
--- un rayonnement nocturne très important qui provoque des gelées quotidiennes sur toutes les régions à l’intérieur du continent accompagnées de phénomènes matinaux blancs , givre, verglas et surtout gelées blanches. Le 14 février une langue de températures négatives descend des Ardennes avec -5,6° à Charleville Mézières et de l’Allemagne au centre du bassin de l’Ebre, avec -3°, en passant par le centre de celui d’Aquitaine. Pour illustrer mon propos de la semaine dernière, les Limagnes étaient parmi les plus affectées avec -5,9° à Vichy contre -2,6° à Saint Etienne.
--- un ensoleillement continu du lever au coucher de l’astre qui détermine des températures maximales agréables. Toutefois sur ces régions intérieures, le concert de douceur signalé sur les médias doit être modéré en raison du flux de nord-est d’altitude.
Cette situation n’est pas sans poser 3 questions :
1) Les situations anticycloniques provoquent habituellement de très nombreux brouillards dans les zones basses en particulier dans toutes les plaines et bassins de l’est de la France, ce fût le cas en décembre , or depuis la mi-janvier ces formations de stratus sont discrètes. Qu’est-ce qui explique cette grande luminosité de l’atmosphère et son dégagement diurne comme nocturne ?
L’air de ces anticyclones est continental ou s’est continentalisé en restant sur l’Europe. De ce fait son taux d’humidité relative est particulièrement faible. Pour qu’il y ait formation de brouillard, il faut qu’au moment du refroidissement nocturne l’air franchisse son point de condensation, soit que l’air arrive à saturation avec 100% d’humidité relative. Actuellement ce seuil est très difficile à atteindre dans l’air, par contre l’humidité se dépose sur le sol en formant des gelées blanches, souvent quotidiennes. Pour que de la grisaille ou des brouillards réapparaissent, il faut réinjecter de l’humidité dans cet air continental. Ceci se produit depuis jeudi à partir de la mer du Nord surface maritime et a atteint vendredi soir le centre-est de la France, mais devrait arriver Dimanche à partir de la Méditerranée.
2) Pourquoi ces anticyclones sont-ils si solides, si tenaces, cette année ?
Il est vrai que l’on connaît actuellement des pressions élevées, rares en hiver chez nous, mais moyennes pour l’anticyclone Sibérien au centre de l’Eurasie.
La condition à remplir est un air descendant particulièrement stable. Il faut la rechercher dans la double structure en altitude de l’anticyclone. Ces hautes pressions sont doubles avec une pellicule d’air froid au sol et la cellule d’altitude un peu décalée géographiquement.
 Au sol il s’accumule chaque nuit de l’air froid, très lourd, très difficile à déloger. Pendant la journée l’ensoleillement remonte bien les températures, mais en cette saison ce phénomène est insuffisant pour provoquer une pellicule d’air chaud léger et volatile. Donc l’anticyclone est tenu au sol par l’air froid. En altitude la cellule, différente, est formée d’air en provenance des zones subtropicales chaudes. Ces dernières renvoient l’air vers le sol comme dans une cheminée qui refoule. N’avez-vous pas remarqué que vous connaissez cet incident quand vous voulez chauffer des pièces froides alors que le soleil inonde le sommet de la cheminée. Rien n’est plus stable que de l’air froid au sol et chaud au dessus. Une situation anticyclonique est beaucoup difficile à déloger en hiver qu’en été. L’absence de nuages en est le témoin.
3) ces situations anticycloniques semblent se répéter lors d’hivers successifs, déjà en 2007 ?
Entre 2007 et 2008, on constate une double nuance. En 2007 les pressions sont moins élevées, moins tenaces, en bordure de passages perturbés. Il n’y a que 16 jours à plus de 1025 hpa séparés en 4 épisodes sur janvier et février contre 25 en 2 périodes en 2008.
Autre nuance, Les flux atmosphériques étaient plus occidentaux et océaniques, moins orientaux et continentaux en 2007. Les températures minimales étaient plus élevées avec moins de gelées que cette année. Le bilan final de l’hiver 2008 fera déchanter de nombreux esprits qui ont annoncé la douceur à grands renforts de trompes chaque jour et qui ont confondu beau temps et chaleur.
Ceci traduit un changement notable dans la circulation atmosphérique hivernale : un affaiblissement des flux d’ouest perturbés qui contournent les hautes pressions, un renforcement de l’aspect continental.


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain à 13 heures 15 sur les ondes de radio Espérance, texte repris sur les portails Internet zoom42 et Zoom43.fr 

Pour en savoir plus : http://perso.orange.fr/climatologie.staron

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