Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 18:30

La chanson que je vous interprète aujourd’hui  a de quoi surprendre. !

Intitulée « Liberté Egalité Fraternité » on pourrait  la croire  écrite par quelques révolutionnaires à la gloire de la République. Non, ses auteurs sont deux religieux  Frère Louis  pour les paroles, et Frère Adrien pour la musique, aux moments des heures les plus dures du conflit entre l’Eglise et l’Etat sous la Troisième République. Le sous titre est sans équivoque « Chant patriotique et catholique ». La partition trouvée en fouillant dans mes archives familiales, semble d’origine régionale puisqu’elle a été imprimée à Saint Etienne,  40 rue de Lyon … seule mention qui permet de la localiser !

Cette chanson revendique les valeurs de Liberté, Egalité et Fraternité comme étant chrétiennes. Le contexte historique permet de comprendre une devise utilisée à contre-emploi. Les catholiques revendiquent la liberté, l’égalité  à  une époque où l’église subit les attaques de la « Franc-maçonnerie » appelée ici « la secte » et de la coalition radicale socialiste au pouvoir depuis 1899.

 

 Au travers des diverses allusions de nature historique, la chanson  dénonce  les discriminations subies par les religieux lors de l’application de la Loi sur les Associations de 1901. Seules les quelques congrégations mentionnées expressément dans le Concordat de 1801 signé par Bonaparte et le Pape Pie VII  sont autorisées, toutes les autres sont refusées. Le ministère Radical-socialiste  dirigé par Emile Combes expulse donc du territoire national une vingtaine de milliers de religieux pourtant de nationalité française. Dans une photo de nombreux manuels d’histoire,  les moines de la Grande Chartreuse sont conduits encadrés par les gendarmes jusqu’à la frontière espagnole. Le clergé régulier expulsé reviendra majoritairement à la fin de la guerre  1914-1918.

 

 Le document n’est pas daté comme la plupart des partitions anciennes, mais on peut le situer au pire moment de la crise entre 1902 et 1904, bien avant la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 sous le ministère Rouvier et des inventaires qui ont suivi en 1906 sous le ministère Clémenceau.

 

Il est possible de trouver quelques églises qui portent  des mentions « Liberté, Egalité et Fraternité » comme sur le tympan du portail de la cathédrale d’Elne dans les Pyrénées orientales, mais ces bâtiments, devenus biens nationaux sous la Révolution ont été utilisés ensuite pour diverses fonctions par l’état ce qui explique cette mention. Par contre cette revendication de la devise de la République par les catholiques à un  moment tendu de l’histoire religieuse de notre pays fait de cette chanson un document historique  tout à fait exceptionnel !

 

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 11:59

La neige est descendue à nouveau à 1000 mètres sur le versant septentrional du Pilat ce matin.
Sur les hauteurs au dessus de Salvaris on distingue la nouvelle couche tombée pendant la nuit. Elle correspond au 118 ème jour d'enneigement à ce niveau depuis le début de l'hiver. Il semble qu'un record absolu a été établi si l'on compare aux observations de Tarentaise depuis 1959 ( 116 jours en 1964-65).
A droite dans le vallon en bordure de la forêt , on peut voir  les restes d'une congère qui occupe le secteur depuis le 22 novembre  vers 950 mètres d'altitude.
Ceci correspond au 130 ème jour de sol recouvert  en  continu à cet endroit précis.
Le nombre de jours d'enneigement n'est toutefois pas aussi important à ce dernier niveau. Pour être décompté, il convient que le sol soit au moins à moitié recouvert, or dans ce vallon il ne s'agit que d'un reste de plaque ou de congère dans un endroit à l'ombre.

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 16:13


Feux, sécheresse et ressource en eau à la fin de l’hiver

 

        Des incendies de forêt aux quatre coins de la France, l’un en Bretagne, le second dans le midi, plusieurs dans la vallée de l’Ariège et enfin dans le département de la Loire ont fait ressurgir un discours alarmant concernant le problème de l’eau en France, certains médias ajoutant que l’on se situait dans une situation de plein été.


        En réalité, tout ceci est lié à une confusion entre l’état hydrique de la végétation et de l’air d’une part et celui du sol ou des nappes d’autre part.

L’état de sécheresse apparent jusqu’au 23 mars est lié à deux faits que l’on rencontre souvent à la sortie de l’hiver.

La rudesse de la saison que nous venons de connaître a multiplié les journées de gel. Leur impact sur la végétation a contribué à assécher les tapis végétaux anciens, morts  correspondant aux parties aériennes des plantes de l’année précédentes qui ne repousseront pas et n’ont pas été nettoyées, ou plantes vivantes mais réduites à des tiges sèches qui connaissent à peine leur première poussée de sève et le gonflement de leurs bourgeons. Ces végétaux forment un tapis très fragile au moindre départ de feu. Cette saison est aussi celle des écobuages où les jardiniers et les agriculteurs font disparaître par le feu ces brûlots très secs et le moindre vent peut permettre leur propagation.

Ces masses de végétaux morts ou secs sont d’autant plus importants lors de cette fin d’hiver que la saison a accumulé des quantités énormes que les professionnels nomment les « chablis » en forêts. Il s’agit des bois qui ont été cassés, tombés par les calamités du récent hiver. Les tempêtes qui ont abattus de nombreux arbres en particulier celle du 24 janvier dans le sud-ouest du pays et celle du 10 février dans les Pays de la Loire et du Centre, les chutes de neige lourdes qui ont cassé la cime de nombreux arbres ou même écrasé des forêts entières souvent de pin. Cet arbre a la particularité d’accumuler la neige sur son houppier et ensuite de s’effondrer avec ses voisins sous le poids. Ces végétaux sèchent et forment un aliment de choix pour tout incendie naissant.

A la sortie de l’hiver, nous venons aussi de connaître une quinzaine de jours secs marqués par le retour de l’anticyclone des Açores (Chronique N°720). Entre le moment où se terminent les calamités d’hiver et celui où commencent les précipitations orageuses de type estival, une période sèche est souvent observée. L’anticyclone a prodigué un ensoleillement continu pendant la journée entière. A cette époque, la chaleur prodiguée par l’ensoleillement n’est pas suffisante pour mettre en place dans l’après-midi une couche nuageuse d’instabilité. Toute la période a été marquée par une absence totale de précipitations entre le 12 et le 23 mars.

Le facteur aggravant a été la présence d’un courant de nord-est, un vent d’autant plus desséchant qu’il amenait un air continental dont la caractéristique première est la faiblesse de l’humidité. Le positionnement de l’anticyclone sur la moitié occidentale de notre pays a permis ce courant sur son flanc oriental.

Le résultat a été des humidités relatives très basses sur une grande partie de la France en début d’après-midi. L’humidité relative est la proportion de la vapeur d’eau contenue dans l’air par rapport à celle nécessaire à la condensation de l’eau, passage de l’état de vapeur à celui de gouttelettes. Quand cette humidité relative descend en dessous de 50%, on commence déjà à considérer qu’elle est très basse. Cette fois, elle est tombée à des niveaux estivaux de l’ordre de ceux que l’on trouve dans certains déserts : Le vendredi 20 mars à 15 heures l’humidité relative n’était que de 8% à Montpellier, 9% à Rodez, 11% à Brive la gaillarde. On trouve aussi 11% à Montauban le samedi 21 à 14 heures et le jeudi à Millau ; 12% au Puy en Velay, Aurillac et Périgueux. L’ensemble de la France se situait entre 20 et 30 % lors de ces après-midi.

Cette humidité relative très faible disparaît dès le prochain changement de masse d’air et la première pluie. Elle n’est pas à confondre avec la ressource en eau liée au niveau des rivières et des nappes phréatiques, ni même à l’état de la réserve du sol. D’ailleurs sur les plateaux de la Haute Loire, on pouvait observer dimanche des bas fonds regorgeant d’eau dans un air très sec sous un soleil de plomb, parfois à côté de congères anciennes qui rendaient leur eau en fondant !

L’état de la ressource en eau au mois de mars dépend de l’ensemble des précipitations tombées pendant la saison froide. Pendant cette période de l’année, la pluviométrie supérieure à l’évaporation permet au sol de reconstituer sa réserve, aux nappes phréatiques de se regonfler, et aux cours d’eaux d’écouler l’excédent en remplissant les barrages. Le bilan de ces derniers mois n’a rien de mauvais sur la France, avec un automne particulièrement pluvieux, un hiver exceptionnellement enneigé dès les altitudes moyennes, un mois de février anormalement arrosé. La quinzaine sèche de mars n’est pas de nature à modifier la tendance. L’état de la ressource en eau est certainement le meilleur connu depuis le début de 2003. Même l’Espagne a reçu des précipitations supérieures de 6% à la moyenne depuis septembre.

Naturellement il existe des différences régionales sur notre pays. Si l’on regarde l’indice d’humidité des sols, la saturation est totale sur plus des 2 tiers de sa superficie en particulier toute la face est et nord. La situation n’est vraiment déficitaire que sur le Berry, le Poitou, une partie de la Provence et le Kochersberg dans la plaine d’Alsace.

Pour l’état des nappes phréatiques, j’ai pris pour exemple l’ensemble du bassin du fleuve Loire. La partie amont regorge d’eau. Certains aquifères connaissent leurs records historiques de remplissage de fin d’hiver, ceux des massifs volcaniques du Velay, ceux du bassin de Volvic dans les Limagnes depuis 1992, ceux des plaine Alluviales de l’Allier ou de la Loire dans la plaine du Forez, ceux de la bordure sud du bassin Parisien.

Les aquifères de l’aval sont moins remplis. Les nappes de Beauce, du Cénomanien, de l’Albien ou de la Craie, nommées en fonction de la couche géologique qui les abrite, ont un  niveau supérieur à celui de l’an dernier. Il convient toutefois d’ajouter que ces aquifères baissaient depuis 2003 et leur diminution s’est arrêtée en 2007 ou 2008 selon les cas.

Les débits du fleuve sont en baisse depuis la seconde partie du mois de février en raison de la raréfaction des pluies mais il reste au dessus du niveau des modules annuels. A Bas en Basset le débit moyen de février atteignait 82,4 m3s, celui du 23 mars présente encore 48m3s alors qu’en moyenne le fleuve écoule une quarantaine de mètres cubes par seconde en moyenne par an. La Loire à Gien avec 340 m3s le 23 mars montre une belle abondance. Les barrages de Naussac, de Villerest et d’autres  sont pleins.

Il est vrai qu’à la sortie de l’hiver, la ressource doit être réalimentée pour faire face ensuite au déficit hydrique de la saison chaude. La première partie de la saison froide avec une fin de l’année très arrosée d’octobre a décembre a apporté plus d’eau que celle qui a suivi depuis le début de 2009. Si le début de 2009 a été relativement sec en janvier et mars, l’année qui commence prend la suite de deux nettement excédentaires pour les précipitations.

Aussi les incendies signalés ces derniers jours, correspondent à une courte période, à la sortie de l’hiver, liée à l’état du végétal et de l’air, ne pas confondre avec la ressource en eau disponible en vue de satisfaire les besoins de la prochaine saison chaude.


Gérard Staron
vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes ou le site de Radio Espérance 13 h 15, le texte étant repris par le portail Internet  Zoom 42.fr et sur ce blog.

Bonne semaine à tous.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 20:57

                                           Le critérium international

    Le critérium international de la route se déroule ce week-end dans les Ardennes Françaises et comprend 3 épreuves cyclistes le samedi et le dimanche autour de Charleville Mézières. Les conditions météorologiques difficiles risquent de rendre la course éprouvante pour les organismes des coureurs, sans toutefois mettre en cause l’existence de l’épreuve.

 

L’épreuve en ligne du samedi entre Monthois et Charleville-Mézières va affronter de petites précipitations avec des températures froides (vers 6° environ).

Surtout elle rencontrera un vent d’ouest assez fort , 40 à 50 km/h en rafales, susceptible d’influencer la course dans les zones de plaines céréalières dégagées. Le peloton se présentera de façon différente selon les différents tronçons du tracé

Avant Château Porcien, le vent sera de face. Après le virage dans cette petite cité, il devient de côté puis de ¾ arrière à proximité de l’arrivée. En 2007, la pluie et le vent d’ouest avaient déjà provoqué des bordures et une forte sélection après le changement de direction de Château Porcien, la situation météorologique sera comparable samedi.

 

Dimanche le vent aura moins d’influence que samedi  autant en raison de son affaiblissement que des multiples changements de direction des tracés. Il devient progressivement de nord.

 

Le matin, les températures seront très basses, mais légèrement positives, pour la course de côte dans les Ardennes du matin. Les précipitations de la nuit, peut être sous forme de flocons peut capables de tenir au sol sur les sommets, sont susceptibles de rendre les chaussées glissantes.

 

De petites pluies peuvent arroser la région de Charleville Mézières par intermittence toute la journée. Toutefois la position de la ville sur le versant sud des Ardennes risquent de la protéger des plus grosses précipitations qui arroseront la partie belge du massif et de permettre des éclaircies. Les conditions climatiques s’amélioreront pour la course contre la montre de l’après-midi.

 

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:58


                                                                                                           La neige n'a pas quitté nos montagnes depuis le 22 novembre, comme ici  le massif du Mézenc où le manteau tenait encore la couche dimanche matin au dessus de 1200 mètres.
Quelques plaques ou congères à l'ombre résistaient aussi dimanche à partir de 950 m sur le versant nord du Pilat (Vallon de Salvaris)
Ce matin, 24 mars, il a reçu le renfort de nouvelles chutes qui sont descendues à 500 mètres, mais ont tenu quelques heures à 600 mètres au dessus de la ville de Saint Etienne.
L'an dernier, le renfort nival était arrivé le 23 mars, un jour avant lors du  lundi de Paques, fête très précoce en 2008.
A 1200 mètre le sol est recouvert depuis 125 jours de façon continue un record qui augmente chaque jour d'une unité

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 15:27

Voici les températures de Montregard de la semaine du 15 au 22 mars 2009 ( échelle de droite en degrés celcius)
La moyenne provisoire du mois a un peu augmenté à 3,7°
le nombre de jours de gel  de l'hiver passe à 106 avec 5 unités de plus cette semaine.
On distingue des rythmes diurnes éxacerbés par l'ensoleillement abondant ( maximum de 16,6° le 18 mars)  mais aussi le rôle du courant de nord-est très froid à partir de vendredi (-8° samedi matin).

Gérard Staron

 

Partager cet article
Repost0
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:00


Chronique climatologie n°720


Le réveil de l’anticyclone des Açores

 


  L’anticyclone des Açores est revenu lors de la seconde décade de mars et avec lui le beau temps et le soleil.

Il est sorti de sa base du sud de l’Atlantique, près des îles des Açores qui lui ont donné son nom, pour gonfler en direction de notre pays. Depuis très longtemps, il ne s’était pas livré à une telle incursion dans notre direction. La progression a commencé le 11 mars. La première étape jusqu’au samedi 14 mars s’est limitée à une avancée des bautes pressions au sol, celles d’altitude restant au sud de le Péninsule ibérique. Après une faiblesse pendant le week-end, l’anticyclone est revenu avec un peu plus de hardiesse au début de cette semaine. Cette fois il est remonté au sol jusqu’aux Iles Britanniques  et à la mer du Nord. En altitude, au niveau de la surface des 500 hpa, il a étendu son influence sur l’ouest de notre pays.

Le ciel bleu que cette situation atmosphérique a engendré sur l’est de la France avec un ensoleillement très chaleureux a provoqué une hausse très rapide des températures maximales devenues très vites printanières, par contre les minimales n’ont pas suivi.

Les gelées sont restées très présentes sur notre pays. Pour les justifier, il a été invoqué le fort rayonnement nocturne sous un ciel dégagé. Il est réel que l’absence de couverture nuageuse et la sécheresse de l’air facilitent autant le réchauffement diurne que le refroidissement nocturne. Toutefois ces gelées traduisent une situation plus complexe avec plusieurs cas :

 ---Elles concernent un grand quart nord est de la France le 12 et le 17 mars. Dans ce cas la station du Puy en Velay est la plus froide du pays à des altitudes inférieures à 1000 m, avec -4,9° le 12 et – 3,9° le 17. Le thermomètre est négatif au nord-est d’une ligne qui s’étire des Ardennes au Massif central et aux Alpes du nord. Il s’agit des journées où un flux de nord-est descendant sur le flanc des hautes pressions s’est installé de façon généralisée en débordant à partir de l’Allemagne et de l’Europe du nord et en avançant de façon systématique sur la bordure orientale de l’anticyclone jusqu’à ce qu’il soit stoppé au centre du Bassin parisien  et sur la retombée des reliefs de la moitié sud de la France.

 --- Lors de la première phase anticyclonique, le 13 et le 14, les températures négatives sont centrées sur l’ensemble du Massif central, le Puy est toujours le pôle du froid, mais de Rodez à Vichy et Saint Etienne la totalité du massif est concernée . De façon secondaire, les gelées débordent sur le pied des Alpes, avec Chambéry et Grenoble Saint Geoirs. A ce moment là, la présence d’un manteau nival encore conséquent sur ces reliefs a joué son rôle de réfrigérateur nocturne sur les régions basses voisines pour imposer ces gelées et aggraver la baisse  du thermomètre.

 --- Ultérieurement, cette semaine, on distingue chaque jour deux îlots de températures négatives séparées sur notre pays, avec des espaces de superficies différentes.  D’abord un ensemble du nord-est par où arrive le flux froid continental. Il est plus champenois et Lorrain lundi 16 mars, seulement alsacien le 18. Il recouvre l’ensemble de l’Alsace-Lorraine en s’insinuant jusqu’au pied du Jura le 19 et s’étend encore le 20 jusqu’aux Ardennes. Au centre du pays, le second ensemble s’étire au nord du Massif central. La ville la plus froide n’est plus Le Puy mais Vichy ou parfois Nevers le 19 avec -4,7°. Les cuvettes du Bourbonnais, du Nivernais, et le Charollais entre Loire et Allier subissent les températures négatives. Les gelées s’étendent même à la Sologne avec Romorantin et Orléans le 19 et le 20. Cette zone centrale s’explique par la stagnation de l’air froid dans des cuvettes qui reçoivent de face ce courant de nord-est. Des stations comme Nevers et surtout Vichy sont très sensibles à ces temps de nord anticycloniques comme nous l’avions déjà constaté en octobre dernier.

 

  .Ce mois de mars présente deux faces thermiques contrastées avant et après l’arrivée de l’anticyclone des Açores. Jusqu’au 10 mars, ce dernier est resté reclus sur l’Atlantique et il a laissé le libre passage aux perturbations qui descendaient des hautes latitudes et qui ont traversé notre pays jusqu’au golfe de Gènes. Pendant cette décade les températures sont nettement inférieures à la moyenne du mois de mars de l’an dernier, déjà pourtant très basses. C’est ce que j’ai pu mesurer à Montregard avec une moyenne de ces 10 premiers jours à 2°. Par contre, dès l’arrivée des hautes pressions, le maintien de gelées matinales n’empêche pas les températures maximales d’effectuer un bond en avant en dépassant 11° et la moyenne quotidienne de monter au dessus de 5° ce qui n’avait pas été le cas avant au même poste. Les apports du soleil commencent à être efficaces en cette saison avec l’augmentation de l’angle d’incidence de ses rayons et une durée plus longue des jours.

Cette dualité de mars 2009 se retrouve à des échelles plus longues. Les situations anticycloniques remontant des Açores avaient été prédominantes pendant les mois de janvier et février 2008 pour fournir un hiver très doux. Cette année, ces mêmes hautes pressions réfugiées sur l’Atlantique ont laissé un boulevard pour la descente de l’air polaire jusqu’à nous. Le résultat a été réfrigérant avec des températures mensuelles inférieures de 4 à 5° pendant les deux mêmes mois de 2009 par rapport à l’an dernier. L’hiver rude que nous venons de subir en résulte en grande partie.

L’analyse des températures moyennes coulissantes sur 12 mois, ce qui présente l’avantage de faire disparaître les différences saisonnières, laisse apparaître une hausse des températures culminant en avril ou mai 2007 suivi d’une baisse jusqu’à février 2009. Nous avons constaté dans une chronique antérieure cet aspect pour Laval ou Saint Etienne Bouthéon. Jean Louis Grieneisen effectue la même remarque dans le dernier bulletin des météorologistes d’entre Rhône et Loire, à propos des températures de Lyon Bron avec un maximum de 14,7° pour l’année juin 2006/ mai 2007 et une baisse de 2,5° de Juin 2007 à février 2009. Il est facile de constater que les mois qui ont précédé le maximum ont été remarquables par la multiplication des temps anticycloniques qui ont fourni un temps ensoleillé accompagné de températures maximales élevées avec une canicule en juin et juillet 2006, un automne 2006 le plus doux depuis 1949 et pour clore un avril 2007 exceptionnel. La seule exception est Août 2006 marqué par des descentes froides et le repli de l’anticyclone des Açores sur l’Atlantique.

Depuis mai 2007, les hautes pressions sont restées le plus souvent timides sur l’Atlantique, elles ont laissé le passage libre pour les descentes d’air arctique, en novembre et décembre 2007, puis pendant une grande partie des saisons chaudes 2007 et 2008 et enfin lors de ce dernier hiver. A l’exception des mois de janvier et février 2008, tous ces mois ont été marqués par des températures médiocres et une baisse de l’ordre de 2 à 3° pour l’ensemble de l’Europe occidentale, 2,5° à Lyon , 3° à Montregard en liaison avec la défaillance de l’anticyclone des Açores..

Ceci fait apparaître un facteur explicatif important dans l’évolution des températures, la circulation générale de l’atmosphère qui permet soit l’accumulation de la chaleur solaire en cas de remontée de l’anticyclone des Açores au ciel clair, soit le froid ou la fraîcheur quand le retrait des hautes pressions sur l’Atlantique laisse le passage libre aux descentes polaires. Cette explication est très nette pour la dernière pulsion à la hausse des températures en 2006 et au début de 2007, puis celle à la baisse depuis 2007. Une telle pulsion de plus de 2° dans chaque sens, ne saurait être liée aux rejets par l’homme des gaz à effet de serre dont la concentration évolue très lentement d’une année à l’autre. Il est difficile de la mettre aussi en relation avec  les cycles solaires qui évoluent selon des pas de temps différents. La circulation générale de l’atmosphère avec l’avancée sur l’Europe ou le retrait sur l’Atlantique de l’anticyclone des Açores est le troisième facteur qui pourrait bien apparaître comme le trouble fête de l’évolution des températures.
 

  Voilà une hypothèse qui mérite une vérification sur une durée plus longue !


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes ou le site de radio Espérance 13 H 15, le texte de cette chronique étant repris par le portail Internet zoom42.fr et ce blog.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:29

 
  L’image de la France dégagée de nuages permet de repérer :

Les derniers massifs enneigés du Massif central :
Aubrac, Cantal, Sancy à l’ouest Margeride et Forez au centre, du Monts Lozère à ceux du Vivarais à l’est.


Les sillons du Rhône , du Val d’Aoste et des vallées de la Maurienne et de la Tarentaise se détachent de la masse blanche des Alpes.


Le coloris vert ou marron met en valeur l’état du sol et son humidité.

  L'arc céréalier et calcaire de la  Beauce à la Champagne  et à la Picardie s’oppose aux forêt de la Sologne et des landes et de biens d'autres massifs.

 

La seule région ennuagée correspond aux Rivieras françaises et Italienne. Sur cette dernière se déroule demain la classique cycliste Milan San Rémo.


Il devrait ne plus pleuvoir, ni neiger au col du Turchino, sauf restes de précédentes chutes puisque l’image montre les Apennins enneigés, mais la température sera très fraîche en particulier au départ.

Le vent de nord poussera les coureurs au début du parcours dans la plaine du Pô, puis il deviendra plus fort dès que le peloton atteindra le littoral de la Grande Bleue avec une direction de ¾ arrière. Attention aux bordures !

Merci à Claude pour cette image.

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 19:34

   
       A Saint Etienne, les premières jonquilles fleurissent, les bourgeons des groseilliers éclatent et laissent apparaitre les parties vertes et l’amorce des boutons floraux (tige au premier plan)
.

Le groseillier est l’un des fruitiers qui démarre le premier son développement végétatif dès que les températures moyennes quotidiennes dépassent 6°.

Dans ma thèse "L’hiver dans le Massif central" j’avais calculé  le cumul de températures supérieures à 6° nécessaires pour arriver au stade de la floraison de quelques arbres fruitiers, ce qui n’est pas encore le cas :


Il fallait un cumul de

245 ° pour le groseillier

290° environ pour le cerisier et le poirier

415 pour le pommier


    Les nouvelles gelées quasi quotidiennes qui risquent de se produire à nouveau à partir de jeudi  et de se renforcer ensuite,  auront  un impact assez limité sur les futures récoltes car le stade très sensible de la floraison n’est pas encore atteint mais elles risquent de ralentir le développement très rapide des végétaux pendant ces derniers jours !

Quand les gelées surviennent au moment de la floraison ou après, les récoltes sont souvent détruites comme en 1991, en 2003 ou en 2008 dans le Gard et le bas de la vallée du Rhône.

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0
17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 23:08

 
Mars semble virer vers la douceur depuis le milieu de la semaine dernière. Ce graphique en provenance directe du Hobo pro donne les températures toutes les deux minutes en degrés farenheit ( échelle de gauche) et en degré celcius (échelle de droite)
La température provisoire de mars est maintenant de 3,4° (contre 2,4° en 2008 mois particulièrement froid)
Le soleil a fait remonter les températures maximales à partir du jeudi 12,  mais les minimales restent souvent encore en dessous de zéro en raison d'un fort rayonnement nocturne.
Le nombre de jours de gel atteint maintenant 101 depuis le début de l'hiver avec les 4 nouveaux jours de cette semaine.

Gérard Staron

Partager cet article
Repost0

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

  • Record de froid ou fraicheur (au choix) en avril sur la région Stéphanoise
    Depuis 2006, soit 16 ans , jamais un mois d'avril n'avait connu des températures aussi basses autant à Saint Etienne (alt 500m ) qu'à Montregard (alt 990 m) en Haute Loire aux confins des monts du Vivarais et du plateau de Montfaucon . Voici le bilan...
  • Covid : divorce entre discours et statistiques !
    Covid 19 : divorce entre discours et statistiques ! Que n’entend-t-on pas sur la façon dont la France a géré la crise du Coronavirus, on est en retard sur tout, le scandale est partout, on est mauvais sur tout, je vous fais grâce de tous les discours...
  • crues océaniques en cours ( situation 1/02/2021 et évolution probable )
    Des crues des rivières océaniques forment actuellement un puzzle aux 4 coins de notre pays Dans les hauts de France deux zones sont à surveiller : 1) les rivières descendant des collines de l'Artois semblent avoir connu leur maximums La Lys a atteint...
  • les particularités de l'élection américaines de 2020!
    Les particularités de l’élection de 2020 aux Etats Unis ! Un documentaire télévisé titrait « Donald trump est-il capable du pire ? » En réalité il a toujours « joué avec le pire » cela lui a permis de gagner dans beaucoup de circonstances comme homme...
  • L'opérette .... une idée d'étrennes
    Le livre "L'opérette parfum de l'histoire" présenté sur la revue Opéra Magazine ......
  • Prévision du 2 au 5 décembre 2020 : hivernal
    Prévision de Gérard Staron du 2 au 5 décembre 2020 (42, 43, 63, 69) Avec une descente froide en provenance des régions arctiques sur le proche Atlantique, l’hiver est arrivé avec le mois de décembre, son début officiel pour la Météorologie C’est le retour...
  • Cultes, covid et confinement: analyse historique !
    Cultes, covid, et confinement : analyse historique L’année 2020 aura vu à deux reprises l’interdiction des cérémonies religieuses et plusieurs dimanches, des croyants en prière devant leurs églises ! Jusqu’à quand faut-il remonter pour trouver pareil...
  • Prévision du 24 au 28 novembre 2020: les hautes pressions résistent
    Prévision de Gérard Staron du 25 au 28 novembre 2020 ( 42, 43, 63, 69) L’anticyclone se retire derrière les Alpes pour repousser les assauts des précipitations qui remontent du Levant Espagnol qui au maximum atteindront le Mézenc et des perturbations...
  • prévision du 15 au 18 novembre 2020 : Yoyo des tempéartures et du vent
    Prévision de Gérard Staron du 15 au 18 novembre 2020 (42, 43, 63, 69) Les anticyclones méditerranéens tiennent encore bon quelques jours et ils évitent à nos départements de connaitre les excès subis par les côtes de La Manche. Temps restera globalement...

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195