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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 13:02

Chronique N° 946


Une semaine où j’avais peu de sujet pour alimenter cette chronique, j’ai reçu d’une collègue de ma première vie de professeur un conte météorologique qui montre à quel point il peut y avoir un problème entre la météorologie et les français.

Il s’agit d’un roi qui voulant aller pêcher demande à son météorologue s’il va pleuvoir et il prévoit que non. Le roi croise un paysan avec un âne qui lui donne l’avis inverse et il se met alors à pleuvoir.

Le roi congédie le météorologue « grassement payé » parait-il, il veut engager le paysan qui refuse en déclarant qu’il n’y connait rien et qu’il pleut quand son âne baisse la tête. Le roi engage l’âne et le conte conclut que depuis « on recrute en France des ânes pour conseiller les mieux payés et que l’on a créé pour cela l’ENA, école nationale des Anes »

Le personnage du Météorologiste m’a rappelé de façon désolante une époque où l’on nous associait aux astrologues de louis XI, aux sorciers, ou à un certain Albert Simon et sa grenouille qui effectuaient des prévisions à plusieurs mois à une époque où scientifiquement il n’était pas sérieux d’élucider le temps à plus de 24, puis 48 et bien plus tard 72 heures.

Ce météorologue est décrit comme un fossile d’une autre époque où la météo se trompait toujours et où il était de bon ton de se moquer dans  les milieux de l’élite professorale de ces « diafoirus ». J’ai connu jeune, un collègue qui m’abreuvait de ses sarcasmes alors que je me piquais déjà de météorologie et qui pourtant est mort d’avoir sous-estimé les effets d’une perturbation de nord en montagne dans les Alpes à 3000 m d’altitude! Le retour de la neige, du gel et du brouillard  même en plein été! Les vieux clichés ont la vie dure. Une telle vision déformée de la météorologie était déjà déconnectée de la réalité, il y a 40 ans, mais encore plus aujourd’hui !

Le paysan incarne ce que les scientifiques nomment pudiquement les savoirs populaires celui des dictons, des liens entre le comportement des animaux, ici un âne, ou même nos rhumatismes et les changements de temps ! Il y a toujours eu une opposition marquée entre la météorologie des scientifiques et celle de ces signes auxquels on tente de donner un sens. Il ne fallait pas parler à la Météorologie nationale de l’époque, ou Météo France d’aujourd’hui, des dictons des quatre temps et autre. J’ai souvent analysé la question. Dans ces croyances populaires, on remarque parfois un fond d’observation mais il est tellement dévié de sa signification d’origine qu’il est facile de mettre en cause sa valeur.   Par exemple, j’ai souvent constaté des changements de situation atmosphérique au moment des quatre temps d’automne, même cette année, parfois le début de la saison des grosses pluies cévenoles, mais de là à aller déduire que les trois jours en questions seront significatifs du temps des trois mois qui suivent, l’exagération est manifeste ! De même, l’analyse statistique valide globalement l’existence de « l’été de la Saint Martin » environ 2 année sur 3, mais rend très discutable le dicton « Noel aux balcons, Pâques aux Tisons » et beaucoup d’autres. Nous pourrions continuer !

Dire que l’on va remplacer le météorologue par l’âne est facile mais le contresens du conte est manifeste quand il s’en prend aux conseillers des mieux payés et à l’ENA.

J’ai d’ailleurs répondu à ma collègue que la cible est mauvaise. J’aurais compris que la critique s’adresse à Météo France , à l’école de la météorologie de Toulouse, à la société météorologique de France devenue Météo et Climat, à l’OMM (organisation météorologique mondiale) et même au président de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire, votre serviteur, qui vient de sortir son bulletin N° 93 avec les articles et surtout les données d’un réseau de 40 stations sur les deux départements, mais à L’ENA ou dans les hautes sphères de l’état, on ne fait pas de météorologie chez ces gens-là, ce serait dégradant, on s’en plaint seulement, on veut seulement la sanctionner quand la neige ou le verglas déclenche la pagaille sur Paris .  Très peu de grandes écoles en France, consentent à placer dans leur cursus un peu de météorologie quand on exclut celles liées à l’aviation, à la marine et parfois l’agriculture. On ne fait pas de météo à Polytechnique, ni à Centrale, ni aux Mines etc. Dans les services de l’état où l’on pourrait faire de la météorologie, il y a toujours une séparation préjudiciable avec ce qui reste du ressort de Météo France. Vous connaissez des ministres, politiques ou PDG de grandes entreprises ou leurs conseillers qui sont issues des milieux météorologiques en France. C’est possible ailleurs mais pas chez nous !  Citez-moi un météorologue ayant réussi une carrière politique ? Certains ont tenté même à Saint Etienne et ils ont fait 5% des voix.

Le problème est qu’il y a une différence totale de conception entre la météorologie et ses milieux dirigeants. Le conseiller de cabinet, le ministre, le parlementaire, le politique assène ses vérités avec toute la suprématie de sa fonction, alors que le météorologue sait que le temps lui réserve des surprises et le ciel relativise son propos. La prévision du temps  enseigne avant tout la modestie par rapport à l’événement alors que toutes ces élites vous dominent de leur conviction. Le météorologiste qui n’a pas des doutes sur une situation atmosphérique n’est pas un vrai professionnel, même quand vous avez compris la situation,  il y a souvent  le petit problème de dosage qui donne l’impression de l’erreur

Lors de ce précédent week-end, une grosse pluie méditerranéenne arrivait, aujourd’hui on les identifie bien, mais aucun météorologiste ne pouvait prévoir qu’il tomberait 88 mm à Sète, un total pourtant modeste pour une précipitation de ce type et qu’elle se transformerait en inondation urbaine avec les particularités du site de la ville et sa pente !  

De lundi à mercredi, un flux de nord-est terminait sa course sur le centre-est de la France. Cette situation apporte beaucoup de nuages et parfois des petites  précipitations qui se terminent souvent sur le Pilat, il a suffit d’un léger décalage qui amène une couche de stratus tenace pour changer totalement l’impression donnée par le temps devenu frais avec l’absence totale de soleil sous le couvercle de grisaille.

Cette confrontation avec toutes les nuances du ciel inculque au météorologue  une modestie une prudence qui est incompatible avec le récital d’égo que l’on trouve autour des personnalités politiques ou de leurs conseillers des hautes sphères de l’état !

Ce conte montre seulement qu’il y a un divorce entre les élites intellectuelles et la météorologie. Le ciel échappe encore en grande partie par ses phénomènes, par ses évolutions à la connaissance et au contrôle de l’homme. Ce dernier a découvert de grande chose dans les sciences et tous les domaines, il se laisse griser par son pouvoir infini sur l’univers, or il reste un domaine qui échappe totalement à son pouvoir  dans lequel il est incapable de voir au-delà de quelques jours, du bout de son nez : le temps météorologique.

Si nos élites ont adhéré massivement aux discours tenu sur les dangers à venir du réchauffement de la planète. C’est  d’abord parce qu’il est plus facile dans un milieu subjugué par l’apocalypse de prévoir des catastrophes climatiques que le beau temps, mais ensuite c’est retrouver l’illusion d’une domination sur la planète même si ce serait pour la détruire. Un moyen d’établir son pouvoir sur le temps à l’échelle du siècle , quand il ne peut pas le faire à quelques jours, en plus c’est sans risque car personne ne pourra vérifier.

Ce conte utilise le météorologue par facilité, le comparer avec un âne ne pouvait que provoquer un accueil amusé pour des cibles sans risques.

J’attends donc mon bonnet d’âne !

Gérard Staron vous retrouvera samedi prochain sur radio Espérance , bonne semaine…..

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 22:42

Au milieu de la brume et des nuages, lors d'une courte éclaircie, on distingue sur la photo  les hauteurs de Salvaris enneigées cet après -midi vers 16 heures à partir de 950 m environ

Dans la fin de la journée le manteau a reculé au dessus de 1000m

Il s'agit de la première neige de la saison sur le Pilat de l'hiver 2013-2014

Gérard Staron

 

neige 12-10-13

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:01

Prévision spéciale Paris Tours 2013

 

La course part cette année d’Authon du Perche pour terminer dans la célèbre avenue de Gramont à Tours.

La dernière grande classique française du calendrier devrait échapper à la pluie pendant la course, elle subira une certaine fraîcheur avec de l’ordre de 10° vers le départ et 13° vers l’arrivée, mais surtout elle restera sous l’influence du vent comme lors de nombreuses éditions antérieures.

Dimanche, le vent présente une orientation générale de sud-ouest  avec des rafales le plus souvent aux alentours des 30 Km /H, un seuil  un peu faible pour le déclenchement de bordures.

Surtout ce vent sera rarement de côté et plutôt de face ou ¾ face.

Les secteurs où son influence sera la plus marquée avec risque de bordures  correspondent :

-au départ d’orientation ouest-est  à partir d’Authon du Perche où le vent sera fort avec une orientation de ¾ arrière

- au parcours de Vendôme au passage sous l’autoroute A11 où l’orientation d’Eole sera de côté ou ¾ face par rapport à la course dans la traversée de la Beauce , bas plateau dégagé en cette saison où le vent a eu souvent un impact sur l’épreuve dans le passé

- Après le franchissement de la Loire à Amboise, jusqu’à la vallée du Cher, l’orientation du vent est identique au secteur précédent.

Dans les derniers kilomètres avant l’avenue de Gramont , le vent devient favorable ce qui est susceptible de changer la donne avec un  changement complet par rapport au reste de l’épreuve. .

A quelques heures près , Paris –Tours aurait pu connaitre des conditions climatiques bien plus difficiles !

Gérard Staron

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 11:18

Prévision du 10 au 14 octobre 2013 :

 

L’aggravation du temps de nord–est de ces derniers jours avec sa couche tenace de stratus n’était qu’un hors d’œuvre, nous allons connaitre une incursion, hivernale prématurée avec une descente de nord perturbée qui va frapper de plein fouet la région et stagner  pendant  sous la forme d’une goutte froide d’altitude avant de se replier vers le nord.

Des pluies froides affectent la face nord de la région  et les reliefs océaniques, le Sancy , les axes du Forez aux monts de la Madeleine et du Mézenc au haut Beaujolais. Nos plus hauts sommets subiront leur première neige. Si au début les précipitations traversent en entier la région, ensuite les bassins internes du Massif central (le Puy, Limagnes du sud)  seront de plus en plus à l’abri.

Les espoirs de soleil seront déçus avant dimanche !

Les températures continuent leur baisse et les plateaux du cœur du Massif central  (Margeride, Velay) connaitront leur première gelée sous abri surtout leurs cuvettes de moyenne altitude ! Les maximums descendront en dessous de 10° avant d’amorcer une légère remontée au moment du week-end.

Le vent du nord sévit avec ses acolytes, burle sur les plateaux de la Haute Loire, mistral en vallée du Rhône et même Méditerranée très agitée, avant de disparaitre pendant le week-end.

 

Mercredi :

La couche de stratus reste tenace , peu d’espoir de soleil sauf en vallée du Rhône au sud de Vienne mais avec mistral, températures basses (moins de 15°) , crachin possible sous le couvercle de grisaille

 

Jeudi :

La descente de nord perturbée traverse la région. Les secteurs les plus exposés à ses précipitations sont cités ci-dessus, mais tout le monde est concerné. Passage à la neige en soirée sur les plus hauts sommets, Mézenc et peut être Pierre sur haute !

Les températures minimales en baisse  sont encore positives partout, mais nettement  inférieures à 10° sur les plateaux. Le thermomètre ne monte pas dans la journée et reste accroché près de 10°.

Episode de vent du nord fort.

 

Vendredi :

La perturbation de la veille a terminé ses effets dans la nuit avec passage à la neige sur les montagnes au-dessus de 1000 à 1200 mètres ; celle de la journée arrive dans la soirée, elle apporte de nouvelles précipitations surtout sur l’angle nord-est de la région (Yssingelais, Forez et Roannais)   avec passage à la neige sur les régions sommitales, les bassins internes semblent partiellement à l’abri.

Premières gelées sur les plateaux du cœur du Massif central  (Margeride, Velay) surtout leurs cuvettes de moyenne altitude et fraîcheur généralisée le matin. Les maximums évoluent peu par rapport à la veille vers 10°, un peu au-dessus dans les dépressions, plus bas sur les plateaux et montagnes.

Le vent du nord faiblit

 

Samedi :

Les calamités se déplaçant vers le nord, les nouvelles précipitations, faibles,  affectent surtout la bordure septentrionale de la région et les crêtes océaniques, elles sont seulement pluvieuses même sur les montagnes.  Les bassins internes sont à l’abri.

Les gelées se reproduisent sur les mêmes plateaux que la veille et les maximums amorcent, avec un peu de soleil, une hausse qui fait nettement franchir le seuil de 10° dans les dépressions.

 

Dimanche :

Nette amélioration provisoire du temps.

Fin des précipitations  sauf  faible débordement  sur l’extrême nord-est (Haut Beaujolais)

Fin  des gelées, sauf dans les trous à froid, les températures maximales accentuent leur hausse avec plus de soleil ( plus de 15° dans les dépressions)

Vent faible

 

Lundi :

Transition avant une nouvelle dégradation

Pas de précipitations jusqu’à leur retour en soirée par la bordure nord

Quelques gelées sont possibles dans les cuvettes de moyenne altitude du cœur du Massif central, les températures maximales consolident la hausse de la veille (15° dans les dépressions)

 

Nous n’en n’avons pas fini avec les temps de nord : à confirmer lundi !

Gérard Staron

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:32

Chronique N°945

Nous sommes entrés dans la saison des grosses pluies méditerranéennes d’automne.

Je vous concède que la première, comme je l’ai annoncé dans mes prévisions a été particulièrement modérée. Le coup de vent de sud qui l’a précédé samedi 28 septembre n’a pas atteint le seuil de la tempête et s’est contenté de renverser quelques poubelles laissées imprudemment sur la chaussée (94km/H au mont Aigoual). Ses précipitations n’ont déposé plus de 50 mm en quelques heures que le long de la ligne de crête des Cévennes du mont Aigoual avec 86 mm au Pilat. A proximité de la crête des monts du Vivarais, Montregard reçoit presque 50 mm. Les totaux pluviométriques baissent très vite de part et d’autre. A l’intérieur du massif central , Millau, Mende , le Puy reçoivent moins de 20 mm. Vers le nord les grosses pluies ne dépassent pas le Pilat. Sur le versant rhodanien, les totaux importants sont plus étendus avec 55 mm à Avignon et 66 mm à Montélimar. L’alerte orange sur les départements du Gard  s’est parfois transformé en un petit arrosage, 17.6 mm à Nimes ! Alors que ces événements cévenols sont souvent dangereux, celui-ci s’est souvent contenté de déposer des pluies salutaires sur le sol assez sec de septembre !

Au moment où je préparais cette chronique la seconde grosse pluie méditerranéenne d’automne se prépare. On sait maintenant qu’à l’exception des 88 mm de Sète avec un impact exagéré sur une ville en pente, elle a été presque aussi modérée. Les rafales de vent de sud sont déjà plus virulentes jeudi matin que celles de samedi dernier avec 120Km/h en rafale au mont Aigoual ! les précipitations ont globalement à peine dépassé celles de la précédente et  l’on a été heureusement très loin des événements les plus catastrophiques que tout le monde garde en mémoire , Vaison-la-Romaine le 22  septembre 1992, Nîmes le 3 octobre 1988, la crue de la Loire des 21 et 22 septembre 1980.

Qu’est-ce qui peut expliquer la modération, pour l’instant des pluies cévenoles méditerranéennes de 2013 ?

Nous venons de citer quelques exemples des très grosses catastrophes produites par ces pluies cévenoles ou méditerranéennes d’automne. Beaucoup se sont produite dans ces jours de fin septembre et début octobre La plus grosse crue de l’Ardèche date aussi de la fin septembre 1890. La dernière décade de septembre est celle où elles sont les plus nombreuses et les plus dangereuses avec les derniers jours d’octobre et les premiers de novembre. Ceci ressortait déjà d’un article publié dans la revue de géographie de Lyon pour l’ensemble des pluies cévenoles de 1914 à 1992 et ces grosses pluies débutent souvent après le 21 septembre, sauf cas rares comme la crue des Gardons du 8 septembre 2002 .

La concentration sur cette période s’explique par la conjonction des trois éléments nécessaires à la mise en place de ces grosses précipitations comme je les avais décrit dans mon livre de 2003 «  le ciel tomberait-il sur nos têtes.

Les perturbations  froides en provenance des régions arctiques qui descendent vers l’Europe reprennent de la vigueur après le 20 septembre. Ceci leur permet de pousser plus bas en latitude et d’atteindre la Méditerranée dont l’accès leur est interdit par les anticyclones subtropicaux  au moment de l’été.

L’air froid arrivant sur la grande bleue peut d’autant plus se recharger en humidité que cette masse maritime garde de l’été précédent des températures de surfaces de la mer particulièrement élevées. Le contraste d’une mer chaude humide surmontée d’un air froid rend l’atmosphère particulièrement instable et explique que ces précipitations cévenoles s’accompagnent de phénomènes électriques épars.

Enfin à cette saison se constituent les anticyclones continentaux sur l’Europe avec le refroidissement du continent. Quand ces derniers s’accrochent aux Alpes, ils bloquent la progression des masses pluvieuses ragaillardies sur le grande bleue et déviées par l’anticyclone derrière les Alpes, en donnant une origine de sud. Ce blocage accentue le vent du sud préalable et retarde le déclenchement de pluies qui seront d’autant plus violentes qu’elles sont maintenues sur les mêmes régions.

La modération, pour l’instant, des épisodes cévenols de cette année, semble lié à la faiblesse de ce blocage par l’anticyclone derrière les Alpes. Dans le cas de la pluie du week-end précédent, l’anticyclone est bien présent, mais son centre est décalé vers le nord. Centré sur la Scandinavie, sa présence était affaiblie au niveau des Alpes. Le blocage a peu duré car la perturbation a trouvé une porte de sortie en s’évacuant par l’Italie le lundi! Ceci a limité d’autant le vent de sud préalable et ensuite les pluies.

Dans la pluie qui vient de se terminer, le centre des hautes pressions continentales est descendu sur l’Allemagne, le blocage a été intense, selon l’exemple de Sète mais a peu duré et les pluies ont trouvé rapidement la même porte d’évacuation par la Méditerranée !

Les conditions météorologiques favorables à la réalisation de ces grosses pluies se sont mises en place pendant le week-end des  21 et 22 septembre. Auparavant le temps était très différent. L’anticyclone des Açores se trouvait sur l’Atlantique, nous nous trouvions dans un flux de nord de la Manche aux Alpes. A partir du 20  septembre, les hautes pressions se sont déplacées de l’Atlantique à l’Europe centrale. A partir de ce moment-là, elles se trouvent derrière les Alpes et elles peuvent bloquer les perturbations en provenance de l’Atlantique nord. Les conditions sont devenues compatibles avec les averses cévenoles ! certains constaterons que ce changement fondamental de temps, s’est produit au moment de l’Equinoxe d’automne, mais aussi au moment des quatre temps d’automne au moment de la saint Mathieu. Ces dates, vers le 20 septembre sont aussi celles qui sont suivies de très nombreuses inondations par les pluies cévenoles :   1980 crue de la Loire, 1981 nouvelle crue, 1992 Vaison la Romaine, 1993 reprise sur l’ensemble du bassin méditerranéen occidental. Cette concentration sur ces dates, cette année le changement de temps majeur, l’équinoxe et les 4 temps d’automne ne sont surement pas de simples coïncidences.

Reste une dernière question à élucider ? Pourquoi la répétition de ces grosses pluies à  quelques jours d’intervalle ?

Le  phénomène est courant avec la même perturbation qui apporte en 1993 la désolation sur les Cévennes , puis la région d’Aix en Provence , puis la côte d’Azur, la Ligurie et enfin le versant italien des Alpes avec débordement en Maurienne et dans le valais. C’est aussi possible avec des perturbations différentes en 1992 la première frappe Vaison la Romaine le 22 et quelques jours plus tard, la seconde la haute vallée de l’Aude !

Très rares sont les grosses pluies cévenoles isolées, elles viennent le plus souvent en série  à quelques jours d’intervalle. Par exemple au début octobre 1998, le 3 c’est la catastrophe de Nimes, mais l’importance de cette dernière occulte d’autres pluies qui affectent le 9 l’isère et le 11 l’Ardèche et la Drôme. En 1965, le 25 septembre, une grosse averse cévenole classique affecte le Gard l’Hérault et la Lozère , puis du 29 septembre au 1er octobre les calamités s’étendent à la Loire et à la Bourgogne avec plus de 100 mm en 24 heures à Dijon et de grosses inondations supérieures à celles que cette région a connu au printemps de cette année. Tant que l’anticyclone derrière les Alpes restera, il bloquera les perturbations descendant des régions arctiques et cette situation est susceptible de se reproduire !

Espérons-le, toujours avec la même modération que lors des premières pluies cévenoles de 2013!

 Gérard Staron vous retrouve samedi prochain sur radio Espérance. Bonne semaine….

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:34

Prévision du 6 au 9 octobre 2013

 

Les hautes pressions reviennent en constituant un gigantesque axe composite des Açores à la Russie.

Ne vous réjouissez pas trop vite de cette nouvelle car notre région sera certainement l’une des plus lente où le temps va se rétablir

L’épisode cévenol proprement dit  de la nuit de vendredi à samedi est fini (14 mm à Saint Etienne) mais les précipitations connaitront des prolongations avec des retours par le nord-est tournoyants autour de la dépression du golfe de Gènes qui viendront terminer leurs effets nuageux et pluvieux sur l’angle Nord-est  de notre région jusqu’à l’axe du Mézenc au haut Forez et surtout sur le Pilat.

Les températures resteront convenables pour la saison mais avec une tendance à la baisse : retour de la fraîcheur matinale sur les plateaux, maximales en dessous de 18° même dans les dépressions

Un flux d’est dévié en nord par les reliefs de la région entretiendra la burle sur les plateaux de la Haute Loire et le mistral en vallée du Rhône et s’atténuera au fil des jours.

Le temps se rétablit plus vite dans la partie auvergnate et vellave en particulier les Limagnes du sud et le bassin du Puy.

 

Samedi :

Après la pluie cévenole de la nuit précédente, des pluies plus modérées continuent une grande partie de la journée surtout sur le Roannais , le Forez, L’Yssingelais et leurs reliefs en particulier le Pilat.

Les températures maximales sont en baisse, moins de 20° partout.

Le vent du nord revient dans la journée

 

Dimanche :

Le retour par le nord-est des nuages et des pluies vient buter sur l’angle nord-est de la région Yssingelais, Forez et Roannais,  jusqu’à l’axe du Mézenc au haut Forez et surtout le Pilat. Les précipitations sont cependant plus faibles que la veille.

Les températures continuent à baisser, retour de la fraîcheur matinale sur les plateaux, maximums inférieurs à 18° presque partout

Le vent du nord forcit

 

Lundi :

Le retour de nuages et de quelques rares  pluies par le nord-est continue  plus faiblement que la veille sur les mêmes régions.

Le temps esquisse sont rétablissement  surtout sur la partie auvergnate  et le bassin du Puy

La fraicheur matinale s’accentue sur les plateaux avec des brouillards dans les dépressions et vallées. Les maximums sont inchangés depuis la veille

Le vent du nord commence à faiblir sur les plateaux et dans la vallée du Rhône.

 

Mardi :

Le temps se rétablit lentement

Pas de précipitations, les retours de nord-est semblent se terminer

La fraîcheur matinale s’accentue sur les plateaux avec un risque de brouillard dans les vallées et dépressions.  Le vent du nord faiblit et les maximums de températures restent inchangés en dépit d’un peu plus de soleil dans la journée.

 

Mercredi

Pas de précipitations

Le temps continue son rétablissement

Températures inchangées avec fraîcheur matinale sur les plateaux et brouillards dans les vallées et bassins, maximums au mieux vers 18 à 20°  en dépit d’un peu plus de soleil dans la journée

Toujours un vent du nord faible

 

Un temps anticyclonique d’automne qui pourrait continuer quelques jours supplémentaires : à confirmer mercredi.

Gérard Staron

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:24

Observations de Saint Etienne (500m) : septembre   2013

Températures minimales et maximales quotidiennes (Hobo dans abri à coupelles)

Les archives de la station depuis l’origine (2006) sont consultables

 sur  http://mgsb.perso.sfr.fr  à la suite de celles de Montregard, accessible aussi en cliquant sur « site » dans les liens placés sur la barre à droite.

 

date

min

max

p

1-sept-13

14,0

22,7

2-sept-13

9,7

23,1

3-sept-13

9,2

27,7

4-sept-13

10,9

31,8

5-sept-13

14,1

32,7

6-sept-13

15,6

29,8

7-sept-13

15,0

19,1

25

8-sept-13

13,3

17,2

18

9-sept-13

8,3

19,3

10-sept-13

10,9

19,6

11-sept-13

8,4

16,0

3,5

12-sept-13

10,3

16,9

13-sept-13

10,3

20,5

14-sept-13

13,9

21,6

15-sept-13

11,7

16,0

3,3

16-sept-13

10,5

19,4

5,3

17-sept-13

7,5

15,6

0,1

18-sept-13

13,2

22,1

1,3

19-sept-13

11,0

17,2

20-sept-13

8,3

20,6

21-sept-13

10,3

19,1

22-sept-13

8,4

22,1

23-sept-13

8,9

23,0

24-sept-13

8,9

26,3

25-sept-13

12,3

26,9

26-sept-13

14,8

26,9

27-sept-13

13,2

28,1

28-sept-13

14,0

25,6

12,7

29-sept-13

14,3

16,9

7

30-sept-13

11,9

21,3

0,1

moyenne

11,4

22,2

76,3

 

Septembre 2013 présente une moyenne (16.8°) un peu supérieure à celle des années 2006 à 2012 (écart 0.7°). l’écart porte surtout sur les températures maximales !

Le mois a été plus frais qu’en 2006, 2009 et 2011 et un peu plus chaud que l’an dernier (15.7°)

Un mois presque normal avec une partie centrale fraîche encadrée de  deux courtes périodes plus chaudes

Les précipitations sont légèrement inférieures à la moyenne de 2006 à 2012 marquée par des années très arrosées mais elles dépassent celles de 2008, 2011 et 2012 de justesse (75.2 mm)

Gérard Staron

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 12:09

Prévision du 2 au 5 octobre 2013

 

Après la première pluie cévenole du dernier week-end, la seconde se prépare. En raison d’un blocage plus important par l’anticyclone continental, elle pourrait être plus dangereuse que la précédente surtout sur la Catalogne et région du Languedoc Roussillon !

Après une transition jusqu’à mercredi  marquée par un temps doux avec des perturbations dont les pluies sont peu capables de pénétrer dans notre région , la première phase correspond à un vent de sud  qui forcit progressivement. Ses rafales les plus importantes risquent d’être plus fortes que celles de samedi, prudence. Il est accompagné d’une douceur matinale et d’un coup de chaleur dans les sillons de la Loire et de l’Allier.

Ensuite à partir de vendredi , les fortes pluies se déclenchent , elles ne devraient pas atteindre la région avant la nuit de vendredi à samedi et toucher comme d’habitude en priorité l’axe du Mézenc au Pilat avec une pénétration d’importance difficile à préciser au-delà sur le Velay, le Forez et vers le nord.

Un rafraichissement suit avec le retour du vent du nord.

 

Mardi :

Journée de transition

La perturbation qui arrive est plus capable d’apporter des nuages que des pluies qui ne toucheront peut être que la bordure nord et les montagnes océaniques surtout le Sancy

Températures assez agréables avec des maximums un peu au-dessus de 20° dans les dépressions

 

Mercredi :

La nouvelle perturbation de fin de journée semble un plus capable de pénétrer dans la région mais seuls les reliefs sont touchés par les précipitations et les bassins internes du massif central paraissent à l’abri.

Le vent du sud se met en place et après une fraîcheur matinale sur les plateaux, les températures maximales commencent une hausse avec le début du coup de chaleur dans les sillons de la Loire et de l’Allier

 

Jeudi :

Le vent du sud forcit et quelques rafales sont dangereuses en fin de journée sur les plateaux du Massif central et le sillon de la Loire

La douceur matinale revient partout et le coup de chaleur s’accentue dans les sillons de la Loire et de l’Allier avec des maximums supérieurs à 25°

Les premiers nuages arrivent par le sud, mais pas encore de précipitations importantes sauf quelques averses préparatoires sur les reliefs des faces externes du Massif central , Mézenc , Sancy .

 

Vendredi :

Le fort vent du sud continue jusqu’au début des précipitations ! Des rafales peuvent encore être dangereuses !

Les fortes pluies remontent selon un axe de la Catalogne aux Cévennes. Si les nuages sont déjà là, sauf averses préparatoires, elles n’atteignent la région que dans la nuit de vendredi à samedi et l’abordent à la fois par les reliefs des Boutières et du Sancy.  les régions les plus concernées sont comme d’habitude l’axe du Mézenc au Pilat. L’arrosage est important et Une réaction des rivières est à prévoir

Après une grande douceur matinale, les températures restent chaudes mais amorcent une baisse en raison d’une moindre insolation dans les sillons de la Loire et l’allier.

 

Samedi :

Les fortes pluies de la nuit continuent leur extension une partie de la journée en remontant au-delà du Pilat dans des proportions difficiles à prévoir. Prudence, une réaction des rivières est à prévoir

Après la douceur matinale, les maximums baissent fortement

Le vent du nord revient après la fin des pluies avec ses acolytes la burle sur les plateaux de la Haute Loire et le mistral en vallée du Rhône

 

Fin de l’épisode à suivre samedi !

Gérard Staron

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 21:17

Températures de Montregard (43) :  septembre  2013

Températures minimales et maximales et Moyennes approchées (min+max/2) et vraies (toutes mesures)

Sur http://mgsb. Perso.sfr.fr ou en cliquant ci-dessus sur le lien « site » vous avez accès aux archives de la station  depuis l’origine (2006)

date

min

max

moyenne

moy. vraie

1-sept-13

10,8

19,2

15,0

14,0

2-sept-13

6,0

20,7

13,4

12,3

3-sept-13

5,9

26,2

16,1

15,2

4-sept-13

11,0

27,3

19,1

19,6

5-sept-13

15,7

26,4

21,1

20,3

6-sept-13

14,1

24,4

19,2

18,5

7-sept-13

13,0

19,1

16,0

14,8

8-sept-13

9,7

15,5

12,6

11,8

9-sept-13

5,6

17,0

11,3

10,4

10-sept-13

9,3

18,1

13,7

11,6

11-sept-13

4,0

12,7

8,4

7,8

12-sept-13

7,0

11,8

9,4

8,6

13-sept-13

7,5

17,4

12,4

11,2

14-sept-13

10,0

17,8

13,9

13,7

15-sept-13

7,9

13,2

10,5

10,4

16-sept-13

5,6

15,3

10,5

9,1

17-sept-13

4,2

14,1

9,2

8,3

18-sept-13

8,6

17,5

13,1

13,1

19-sept-13

7,6

14,0

10,8

9,6

20-sept-13

6,6

15,9

11,3

10,4

21-sept-13

8,7

16,8

12,7

11,7

22-sept-13

9,4

20,3

14,8

12,9

23-sept-13

6,4

21,6

14,0

13,1

24-sept-13

10,7

23,5

17,1

16,1

25-sept-13

10,3

24,5

17,4

16,4

26-sept-13

13,4

23,9

18,7

17,6

27-sept-13

15,3

27,0

21,1

20,0

28-sept-13

13,9

18,5

16,2

15,6

29-sept-13

11,0

15,1

13,0

12,4

30-sept-13

9,5

18,2

13,8

12,3

moyenne

9,3

19,1

14,2

13,3

Septembre 2013 est assez proche de la moyenne du mois depuis le début des observations en 2006 (+0.5°)en dessous de 2006 et 2011 et au-dessus des autres années dont 2012 (12.9°).

Remarquer l’écart important (0.9°) entre la moyenne approchée et celle vraie (toutes observations) les mois de début d’automne sont souvent ceux qui détiennent les records de différence entre ces deux moyennes

La saison chaude 2013 détiendra le record du maximum de température le plus bas depuis le début des observations. Les 28.3° du 25 juillet n’ont été dépassé ni en août , ni en septembre et ils battent les 28.7° de août 2008

Septembre 2013 a aussi été très arrosé avec 128.7 mm reçu lors de deux week-ends, celui des7 et 8 et du 28 et 29 septembre !

Gérard Staron

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 07:48

les fortes pluies remontant de Méditerranée ont suivi toute la nuit la crête des Cévennes au Pilat  acompagnées de phénomènes électriques espacés

les fortes précipitations ont débordé sur les hauts bassins de la Loire et de son affluent le lignon Vellave

j'ai recueilli 42 mm ce matin à Montregard (total provisoire du mois 122.2 mm)

Elles débordent actuellement vers le nord sur le Forez et la région stéphanoise.

Un épisode cévenol est toujours spectaculaire, c'est le premier de la saison, ils apparaissent souvent en force dans la dernière décade de septembre, mais celui-ci ne semble pas devoir entrer dans les annales des plus dangereux!

Une réaction forte des cours d'eaux est cependant à prévoir: prudence

A suivre

Gérard Staron

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