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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:25

Chronique N°980

Le week-end de Pentecôte a connu la première bouffée chaude estivale sur la France suivie comme souvent d’une vague orageuse.

La bouffée chaude n’a pas concerné que la France, elle s’est étendue aussi à une grande partie de l’Allemagne.

Les températures maximales supérieures à 30° commencent à sortir du domaine méditerranéen le samedi 7 juin dans les retombée septentrionales des reliefs de l’Europe méridionale, sur l’Aquitaine au pied des Pyrénées, dans les dépressions de la Loire et de l’Allier au pied du Massif central où Clermont-Ferrand est la ville la plus chaude de France avec 33.7° et dans les bassins de la Saône , du Rhin ou de la Bavière. Le thermomètre dépasse déjà 32.8° à Strasbourg.

La vague de chaleur s’accentue le dimanche de Pentecôte, 8 juin. Les maximums dépassent 30° sur une large portion de la France à l’est d’une ligne des Charentes au limousin et aux Ardennes. Les premières températures supérieures à 35° sont enregistrées en dehors du domaine méditerranéen avec 35.5° à Strasbourg mais aussi en Allemagne jusqu’à Berlin.

Le maximum est enregistré le 9. La carte des régions supérieures à 30° varie peu au niveau géographique. Elles intéressent en France toutes les régions à l’est d’une ligne qui s’étire de la Gascogne au centre du Bassin parisien et aux Ardennes. Par contre les maximums gagnent encore quelques degrés avec  37° en Allemagne et à Strasbourg et plus de 35° dans les sillons de l’Allier de la Loire et ponctuellement de la Saône.

Ensuite la pointe de chaleur recule. Les maximums supérieurs à 30° sont repoussés à l’est  au-delà du Massif central et de la Lorraine le 10. Ils ne subsistent plus que sur des points isolés  le 11 dans le Tarn et à l’est du Rhône en dehors des régions méditerranéennes.

Les orages ont progressivement pris la suite de la chaleur en soirée et en début de nuit avec deux zones

D’abord celle située en bordure de la zone de chaleur traverse pendant trois jours consécutifs le Bassin parisien du val de Loire jusqu’au Nord avec une grande stabilité géographique.

Les précipitations de la soirée de Dimanche  s’étirent de l’Anjou jusqu’à la région parisienne avec un maximum de 21.2 mm à Creil

Celles de la soirée de lundi remontent un peu plus vers le nord. Plus importantes sur l’agglomération de Paris, avec localement 28 mm à Roissy , l’axe des gros orages s’étire de Melun à Saint Quentin et Lille avec 17 mm. J’ai connu cette série orageuse dans la capitale « Chti » avec une multitude  d’averses orageuses qui commencent en fin de matinée de mardi, qui se succèdent jusqu’à mardi 4 heures du matin et dont les phénomènes électriques et l’intensité des précipitations croissent jusqu’en début de nuit.

Les précipitations orageuses reprennent sur le même axe en soirée du mardi 10 juin avec un léger décalage vers l’est qui place la zone la plus arrosée d’Orléans à Charleville Mézières.

Cette grande stabilité pendant trois jours des précipitations orageuses persiste selon un axe sud-ouest nord-est englobant la région parisienne au point que certains secteurs comme Creil reçoivent plus de 51 mm. La zone la plus arrosée se déplace à peine vers l’est.

A partir du mardi 10 en soirée apparaissent de nouvelles zones d’orages en avant de cet axe sur les reliefs de l’est de la France avec un débordement sur les dépressions voisines.

Dans la soirée du mardi, il s’agit d’un orage très violent qui prend naissance vers 19 heures sur le versant nord du Pilat qui s’étire de Saint-Etienne ou je mesure 17 mm à Lyon avec

6,4 mm, avant de se déplacer vers le nord jusqu’à Macon qui reçoit 20 mm. J’ai connu cet orage en arrivant dans la région. Depuis longtemps, on distinguait du TGV un ciel particulièrement noir et zébré d’éclairs sur les monts d’Or Lyonnais. Mon arrivée à Lyon Part Dieu confirmait, mais l’intensité maximale de la précipitation a été observée à Saint-Chamond, près de la gare. Les voies inondées, ont obligé le TER à rouler au pas sous un ciel noir que l’on distinguait à peine de l’intérieur du train alors qu’il n’était pas encore 20 heures ! Quelle différence d’intensité avec les orages à répétition de la veille à Lille, le total de celui de Saint-Etienne en 1 heure représentait autant d’eau que la multitude des averses répétitives de la veille à Lille en plus de 12 heures !

Dans la soirée de mercredi, les orages reprennent sur les montagnes. Le plus important suit l’axe des reliefs auvergnats de la Margeride ou il nait, au Cantal où il se développe, au Sancy et aux monts Dôme, où il déborde sur les Limagnes avec 22.5 mm à Clermont Ferrand.

Ceux de la soirée de jeudi, plus modestes se retrouvent des Cévennes au Pilat, sur le haut jura et dans une moindre mesure sur le plateau de Millevaches et les sommets vosgiens. Ils  débordent peu dans les plaines voisines !

Ces orages de mercredi et jeudi ont des trajectoires originales. Terminées celle en provenance du sud-ouest, elles sont remplacées par un développement de sud le mercredi et une descente du nord-est le jeudi !

Comment expliquer ce premier gros coup de chaleur estival suivi de la vague orageuse ?

Une fois de plus la France a connu une situation de blocage entre une dépression située sur le proche Atlantique au large de la Bretagne et des hautes pressions implantées sur l’Europe continentale. Ses dernières sont beaucoup plus importantes en altitude vers 5500 à 5800 m avec une langue qui remonte du Maghreb à l’Europe centrale. En plus elles s’abritent  derrière les Alpes qui constituent pour elles un bastion imprenable.

Tant que cette situation très stable résiste, elle s’accompagne d’un double mécanisme.

Dans les hautes pressions à l’est se met en place un flux de sud rapide en altitude qui trouve son origine sur le Maghreb et s’accompagne de la remontée d’un air tropical particulièrement chaud qui traverse la France de l’est continue sa route jusqu’au nord de l’Allemagne. Il accentue encore sa chaleur quand il redescend des reliefs, c’est pour cette raison que les températures les plus élevées commencent le samedi 7 par le pied des versants septentrionaux des Pyrénées, du Massif central avec les couloirs de la Loire et de l’Allier, du Jura et des Alpes. Tant que cet anticyclone reste en place, ce flux de sud persiste avec sa vague de chaleur associée.

La dépression atlantique envoie une perturbation face à ses hautes pressions qui lui barrent la route. Dès le 8, ses masses pluvieuses sont stoppées dans leur progression, elles resteront pendant 3 jours sur une ligne traversant le Bassin parisien du Val de Loire au nord avec impossibilité de progresser. Comme elle y rencontre la bouffée chaude de sud accentuée par l’ensoleillement, elle prend en même temps une allure orageuse qui persiste pendant 3 jours sur les mêmes régions en particulier l’ile de France.

A partir de mardi,  les hautes pressions s’affaiblissent un peu, ceci permet le développement de ces cellules orageuses dans l’est de la France, à partir du Pilat mardi soir, en Auvergne mercredi soir, mais ces dernières pour se développer ont bien besoin de l’appui des reliefs qui obligent l’air à monter en altitude, car les hautes pressions résistent encore au-dessus ! Elles vont même se déplacer ce qui explique les trajectoires particulières des orages de mercredi en Auvergne et de ceux de jeudi sur nos montagnes ! Le retour du vent de nord va calmer peu à peu l’instabilité de l’atmosphère, cette fin de semaine !

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance…Bonne semaine…..

 

 

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