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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 19:27

Chronique N° 963

Après la très forte houle de la semaine dernière, les tempêtes sont revenues cette semaine.

La première commence dans l’après-midi du 4 février pour se terminer dans les dernières heures du lendemain. Les rafales les plus violentes se produisent  en début de soirée du 4 février avec 150 km/h à l’ile d’Ouessant. Au niveau géographique, la tempête se déplace très peu. Curieusement, elle commence en Bretagne par l’ile d’Ouessant et se termine aussi par elle pour les rafales supérieures à 100 km/h. Elle souffle en permanence la pointe de la Bretagne, mais elle reste circonscrite aux côtes. Quand on exclut les stations des Iles, des caps, des littoraux, quasiment aucune ville de l’intérieur ne subit des rafales supérieures à 100 km/h sauf Quimper, très près de l’Océan. L’extension de la tempête aux autres littoraux que ceux de la Bretagne  est très faible et limitée à quelques secteurs isolés particulièrement exposés aux vents violents. Le long de l’Atlantique, quelques rafales à peine supérieures à 100 km/h sont signalées sur quelques pointes discontinues comme celle de Chemoulin, Saint Sauveur, la pointe de Chassiron et le cap Ferret au débouché du bassin d’Arcachon. En Manche, le même phénomène est visible sur les Iles anglo-normandes, la pointe du Cotentin et en fin de journée du 5, le cap Gris-Nez à l’extrémité du Boulonnais. Par contre une reprise s’effectue le long des côtes de la Méditerranée,  au cap Bear et sur les crêtes des Cévennes au mont Aigoual.

Cette tempête ressemble à un débarquement bloqué sur les plages. Cette caractéristique semble liée à la stabilité entre le 4 et le 5 de la situation atmosphérique. Une dépression descend le 3 sur l’Atlantique depuis l’Islande, elle se trouve au large de la Bretagne le 4 et le 5 elle recule en direction du Pays de Galles. De l’autre côté les hautes pressions situées sur la Péninsule ibérique comme sur la Russie ne reculent pas. Le gradient, l’écart de pression entre cette dépression arrivant à 955 hpa et l’anticyclones croit avec l’approche de la dépression. De cet accroissement dépend la vitesse des vents. Comme tout est bloqué pendant plus de 24 heures sur les mêmes régions, la tempête affecte les mêmes secteurs, prioritairement la pointe de la Bretagne. Le seul point où une dépression secondaire s’était créé correspond au golfe du Lion ce qui explique en liaison avec le couloir du seuil de Naurouze et l’attraction de la Méditerranée, la recrudescence de la tempête dans le Roussillon.

Une deuxième tempête atteint notre territoire dans la nuit de jeudi à vendredi. Elle commence par la bordure nord de la Chaine Pyrénéo cantabrique, Oviedo dans l’après-midi, la pointe de Socoa dans le pays basque, Bagnères de Bigorre ont été les premières stations à subir des rafales de plus de 100 km/h.  Elle aborde ensuite la cote de vendée à Saint sauveur  à partir de 23 heures avec 128 km/h Elle traverse en diagonale le pays en terminant par la Belgique. Moins violente que celle du début de semaine, elle dépasse sporadiquement 100km/h à l’intérieur : Niort, Orléans, Paris.

La question entendue à propos de ces tempêtes concernerait leur répétition exceptionnelle cette année ?

Les tempêtes océaniques arrivent très souvent en série comme au moment des fêtes de fin d’année 1999 et la seconde descend toujours à une latitude plus basse que la première.

La mémoire de ceux qui prétendent le caractère exceptionnelle de la répétition de ces tempêtes parait bien courte car il ne faut pas remonter très loin pour trouver un hiver où leur répétition a été bien plus nombreuse avec des vitesses plus violentes. Il s’agit de l’hiver 1989-1990.

Ses tribulations méritent d’être contés !

Le mois de décembre 1989 multiplie déjà les très forts coups de vents sur les côtes de la Manche : le 13 avec 117 km /h à la Hague, les 16 et 17 avec 115 km/h à Lanvéoc et à l’île de Groix, les 23 et 24 avec 122 km/h à la Hague.

Après ce hors d’œuvre, le début de 1990 possède sur les régions du nord de la France le nombre de jours de vents forts le plus élevé depuis 1949 avec pour certaines stations de Bretagne plus de 10 jours consécutifs de vents forts ! Le seuil de la tempête de 100km/h est dépassé sur notre pays 7 jours dans la dernière décade de janvier et 14 jours pendant le mois de février Nous sommes loin d’en être là en 2013-2014.

Au niveau des maximums atteints par les plus violentes rafales, notre hiver est très loin des vitesses des plus violentes tempêtes, 180 à 200 km/h pour les deux de 1999 ou celle d’octobre 1987, mais aussi celles de l’hiver 1990, plus marqué par la répétition que la violence des tempêtes. Par exemple Ouessant a été la seule station qui a atteint 150 km/h ces derniers mois, mais le 25 janvier 1990 162 km/h sont mesurés avec plus de 15 jours à plus de 150 Km/h. En 1990 signaler 162 km/h à Belle île le 3 février, 137 km/h à Rennes , 129 km/h à Paris.

En janvier et février 1990, les tempêtes avaient été plus nombreuses, plus violentes et surtout plus étendues vers l’intérieur des terres. Voici les événements les plus violents !

Le premier coup de vent se produit  les 25 et 26 janvier 1990 avec 160 km/h sur les côtes du Finisterre et du Cotentin, mais aussi 135 km/h en Ile de France Nord et Lorraine. Les vagues dépassent 10 m sur la mer d’Iroise.

La tempête du 3 février 1990 possède l’extension géographique la plus étendue sur l’ensemble de la France du nord avec un axe de vent maximum supérieur à 126 km/h de l’embouchure de la Loire à L’Ile de France avec des durées de retour des vitesses maximales parfois supérieures à 50 ans, un demi-siècle. Sur l’Atlantique, les côtes de la Vendée et de la Bretagne reçoivent des vagues supérieures à 6 mètres.

Les 11 et 12 février 1990 les vents les plus violents sont plus limités le long des côtes de l’ensemble de la France de l’ouest avec entre 125 et 145 km/h et des vagues très fortes . A l’intérieur 105 km/h sont rarement dépassés.

La dernière grosse tempête termine le mois de février, le 28 et le 1er mars et pénètre à l’intérieur des terres avec des vitesses souvent supérieures à 125km/h de la Bretagne au Cotentin et à la Lorraine. Les vagues sur les côtes bretonnes et normandes dépassent 6 mètres

Les 4 événements majeurs  sont complétés d’autres coups de vents forts ponctuels par exemple les 29 et 30 janvier avec 119 km/h à Brest, ou le 26 février avec 137km/h à lille.

Force est de constater que la saison des tempêtes de 2013-2014 commencée le dimanche 27 octobre, relatée à de nombreuses reprises dans cette chronique n’a pas encore eu la violence, la durée de celles de 1990. Elles sont toujours accompagnées de fortes pluies et d’inondations et de très grosses vagues spectaculaires.

La différence entre les événements de 2013-14 et de 1989-1990 porte surtout sur la direction des vents. En 1990, les tempêtes s’accompagnaient de vents d’ouest et à partir de la Bretagne elles s’enfoncent à l’intérieur du pays. Au contraire cette années elles correspondent surtout à des vents de sud et de sud-ouest qui lèchent l’ouest du pays en continuant leur route le long de la Manche ou de la mer du nord comme le 27 octobre 2013, ou en restant coincé sur le Finistère comme en début de cette semaine.

Une fois de plus la météorologie correspond à un domaine où l’amnésie est particulièrement développée. Le discours actuel en est une excellente illustration.

Gérard Staron donne rendez-vous samedi sur Radio Espérance , bonne semaine

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Published by Gérard Staron - dans catastrophes naturelles
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