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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 20:10

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Chronique N°957


Noel 2013 a été synonyme de tempête comme en 1999, mais cette année elle a précédé un peu la fête avec un événement en deux temps

Le premiercommence en fin de matinée du 23 décembre avec les premières rafales dépassant 100 km/h à Ouessant et à la pointe du Raz et concerne jusqu’aux premières heures du 24 les cotes de la Bretagne au Pas de Calais.

Les vitesses des rafales sont croissantes sur la pointe de la Bretagne jusqu’aux heures du passage du 23 au 24 décembre avec 144 km/h à la pointe du Raz, 143 km/h à Ouessant et plus de 130km/h à Brest, Landivisiau, Brigognan, et à l’ile de Groix et Belle Île

Au départ, seule la pointe de la Bretagne est soufflée, mais la tempête remonte le long des rivages de la Manche. Le nord du Cotentin est affecté dès le début de l’après-midi du 23  à la Hague et Cherbourg. Ensuite les côtes normandes de part et d’autre de l’estuaire de la Seine sont touchées. Les rafales atteindront 143 km/h au cap  de la Hève à 2 et 4 heures le 24 décembre. Enfin la tempête atteint le promontoire du Boulonnais avec 122 km/h au Cap Gris Nez et 117 km/h à Boulogne sur mer en fin de nuit du 24.

La tempête de Noël descend peu vers le sud le long de l’Atlantique, elle atteint le littoral nantais et les rafales supérieures à 100 km/h ne descendent pas en dessous de la pointe de Chemoulin. Elle pénètre à l’intérieur des terres un peu plus que Christian, fin octobre. Quelques rafales de 100 km/h atteignent Roissy, Albert près d’Amiens, mais d’une façon générale les maximums du Maine, de la Normandie , de la Picardie et du pays Chtmi, jusqu’à l’agglomération parisienne se situent vers 90 km/h.

A partir de la fin de la nuit du 24, la tempête bascule. Elle commence à décliner le long des littoraux de l’Atlantique de la Manche et la Mer du Nord, et elle forcit sur un espace de l’est du pays. Les crêtes du Jura à la Dôle sont les premières soufflées et les pointes dépassent 90 km/h à Lyon et Lons le Saulnier

Tout au long de la journée du 24, le vent souffle des hauteurs du massif central au Jura aux Vosges et aux Alpes et sporadiquement dépasse 100 km/h dans le sillon de la Saône. Dans une moindre mesure ceux de la Loire, des vallées alpines ou de la Moselle sont affectées. L’axe des plus fortes rafales se produit de Saint Etienne à Lyon, puis Lons le Saulnier, Dijon, Langres et Nancy   Les vitesses maximales dans les dépressions sont enregistrées dans la nuit de Noel avec 122 et 117 km/h aux stations de Lyon, Bron et satolas le 25 décembre à 3 heures.

Dans ce deuxième temps, sur la France de l’est, il s’agit d’un vent de sud, avec une anomalie. Ce type de tempête provient habituellement de la Méditerranée, ce n’est pas le cas cette fois  puisque les vitesses sont surtout sensibles au nord de la région Rhône Alpes. Le Mont Aigoual est très peu concerné par cette tempête avec des rafales qui n’ont pas dépassé 120 km/h.

De même pour les précipitations, on trouve deux axes majeurs de forts totaux qui correspondent à ceux du vent violent.

Le premiers’étend de la Bretagne au nord du pays avec deux paroxysmes. Le premier sur les premiers reliefs rencontrés en arrière de la côte des Monts d’Arrée aux Alpes mancelles. On dépasse 50 mm de la région de Brest à celles de Rennes et de Laval. Toutes les rivières qui descendent du centre de la Bretagne vers le sud ou celles du bassin de la Maine sont en crue. Celles qui ont le mieux monté sont l’Oust où au Guélin avec 7.7 m la crue de mars 2007 est dépassée mais celle de de janvier 1995 passe nettement au-dessus. La crue est maintenant passée à l’aval sur la Vilaine. l’Oudon atteint aussi une hauteur de 2.9 m.

Le second paroxysme le long de ce premier axe se situe au pied des Ardennes où Charleville Mézières a reçu 59 mm en 24 heures le 23. L’Oise amont est en crue avec un événement du même ordre que celui de 2010 et une hauteur de 4.7m à Flavigny.

Dans les deux cas, les rivières à forts débordements sont situés  au pied des reliefs pour des bassins versants dans l’axe de la progression des pluies, qui sont, concernés en totalité par le maximum de leur intensité.

Le second axe majeur de précipitations concerne le lendemain l’est de la France des régions méditerranéennes aux Vosges avec des totaux les plus importants de la région Lyonnaise à la Franche Comté avec plus de 50 mm. Si les rivières de l’ensemble du bassin du Rhône ont réagi avec une montée déjà importante du fleuve à Beaucaire. Ce sont les affluents de la Saône qui descendent du Jura en particulier le Doubs à Besançon avec une cote de 4.80m  et la Seille à Louhans avec 2.44 m qui atteignent les niveaux les plus élevés.

Plus au sud, les montées du loup sur la côte d’Azur et de l’Eyrieux affluent du Rhône sont aussi importantes.

Actuellement la France est un puzzle de rivières en crues avec des montées variables le plus souvent modérées et limitées à des secteurs amont. Les jours à venir seront importants pour connaitre dans quelles proportions les prochaines perturbations pourront ou non faire passer les crues de secteurs isolées aux axes fluviaux majeurs avec des risques d’inondations d’une taille plus importante qui pourraient en résulter. A suivre surtout sur la Vilaine!

La question posée par cette analyse : Pourquoi cette tempête et ces importantes précipitations en deux temps, le premier le long des côtes de la Bretagne au nord et le second dans l’est du pays ?

Cette situation résulte de l’affrontement entre une dépression initialement centrée sur l’Islande qui tente de descendre en direction de l’Europe et qui se heurte de plein fouet à l’anticyclone qui occupe le continent et se trouve situé sur l’Europe centrale. De cet affrontement résulte une augmentation de la différence de pression entre les deux centres d’action qui provoque la tempête mais aussi une stagnation des précipitations de la perturbation située au sud de la dépression ce qui prolonge et augmente l’intensité les précipitations

La dépression Islandaise  arrive à descendre jusqu’au 23 décembre jusqu’au niveau de l’Irlande, alors que les hautes pressions résistent selon un axe des Monts cantabriques aux Vosges. Le gradient, l’écart de pression devient alors le plus fort de la Bretagne au Pas de Calais et il se met alors en place la tempête qui se développe selon cette même ligne suivant le trait de côte. Elle est associée aux fortes pluies qui suivent ce même axe un peu plus à l’intérieur du centre  de la Bretagne aux Ardennes.

Dans un deuxième temps l’anticyclone d’Europe centrale se replie le 24 et le 25 derrière les Alpes qui constituent un bastion derrière lequel il s’arque boute. La situation bascule, Les pressions s’écroulent dans l’ouest du pays et résistent à l’est, la perturbation suit La tempête et les fortes précipitations se déplacent alors selon un axe sud-nord et sont à nouveau bloquées sur les bassins du Rhône et de la Saône.

Dans ces dernières régions les calamités de sud sont le plus souvent méditerranéennes, mais  la grande bleue n’est quasiment pas atteinte par les vents violents et les fortes pluies.

Ces tempêtes océaniques traditionnelles de décembre marquent une nouvelle tentatives de progressions des masses d’airs de l’arctique et amorcent une nouvelle phase de notre hiver.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance…


 Par avance bonne année 2014…..

 


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