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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 16:04

 Chronique N°922

La malédiction météorologique du week-end semble continuer !

Depuis le début du mois, chaque période de repos dominicale est frappée d’une baisse très sensible des températures marquée par des gelées ou le retour de la neige. C’est ce que nous avons vécu la semaine dernière avec une couche de neige lourde sur les plateaux de la haute Loire au-dessus de 900 m, mais les précédents  avaient été à peine meilleurs et celui qui se déroule en ce moment n’a rien à envier au  précédent pour la dégradation du temps avec encore un retour de la neige un peu plus bas. Le contraste est d’ailleurs même accentué depuis que le soleil est revenu. Lors de ces deux dernières semaines, l’astre nous a accompagné du mardi au jeudi ou vendredi de ses rayons, les températures ont remonté , puis se sont effondrées ensuite.

L’an dernier à la même époque je signalais le même phénomène dans la Chronique N°873 :la malédiction des week-ends depuis avril! . Nous avions aussi supporté un week-end de Pâques aux tisons, la même neige du Coucou de la mi-avril s’était produite un dimanche, le mauvais temps avait aussi accompagné les tours des élections présidentielles et législatives avec toutes les conséquences que vous savez[1], et enfin la chute exceptionnelle des températures des Saints de glace s’était produite entre un vendredi et un dimanche !

Existe-t-il donc une calamité du week-end ?

Pour tenter de trouver une réponse, au moins partielle au problème, j’ai effectué pour l’ensemble de l’année 2012, l’analyse des températures maximales, minimales et des précipitations selon les différents jours de la semaine à ma station de Saint Etienne (500m).

La malédiction du Dimanche est la plus visible pour les précipitations.  En 2012, c’est le jour le plus arrosé de la semaine avec 215.7 mm soit plus du quart du total annuel. Il devance le samedi avec 133.8 mm et 16% du total annuel. Pour deux jours sur 7, le week-end a cumulé près de 42% des précipitations de l’année. Quand on ajoute le lundi qui jouxte le week-end et suit immédiatement  dans la liste des plus arrosés, les trois jours du samedi au lundi représentent 56% des précipitations contre 44% pour les 4 autres jours du mardi au vendredi.

La domination du week-end est encore plus importante pour les précipitations les plus intenses avec 9 jours dépassant 20 mm contre 4 pour le reste de la semaine du lundi au vendredi inclus, avec les deux plus substantielles pour le dimanche, 53 et 33 mm. La pluie ou la neige du dimanche ne peut pas passer inaperçue puisque le rapport entre total des précipitations et le nombre de jours où elles sont tombées donne 10,8 mm pour le dimanche et  3.5 à 7 mm pour les 6 autres jours de la semaine ! Voilà de quoi attrister la journée de repos ! Si le dimanche est nettement pourri dès qu’il pleut, le nombre de jours du Seigneur  affecté par des précipitations au long de l’année n’est pas plus important que celui des autres. Seuls 20 sont concernés contre 27 pour le samedi. Le seul jour à connaitre une fréquence inférieure est le mercredi avec 17, les scolaires ont bien choisi leur jour de repos, j’en connais qui vont encore râler ! Mais ils risquent de le perdre partiellement !

La concentration des températures les plus basses  est moins nette sur le dimanche. Pour les maximums, le dimanche est le jour le plus frais de la semaine à égalité avec le lundi avec 15°, mais au long de l’année 2012, il est très intéressant de constater un rythme hebdomadaire d’évolution des températures.

Ce cycle est très marqué au niveau des maximums. Si le dimanche et le lundi sont les deux jours les plus frais de la semaine, les températures montent régulièrement jusqu’au jeudi avec 17.2°. Le vendredi est presque globalement au même niveau avec 17.1°, puis les maximums baissent le samedi avec 16.7° et s’effondrent le dimanche avec 15°. Cette chute de plus de 2° en 2012 entre le vendredi et le dimanche et de plus de 1.5° en 24 heures, est naturellement fortement ressentie et permet de mesurer une dégradation marquée par la population, ceci contraste avec la hausse du début de la semaine qui est beaucoup plus progressive, 0.3 à 0.5° en 24 heures du lundi au jeudi !

Notons que si le dimanche n’a pas le maximum le plus bas lors du grand froid de février 2012, il a celui le plus élevé de la vague de chaleur de la seconde partie d’août avec 37.6° !

Le même rythme existe pour les températures minimales mais avec une amplitude plus faible entre le jour le plus chaud et le jour le plus frais, 1.4° d’écart pour les minimums contre 2.2° pour les maximums et avec aussi un décalage de 24 heures au cours de la semaine.

Cette fois le lundi possède les minimums les plus  bas avec une moyenne de 6.2° en 2012. Ces derniers montent par tranche de 0.2 à 0.4° jusqu’au vendredi et non pas le jeudi avec 7.6°. Le début de la baisse est lent jusqu’au dimanche avec 7.3° et l’effondrement a lieu entre le dimanche et le lundi avec 1.1° d’écart, de quoi rendre le premier jour de la semaine encore plus impopulaire à ceux qui reprennent le travail.

Ce décalage dans le temps dans l’évolution parallèle entre le rythme des maximums et des minimums parait climatiquement logique. Quand arrive une vague de froid en provenance des hautes latitudes, cette dernière amène d’abord beaucoup de nuages qui retardent la baissent des minimums mais accentuent celle des maximums en cumulant l’effet d’arrivée de l’air extérieur, des précipitations et de l’absence d’ensoleillement. Le froid du matin  est le plus fort quand le ciel se dégage à la fin de l’épisode perturbé, ce qui permet un fort rayonnement nocturne

Cette petite étude met aussi en évidence le caractère progressif de la montée des températures sous l’effet de l’ensoleillement  et la chute brutale de ces dernières lors de l’arrivée d’une vague de froid, en illustrant mon propos de la semaine dernière Chronique N°921 : "Plus dure sera la chute"... du thermomètre ! .

En 2012, il y a donc bien eu un rythme hebdomadaire du temps avec une dégradation pendant le week-end. Cette étude permet d’en montrer les étapes. L’arrivée du mauvais temps en début du Week-end permet un début de baisse des maximums le vendredi et le samedi avec l’arrivée des nuages et le début des précipitations, la dégradation pluvieuse ou neigeuse en hiver est centrée sur le dimanche, elle s’accompagne de l’effondrement des maximums et elle est suivie de celui des minimums quand le ciel plus dégagé permet le rayonnement nocturne. Ensuite le rétablissement du temps, le retour du soleil permettent une remontée des températures et une accalmie des précipitations jusqu’au jeudi ou vendredi.  

Les études de climatologie sur le rythme de la semaine sont rares, la seule que je posséde jusqu’à présent est celle de Bernard Subrin à propos de son poste du Breuil, dans le Rhône (Beaujolais) parue en juin 2012 dans le bulletin « Meteofil » de l’AMRL qu’il honore de son adhésion. Elle montrait déjà le problème du dimanche pour la pluviométrie, mais le rythme thermique hebdomadaire était moins évident

Ce qui a été prouvé pour 2012, et probablement le début de 2013, pour Saint Etienne est-il extensible sur une plus longue période d’observation et sur un espace géographique plus vaste ? Ce rythme hebdomadaire se décale-t-il en fonction des différents types de temps dominants pendant une année ?

En 2012, il y a eu une malédiction du week-end avec un rythme hebdomadaire des types de temps, mais ce fait  soulève plus de question qu’il ne résout de problème ?

Gérard Staron donne rendez-vous samedi prochain sur Radio Espérance , bonne semaine



[1] G. Staron « Leciel tomberait-il sur nos têtes » 2003 Editions ALEAS  chapitre 1

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Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

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La Loire p 78, 79

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La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

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