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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 19:39

Chronique N°908

La vedette de la semaine passée est encore la grisaille qui a recouvert une grande partie de la France jusqu’au 10 janvier ! Vous avez déjà pu regarder sur mon blog les images transmises par Claude les 4, 7 et 9 janvier L'appendice de beau temps du Massif central dans la grisaille (4 et 7 janvier 2013)

 Parmi nous, Il y a eu ceux qui ont supporté cette couverture nuageuse tenace continument pendant une semaine (3-10/01/12), qui n’ont pas vu le soleil et qui sont restés 24 heures sur 24, dans ou sous un plafond plus ou moins bas de stratus. Ceci concerne la moitié septentrionale du pays jusqu’aux crêtes majeures du Massif central et des premiers chainons des Préalpes et du Jura. La langue grise s’est même insinuée dans la vallée du Rhône jusqu’au niveau de Tournon. Un deuxième secteur de grisaille recouvre la partie centrale du bassin Aquitain relié au précédent au niveau de la région Charente Poitou.

Il y a ceux qui successivement ont subi ce couvercle au début de la période puis ont vu de façon plus ou moins variable le soleil ensuite. Cette alternance a pu se faire selon les journées mais il s’est souvent ajouté un rythme diurne. Le couvercle de grisaille s’installant pendant la nuit, se fractionne dans la matinée pour laisser passer le ciel bleu et les rayons du soleil qui occupent l’après-midi. Ceci a concerné les Vosges, le plateau de Langres, reliefs de l’est de la France réussissant à émerger de la mer de nuages. Il s’y est ajouté les secteurs de plateau du Massif central proche de la ligne de crête du Sancy au Pilat qui a marqué la limite fluctuante au fil des jours de la grisaille. Par exemple Saint Etienne a été continument sous le couvercle jusqu’en début de cette semaine, puis la situation a été variable. Il en a été de même pour les secteurs à proximité des Alpes et du Jura dans une position comparable.

Enfin il y a ceux qui ont apprécié le beau temps ensoleillé presque continu du matin au soir  et parfois ont vu en dessous une mer de nuages grise et moutonnante. Il s’agit des montagnes les plus hautes , Alpes et Pyrénées, du domaine méditerranéen et enfin de façon plus surprenante d’un appendice de hautes terres du Massif central en diagonale des Cévennes au plateau de Millevaches, sur le flanc sud –ouest de l’ensemble en passant par le Mézenc, la Margeride, et le versant occidental des montagnes volcaniques du cantal au Sancy.

Ces nappes situées dans les très basses couches de l’atmosphère ont subi une évolution altitudinale des zones couvertes au cours de la période. Les premiers jours on remarque un net décalage de l’altitude du sommet de la zone recouverte entre les deux nappes celle du nord de la France et celle du fond du bassin Aquitain. Les nuages en provenance du nord et du nord –est venaient buter comme un front compact sur les crêtes du Massif central, des Préalpes et du Jura jusqu’à des niveaux de l’ordre de 1000 à 1200 m sur les bordures et parfois plus au centre en recouvrant totalement les Vosges. Les régions du bassin Aquitain affectées ne dépassaient pas 500 à 600 mètres, ce qui expliquait cette dissymétrie sur le Massif central d’un Sancy ou Cantal couvert presque jusqu’au sommet du côté nord-est et seulement au pied de l’autre !

Cette distorsion va peu à peu s’estomper au fil des jours. Peu à peu la masse compacte du nord va accentuer sa stratification selon l’altitude, se concentrer dans les bassins et dépression les plus basses et découvrir des espaces de plateaux de plus en plus bas.

Sur le Massif central, elle atteignait le 4 toute la partie septentrionale jusqu’au Sancy la Margeride et au Mézenc. Peu à peu des tranches d’altitudes de plus en plus basses  vont se dégager sur le Velay, le Livradois  le Forez et la couche ne rester tenace que dans les Limagnes et les bassins qui longent la Loire.

Sur le Jura et les Alpes la masse compacte s’était arrêtée à l’extérieur des massifs. Le 4 une grande partie de la Plaine centrale suisse n’était pas encore concernée. Peu à peu la nappe de stratus, va s’insinuer dans les bassins et les basses vallées de ces massifs. Le 7 la plaine centrale Suisse est totalement recouverte ainsi que l’amorce des vallées et sillons, Grésivaudan et combe de Savoie comprises, qui pénètrent le Jura et les Alpes

Comme l’altitude de la nappe du Bassin Aquitain change très peu, les décalages du niveau sommital de toutes ces masses de stratus s’estompent peu à peu sur l’ensemble de la France et ce sont globalement toutes les zones en dessous de 400 à 600 mètres  qui sont concernées à quelques exceptions près !

Au fil des jours des changements thermiques apparaissent. Il fait globalement doux partout au départ. La couverture nuageuse maintient provisoirement cette douceur, mais comme il n’y a aucun apport d’énergie solaire pendant la journée, les maximums sont à peine plus élevés que les minimums. Sous ces couches la température est presque uniforme de l’ordre de 5 à 10° environ au départ, peu à peu elle baisse lentement. Dès que le ciel se dégage, des contrastes apparaissent. Pendant la nuit, la perte d’énergie par rayonnement s’accentue, donc les minimums baissent et les gelées réapparaissent progressivement. Dans la journée au contraire le soleil compense largement.

La situation atmosphérique permet l’explication.

L’anticyclone des Açores remonte sur la France à partir de l’Atlantique et s’installe le 2 et le 3 sur notre pays. Il est constitué en altitude d’un air doux avec des températures positives jusqu’à 2500 m si l’on prend en compte le radio sondage de Payerne, mais cet air doux arrive à un moment où l’hiver rend le maintien de cette douceur difficile près du sol avec un bilan radiatif très négatif entre les apports et pertes d’énergie solaire.

A partir de ce moment va se mettre en place une inversion entre un air qui va de plus en plus se refroidir près du sol et celui subtropical envoyé par l’anticyclone des Açores placé au-dessus et qui reste doux. L’accentuation de ce contraste au fil des jours est visible sur le radio-sondage de Payerne. Les 3 et 4 janvier il fait seulement environ 2° de plus au-dessus de 1000 m d’altitude qu’au sol, le 6 l’écart dépasse 5°, le 7 il dépasse 8° et 9° le 9 janvier.  Si ce dernier jour, la température a peu changé en altitude près de 10°, il gèle au sol à 12 heures.

Ce renforcement au fil des jours de l’inversion de température est lié à l’opposition de deux mécanismes. En altitude la présence du soleil abondant et d’un air d’origine subtropicale a maintenu la douceur. Au-dessous, l’air s’est peu à peu continentalisé en absence du soleil et avec un flux de nord dans les basses couches. Cette situation a consolidé au fil des jours la stabilité de l’air car le plus dense, le froid, était en dessous du plus léger et volatile. Ceci a rendu très tenace la couche de grisaille qui se situe au contact des deux niveaux thermiques et accentué la stratification de deux airs très contrastés.

 Cette opposition s’est généralisé sur la France ce qui explique deux aspects. Le premier est l’extrème stabilité géographique des régions concernées par la couverture de grisaille qui n’a bougé que de quelques centaines de mètres en altitude et de quelques kilomètres en bordure de la zone concernée. Le deuxième aspect correspond à l’homogénéisation de l’altitude du sommet de la couche de stratus  sur l’ensemble de la France et des pays voisins, les écarts constatés au début s’estompent au fil des jours.

C’est pour ces raisons que même quand l’anticyclone des Açores, synonyme de beau temps pour l’ensemble de nos contemporains, s’étend sur notre pays en hiver, il n’apporte pas toujours le temps idyllique correspondant à sa réputation. Sa douceur se perd peu à peu  dans les basses couches près du sol, là où  les conditions thermiques de la saison hivernale s’imposent plus facilement.

Gérard staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur radio espérance, bonne semaine

 

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