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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 18:42

Chronique N°901

Le brouillard quand vous êtes dans la couche ou la grisaille quand vous vous situez dessous la nappe nuageuse ont été les vedettes de ces derniers jours. Ne parlons pas de ceux qui se trouvent sur les reliefs et disposent d’un soleil généreux dans la journée après une matinée très froide sauf quand les restes affaiblis d’une perturbation apportent une autre nébulosité à haute altitude et de couleur bien plus blanche, moins sale !

Ces nappes près du sol sont constituées de stratus bas, nuages à développement horizontal  souvent peu épais qui séparent deux airs de nature différente par leur densité, froid en dessous, et relativement plus chaud au-dessus, qui se sont stratifiés dans une atmosphère calme, comme le font l’huile et le vinaigre dans la sauce, quand le coup de fourchette alerte du cuisinier ne vient pas les remuer !

Cette semaine nous avons connu des situations diverses par rapport à ces types de nappes nuageuses. Vous avez pu consulter des exemples concrets sur mon blog avec les images des satellites américain NOAA captées  par Claude

La France des montagnes et celle du Midi méditerranéen n’ont quasiment pas connu cette grisaille et ont subi un beau temps ensoleillé du matin au soir. Pour les reliefs  du nord du pays, Vosges Jura etc. , il s’agissait d’ilots de ciel dégagé  surmontant une « mer » de nuages qui entourait les zones sommitales de toutes parts. Dans le Midi méditerranéen, les masses nuageuses qui ont pu circuler correspondaient à des formations d’altitude des perturbations affaiblies.

Dans une France intermédiaire, les situations ont été variables avec plusieurs types d’évolutions. Les dépressions de l’est du Massif central  le long de la Loire et de l’Allier, le fond du bassin Aquitain et les bas plateaux autour du val de Loire  ont souvent subi une alternance de situations, soit l’état du ciel a totalement changé d’un jour à l’autre avec des journées ensoleillées alternant avec la grisaille, soit, cas le plus courant, les nappes de brouillards se sont tapis dans les bas-fonds pendant la nuit et la matinée , puis au cours de la journée le soleil a dispersé la couche et l’après-midi a connu un ciel dégagé. J’ai pu aussi observer mardi un cas presque inverse à Saint Etienne, le ciel est dégagé le matin et cette situation se maintient jusque dans l’après-midi,  mais en regardant vers le nord on constate que le front de nuages est proche sur la Plaine du Forez comme dans la vallée du Gier. Au crépuscule, la masse grise prend l’offensive, elles remonte par les vallées du Gier et du Furan  et a plongé par-dessus les crêtes de Montreynaud et de Saint-Jean-Bonnefonds pour fondre sur le nord de la ville en début de nuit, le quartier du « Soleil ». Ceux qui sont dans cette zone pensent peut être que  la présence du ciel dégagé ou de la grisaille correspond à une loterie ce n’est pas le cas.

Autre particularité, Certains jours l’agglomération parisienne est un ilot de ciel dégagé au milieu de la zone de grisaille, la chaleur émise par les activités humaines intenses dispersant  localement sur l’espace urbain la nappe de brouillard.

Enfin dans la France du nord, l’est et le nord du bassin Parisien, les plaines de la Saône et  l’Alsace et chez nos voisins la Plaine centrale Suisse et les zones basses de l’Allemagne sont presque systématiquement restées sous une couche tenace plusieurs jours consécutifs du matin du soir.

Ces masses de grisailles, toujours en mouvement, évolutives autant par leur géographie au sol que par leur développement en altitude varient d’un jour à l’autre. Le passage de la grisaille au soleil  se produit à des niveaux variables d’un jour à l’autre au sommet, cette variabilité existe aussi  sur le bas de la couche pour le passage des zones situées sous le couvercle à celles  dans le brouillard .

A quoi correspondent ces régions de la grisaille persistante, intermittente ou absente ?

La zone de stratus bas persistants s’installe en même temps que l’anticyclone centré sur l’Europe centrale le 13 novembre 2012. Celui-ci se centre dès le 15 novembre sur la Russie au sol et il y est encore au milieu de cette semaine. En même temps le radio sondage de Payerne montre une inversion de température entre l’air froid continentalisé dans les basses couches avec près de 0° au sol et l’air plus chaud d’origine méridionale situé au-dessus avec des températures qui dépassent 10° au-delà de 1000 m d’altitude. En même temps les stations de la montagne alpestre signalent le sommet de la mer de nuages, là où l’on sort des stratus pour passer au-dessus dans le ciel clair. Le 15 novembre, ce niveau supérieur se situe vers 800 m dans la plaine centrale suisse et il n’a quasiment pas bougé jusqu’au 21.   Au cœur de l’anticyclone, le ciel est parfaitement calme, ceci facilite la stratification durable de l’air. Comme l’air froid peut contenir moins de vapeur d’eau sans se condenser que celui qui est au-dessus. Les conditions les plus favorables pour cette condensation interviennent au haut de la nappe d’air froid et disparaissent  dans celui plus chaud situé au-dessus.

Cette zone de grisaille persistante, outre les zones basses de nos voisins, s’étend traditionnellement chez nous jusqu’aux plaines de la Saône et à l’est du Bassin parisien.

Ceci laisse dépasser de la nappe toute les montagnes. Sur ces dernières le rayonnement nocturne est efficace sous un ciel dégagé pour baisser la température jusqu’au gel sévère au petit matin, mais le soleil compense largement dans la journée. Par exemple au pied du Jura dans les stratus,  Bâle a un minimum de -1° et un maximum de 6.8° le 21 novembre. Le même jour La Chaux de Fonds à 1000 m sur le Jura suisse, au-dessus de la nappe connait un minimum bien plus bas -8.5° mais aussi un maximum nettement plus élevé 12.6°.

Les zones de grisaille intermittente subissent deux rythmes de changements.

De façon classique, il y a celui de la journée. L’air est plus calme dans la nuit, il se stratifie à ce moment là. Il se refroidit aussi, ce qui permet le franchissement du point de condensation et la formation du brouillard ou de la couche de stratus. Pendant la journée l’action de l’ensoleillement agite l’air, provoque un réchauffement qui peut à nouveau provoquer le franchissement du point de condensation en sens inverse et l’eau repasse à l’état de vapeur. Dans ce cas, aux moments les plus chauds, vers la mi-journée, la nappe de grisaille se déchire partiellement ou totalement.

On constate aussi un second rythme qui correspond aux pulsions de l’anticyclone dans des régions situées sur ses marges. Quand les hautes pressions progressent et s’installent, l’air se calme et la formation de brouillards avec inversions de températures est stimulée. Au contraire quand l’anticyclone subit les assauts d’une perturbation, il s’installe en bordure des flux de sud sur le Massif central ou d’ouest dans les régions océaniques qui nettoient le ciel, ces vents même faibles empêchent la formation de la couche de stratus et limitent les inversions de températures. Dans ce cas ce sont d’autres nuages liés aux perturbations, plus haut dans le ciel, qui arrivent.

Pour ce qui concerne la progression du brouillard mardi soir sur Saint Etienne, la couche de stratus a profité de la baisse de température de la soirée pour avancer avec un mécanisme un peu précoce en début de nuit. Le brouillard avait disparu mercredi matin, car dans la nuit, le flux de sud lié l’arrivée de la perturbation a dégagé le ciel !

Ces situations de grisaille sont  très courante et très volatiles à l’automne car les anticyclones se continentalisent. Avec des jours plus courts et un soleil plus bas, il se forme au sol des couches d’air froid, très favorables à la formation de ces  stratus bas.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, Bonne semaine à tous

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Published by Gérard Staron - dans Géographie
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