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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 18:03

Chronique N°891

Les saisons intermédiaires connaissent très souvent des changements brutaux de températures avec des petites vagues de chaleur et des chutes sensibles. Sans connaitre les excès de celles des saints de glace, les pulsions thermiques de cette semaine sont intéressantes

Nous avons d’abord connu pendant le week-end dernier un petit coup de chaleur. Ce dernier concerne presque exclusivement les températures maximales. Ces dernières restaient plafonnées vers 25° en dépit du retour du temps anticyclonique depuis le début de la semaine dernière.  Ce n’est que vendredi (7/09) que la température de 30° commence à être dépassée dans le Bassin Aquitain jusqu’au seuil du Poitou et  au pied du Massif central. Ce même jour les côtes de la Manche et les Ardennes restent en dessous de 25° de maximum.

Le samedi (8/09), la poussée chaude supérieures à 30° franchit le Massif central et s’étend de la retombée de ce dernier à partir des Limagnes jusqu’au val de Loire de la Touraine au pays nantais. Ils s’ajoute quelques secteurs de la basse vallée du Rhône et de la Provence intérieure Seuls quelques pointes très océaniques des côtes de la Manche gardent des maximums en dessous de 25°.

Le dimanche correspond à l’extension maximale de la chaleur avec 30° jusqu’ au Lyonnais, à la Bourgogne, à la  Champagne, la région parisienne et la Picardie jusqu’aux collines de l’Artois. Seules les pointes de la Bretagne et du Cotentin restent en dessous de 25°

Le reflux de la chaleur commence dès  lundi. Seul des ilots  du bassin Aquitain, des Limagnes, de la basse vallée du Rhône et de la Provence gardent plus de 30° dans l’après-midi. Les littoraux de la Vendée jusqu’à la Flandre sont redescendus en dessous de 25°.

La chute est sévère mercredi. Seules les régions méditerranéennes et de la moitié méridionale du bassin Aquitain conservent des maximum supérieurs à 20°. Les températures du reste de la France culminent entre 16 et 18°. Quelle chute par rapport par rapport au maximum, 72 heures auparavant. L’aéroport de Satolas dégringole de 30.7° à 16.6°, Vichy de 32.° à 17.5°. Une chute de 11 à 15° presque uniforme sur l’ensemble du pays.

Il ne faut pas chercher des records dans ces pulsions chaudes puis fraîches. La ville la plus chaude de France sur l’ensemble de la période a été Mont de Marsan avec 34.2° le samedi 8 septembre. Sans tenir compte des années récentes, la série 1951-1980 a connu en septembre un maximum de 36.7° en septembre 1962. Le Dimanche, au paroxysme géographique des fortes températures, Vichy est la ville la plus chaude du nord de la France avec 32.2°. L’an dernier, le thermomètre était monté à 34.7° en septembre et le maximum de la série 1951-1980 était de 35° le 3 septembre 1962.

 De même pour les chutes spectaculaires de températures entre lundi et mercredi, le printemps a fait mieux au début mai 2012. Entre les deux premiers saints de glace, Saint Mamert et Servais, les maximums avaient chu  de 17.4° en 24 heures à Noirétable et de 16,1° à Andrézieux-Bouthéon. Septembre a connu aussi des chutes sévères. En 2005, à Saint Etienne, entre le 16 et le 18 septembre, la chute des températures maximales avait été supérieure à 13° en 48 heures contre 11.9° cette fois.

Les pulsions chaudes ou froides de cette semaine n’ont quasiment pas affecté les températures minimales. Tous les jours, une partie de la France est restée en dessous de 10° à l’exception du mardi 11. Le samedi 8, la chaleur de la journée est précédée de températures inférieures  à 10° sur une large moitié nord du pays du Cotentin au Massif central et à l’Alsace. Le 9, jour du maximum le plus élevé, une diagonale du val de Loire aux Ardennes reste en dessous de 10°. Angers si célèbre pour sa douceur n’a que 8° le matin. Le 10 des zones isolées du territoire Charleville, Guéret, Nevers, Epinal sont encore en dessous de 10°. Il n’y a que mardi matin avec deux jours de retard sur les maximums que les minimums frémissent à la hausse avec une bouffée assez homogène de l’ordre de 15° sur l’ensemble du pays. Le jeudi 13 au matin, alors que les maximales de la veille sont retombées à des niveaux faibles, seul le Nord-est du pays présente des températures minimales en dessous de 10°.

Constatons que les températures minimales résistent aux pulsions de hausse comme de baisse des températures maximales et quand elles réagissent, c’est  avec un retard certain. Il leur faut le coup de pouce d’un petit vent de sud qui précède l’arrivée des perturbations pour monter le 11. Pour reprendre l’exemple de la chute des températures du 16 au 18 septembre 2005, quand les maxi baissent de plus de 13° en 48 heures, les minis évoluent de moins de 6° pendant le même temps.

A l’automne quand il y a de grandes pulsions thermiques elles affectent surtout les températures maximales l’après-midi, alors que les minimales, le matin, font de la résistance. Elles montent ou baissent avec retard et dans des proportions bien moindres.

Pour les températures maximales, je vous signalais le début de la remontée la semaine dernière à partir du mardi ou du mercredi, il faut attendre le dimanche pour atteindre la plénitude de la vague de chaleur et après 48 heures d’apogée, il suffit de 24 heures pour obtenir une chute sévère. En automne le thermomètre monte lentement et baisse brutalement

Ces dernières remarques permettent d’établir une notable différence avec la grosse vague de chaleur, nommée par certains canicule, que nous avons subi du 18 au 21 août.

D’abord à l’époque les minimums avaient suivi, ils sont même monté très hauts , parfois plus de 22° et même 25,6° à Violay à plus de 800m d’altitude dans les monts de Tarare. En été les minimums du matin montent aussi vite que les maximums, en automne ils restent à la traine.

Ensuite les maximums de température étaient montés très vite à partir du 16 août et très haut entre le 19 et le 21 août. En septembre, il faut une semaine pour monter le thermomètre bien plus bas. L’efficacité du réchauffement et de l’ensoleillement est infiniment plus faible  en automne qu’en été

Enfin A la fin août il faut plusieurs perturbation pour faire chuter la chaleur. Vers le 12 septembre, 24 heures suffisent pour perdre une quinzaine de degrés.

Pourtant, comme je vous le précisais la semaine dernière, les situations atmosphériques sont semblables avec une remontée des anticyclones subtropicaux pour accumuler la chaleur, mais aussi des descentes perturbées de nord-ouest et de nord strictement semblables pour provoquer la baisse des températures.

L’évolution du temps de cette semaine est un autre exemple du rapport de force différent entre chaleur et fraicheur en été et en automne en raison d’une durée des jours plus courte et d’un angle d’incidence des rayons du soleil plus faible.

En automne, l’ensoleillement qui accumule la chaleur au fil des jours est bien plus lent à provoquer une remontée du thermomètre qu’en été.

En automne, le rayonnement nocturne agit suffisamment longtemps pour permettre une inertie des températures minimales qui montent peu et en retard alors qu’en été elles réagissent plus vite.

En automne les chutes dans l’air froid qui suit les perturbations sont brutales. En été leur efficacité est moins nette.

On a vraiment changé de saison au Ier septembre cette année  et Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur Radio espérance. Bonne semaine ….

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