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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 14:53

Chronique N°890

Toutes les prévisions avaient annoncé un retour du beau temps estival chaud depuis le début de la semaine. Vous avez pu constater que le retour des hautes températures présente un sérieux retard à l’allumage et le temps n’arrive pas à se débarrasser définitivement d’une nébulosité persistante.

Pourtant la situation atmosphérique ressemble étrangement à celle subie au moment  du coup de chaleur du mois d’août

Le mercredi 5 septembre, journée où le soleil revient, présente des pressions anticycloniques plus élevées au sol, avec l’isobare de 2020 hpa sur la France, que lors des jours de forte chaleur du 18 au 22 août. L’anticyclone des Açores est même monté plus haut en latitude, puisqu’on le retrouve cette semaine centré au niveau de l’Irlande, alors que vers le 20 août il restait plus timidement au sud.

La dépression du golfe de Gènes qui a apporté tant de nuages en début de semaine sur la région Rhône Alpes et tant de pluies sur la Corse s’est éloigné,  la situation des pressions en altitude ressemble donc étrangement à celle de la vague de chaleur de la seconde quinzaine d’août. La surface des 500 hpa se situe à 5820 m, elle avait atteint 5880 et même  5940 m sur le sud du pays au maximum vers le 19 août

Après l’épisode de vent du nord du début de cette semaine, celui-ci devient  faible qu’il soit d’est ou de sud.

Pourtant le ressenti du temps est totalement différent cette semaine.

D’abord les températures minimales présentent des niveaux bien plus bas de l’ordre de 10°, Légèrement supérieur dans les zones protégées par une forte couverture nuageuse et inférieur sous le ciel dégagé du nord de la France. Rien à voir avec les minimums élevés proches de 20° lors de la vague de chaleur. La persistance de l’anticyclone s’accompagne cette semaine d’une baisse des minimums de jours en jours. Mercredi seules quelques stations sont descendues en dessous de 10° , Guéret 8.1°, Charleville 9.7° ; Jeudi , tout le nord du pays de la Bretagne à la lorraine est en dessous de 10° avec 4.3° à Charleville. Des reliefs et des régions comme le nord du Limousin s’ajoutent dans la moitié sud. Vendredi ces basses températures progressent encore avec 2.3° à Charleville, 2.5° à Romorantin et 2.7° à Reims.

Ensuite,  une forte nébulosité matinale gêne l’établissement des rayons du soleil. Ceci  perturbe l’ensoleillement depuis le tout le début de la semaine. Jusqu’à mardi inclus  la couverture nuageuse continue du matin au soir peut être mis sur le compte des envois  de la dépression du golfe de Gènes, mais après, ce n’est plus le cas.  Mercredi et  Jeudi alors que la situation anticyclonique est établie, que toutes les prévisions annonçaient un soleil sans partage,  l’astre est assez timide.  Jeudi matin  des nuages bas  encombrent le ciel dans toutes les dépressions de l’est de la France, l’ensemble des Limagnes, les bassins ligériens, l’axe de la Saône et du Rhône et au-delà. Ces derniers ne se dispersent qu’en fin de matinée. vendredi matin, les nuages bas reviennent sur une partie des mêmes régions.  Moins nombreux de jours en jours, leur résistance et leur présence n’ont rien à voir avec le ciel dégagé dès le matin  de la période de chaleur d’août.

Enfin, le réchauffement diurne est gêné et les maximums tardent à  atteindre des niveaux élevés. Alors que l’ensoleillement  faisait progresser la chaleur de jour en jour vers le 20 août, les maximums stagnent cette semaine à des niveaux nettement plus bas. Les côtes de la Manche restent en dessous de 20°, et une très large moitié nord de la Vendée au massif central et au Alpes du nord ne dépasse pas 25 °  

L’humidité relative  est aussi très différente. Même au moment le plus chaud de la journée, elle reste cette semaine à des niveaux élevés et sans  comparaison possible avec ceux très bas enregistrés lors des fortes chaleurs de la mi-août . Par exemple, cette semaine, l’humidité relative n’est pas descendue en dessous de 48% mercredi et 44% jeudi  à Clermont Ferrand  en plein après-midi, alors que du 18 au 21 août elle connaissait des niveaux très bas entre 18% le 18 et 34% le 21.

Si une situation atmosphérique semblable a donné un ressenti du temps totalement différent, c’est parce que l’ambiance climatique a changé entre une fin attardée de l’été et un début d’automne précoce !.

La baisse de la durée des jours et de l’angle d’incidence des rayons du soleil a modifié les conditions thermiques et hygrométriques. La durée relative de la déperdition de l’énergie pendant la nuit a augmenté aux dépens de celle pendant dans laquelle l’ensoleillement direct ou diffus provoque les apports de chaleur pendant la journée, un seuil semble avoir été franchi entre la fin août et ce début septembre

Si le ciel reste dégagé, la déperdition par rayonnement nocturne est encore plus forte et la remontée de la température diurne démarre à partir de niveaux plus bas

Très souvent cette perte d’énergie pendant la nuit permet à l’air de se rapprocher de son point de condensation. Alors se créent des masses nuageuses qui viennent se blottir dans les dépressions comme dans la matinée de jeudi. La température baisse moins pendant la nuit une fois ces formations nuageuses  mises en place, mais le lendemain matin, il faut attendre leur dispersion pour que l’ensoleillement puisse reprendre se pleine efficacité

Ceci explique qu’en dépit d’une situation météorologique favorable, les températures minimales restent à des niveaux assez bas, et que les maximums quotidiens  plafonnent  sur une très large moitié nord du pays.

Naturellement pour passer de l’un à l’autre sur une durée aussi réduite de l’ordre de 2 semaines, il a fallu une cassure provoquée par l’épisode pluvio-orageux de la seconde moitié de la  semaine dernière.

Ce dernier a d’abord amené des quantités de précipitations importantes sur une grande partie du pays. Il a donc fourni au sol une humidité importante susceptible de faciliter la formation de brouillard en fin de nuit. Les sols saturés fournissent la matière première utilisée par le refroidissement nocturne pour atteindre le point de condensation de l’air et la création de nuages bas. Ce n’est pas un hasard si ces derniers sont surtout importants dans le centre-est de la France très arrosé à la fin du mois d’aout

Cet épisode a ensuite apporté du froid en provenance des hautes latitudes. Celui-ci a mis fin définitivement à la période chaude et l’atmosphère est reparti avec le début septembre sur des bases thermiques nouvelles qui n’avaient plus rien d’estival

Enfin l’installation d’une dépression dans le golfe de Gènes a permis de prolonger jusqu’au début de cette semaine des conditions de forte humidité et parfois de pluviométrie sur un sol refroidi. Nous n’avons reçu que la portion congrue des très fortes précipitations qui se sont déversées sur la côte orientale de la Corse. Il est tombé 175.4 mm à Solenzara, 123 mm à Bastia et 164.2 au cap Pertusato à l’extrémité méridionale. Nous n’avons été concerné  jusqu’à mardi inclus que par une couverture nuageuse tenace, mais   cette prolongation a permis de continuer l’impact de l’épisode perturbé en provenance des hautes latitudes, en prolongeant le refroidissement  et la saturation du sol en eau.

Nous avons seulement connu, à quelques semaines près, deux formes de beau temps, celle chaude et sèche de l’été, celle nébuleuse de l’automne.

Gérard Staron vous retrouvera  samedi prochain sur radio espérance , bonne semaine….

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Published by Gérard Staron - dans climatologie
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clovis simard 19/10/2012 04:17


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.16 - THÉORÈME FISHER. - L'Image du temps.

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