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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 16:50

Chronique N°888

La canicule médiatique depuis le week-end dernier est le sujet incontournable de la semaine, tout oubli serait considéré comme inconvenant !

Elle ne commence vraiment que samedi dernier qui constitue aussi son extension géographique la plus étendue. Les températures maximales supérieures à 30° envahissent l’ensemble de la France à l’exception  de la totalité  des littoraux de l’Atlantique et de la Manche, mais aussi de façon surprenante d’une grande partie de la Méditerranée en particulier dans le Roussillon et le Languedoc. Elles dépassent 37° du nord du Bassin Aquitain à la région parisienne, et même 40° sur les flancs nord du Limousin dans la Creuse et l’Indre, et du Morvan à Auxerre.

Dimanche elle commence déjà à régresser. Dans l’ouest les températures maximales inférieures à 30°  progressent sur l’ouest de la France sur l’ensemble de la Bretagne du Maine et de la Basse Normandie. Celles supérieures à 37° constituent une langue des dépressions du nord du Massif central, Limagnes ou Plaine du Forez  à la Lorraine du nord. Il s’ajoute quelques ilots isolés dans le nord du Bassin Aquitain et le Comtat Venaissin. A l’exception de Vichy, il n’est plus question d’atteindre 40°.

Lundi, le recul des fortes températures est encore plus marqué. Il n’est plus question de plus de 30° dans le grand ouest de la France, dans toutes les régions au nord de l’agglomération parisienne avec même une extension dans les plaines de la Saône. A l’exception de secteurs isolées du Midi toulousain et du Comtat Venaissin, il n’est plus possible de trouver des températures prises selon les normes météorologiques supérieures à 37 °.

Mardi, les fortes températures tentent une dernière offensive désespérée dans l’est de la France. Si la limite des maximums supérieurs à 30° varient peu à l’ouest jusqu’à la région parisienne, ces derniers s’étendent à une grande partie de la Lorraine et de la Champagne .  37° sont à nouveau dépassés dans la vallée du Rhône de Lyon à la Provence, une région où de tels niveaux ne constituent en rien une surprise. Il s’ajoute les Limagnes de Clermont au Bourbonnais. La plaine du Forez s’en approche.

Mercredi on peut considérer l’épisode de fortes chaleurs terminé. Les températures supérieures à 30° sont rejetées sans les régions du sud, midi méditerranéen et bassin aquitain avec un maximum dans le Comtat !

Il se pose deux questions 

La première concerne  l’explication météorologique de cet épisode de fortes chaleur, de leur tendance de se décaler dans la seconde partie du mois d’aout comme l’an dernier !

Tout commence après le passage de la dernière perturbation pluvieuse dans la nuit du 15 au 16 aôut. Au sol la situation est confuse, faiblement anticyclonique mais  les hautes pressions subtropicales d’altitude s’installent alors sur la France. Au-dessus de 5000 m d’altitude elles constituent un véritable couvercle de chaleur et de stabilité de l’atmosphère. La surface des 500 hpa atteint des altitudes rares sur la France, au niveau de Lyon : 5760 m le 14 août, 5820 m le 15 août, 5880 m le 17 août et enfin 5940 m le 19 août. Ce couvercle interdit toute instabilité de l’atmosphère, l’ensoleillement est continu du lever au coucher de l’astre.

Il s’ajoute un léger flux de sud dans les basses couches. Ce dernier apporte de l’air maritime le long des côtes de la Grande Bleue qui ne seront jamais incluses dans les très fortes chaleurs en dépit de leur accoutumance. Ce flux provoque un effet de foehn qui accroit les fortes températures dès la redescente sur le versant nord du Massif central avec un décalage d’ouest en est au fil des jours. Le samedi, les plus fortes températures ont lieu au nord du Limousin sur la Creuse le Dimanche, et le mardi dans les dépressions qui longent la Loire et l'Allier, Limagnes et plaines ligériennes !

La fin de cet épisode de fortes chaleurs n’est pas venue par l’arrivée d’une perturbation en provenance des hautes latitudes. Des séquelles moribondes arrivent parfois à s’infiltrer comme dimanche dans la moitié nord de la France, mais leur faiblesse est évidente et sans relais il était impossible de repousser cette vague d’air chaud.

 En réalité, la grande chaleur s’est auto détruite par les phénomènes orageux qu’elle a elle-même crée.  Ces derniers ont commencé lundi avec deux trajectoires orageuses. La première balaie en début d’après-midi les plaines de la Saône à partir de Dijon et continue jusqu’à la Porte de Bourgogne. Elle dépose de 15 à 18 heures 25 mm à Besançon. La seconde en soirée concerne les Limagnes avec une extension jusqu’au Roannais. 45 mm tombent sur Clermont Ferrand.

Les orages reprennent mardi. Assez limité en début d’après –midi sur l’est du Massif central avec le rebord ardéchois des monts du Vivarais et le versant nord du Pilat, ils prennent de l’importance de l’Allier à la Saône et Loire en déposant  29.4 mm à Saint Yan Paray le Monial de 19 à 21 heures.

Mercredi, les orages ont été généralisés dans l’est du Massif central avec des trainées de grêle et ils continuent jeudi matin.

Chaque fois, après un début de journée  très ensoleillé et une hausse très rapide des températures, la chaleur du sol réussit à provoquer une couche instable dans la basse atmosphère qui s’étend ensuite aux couches plus élevées pour permettre le déclenchement des orages. Sur les secteurs concernés, un rafraichissement rapide a eu lieu, par exemple à Clermont Ferrand, sortant provisoirement un secteur géographique de la vague de chaleur.  Jour après jour, le phénomène très limité dimanche dans le nord de la France, a pris un peu d’importance au point de réussir à vaincre la vague de chaleur mercredi.

Nous avons eu l’exemple d’une vague de chaleur qui s’est autodétruite elle-même quand la chaleur s’est développée près du sol, a été suffisante pour provoquer une couche instable qui s’est attaquée à l’anticyclone d’altitude située au-dessus et l’a fait reculer !

Cette vague de chaleur est-elle suffisante pour provoquer des records de durée ou d’intensité ?

Dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier supérieur, la vague de chaleur a duré le plus longtemps avec 4 jours de samedi à mardi. Ailleurs elle n’a pas dépassé 48 heures.

Certains secteurs ont pu ponctuellement atteindre des niveaux record de chaleur sur 24 heures comme à Gouzon, Guéret, Châteauroux  ou Auxerre où le seuil de 40° a été atteint , dont la probabilité doit être vérifiée.

Partout ailleurs les niveaux de température atteint n’ont rien de comparable avec les grandes canicules de juillet 1983, d’aout 2003, de juillet 2006 et même parfois de août 2011, l’an dernier à Andrézieux ou à Saint Etienne, les valeurs de cette année avaient été dépassées.

Depuis le début de la saison estivale tous les services de l’état, la météorologie, la santé, les préfectures, les médias sont  mobilisés comme chaque année  en vue de la  canicule annoncée attendue. Dès que l’opportunité de fortes températures est apparue, l’occasion a été surexploitée. Juillet et le début d’août ont déçu les espérances, tous les espoirs ont donc été reportés sur cet épisode ! Des fortes chaleurs à utiliser avec urgence d’autant que l’opportunité ultérieure se raréfie avec la fin de l’été!

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, Bonne semaine.

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