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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 11:22

Dernière minute : les orages de samedi et de la nuit de samedi à dimanche ont déposé 23.8 mm à Montregard et ce n'est pas fini!

 

Chronique N°885

Juillet 2012 restera comme le mois de tous les contrastes, frais et pluvieux dans le nord et chaud et sec dans le sud !

L’opposition est particulièrement flagrante pour la pluviométrie comme pour les températures. Quand il tombe 160 mm à Charleville Mézières, Agde ne reçoit rien, 0 mm. Quand la moyenne des températures atteint péniblement 15.7° à Lannion dans le nord de la Bretagne, elle dépasse 24.5° à Nîmes et même 25.9° au Luc en Provence.

En réalité, la géographie du contraste est un peu différente pour les températures et la pluviométrie

Le total des précipitations a dépassé 100 mm dans deux glissières. D’abord à partir du Benelux, une bande déborde sur la France à partir de la frontière belge jusqu’à la région parisienne et à la partie orléanaise et blésoise du  Val de Loire. Ensuite à partir d’une Suisse et d’une Forêt Noire très arrosées, une autre bande de forte pluviométrie s’étend du Jura et des Alpes du nord à la région Lyonnaise et aux hauteurs de l’est du Massif central. A l’opposé, tout le littoral de la Méditerranée présente un total proche de zéro et le bassin Aquitain ne dépasse pas 30 mm. Le contraste est très fort dans les Alpes entre le nord et le sud. Chamonix a reçu 111 mm quand Briançon n’a pas ouvert son compteur : 0 mm. La différence est aussi très forte entre les deux stations grenobloises près de la ville et à l’aéroport dans les terres froides du Dauphiné.

 Les contrastes thermométriques s’effectuent selon un axe décalé avec une orientation Nord-ouest sud-est. La température moyenne de juillet a été inférieure à 17° le long des côtes de la Manche de la Bretagne au Boulonnais et moins de 18° un peu à l’intérieur des Ardennes à la Vendée. Les zones d’altitude du Massif central s’ajoutent dans ces zones fraîches. A l’opposé, les 20° de moyenne ont été dépassés de justesse sur le Bassin Aquitain et beaucoup plus largement sur l’ensemble des régions méditerranéennes avec une remontée dans la vallée du Rhône avec des pointes à 25° dans la Provence intérieure.

L’an dernier avait déjà connu un mois de juillet pourri. D’une façon générale les températures avaient été plus basses que cette année et la pluviométrie globalement plus forte  mais avec des contrastes moins marqués.

Au niveau des températures, la moyenne de juillet 2012 est quasiment aussi basse que celle de sa devancière dans les stations les plus froides des côtes de la Manche. L’écart  est de l’ordre de 1° à 1.5° sur la plus grande partie du pays comme dans la région Rhône Alpes ou l’Auvergne, avec mes postes de Saint Etienne ou Montregard, mais dépasse  plus de 2° dans les régions méditerranéennes les plus chaudes. Par exemple au Luc en Provence, juillet 2011 n’avait atteint que 23.3° quand cette année, dépasse 25.9°.

La pluviométrie n’avait pas connu l’an dernier des écarts méridiens aussi caricaturaux. Le sud avait été bien plus arrosé que cette année. L’an dernier, le Bassin aquitain avait connu une belle abondance avec 99 mm à Bergerac, 87 mm à Albi et 71 à Agen contre moins de 30 mm cette année. La partie basque, landaise et bordelaise avait même dépassé largement les 100 mm. De même les régions méditerranéennes sans connaitre une telle abondance, n’avaient pas connu l’indigence extrême de cette année. Embrun avait reçu 89,9 mm contre 4 mm en 2012, Istres 67 mm contre 6 cette année.

A l’opposé la géographie de la pluviométrie de la France du nord avait été bien plus complexe et globalement plus abondante l’an dernier. Moins d’eau dans l’ouest, plus dans les régions montagneuses des Alpes du Jura et du Massif central.

Quand certains tenteront une tendance générale de la situation du pays en juillet 2012, il n’est pas sûr qu’ils la trouveront aussi pourrie que certains secteurs des côtes de la Manche ou du nord du pays ont pu le ressentir. Il est bien connu que l’association des extrêmes dans le calcul d’une moyenne donne, ce que certains appellent, une situation normale pourtant très anormale pour chacun de ceux qui ont connu les excès contradictoires.

Qu’est-ce qui explique cette situation très contrastée de juillet 2012 ? Il est des moments où la météorologie présente de grandes ressemblances avec l’art militaire, avec l’évolution de fronts de deux forces antagonistes. Au sud le bassin méditerranéen est occupé par la chaîne des anticyclones subtropicaux avec sur l’Atlantique, celui très connu des Açores. Descendant par l’Atlantique nord, des perturbations en provenance des hautes latitudes arrivent selon des trajectoires de nord ou de nord-ouest en liaison avec des dépressions souvent installées sur l’Irlande ou les Iles britanniques.

Lors de l’épisode pluvieux du 1er juillet, la ligne de défense des anticyclones méditerranéen est totalement enfoncée, cette situation va laisser des séquelles une grande partie du mois. Les anticyclones méditerranéens réussissent dans un premier temps à se rétablir sur les régions qui constituent leur zone d’influence estivale habituelle le long de  la Grande bleue. A partir de ce moment-là les perturbations en provenance du nord, ne pourront plus atteindre la Méditerranée, ce qui les empêche de se recharger en humidité sur ses eaux tièdes. Si les perturbations continueront à déposer leur pluie sur le nord, plus au sud elles peuvent seulement provoquer des orages localisés quand l’air froid entre en contact avec le continent réchauffé.

Toute l’évolution du reste du mois correspond à une très lente tentative des anticyclones méditerranéens de repousser vers le nord, les tentatives des perturbations en provenance des hautes latitudes. Jusqu’au 14 juillet, l’air froid en provenance du nord sera prédominant sur le pays jusqu’à la ligne des reliefs qui correspond à la limite climatique majeure de l’Europe et ne pourra plus atteindre le bassin méditerranéen. Il s’agit de la bordure orientale du Massif central de la montagne Noire au Pilat et de la séparation entre les Alpes du Nord et du sud.

Dans la seconde partie du mois, les anticyclones subtropicaux réussiront à progresser à plusieurs reprises. Le 18, ils arrivent à étendre leur influence sur La région Rhône Alpes avec 32.5° à Saint Etienne. Après un nouveau recul, ils réussissent à étendre leur influence à l’ensemble du pays à partir du 24 juillet. Le nord du pays est même atteint. Si le maximum atteint 35° à Saint Etienne, on trouve quand même à 29.2° à Lille avec 3 jours de chaleur dans la capitale du nord du 24 au 26 juillet.

Depuis le 27 juillet l’air en provenance des hautes latitudes tente à nouveau de pénétrer sur le pays, mais son influence est bien plus faible qu’au début d’août. Des lignes d’orages réussissent encore à pénétrer dans le pays, ceux du 27 concernent surtout des régions qui présentent des particularités géographiques sensibles. Celles proches des côtes de la Manche , avec plus de 40 mm en deux heures à Laval et plus de 20 mm à Lille correspondent à la ligne où l’air froid entre en contact avec l’air surchauffé du continent. Celles de l’Auvergne au nord-est du pays longent la première ligne des reliefs qui oblige l’air à s’élever à leur contact et à augmenter son instabilité. Les orages de la fin du mois seront plus épars, celui du 28 intéressera une langue des monts du Vivarais au Jura.

Contrairement au début du mois, l’air froid n’est plus capable de s’installer sur le pays , et de casser l’été. Les anticyclones ont rétabli une situation très compromise  en début de mois, réussiront-ils à maintenir cette situation en août, ne donnent-ils pas les premiers signes de faiblesse ? Le week-end en cours pourrait apporter une première réponse

Gérard staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance …… bonne semaine

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Published by Gérard Staron - dans climatologie
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