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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 19:49

Dernière minute : orage avec 20mm sur Montregard (43), il y a deux heures

 

Chronique N°884

Le Tour de France a bénéficié globalement d’un temps assez beau alors que dans le même temps le temps sur la France a été mauvais : un véritable paradoxe !

Pire, ce sont les étapes situées au sud du pays qui ont connu un impact lié aux conditions météorologiques. L’action du vent sur le peloton avec la formation de bordures lors de l’étape languedocienne arrivant au cap d’Agde, dans le secteur littoral près de l’arrivée, n’a rien de surprenant dans des régions souvent balayées par le mistral et la tramontane. Le ciel bouché sur les Pyrénées, un brouillard parfois important sur les cols et de petites précipitations mouillant la course lors des étapes Limoux / Foix et surtout celle Bagnères de Luchon / Peyragudes sont plus surprenants dans les secteurs où la latitude de l’épreuve était la plus basse.

Contrairement à de très nombreux exemples antérieurs, les chutes ne doivent rien aux routes mouillées et si le mur de Péguères risque de rester dans l’histoire du Tour, ce n’est pas en raison du temps médiocre, mais à cause de l’inconscience criminelle de ceux qui ont déversé sur la chaussée des clous de tapissier avec les multiples crevaisons induites.

Alors que les pluies sont quotidiennes et importantes sur la France du nord pendant la première quinzaine de juillet, la grande épreuve cycliste ne reçoit que quelques gouttes à l’arrivée à Boulogne et en direction de Metz, et une seule grosse averse courte entre Fécamp et l’arrivée de l’étape à Rouen.

L’explication est très simple, les perturbations, grains et instabilités plus ou moins orageuses de ce mois de  juillet sont des lignes en déplacements de la même manière que le Tour de France est une caravane qui migre pendant une partie de la journée de 11 heures à 18 heures, où les mécanismes orageux sont les moins probables. Alors que les stations météorologiques des villes de départ, du parcours ou de l’arrivée peuvent très bien avoir reçu des précipitations importantes dans la journée, car elles sont fixes, l’élément mobile que représente le Tour de France peut très bien ne pas les avoir rencontrées pendant son parcours en raison d’axes de progression différents.

Pendant la première semaine de l’épreuve, 3 cas ont permis au Tour de passer au travers des gouttes.

Lors des étapes belges, Le Tour a été à l’abri sur le versant nord des Ardennes alors que les pluies étaient dirigées par un flux de sud qui a arrosé l’autre versant du massif. Il pleut à Luxembourg le samedi et le Dimanche quand le Tour de l’autre côté des Ardennes sur le versant de Liège reste globalement au sec.

Lors des premières étapes en France, en direction de Boulogne et de Rouen, le Tour se dirige d’est en ouest alors que les perturbations viennent comme toujours de l’océan avec un parcours inverse d’ouest en est. La rencontre aurait dû être incontournable, elle a pourtant été tronquée.

Mardi 3 juillet, la course se dirige d’Orchies à Boulogne quand un front occlus progresse en sens inverse sur la Manche. La rencontre se limitera à quelques gouttes avant l’arrivée.

Le lendemain, une perturbation d’ouest bien plus organisée que la veille avance sur la Manche quand la course longe la côte de haute Normandie en sens inverse. Seule une courte averse rattrapera les coureurs peu après le changement de direction de Fécamp.

Lors des étapes suivantes, le Tour présente un parcours dans le même sens que celui des perturbations, soit d’ouest en est. Chaque fois les deux ensembles en déplacement vont évoluer sans quasiment se rencontrer dans la mesure où la course va progresser dans les heures qui séparent les fronts perturbés sans les rencontrer.

Par exemple en direction de Saint Quentin, la ville subit un orage deux heures avant l’arrivée qui est terminé quand les coureurs se présentent. Les précipitations atteignent 3.2 mm de 13 à 15 heures, laissent ensuite arriver l’étape au sec puis reprennent à 20 heures et déposent 2.6 mm pendant le nuit. Le lendemain, la même perturbation qui suivait la course la veille, est passée devant. IL ne pleut plus depuis 8 heures lors du départ de Saint Quentin et  une fois de plus les pluies sont réduites à quelques gouttes jusqu’à Metz.

Dans les jours qui suivent jusqu’à la grande étape Alpestre,  les perturbations passent de nuit sur les régions traversées par le Tour. Une arrive sur l’ouest de la France au moment de l’étape vosgienne de « la Planche des belles filles », pour se retrouver sur l’Allemagne, le lendemain, au moment de l’étape du Jura Suisse jusqu’à Porrentruy. Les deux fois le temps est beau pour la course, mais les habitants de la région auront quand même subi de la pluie à un autre moment de la journée ou de la nuit.

La perturbation suivante traverse la Bourgogne au moment de la journée de repos à Macon. Le mercredi matin au départ de l’étape vers Bellegarde, il pleut encore sur les hauteurs du Jura près du Grand Colombier, mais au moment où la course se présente à son pied, les précipitations ont continué leur route et le beau temps s’est rétabli à l’arrivée des coureurs.

Reste à expliquer les bordures à proximité de l’arrivée au Cap d’Agde. Il y a eu du vent tous les jours sur l’épreuve, mais ce dernier n’atteignait pas le seuil de 40 à 50 Km/h au-delà duquel il provoque régulièrement l’éclatement du peloton en éventails quand il vient de côté. La perturbation de nord de la Fête Nationale atteint la Grande Bleue. Quand l’air froid descend des hauteurs du Massif central, il prend de la vitesse comme un cycliste dans une descente et il est en plus attiré par la chaleur de la mer. Il donne alors des vents de nord, le mistral et la tramontane assez virulents. Comme le parcours dégagé le long de la côte augmente l’impact d’Eole, comme sa direction fournit un vent de ¾ arrière ou de côté par rapport à l’épreuve, la création de bordures était probable.

Reste à expliquer la forte nébulosité humide avec brouillard sur deux étapes pyrénéennes. Le Dimanche 15 juillet jusqu’à Foix, comme le jeudi 19 dans les Pyrénées centrales sur les cols de mente et des Ares, de nouvelles descentes de nord déboule sur le pays, sur le flanc de l’Anticyclone des Açores centré sur le proche Atlantique. Comme les pressions sont élevées, elles déposent très peu de précipitations, mais la chaîne pyrénéenne est un obstacle transversal à la progression de l’air froid.

Ce dernier vient donc buter les deux fois sur le versant septentrional des Pyrénées où évolue la course. Prenant la suite d’un air chaud, le refroidissement induit provoque le franchissement du point de condensation sur ce versant. Des nuages se forment quand cet air escalade le massif  avec une couche de brouillard et une très grande humidité correspondant au niveau assez bas du franchissement du point de condensation. Les Pyrénées sont souvent un obstacle majeur sur lequel viennent buter les descentes froides, il en résulte une forte opposition climatique entre le versant français humide nébuleux et arrosé dans ce cas, et le versant espagnol, méditerranéen, sec et semi désertique quand on descend dans le bassin de l’Ebre.

La météorologie d’une course cycliste est très différente de celle que vous entendez tous les jours et la prévision un art encore plus délicat. C’est ce que nous avions tenté de mettre en évidence avec Jean Paul Bourgier dans notre livre de 2007 «  Condition climatiques et compétitions cyclistes » Editions de l’Harmattan

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance , bonne semaine à tous….

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Published by Gérard Staron - dans actualité climatique
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