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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 21:01

Chronique N°882

L’évolution des températures reste un sujet d’actualité brulante. Au milieu de toutes les analyses diverses pour évaluer la question, la plus climatologique consiste à suivre quelques stations en calculant les températures moyennes coulissantes sur 12 mois. Cette méthode a pour avantage d’éliminer l’évolution saisonnière puisque tous les mois de l’année sont toujours représentés et je vous ai habitué à suivre, tous les 6 mois, une série de stations européennes représentant les différents climats, Lille Laval et Santander pour les climats océaniques de tendance méridionale ou septentrionale, Nice pour le méditerranéen, Francfort pour l’influence continentale et enfin le mont Aigoual et dans une moindre mesure Montregard pour les zones d’altitude.

Toutes les stations ont connu à quelques nuances près une évolution semblable. Depuis le maximum de températures pour les 12 mois de mai 2006 à avril 2007, la tendance a été en forte baisse jusqu’au début de 2009. Ensuite les températures ont suivi un rythme grossièrement annuel, hausse à la fin de 2009, nouvelle baisse en 2010 et reprise forte en 2011.

A la fin de 2010, le point bas, la moyenne coulissante sur 12 mois a subi une chute supérieure à 3° à Montregard, Francfort, Lille ou le Mont Aigoual  et  à   à Laval et Nice

En décembre 2011 ou janvier 2012, les températures coulissantes sur 12 mois sont revenues sur l’ensemble de l’année 2011,  à des niveaux proches de ceux du maximum enregistré de mai 2006 à avril 2007 sans jamais l’atteindre. Santander est la station qui s’est le plus approché de ce maximum  avec seulement 0.4° en moins et Francfort  est celle la plus froide avec 1.4° en moins. Les autres stations sont situées entre 0.5 et 1° en dessous du maximum des 12 mois de mai 2006 à avril 2007.

Il a été annoncé par ailleurs que l’année 2011 avait été la plus chaude depuis plus d’un siècle en France en devançant de quelques dixièmes 2006 et 1994. Ceci n’est pas contradictoire avec la remarqué précédente. En effet  la période chaude de 2011 est entièrement calquée sur l’année civile. Après décembre 2010 très froid, janvier 2011 marque le début d’une période de températures supérieures aux normales  qui se termine en janvier 2012 et dont les paroxysmes se situent au printemps et en automne.

Au contraire en 2006, la période chaude est largement décalée par rapport à l’année civile puisqu’elle commence en mai 2006 pour se terminer en avril ou mai 2007.  Les points forts sont juin, juillet et l’arrière-saison 2006 jusqu’à  avril 2007.  La moyenne de l’année 2006 est plombée par l’hiver de janvier à mars particulièrement froid et neigeux. Ceci explique que 2011 peut  être l’année la plus chaude en France dans les limites civiles, mais ce n’est pas la période de 12 mois consécutifs la plus chaude puisque de mai 2006 à avril 2007, cette dernière est à cheval sur deux années.

Depuis la vague de froid de février 2012, les températures coulissantes ont repris leur tendance à la baisse. Pour la période juillet 201- juin  2012, toutes nos stations de référence présentent un baisse supérieure à 1°. Les stations méditerranéennes ont peu chu avec -1.1° à Nice le long de la côte et -1,4° au Mont Aigoual en altitude par rapport au maximum de mai 2006 à avril 2007.  Vers -1.5° de baisse on trouve Santander, Lille et Laval les postes océaniques et enfin les secteurs plus continentaux, Montregard ou Francfort sont repassés à une baisse supérieure à 2°.

Une conclusion majeure doit être tirée de cette analyse, le réchauffement climatique marque le pas en Europe puisque le maximum sur 12 mois de mai 2006 à avril 2007 n’a pas été atteint à la fin de 2011 et que depuis la tendance est repartie à la baisse en 2012.

 Le lien peut être fait avec l’actualité de la semaine, l’avalanche meurtrière du Massif du Mont Blanc.

 Au début de cet été, Il reste sur les Alpes des masses de neige importantes qui avaient disparu à cette date les années précédentes. A la station de Säntis en suisse à 2500 m d’altitude, il reste encore le  11 juillet 2012 une épaisseur de neige de 1,40 m, alors que lors des deux années précédentes le manteau nival avait disparu à cette date. Le sol avait été découvert le 21 juin en 2011 et le 9 juillet 2010.

Je dispose des observations quotidiennes du manteau neigeux depuis maintenant plus de 26 ans à Santis à 2502 m et l’année 2012 a des chances de se situer  parmi celles où sa durée d’enneigement vers l’été a des chances de se situer parmi les plus prolongées avec les épaisseurs tardives les plus hautes

Au premier juillet 2012, il restait 2.25 m de neige à Santis. Depuis 1987. Seules 5 années ont présenté des restes d’épaisseur plus importants à cette date, il s’agit de 1995 avec 4.40 m, de 1987 avec 4.25 m, 1999 avec 4.05 m, 1988 avec 3.10 m et 2004 avec 2.75 m. Toutes les autres années, soit au total 21 avaient des restes neigeux bien plus minces et pour deux d’entre elles le manteau avait disparu ou ne restait qu’en lambeaux sur moins de la moitié du sol le  1 er juillet

Une année sur deux, l’enneigement disparait dans les jours qui suivent immédiatement la mi-juillet. Avec 1.40m au 10 juillet et une perte inférieure à 10 cm par jours pendant ce mois assez frais, le manteau blanc a encore une espérance d’une quinzaine de jours qui repousse sa disparition vers la fin du mois

Ces fortes épaisseurs résiduelles sont héritées d’un fort enneigement en altitude sur les Alpes pendant la saison froide qui a dépassé 6 mètres à deux reprises, d’abord au début de mars, puis surtout à la fin avril avec 6.12m le 25 avril. Ensuite un printemps relativement frais a freiné la fusion, il restait 5.60 m le 30 avril, 3.95 m fin mai et encore 2.25 m le 1er juillet. Les températures négatives de la nuit ont freiné  la fusion du manteau comme l’a montré l’article de Michel Gagnard  dans le « Météofil N° 78 » des météorologistes d’entre Rhône et Loire pour quelques stations nivales des Alpes française. Pour reprendre l’exemple de Santis le manteau a perdu 5.3 cm par jour en mai,  5.4 cm par jour en juin  et 8,5 cm par jour pendant la première décade de juillet. L’approche de l’été a à peine accéléré la fusion.

A ces masses encore importantes , accumulées de façon  inégale, s’ajoute  ce début de juillet  frais et arrosé. Les précipitations se transforment en neige à haute altitude. Par exemple le 9, le 10 et le 12 juillet, il a neigé à la Jungfrau à 3580 m, ce qui ajoute des couches récentes instables sur celles anciennes qui n’ont pas fondu. Par ailleurs l’alternance gel dégel avec le passage à des températures positives dans la journée est aussi un élément de déstabilisation de la neige qui change d’état. Toujours à la Jungfrau les températures varient de -1.6° à 4.5° le 9 juillet et de -2.2° à +2.7° le 10. Comme la neige accumulée et résistante  constitue   la principale alimentation  des glaciers alpins, 2012 a toutes les chances de ne pas se singulariser par leur recul !

Cette avalanche meurtrière sur le massif du Mont Blanc est le résultat de tous ces aspects climatiques et les mêmes ont provoqué l’évolution thermique constatée au début de cette chronique.  Cette dernière montre la reprise d’un phénomène momentanément inversé en 2011, une tendance baissière des températures sur l’Europe  ou au moins la stabilité, car depuis 5 ans le niveau le plus élevé  de mai 2006 à avril 2007n’a pas été dépassé.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance , bonne semaine.

 

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