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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:35

Chronique N°877

Ah les belles chutes ! Il n’y a aucune allusion coquine, ni mauvaise, puisqu’il s’agit d’énormes chutes de températures, pendant les deux derniers mois que nous venons de vivre sur la région stéphanoise et Lyonnaise. Nous n’avons pris comme référence que celles qui se sont produites en 24 heures, même si souvent elles ont continuées sur des durées plus longues et elles ont largement dépassé le seuil de 6° à partir duquel l’organisme commence à avoir des difficultés à digérer les écarts du thermomètre.

Pour celles d’avril et de mai, j’ai pu utiliser pour une analyse plus fouillée les observations du réseau de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire, dont le bulletin de juin avec les observations de mai va paraitre demain ! Si vous êtes intéressés vous pouvez contacter le site de l’association ou moi-même par un commentaire sur mon blog.

La première grosse chute du thermomètre a lieu entre le samedi 14 et le dimanche 15 avril au moment de la chute de neige du coucou sur le Pilat. Ce n’est pourtant pas sur ce dernier massif, mais sur les monts du Forez, les Bois noirs et sur les monts de Tarare que la chute a été la plus sévère en 24 heures,  avec 7,5° à Violay, 7.2° à Saint Martin la Sauveté et 7° à Noirétable  de baisse pour les températures maximales. La chute pour la température moyenne de la journée entière est plus faible avec 5° d’écart à Violay et environ 3° ailleurs. Globalement la baisse est plus faible sur les postes du Rhône que sur ceux de la Loire et sur 48 et 72 heures on obtient des différences encore plus fortes car le pic de température a souvent lieu le 13 avril et le point bas le 16.

La chute de température est encore plus importante lors de la tempête du samedi 28 et du dimanche 29 avril. Elle affecte un peu plus que les températures minimales avec plus de 9° de baisse autour et sur le massif du Pilat, jusqu’à -10,2° d’écart à Montregard , Tarentaise et Saint André la Côte. Sur les mêmes postes, les écarts de la moyenne et des maximums quotidiens dépassent 8°. Sur 48 heures, les écarts ont pu atteindre 10° pour les moyennes et 11,6° pour les minimums à Montregard.

Le record de la baisse du thermomètre s’est produit entre le premier, Saint Mamert, et le second ou le troisième des Saints de Glace, Saint Pancrace et Servais. La chute des températures maximales dépasse partout 10° pour arriver à des dégringolades  de plus de 16° autour de la plaine du Forez et même 17° 4 à Noirétable entre les monts du Forez et des Bois Noirs. Pour la chute de la moyenne quotidienne, c’est Violay sur les monts de Tarare en face par rapport à la Plaine du Forez qui a connu le plus grand écart avec -13.9°.

Enfin la dernière dégringolade du thermomètre s’est produite lors du premier Week-end de juin entre le samedi 2 et le dimanche 3. Je dispose d’un échantillon plus faible de données mais la baisse des températures maximales dépasse 10° à Clermont, Saint Yan et Vichy  et 9° à Saint Etienne Bouthéon. Par contre les minimums du matin jouant en sens inverse, les écarts sont bien plus faibles pour la moyenne quotidienne.

De tels écarts de températures posent trois questions !

Le premier concerne l’explication météorologique de tels excès. Régulièrement la première journée est la plus chaude comme le 28 avril ou le 11 mai ou parmi les plus chaudes du mois  avec des températures qui ont dépassé souvent 30°, alors que la ou les suivantes sont  dans les plus froides. Après la chute très forte de la première journée, cette dernière se poursuit de façon atténuée encore quelques jours.  A la mi-avril, après  le gros écart entre le 14 et le 15, c’est le 16 que le maximum est le plus bas et le 17 que la gelée matinale est la plus marquée. Après celle de la tempête de fin avril, la baisse continue le 30.   Lors des Saints de Glace, après l’énorme baisse entre le 11 et le 12, le froid continue jusqu’aux gelées les plus sévères  du  jour de l’ascension.  

Ces gros écarts de température correspondent  chaque fois à une inversion complète des conditions météorologiques avant et après le passage d’une perturbation ou d’une descente froide en provenance des hautes latitudes. Avant, un flux de sud s’active en provenance de latitudes parfois très basses. L’air chaud qu’il véhicule est exacerbé quand il redescend des hauteurs du Massif central car en descendant il augmente sa température de 1° par 100 mètres. Au contraire au moment du passage perturbé, l’air froid en provenance des hautes latitudes, Scandinavie ou Groenland, vient buter contre les mêmes reliefs. Quand il arrive, la baisse est brutale, mais après il s’accroche avec deux phases. Pendant la première, le ciel reste couvert et  cette situation ralenti la suite de la chute, jusqu’au moment, seconde phase où le ciel se dégage, ce qui donne des gelées quand ceci se produit la nuit.

Ces fortes chutes ont toujours été maximales sur le couloir méridien de la Loire en aval du Pilat. Parfois comme le 3 juin, l’axe des Limagnes connait une chute semblable, mais l’axe Rhône-Saône subit toujours une différence bien plus faible de températures. La circulation de l’air dans l’est de la France qu’il vienne du nord ou du sud favorise toujours un axe majeur qui relie de part et d’autre du Pilat, le sillon de la Loire à partir de la Plaine du Forez  dans un sens et la vallée du Rhône en aval du défilé de Vienne dans l’autre. Au niveau atmosphérique la communication est bien plus mauvaise entre les sillons du Rhône et de la Saône ou dans l’axe auvergnat des Limagnes qui se termine en cul de sac. Le massif du Pilat est  suffisamment élevé pour être effectivement une frontière climatique entre ses différents versants, mais ce n’est en aucun cas une barrière qui empêche la communication entre ces deux axes méridiens, ses altitudes sont insuffisantes pour cela.

Il existe aussi une variante le long de cet axe de communication Rhône-Loire. Si l’arrivée de l’air froid se produit dans la nuit comme pour la tempête de fin avril, les températures minimales connaissent la chute principale et la baisse la plus forte est visible sur les reliefs du Pilat et des monts du Vivarais. SI l’arrivée de l’air froid a lieu en journée comme pour le second des saints de Glace, la baisse la plus forte affecte le maximum quotidien et elle est géographiquement  reportée en aval dans la Plaine du Forez ou sur les  premières pentes des massifs qui la bordent, monts du Forez ou de Tarare.

Reste un dernier point à aborder, toutes ces chutes de températures majeures ont eu lieu un week-end et surtout un dimanche. La situation des autres dimanches n’est guère brillante. Si je prends pour exemple ma station de Saint Etienne, tous les dimanches  depuis le 11 mars, soit 3 mois entiers, ont connu une baisse de températures. Chaque fois la baisse de la température maximale  l’emporte. Outre ceux que je viens de présenter, cette chute du maximum du dimanche par rapport au samedi atteint 7,2° le 18 mars, 6.1° le 27 mai  et 4,7° le1 er avril, mais seulement 0.6°  le 22 avril et 0.4° le 25 mars. La situation est moins nette et irrégulière au niveau des températures minimales.

Les habitués de cette chronique et de mon blog savent que je me pose la question d’un rythme hebdomadaire du climat. Ce dernier semble désavantager le Dimanche et concerner surtout les températures maximales. L’étude devrait aussi être faite au niveau des précipitations.  J’ai émis l’hypothèse d’un rythme hebdomadaire pour les perturbations qui descendent des hautes latitudes. Je viens de me rendre compte ces derniers jours que je n’étais pas le seul à me poser cette question. Bruno Subrin, observateur de notre association au Breuil dans le Rhône, a tenté une statistique des températures et des précipitations  pour les différents jours de la semaine, ses conclusions seront publiées lors du bulletin à paraitre début juillet.

Géard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, bonne semaine à tous.

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Published by Gérard Staron - dans climatologie
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