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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 17:08

Chronique N°874

Le froid joue les prolongations après les Saints de glace

Les gelées sont revenues dimanche 13 mai pour le dernier des Saints de Glace. Elles touchent alors l’Allemagne avec Bonn, mais aussi une grande partie du Benelux, le sud des Pays bas avec Eindhoven, les Ardennes belges.  Sur les Alpes et le Jura seuls les plus hauts sommets sont concernés.

Le 14 elles s’étendent aux stations de moyenne altitude du Jura et des Alpes, mais aussi aux plateaux du cœur du Massif central  avec le Puy et aux Ardennes françaises avec Charleville Mézières

Le 15 les gelées connaissent un recul qui les limite aux zones de haute montagne des Alpes et du Jura

Le 16 leur extension géographique croit en dehors des massifs de l’est de la France. On retrouve les plateaux du cœur du Massif central , mais aussi des régions de bassins comme le fond des Limagnes, ou de l’Alsace à proximité des Vosges, et enfin des zones de plaine comme le val de Loire au niveau de Nevers ou  la Sologne à  Romorantin.

Le jour de l’ascension, le phénomène trouve son extension géographique maximale. Outre une grande partie des Alpes jusque dans les vallées,  du Jura et des plateaux du cœur du Massif central, les Vosges le plateau de langres et les Ardennes doivent être ajoutés pour les secteurs d’altitude. Des régions de plaines ont aussi connu un thermomètre négatif.  Les secteurs concernés sur les Vals d’Allier et de Loire se sont étendus à partir des Limagnes dans un cas et du Roannais dans l’autre jusqu’au Nivernais. Les cuvettes des avants pays alpins autant dans les terres froides du Dauphiné que dans l’Ain sont concernées. Des secteurs épars de Champagne Ardennes, que ce soient Charleville Mézières ou Troyes ont connu un thermomètre négatif.  Par ailleurs l’intensité des gelées augmente avec -2.8° au Puy Loudes.

Le changement de temps dans la journée de l’ascension  peut laisser penser qu’il s’agit du dernier jour à connaitre le gel.

Il convient de préciser qu’il s’agit dans chaque cas de gelées sous abri. Quand les températures sont très proches de zéro, on peut considérer que des valeurs négatives ont été atteintes à proximité du sol toujours plus froid et aussi dans les cuvettes proches. Une grande partie de la Lorraine présente des températures entre 0 et 1° et se trouve probablement dans le cas de gelées  blanches éparses.

Une gelée à la mi-mai en plaine est-elle un phénomène exceptionnel ?

Dans tous les cas, la gelée s’est produite à une date qui dépasse largement celle observée une année sur deux. Par exemple à Vichy cette dernière se situe le 5 mai, alors que une année sur 4, les plus tardives se situent le 20 mai. Au Puy les dates sont approximativement semblables.

Dans de nombreux cas, la probabilité de cette gelée de l’ascension place l’événement au-delà d’une année sur 5 pour son caractère tardif si l’on prend en compte la série 1951 1980.

C’est le cas à Nevers où le quintile supérieur, se situe le 16 mai. C’est aussi le cas à Bourg Saint Maurice où cette même probabilité a lieu le 10 mai

Ailleurs, on se situe près ou au-delà des records. Par exemple  la gelée la plus tardive avait eu lieu le 11 mai 1953 à Langres, le 9 mai 1974 à Grenoble Saint Geoirs et le 9 mai 1980 à Troyes  pour la série 1951-1980, avant celle du jeudi de l’Ascension 2012 dans les trois cas. A Ambérieu le même record se situait le 23 mai 1955 soit à peine après.

Naturellement il conviendra de vérifier sur des séries plus longues, d’affiner la répartition  géographique d’autant plus qu’il s’agit plus d’une multiplication de phénomènes ponctuels  que d’une large zone uniforme, mais on peut déjà annoncer que ces gelées de l’Ascension constituent au minimum un événement très rare pour leur caractère tardif, dans certains cas, le terme exceptionnel sera très probablement justifié.

Il était possible de les prévoir puisque j’avais moi-même annoncé le risque dans ma prévision sur mon blog avec une localisation géographique convenable « plateaux du cœur du massif central et fond des Limagnes » sur les départements de la Loire, de la Haute Loire et du Puy de Dôme. certains modèles les annonçaient, pourtant la discrétion a été de mise sur les médias.

A un moment de l’année où la végétation a très largement effectué son démarrage, où les cultures sont en plein développement, où certaines d’entre-elles sont extrêmement sensibles à ces niveaux de développement, les dégâts sont très probables. J’ai moi-même pu constater en Haute Loire, des feuilles de chêne qui venaient à peine d’éclore du bourgeon, pendant flasques sous l’effet du gel.  L’impact sur la vigne et les arbres fruitiers est à redouter pour le volume de la prochaine récolte, même si Ces cultures sont  le plus souvent situées sur des coteaux, alors que  ces gelées ont  affectés surtout des cuvettes.

Au niveau météorologique, il fallait la conjonction de plusieurs phénomènes.

L’air froid qui arrive des hautes latitudes s’installe après le passage de la perturbation qu’il pousse en avant. Il y a deux descentes en provenance de l’Arctique, toutes deux de nord, les perturbations passent sur la France le samedi 12 et le mardi 15, et l’air froid qui suit arrive après le 13 et le 14 dans le premier cas , le 16 et le 17 dans le second.

Très souvent ce dernier n’est pas immédiatement efficace car des restes nuageux subsistent dans les heures qui suivent, mais aussi  le vent du nord qui accompagne souvent, ne permet pas l’accumulation du froid dans les cuvettes. Un courant d’air entre les sillons de la Loire et du Rhône explique que la plaine du Forez a été moins affectée que les Limagnes qui constituent un cul de sac en amont, ce qui permet à l’air de stagner

Pour qu’il y ait gelée, il convient que s’ajoute une autre condition. Le ciel doit se dégager pendant la nuit pour permettre une déperdition maximale d’énergie du sol dans un air calme surtout dans les cuvettes. L’installation d’un anticyclone garantie la mise en place de ces circonstances, assez timoré le 14 mai pour la première vague de gelées, il est très présent à partir du 16 centré sur le proche Atlantique.

Ces raisons expliquent pourquoi l’air froid s’installe une première fois le dimanche 13, avec les premières gelées effectives de 14. Le 15 le passage de la nouvelle perturbation empêche de remplir toutes ces conditions. L’air froid revient le 16 et les gelées principales, le 17.

L’idée selon laquelle après les saints de glace, les jardiniers ou les agriculteurs sont libérés des gelées n’est cette année que très partielle. Sans contestation possible, la première des descentes froides est arrivée avec les fameux saint Mamert, Servais et Pancrace, mais en 2012 il ne s’agissait pas d’une fin mais d’un début en raison d’une seconde descente en provenance des régions arctiques ensuite. Le paroxysme de ces gelées si redoutées s’est produit 5 jours après le dernier des saints de glace.

A cette époque de l’année, il y a souvent une dégradation du temps, l’association avec des gelées est très variable, la correspondance avec les fameux Saints aussi. Curieusement la possibilité de gelées a été évoquée à l’occasion de leur fête, alors qu’elles ont été mineures. Pour l’Ascension, elles ont été plus importantes mais après la fête adieu le Saint. Un décalage surprenant entre la climatologie et la représentation que peut s’en faire les populations et leurs médias !

Gérard staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, dans l’attente bonne semaine à tous.

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Published by Gérard Staron - dans société
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