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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 10:56

Chronique N°873

Ce week-end correspond aux saints de glace des 11 12 et 13 mai, saint Mamert, Pancrace et Servais. Vous pouvez constater la dégradation du temps depuis les journées chaudes, ensoleillées de jeudi et vendredi, la baisse des températures, l’arrivée d’une perturbation de nord !

Depuis le début du mois d’avril, la correspondance entre le week-end, plus précisément le dimanche et des pulsions du mauvais temps plus ou moins calamiteux est évidente.

Chaque fois que le temps présente un rythme sur la semaine avec une dégradation pendant le repos hebdomadaire, nos concitoyens le remarquent plus qu’en d’autres circonstances, pourtant cette fois contrairement à septembre dernier ce rythme hebdomadaire défavorable à notre repos dominical  a peut-être été moins évident.

La première raison doit être recherchée dans la variété des formes de mauvais temps ou de calamité qui ont concerné les week-ends depuis avril.

A Celui de Pâques attribuons la formule classique «  Pâques aux tisons ». Les températures sont particulièrement basses avec des gelées parfois importantes sur tous les reliefs de la région que ce soit sur le Pilat avec une journée sans dégel à la Jasserie, mais aussi les monts du Beaujolais au mont Saint Rigaud, les monts du Vivarais à Montregard et les monts du Forez. Les températures maximales sont très basses, inférieures à 10°

Celui de la mi-avril est marqué par la chute de neige exceptionnelle qui a recouvert le massif du Pilat d’un manteau parfois supérieur à 1 mètre à partir de la matinée du dimanche. Vous trouvez une étude plus complète de cet événement qui se reproduit pour la troisième fois sur ce massif après 1973 et 2005 dans le bulletin « Météofil » de l’association des météorologistes d’entre Rhône et Loire qui vient de paraitre. Naturellement le froid revient avec deux jours sans dégel sur le Massif, et un ciel plombé qui ne se dégagera qu‘avec la gelée du  mardi suivant.

Le dimanche  du premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril, est tout aussi morose. Une grande partie de l’ouest du pays de la Bretagne au bassin Aquitain jusqu’au Massif central est copieusement arrosée (lien). Il s’ajoute des températures basses avec des gelées sur les montagnes, les Alpes, le Jura, le Pilat, les monts du Lyonnais et du Beaujolais. Sur les Alpes suisse  à Santis, le manteau dépasse à nouveau les 6 mètres après une nouvelle couche de 10 cm. Ce sera le deuxième maximum d’enneigement  de l’hiver 2011- 2012 après celui du début de mars. Avec de telles conditions climatiques, il ne fallait pas s’étonner du résultat du premier tour de l’élection présidentielle. Les conclusions de mon ouvrage de 2003 sont encore vérifiées[1]. Depuis les débuts de la Cinquième république, un temps perturbé frais et pluvieux correspond aux victoires de la gauche ce qui était le cas comme en 1981, 1988 et 1997 et un temps anticyclonique ensoleillée pour la droite comme en 2007, 2002, 1995 et 1974.

Le dernier week-end  d’avril est celui de la grosse tempête de la nuit de samedi à dimanche dans le sillon de la Loire avec des rafales supérieures à 150 km/h au Mazet-Saint-Voy. Elle est suivie de la grosse pluie sur les crêtes de l’est du Massif central entre les Boutières et le Pilat. Une très grande partie des rivières de France sont en crue moyenne. On trouve dans cette situation des affluents de la Loire aval, la Vienne la Sèvres nantaise  et le Thouet, mais aussi en amont comme la Semène, des fleuves côtiers comme la Charente, des affluents de la Seine comme L’Yonne. Le maximum correspond avec le week-end.

La situation du temps est guère meilleure pour le second dimanche électoral, les averses continuent après un samedi très arrosé. Les conclusions de mon livre de 2003 sont encore confirmées par les résultats en liaison avec ce temps maussade

Enfin le week-end que nous connaissons est celui des saints de glace. Ils justifient leur réputation, le refroidissement spectaculaire n’ira peut être pas jusqu’aux gelées sauf en altitude et sur des points sensibles du nord de la France, dimanche et lundi matin .

La forme de ces week-end calamiteux est différentes, froid dans un cas, neige dans l’autre, tempête dans le troisième, morosité pluvieuse pour d’autres, mais sur le fond, comme nous l’avions déjà constaté en septembre, la répétition de ces mauvais temps est liée à des pulsions des perturbations qui descendent des hautes latitudes, qui se reproduisent à échéance d’une semaine, et en arrivant sur notre pays sont modifiées par les conditions géographiques.

Pour Pâques, le mauvais temps est causé par une descente perturbée classique de nord. Elle se met en place le vendredi à partir de la Scandinavie. Elle chemine en ligne méridienne directe jusqu’au nord de la France samedi, et arrive dans notre région centre-est dans la nuit suivante

Pour la neige du Pilat de la mi-avril, la descente froide provient aussi de Scandinavie à partir du vendredi , mais sa trajectoire différente la conduit jusqu’à la dépression du Golfe de Gènes où elle se charge en humidité , avant d’atteindre notre région par le nord-est après un mouvement tournant en passant par les Alpes et d’y retrouver la descente de nord .

Pour le dimanche du 1er tour des présidentielle, il s’agit d’un courant perturbé de nord-ouest en provenance de l’Atlantique nord, plus pluvieux et moins froid que les précédents. C’est peut-être pour cette raison que ce dimanche parait plus médiocre que calamiteux. L’origine de la descente froide se situe au sud du Groenland et chemine jusqu’au golfe de Gascogne avec une dépression qui s’installe sur la pointe de la Bretagne.

Pour le dimanche tempétueux de la fin avril, les perturbations océaniques avaient dû battre en retraite une grande partie de la semaine face à un anticyclone en provenance de Grèce qui s’était installé sur les Alpes. Dès le vendredi, une descente froide perturbée en provenance directe de Scandinavie sonne la charge de la reconquête, le 28 elle descend par le proche Atlantique jusqu’à l’Espagne. La tempête de la nuit de samedi à Dimanche, puis les pluies abondantes  ne sont  que le résultat de la bataille que doit mener cet air froid pour chasser l’anticyclone derrière les Alpes. Ce dernier est d’autant plus résistant que le massif montagneux lui sert de bastion naturel mais sous l’action d’une dépression qui est venu s’installer sur la pointe de la Bretagne, l’anticyclone doit se replier sur la Grèce, sa localisation initiale.

 Ces mauvais temps dominicaux trouvent chaque fois leur origine dans de l’air arctique qui glisse des hautes latitudes dans notre direction selon une pulsion hebdomadaire qui commence chaque fois le vendredi. Celle-ci arrive parfois directement, mais les résistances qu’elle rencontre sur le trajet, l’oblige parfois à des détours par le golfe de Gènes ou à des batailles frontales comme fin avril. Ce sont ces conditions géographiques différentes qui donnent une impression variées de ces formes de mauvais temps. Comme toujours en climatologie, l’air froid gagne et s’installe après les calamités pluvieuses venteuses ou neigeuses avec une baisse sensible des températures.

Ce rythme d’une semaine est ignoré en climatologie. Il est  bien moins pris en compte que ceux du jour, des saisons , oui des années, pourtant il mériterait d’être plus considéré !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, bonne semaine.



[1] G. Staron « Le ciel tomberait-il sur nos têtes ? » 2003 Editions ALEAS , chapitre 1 climat électoral

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Published by Gérard Staron - dans actualité climatique
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