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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:51

Chronique N°869

Le ciel a-t-il décidé de jouer avec nos nerfs depuis le début de 2012 ?

Après nous avoir fait sentir le meilleur, il nous a fait chaque fois revenir vers le Pire, le mauvais ou le médiocre !

Souvenez-vous, nous avons un connu un mois de janvier particulièrement doux et arrosé, tout le monde pensait que le plus dur de l’hiver était passé, pourtant la première quinzaine de février a amené une vague de froid comme nous n’en avions pas connu depuis longtemps. Pour prendre des valeurs marquantes, les températures sont descendues dans le Pilat à -24.7 et -29.7° à Saint Genest-Malifaux. Sur l’ensemble de la France, Février 2012 est le 4ème plus froid depuis 1947, parfois même le second dans la région de saint Etienne après 1956. Même sur l’ensemble de la planète, Février 2012 se situe seulement au 22ème rang pour les températures du mois de février depuis 133 ans, le 30ème dans l’hémisphère nord, une performance bien loin des premières places annoncées ces dernières années.

Le mois de mars nous a fait entrevoir la douceur du printemps et même au milieu et à la fin du mois un zeste de chaleur pseudo-estivale avec les températures que je vous citais dans ma précédentes chronique. Par exemple 23.6° ont été enregistrés le 16 autant à Andrézieux Bouthéon qu’à Salvizinet. Pendant la dernière semaine de mars le soleil brillait du lever au coucher du jour avec plus de 11 heures d’ensoleillement quotidien autant à Lyon qu’à Saint Etienne. Le réveil d’avril est plutôt attristant. La moyenne des températures des 11 premiers jours d’avril est à peine supérieure à celle de la totalité du mois de mars. Le soleil a laissé la place aux nuages des diverses perturbations qui balaient le pays. Des gelées sont revenues -3° autant à Vichy qu’au Puy en Velay, et ce n’est pas fini !

La neige est revenue sur les massifs montagneux, elle a peu affecté notre Massif central jusqu’au week-end en cours, mais le sol est à nouveau blanchi sur le Jura (2cm à la Chaux de fonds) et à assez basse altitude sur les Alpes par exemple 5cm de neige fraîche à Piotta à 990m, 7 cm à Adelboden à 1320 m. L’évolution de l’enneigement de la station de Santis est très caractéristique. Il a atteint un premier maximum de 6.10 m le 9 mars puis ensuite la fusion, le tassement, la sublimation ont contribué à diminuer le manteau qui est descendu à 5.45 m au début avril, depuis il reprend à nouveau de l’importance et était remonté à 5,72m à la date du 14 avril. Vu ce qui est annoncé passera-t-il à nouveau le seuil des 6 mètres qu’il avait brièvement atteint début mars ?

Je vous ai décrit dans une précédente chronique le moment de faiblesse de la banquise arctique de la mi-janvier à la mi-février en liaison possible avec l’activité solaire, voilà qui aurait justifié tous les discours alarmistes à son sujet, mais là encore les surfaces englacées ont connu un progression au mois de mars qui a largement compensé l’indigence du cœur de l’hiver. Elle a connu un premier maximum d’extension le 4 mars de 13,68 millions de km2, un second de 13.7 millions de Km2 est intervenu le 18 mars. A ces dates, cette superficie englacée serait plutôt réduite par rapport aux années antérieures. Plus surprenant, un dernier maximum de 13.71 millions de Km2 s’est produit le 28 mars, ce qui correspond à une superficie tout à fait moyenne pour les derniers jours de mars depuis 1979. Actuellement l’ensemble des surfaces marines englacées cumulées de l’Arctique comme de l’antactique est supérieur à la moyenne depuis 1979 au début du mois d’avril !

Vous avez tous entendu le discours du retour de la sécheresse. Il est même arrivé de façon très prématurée en février. Si les précipitations étaient alors très faibles, les besoins des végétaux étaient nuls, la ressource en eau était donc restée intacte. En mars, l’alerte a été plus justifiée. La conjonction des premières températures élevées, augmentant l’évaporation et des précipitations indigentes a provoqué les premiers déficits pluviométriques. Là encore il s’agit d’un contrepied hydrologique majeur. Mars est habituellement le mois du maximum de la recharge de la ressource en eau avec des débits élevés des rivières, des nappes rechargées et de barrages remplis, or cette année l’évaporation supérieure aux précipitations a souvent provoqué un déficit pluviométrique très précoce avec une ponction sur la réserve du sol pour alimenter le début du développement des végétaux.

Voilà que la pluie est revenue avec avril. Dans de nombreux postes le total des 14 premiers jours est largement supérieur à celui de la totalité du mois de mars et aussi le mois d’avril entier de l’année 2011. Par exemple à mon poste de Saint Etienne, il est déjà tombé 42.4 mm contre 22.1 mm pour mars 2012 entier, 33.2 mm pour le cumul février et mars 2012 et 9.3mm pour avril 2011 entier. Depuis 2006, 3 mois d’avril entiers sur 6, ont subi  une pluviométrie plus faible que celle des 12 premiers jours de 2012. Une situation semblable est enregistrée à Lyon Bron avec 50.9mm, au Puy Loudes avec 40.2 mm,  à Nimes avec 43 mm où la pluviométrie des mois précédents était quasiment nulle. Le changement d’orientation est aussi très net, nous sommes passés de la chaleur printanière sèche ensoleillée, à la fraîcheur arrosée d’avril. Avec les précipitations du week-end en cours, ces valeurs sont déjà  toutes dépassées !

IL existe souvent des périodes douces et des vagues de froid en hiver, des phases fraîches et arrosées s’opposant à des sècheresses ensoleillées au début du printemps, pourquoi ces contrastes apparaissent de façon si caricaturale cette année ?

Le ciel a joué avec le calendrier, chaque période de tendance homogène a quasiment duré un mois, et chaque changement majeur s’est produit au passage d’un mois à l’autre.

Par exemple, la totalité du mois de janvier est douce, les prémices de l’arrivée de la vague de froid sont visibles dès le 28 janvier, mais les températures les plus basses avec les journées de grand froid et sans dégel commencent avec le mois de février dans les régions basses.

De même en mars, à l’exception de brefs refroidissements, le début, le milieu et toute la fin du mois connaissent un très fort ensoleillement avec des températures élevées et un temps sec. L’anticyclone centré sur les Iles britanniques responsable de ce temps dans les derniers jours du mois commence son retrait sur l’Atlantique le 29 mars. Il n’abandonne réellement le pays aux perturbations en provenance du nord que le 31 mars. Après avoir stagné sur le pays « Chtimi », elles ne s’étendent au reste du pays que le 3 avril. Depuis, les perturbations ne cessent de descendre sur notre pays, d’abord du nord, puis du nord-ouest et enfin du sud-ouest. Les transitions des principaux types de temps ont toutes correspondu à des changements de mois, et chaque fois ils ont duré le mois presque entier.

Cette correspondance entre le calendrier et les pulsions du ciel a contribué à donner l’impression d’un début d’année aux tendances contradictoires, ce qui n’aurait pas été le cas, si la répartition des temps depuis le début de l’année s’était faite d’une façon plus aléatoire. Chaque mois a eu des caractéristiques très typées : janvier doux et pluvieux, février froid et sec, mars chaud et sec, avril pour l’instant pluvieux, frais ou froid.

Cette chronique est aussi l’occasion de vous annoncer la reprise de la publication du bulletin mensuel de l’AMRL, le Météo fil, dont j’ai terminé de réaliser cette semaine le numéro 76 avril 2012 outre les données de plus de 30 stations sur les départements du Rhône et de la Loire, vous y trouvez des articles climatiques dont je me suis en partie inspirées  pour cette chronique. Il est téléchargeable gratuitement sur le site de l’association des « météo d’entre Rhône et Loire » ou en le demandant par un commentaire sur ce blog.

Dans l’attente de vous retrouver samedi prochain sur radio espérance, bonne semaine.

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Published by Gérard Staron - dans climatologie
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