Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 23:18

Chronique N°867

Pendant cette saison froide la banquise a connu une évolution atypique. La dernière mention dans cette chronique date de mi-janvier où les sites qui mesurent l’extension des  banquises, en particulier « cryosphère today » mentionnaient une superficie globale légèrement supérieure à la moyenne depuis 1979. Plus précisément le très léger déficit de la banquise arctique d’alors, était compensé par un excédent un peu supérieur de celle de l’Antactique

Au 21  mars nous sommes revenu quasiment à une situation semblable. Les surfaces marines englacées de l’arctique sont encore très proche du maximum d’extension du 19 mars avec 13.7 millions de km2, soit un léger déficit de 0.3 millions de Km2 par rapport à la moyenne depuis 1979 du même jour. Celles de l’Antactique qui ont connu un mois plus tôt leur minimum le 23 février commencent une nouvelle croissance avec  3 millions de Km2 et un excédent d’extension qui compense strictement le déficit de l’Arctique. Cette situation équilibrée ne s’était pas produite depuis la première moitié de  2010.

L’évolution inverse de la superficie des deux banquises correspond aux mécanismes saisonniers opposés entre les deux hémisphères. Avec des décalages liés à l’inertie des phénomènes climatiques et marins.

 Ceci induit que les surfaces marines englacées connaissent actuellement leur maximum dans l’arctique. Il intervient à la fin de la saison froide  On se situe encore à des niveaux quasiment équivalents de celui du 19 mars et rien ne dit que dans les prochains jours ce dernier maximum ne sera pas battu, mais dès le courant du mois d’avril  la fusion provoque une rétractation de la banquise jusqu’au mois de septembre. Au contraire dans l’Antarctique, on sort de la saison chaude et après un minimum lié à la fusion  qu’elle a provoqué, les surfaces marines englacées entrent à nouveau dans une période d’augmentation qui débouche sur un maximum fin septembre.

Ces dernières années, la banquise arctique se situe systématiquement en dessous de sa moyenne d’extension depuis 1979 avec parfois des déficits importants comme en 2007 et en 2011. Le fait est très souvent martelé par les médias. Par contre, celle de l’Antactique présente une tendance inverse avec une superficie régulièrement supérieure à cette moyenne pendant les dernières années. Cet aspect est moins connu.

Globalement 2012 montre déjà une extension des banquises bien meilleure que celle de 2011. Pour le maximum d’extension de celle de l’Arctique,  5 années ont déjà connu une superficie maximale plus faible 2004,5,6,7 et 2011. Après celui très bas de 2011 qui avait à peine dépassé 13 millions de km2, le maximum de 2012 montre une nette augmentation avec 13.7 Millions de Km2 et stoppe la tendance baissière.

Dans l’Antactique, le minimum annuel d’extension de la fin février avec environ 2 millions de KM2 se situe à un haut niveau. Depuis 1979, seules 7 années ont connu une surface englacée plus étendues au moment du minimum annuel de février contre 25 années où l’extension a été bien plus faible qu’en 2012.

Globalement il n’y a donc pas lieu de tenir actuellement un discours catastrophiste concernant la disparition de la banquise et après une année faible 2011 dans l’arctique, la tendance serait plutôt à une légère reprise des surfaces marines englacées.

L’aspect intéressant de ce début 2012 est cependant ailleurs. Il porte sur l’évolution des surfaces depuis le début janvier.

Dans l’Antactique, cette dernière a été très régulière. La superficie englacée de l’ordre de 5 millions de km2 au changement d’année a continué de baisser lentement jusqu’au minimum du 23 février puis a amorcé ensuite la reprise. L’évolution ne présente aucun accident majeur, seule une petite pointe le 29 février peut être signalée, un phénomène mineur qui affecte peu la régularité du mécanisme saisonnier.

Tel n’est pas le cas de l’Arctique, la croissance des surfaces englacées est rapide jusqu’au 14 janvier où elles atteignent 12.45 millions de KM2, ce qui place 2012 dans une bonne moyenne depuis 1979. Subitement ces surfaces chutent brutalement et tombent à 12.1 millions de Km2 le 17 janvier, évolution surprenante à un moment où aurait dû  continuer la phase de croissance. Cette indigence de la banquise arctique se poursuit pendant un mois puisqu’il faut attendre le 11 février pour que sa superficie dépasse celle qui était déjà la sienne au 14 janvier.  Ensuite la croissance reprend rapidement avec un premier maximum à 13.68 Millions de KM2 le 3 mars, battu par un second le 19 mars.

Cette évolution est inégale selon les différentes parties maritimes qui composent l’ensemble arctique. Quasiment invisible sur l’ensemble de l’Océan gl          acial arctique, cette période de faiblesse de la glace marine  apparait différemment sur les différentes bordures. Fortement visible en mer d’Okhotsk et de Béring  coté pacifique, elle apparait avec un retard en février en mer de Kara et de Barents et très faiblement dans la zone du Labrador.

Force est de constater qu’il n’y a pas de lien entre cette faiblesse de la banquise de la mi-janvier à la mi-février et l’hiver chez nous, puisque nous avons connu à ce moment là la vague de froid la plus importante depuis 1985  et l’extension maximale de l’anticyclone sibérien qui en était responsable du froid sur l’Europe

Quel phénomène a pu provoquer cette évolution erratique entre la mi-janvier et la mi-février avec cette période de recul et d’indigence  des glaces de mer arctiques ?

Au même moment, il a été fait mention d’une vague d’aurores boréales  accompagnant  des orages géomagnétiques solaires qui ont perturbé les ondes terrestres. Le maximum du phénomène a eu lieu entre le 19 janvier avec des aurores boréales importantes à Trondheim en Norvège et à Abisko en Suède et le 24 janvier. L’éruption solaire des 22 et 23 janvier a été très importante, « une belle bête » selon Ludwig  Klein de observatoire de Paris, mais elle n’a pas rivalisé avec celle de 1989 qui avait provoqué au canada et aux Etats unis une panne électrique de 9 heures. D’autres ont été observées de l’espace  par la NASA jusqu’au 13 février, mais après cette date je n’ai plus trouvé de nouvelles mentions.

Ce phénomène solaire est-il de nature à perturber par l’énergie supplémentaire qu’il dégage le développement de la banquise ? En effet les aurores boréales accompagnent les orages solaires, liés aux pics d’activité solaire avec un afflux de particules éjectées par l’astre. L’activité solaire a été très faible de 2008 à 2010, l’astre s’est réveillé et a connu un paroxysme d’activité à ce moment-là.

Autre mystère, il s’agit d’un phénomène qui aurait dû affecter de nature équivalente l’ensemble de la planète. Pourquoi l’antactique n’est-elle pas concernée ? Pourquoi son impact est-il inégal selon les zones de l’Arctique ?

S’il est logique que le phénomène n’ait pas abordé la partie centrale de l’ensemble en pleine nuit, pourquoi apparait-il de façon différente sur les différentes bordures en importance et avec des décalages dans le temps ?

 Même s’il ne m’appartient pas de conclure, La concordance dans le temps de cette faiblesse de la banquise arctique et de ces éruptions solaires est troublante  entre la m- janvier et la mi-février. Ce lien éventuel mériterait d’être étudié, il pourrait aiguiller l’étude de l’évolution de la banquise et du climat vers d’autres facteurs explicatifs que ceux martelés quotidiennement. Ne faut-il pas traiter toutes les pistes possibles en matière scientifique ?

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, bonne semaine à tous.

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard Staron - dans climatologie
commenter cet article

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Interprétation d'extraits d'opérette ou de chansons anciennes avec commentaire historique
  • Contact

Rechercher

Contenu du blog

Sur ce blog:

 

-l'évènement du moment

-prévisions

-chroniques

-observations

-commentaires de documents

Articles Récents

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195