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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 21:59

Chronique N°856

Le bilan climatique de 2011 que je m’apprêtais à effectuer doit céder la place à l’actualité et à la vague de tempêtes qui affectent notre pays  cette semaine.

La première « Ulli » commence avec le début de la journée de mardi pour évoluer jusqu’en soirée de mercredi

La seconde « Andréa » débute dès les premières heures de jeudi qu’à vendredi.

Leur répartition géographique est assez semblable et affecte 3 types de régions.

Le premier correspond aux littoraux  de la Bretagne au Pas de Calais. Mardi, la pointe du Finistère est la première soufflée dans la nuit avant l’entrée en lice du Boulonnais, des côtes de la Mer du Nord et de l’extrémité du Cotentin en fin de matinée et de la pointe du Pays de Caux  en début d’après-midi. C’est à ce moment de la journée que les rafales sont les plus vives avec 126 km/h au cap de la Hève à 14 heures et 124 Km/h à Boulogne à 15 heures.

Les mêmes régions de la Manche  sont concernées par la tempête de jeudi. Avec de légères variantes géographiques. Jeudi, la partie la plus ventée est décalée vers le détroit du Pas de Calais et la mer du Nord. Les rafales supérieures à 100 km/h ont tendance à pénétrer faiblement dans l’intérieur du pays, Lille, Rouen, Saint Quentin, jusqu’à l’aéroport régional de Lorraine. Sans atteindre ce seuil, la seconde tempête de jeudi est bien plus ressentie dans l’intérieur des terres que celle de mardi qui ne dépassait pas les côtes.

Les sommets des montagnes constituent la seconde zone soufflée avec quasiment aucun arrêt entre les deux tempêtes. Le mont Aigoual entre le premier dans les rafales supérieures à 100 km/h à partir de mardi 2 heures. Les sommets alpins attendent  la fin de l’après-midi de mardi, ceux du Jura avec La Dôle seulement jeudi. Les vitesses de vent sont très supérieures avec 156 km/h à La Dôle, 165 km/h au mont Aigoual le jeudi à 11 heures et 176 km/h au Zuzpitze à 7 heures. Un contraste énorme est sensible entre ces sommets balayés et les vallées voisines. Le même phénomène avait été observé lors de la tempête Joachim où le maximum avait atteint 175 km/h sur les préalpes de Santis contre seulement 66 km/h dans la vallée voisine ! Les plateaux sont atteints avec 106 km/h au Puy et 104 Km/h à Millau. Si Joachim a été bien plus fort sur les littoraux. Sur les sommets alpins, les vitesses de cette semaine sont aussi importantes !

Le troisième secteur géographique affecté correspond à la reprise tempétueuse en Méditerranée. La première tempête déborde sur la Grande Bleue mercredi dans l’après-midi et après une accalmie la seconde arrive jeudi à partir de 10 heures. Les vitesses maximales ont lieu en soirée de jeudi avec 194 km/h au cap Sagro et 161 Km/h à l’Ile Rousse .  Tous les littoraux de la Méditerranée connaissent cette fois des vitesses supérieures à 100 km/h dans le Var, dans l’Aude, dans le Roussillon avec 154 km/h au cap Bear alors que seule la pointe nord de la Corse avait réagi à Joachim !

Ces tempêtes sont du même type que celles de décembre 2011 avec une première composante littorale sur le nord-ouest de l’Europe dont la France n’est que l’extrémité méridionale. Le Royaume uni, les côtes de la mer du Nord jusqu’au Danemark  sont les principales zones affectées. La deuxième composante longe le nord des Alpes, Là encore la France n’est que la partie sud d’un ensemble qui commence au Mont Aigoual pour continuer en Suisse et en Bavière et terminer sa course en Tchéquie. Les Allemands prévoyaient des vitesses importantes sur Prague jeudi. Enfin le troisième ensemble, la réaction de Méditerranée déborde aussi sur l’Italie. Par rapport à Joachim, les tempêtes de cette semaine présentent une virulence et une ampleur géographique plus faible en particulier dans toute la partie océanique, mais elle parait très semblable au nord des Alpes et un peu supérieure en Méditerranée.

La cause météorologique est aussi semblable aux tempêtes de décembre. Des perturbations en provenance de l’Arctique  accompagnent des dépressions très creusées en Mer du Nord. Le tout tente de repousser l’anticyclone des Açores qui résiste sur la Péninsule ibérique, mais il est enfoncé au niveau du golfe de Gènes où s’installe une dépression. Les eaux tièdes de la Grande bleue attirant l’air froid des hautes latitudes.

Le froid n’a pas dit son dernier mot. Joachim avait été suivi en décembre de la première vague hivernale. Vendredi vous avez vu le retour de la neige, mais tout devrait être plus faible et court cette fois.

Ces tempêtes sont toujours suivies de fortes pluies susceptibles de provoquer la montée de l’ensemble des rivières océaniques. Après Joachim, la Meuse avait été le principal fleuve affecté sur son cours amont à Neufchâteau. Les crues océaniques étant un phénomène lent et assez généralisé au niveau géographique, il est difficile de présenter les effets d’un phénomène seulement commencé par le début de la montée des principaux cours d’eaux.

2012 commence comme 2011 avait fini par des tempêtes océaniques. Dans les deux cas il s’agit de calamités importantes, mais le terme de catastrophes ne peut être employé. Autant pour les vitesses de vent que pour l’ampleur géographique et les impacts humains ou matériels, aucune comparaison n’est heureusement possible avec les grandes tempêtes comme celles de décembre 1999, Xynthia, Klaus dans les landes.

C’est d’ailleurs à ce niveau que l’on trouve la similitude avec toutes les calamités que notre pays a connu en 2011.

Les inondations océaniques ont été limitées. Les débordements de la Sambre, des « Helpe » majeure et mineure et de l’Oise amont en janvier 2011, ceux de la Meuse de décembre ont concerné des zones réduites pour des hauteurs très inférieures aux grandes inondations antérieures.

Les grosses pluies cévenoles d’automne ont été réduites à un seul épisode dans les premiers jours de novembre. Les fortes pluies ont duré près d’une semaine. Le total déposé est colossal sur l’ensemble de la période, mais l’intensité n’a jamais atteint des seuils catastrophiques  Les impacts ont été substantiels sur les bassins du Loup et de l’Argens sans atteindre toutefois les catastrophes antérieures en particulier celle du 16 juin 2010 sur ce même bassin

Les orages virulents de la période estivale ont peu causé de calamités. On peut signaler ceux de  mai à Pau et Tarbes sur le piémont Pyrénéen et fin août la grêle en Haute Loire.

Pas de très grands incendies de forêt cet été.

La sécheresse a été l’aspect climatique le plus contraignant de l’année 2011. Après une indigence pluviométrique de début d’année, un printemps très sec a été la période difficile pour l’agriculture, mais des pluies orageuses abondantes en juin et juillet ont limité le problème contrairement aux grandes sécheresses antérieures de printemps. A l’automne la faiblesse des pluies a recommencé, mais les équilibres de la nature compensent en décembre et depuis les premiers jours de 2012.

2011 a été une année chaude en France, vous avez entendu les médias, mais aussi une année sans catastrophe climatique majeure sur notre pays. Heureusement, Les calamités se sont limitées à des événements de second niveau !

Cette remarque m’incite à vous présenter bientôt un pré-rapport très intéressant du Giec paru en novembre sur le lien potentiel entre réchauffement climatique et catastrophes naturelles ! Peut –être samedi prochain, si l’actualité ne vient pas modifier cette chronique ! Nous nous retrouverons naturellement sur les ondes de radio Espérance, bonne semaine  et encore bonne année pour 2012.

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