Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 18:02

Chronique N° 853

soyez rassurés il s’agit bien de climatologie et en aucun cas de ce que l’on appelle pudiquement la crise des dettes souveraines. Les tempêtes dont je vais vous entretenir sont passées presque inaperçues, pourtant leur souffle méritait mieux que ce silence ! Ce sont elles qui ont réussi à repousser par leurs coups de boutoirs successifs l’anticyclone responsable de novembre doux en altitude et sec en Allemagne. Il s’agit de coups de vents d’ouest accompagnés de dépressions très creusées, d’un jet stream très virulent en altitude et de perturbations très actives.

La bataille commence le 25 novembre avec la tempête « Xaver » qui frappe la moitié septentrionale de la Norvège avec 165 km/h à Tórshavn et des chutes de neiges énormes qui ont dépassé les records connus. L’épaisseur atteint 413cm à Bodo alors que le maximum datait de 1979 avec 404 cm. Il en est de même à Tromso avec respectivement 383 cm contre 367 cm en 1993.

Le 27 novembre, La seconde tempête « Yoda » aborde le continent au niveau du Danemark où les rafales dépassent 130 Km/h. Elle continue sa route en suivant le sud de la mer Baltique  où elle touche les rives de Suède et d’Allemagne du nord, avant de venir buter sur les côtes de la Lituanie quand elles reprennent une orientation méridienne. Il fait encore 112 Km/h à Klaipeda, l’ancienne Memel.

La troisième tempête affecte l’Allemagne, elle commence par des rafales de l’ordre de 100 km/h le long de côtes de la Mer du nord, connait son maximum dans la nuit de dimanche à Lundi avec plus de 150 km/h sur les sommets de la Foret Noire et des Alpes bavaroises. L’axe des fortes rafales commence dans la Franche Comté pour se poursuivre en Suisse Alémanique et en Allemagne du sud jusqu’aux montagnes de Bohème en longeant la bordure nord du massif Alpin. La tempête termine sa course en Méditerranée dans la matinée de lundi avec 119 km/h au Mont Aigoual, 100 km/h sur les côtes du Var et surtout 161 km/h à 11 heures au cap Corse.

Lorsque l’air froid arrive sur la grande Bleue mercredi, la tempête repart avec 165 km/h au Cap Sagro en Corse et 133 km/h au Mont Aigoual.  Le vent reste virulent sur les crêtes alpines avec 133km/h à Santis en Suisse

Au moment où je prépare cette chronique une nouvelle tempête aborde l’Europe du Nord, elle a été baptisée du doux nom de « Friedhelm ». Le 8 décembre, les principales rafales devaient affecter le nord de l’Irlande et de l’Ecosse avec environ 140 km/h, en réalité elles ont dépassé 200 km/h. Après avoir traversé, le Royaume uni et la Mer du Nord , elle devait aborder les côtes de l’Allemagne et du Danemark  avec un maximum de 122km/h dans le Schleswig Holstein. Le Benelux et le nord de la France devraient aussi être concernés. Jeudi à 21 heures les rafales atteignaient déjà  112 km/h au cap Gris Nez ( 122km/h dans la nuit).

Comme vous pouvez le constater la France est en grande partie en marge d’un phénomène qui se situe principalement au nord et à l’est . Le nord-Pas de Calais est effleuré par des  marges atténuéee, peut-être sera-t-il concerné par les prochaines ?

 Sauf la dernière en cours au moment où je prépare cette chronique, Les tempêtes sont progressivement descendu en latitude de la mer de Norvège jusqu’à la Méditerranée selon une trajectoire de nord-ouest entre le 25 novembre et le 6 décembre. Dans cette descente trois paroxysmes ont été plus particulièrement sensibles.

 L’abordage des côtes des mers de Norvège et du Nord a présenté de très fortes vitesses car une surface maritime subit toujours des vitesses plus importantes qu’un continent, de l’ordre de 1/3. La traversée de la mer Baltique par la seconde tempête a prolongé ses effets.

  Le franchissement des reliefs de l’ensemble Alpin, a provoqué une canalisation de l’air sur l’axe situé au nord de ces massifs et une grande sensibilité des sommets. Les deux se sont associés pour accentuer les vitesses des rafales qui ont été plus modérées dans les bassins internes.

L’arrivée en Méditerranée avec la mise en place de la dépression du golfe de Gènes a contribué à redonner une seconde puissance au vent en raison de l’attraction de l’air froid en provenance du nord par la tiédeur de la Méditerranée.

Ces tempêtes successives ne sont que l’illustration de la poussée de l’air froid d’origine arctique qui suit. La première commence toujours par les hautes latitudes puis les suivantes descendent progressivement. Le début de l’hiver et surtout le mois de décembre correspondent à la période la plus sensible. La progression en latitude du nord vers le sud s’effectue habituellement de l’Ecosse à la Méditerranée en passant par la Manche. Leur trajectoire en travers en 2011, un peu originale pour l’instant, de la mer du Nord au golfe de Gènes, limite leurs effets en France, sauf en Corse, et les reporte en Allemagne.

La seule exception à cette évolution classique concerne la dernière tempête des 8 et 9 décembre. Au lieu de présenter une trajectoire plus basse en latitude que la précédente, elle remonte au nord sur l’Ecosse et l’Irlande. Au moment où j’écris ces lignes, il n’est pas possible de connaitre jusqu’où elle va descendre, aurait-elle été repoussée vers le nord par les anticyclones méditerranéens ? Ceci pourrait laisser croire que ces derniers n’ont pas encore rendu les arme ?

Comme pour accompagner cette offensive des tempêtes océaniques sur l’Europe, la banquise accélère considérablement sa superficie depuis les derniers jours de Novembre.  Du côté Pacifique, elle a obstrué le détroit de Béring, pénétré dans la mer du même nom jusqu’à la pointe d’Alaska, terminé son occupation de la mer des Tchoukches et a commencé à s’arrimer aux côtes de la mer d’Okhotsk. Du côté Américain, les glaces bloquent l’accès à la baie d’Hudson et l’envahissent rapidement à partir de l’ouest. Du côté Atlantique, les côtes du Groenland et de la mer de Barents sont englacées. Partout l’offensive du froid s’est amplifiée.

Cette offensive provoque un énorme affrontement entre l’air froid arctique et celui des basses latitudes matérialisé par les anticyclones subtropicaux qui ont été repoussés en Méditerranée, un moment au début décembre. Au contact des deux, circule un vent violent d’ouest en altitude le jet stream. Sa rapidité est maximale  au niveau de la tropopause vers une douzaine de kilomètres d’altitude. En situation ordinaire, sa vitesse baisse et sa direction change dans la stratosphère au-dessus de 20 kilomètres de hauteur. Ces derniers jours, non seulement ces flux d’ouest ont continué à des niveaux très élevés dans l’atmosphère en restant d’ouest et en atteignant des vitesses exceptionnelles. Comme vous avez pu le constater sur mon blog, selon les informations captées et transmises par Claude,  Le radio sondage de Bordeaux de mercredi a terminé sa course près de Nîmes après avoir atteint 82,2 ms soit 296 km/h à 37425 m d’altitude. Celui de Nîmes du lendemain est retombé au-delà de Brignoles  avec une pointe à 43.6 ms soit 157 km/h à 26857 m au-dessus de nos têtes. Cet affrontement s’effectue actuellement sur l’Europe, il n’est pas terminé. Derrière « Friedhelm », la tempête des 8 et 9 décembre, arrive la prochaine « Gunter » !

L’Europe est vraiment à tous égards dans la tempête !

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio espérance,  Bonne semaine à tous !

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195