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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 15:47

Chronique N°850


Une demi-centaine de plus donne l’occasion  de faire le point après une année de chronique.

Un peu plus de 18 ans après la première, c’est l’occasion de remercier Radio Espérance pour cette longue fidélité et sa liberté de parole totale et Claude capteur infatigable de tous les signaux émis par le ciel.

Aujourd’hui la climatologie a une confiance sans fin dans les modèles mathématiques, et l’on peut se demander si elle ne leur a pas vendu son âme, au point que leurs projections sont considérées comme des faits au même titre que les données réellement observées.

Quand on effectue des prévisions, on se rend compte à quel point les simulations transmises par ces modèles peuvent déformer une réalité qui s’amplifie avec le temps. J’utilise les modèles comme tout le monde, tous ont leur défaut propre. Par exemple L’américain GFS minore régulièrement les températures maximales. Au-delà de 4 jours, les déformations s’amplifient, raison pour laquelle je n’effectue pas de prévision au-delà de cette durée. Le public se rend peu compte de cette particularité car l’actualisation chaque jour permet de masquer et de corriger  le problème. Sur une région comme la nôtre où les axes du relief méridien et la Méditerranée complexifient la prévision, la connaissance du terrain, des limites climatiques, des climats locaux, de la pénétration des diverses influences sont difficilement prises en compte par les modèles et la géographie oblige à les corriger. Au début de cette année 2011, j’avais longuement échangé avec le Professeur Pierre Pagney, autrefois Président de mon jury de thèse de doctorat d’état et notre opinion était identique sur le sujet. Les modèles sont indispensables mais ils doivent être adaptés par la connaissance géographique et météorologique. Dans notre région c’est primordial pour de bonnes prévisions surtout quand les modèles sont en désaccord entre eux comme cette semaine à propos de la limite des pluies remontant de Méditerranée. J’ai fait le bon choix !

Lors de deux épisodes récents, les échecs des modèles ont été patents en météorologie. Lors de l’éruption du volcan islandais imprononçable en avril 2010, le VAAC[1] de Londres, a utilisé son modèle «  name » de dispersion des cendres volcaniques dans l’atmosphère et fournit des cartes de présence probables de cendres. Le VAAC de Toulouse chargé de la même mission pour l’Europe du sud a fait de même avec le modèle « Mocage ». Ces cartes, des VAG[2], nom bien choisi, ont abouti en liaison avec les consignes de l’époque de l’OACI à l’arrêt presque total du trafic aérien sur l’Europe jusqu’au moment, le 19 avril, où l’on s’est rendu compte du caractère excessif de la mesure en fonction des concentrations limitées de cendres. Il en est résulté un changement de procédure majeur en cas de nouveau problème lié à l’émission de cendres volcaniques. Les services de météorologie responsables des VAAC, soit ceux du Royaume Uni et de France ont été priés de revoir et compléter les documents en déterminant des zones de hautes moyennes ou basses contaminations. Les zones de danger sont publiés par les autorités de l’aviation civile des Etats mais ils ont perdu la décision, elle est passée aux compagnies aériennes qui peuvent faire voler même dans la zone de contamination haute[3]. J’ai souvent entendu la réflexion, c’était bien, les avions ne polluaient plus le ciel, je ne suis pas sûr que les mêmes apprécient le changement qui a donné la décision aux compagnies aériennes : un exemple de l’arroseur arrosé !

Autre exemple, dans les jours qui ont suivi les problèmes à la centrale du Fukushima au Japon, un modèle atmosphérique de Météo France a annoncé l’arrivée du nuage radioactif sur notre pays, une semaine après. L’information a été reprise par l’autorité de sureté nucléaire. Dans la chronique 818 chronique N°818 : A-t-on perdu le nuage de Fukushima ? , j’avais calculé la vitesse ubuesque de l’ordre de 150 km/h pour arriver aussi vite depuis le Japon, d’autant plus que les modèles allemands ne dépassaient pas les Etats unis pour l’extension du nuage. La nouvelle annoncée à grands renforts de trompes a été suivie depuis d’un silence médiatique assourdissant ! Si les radiations étaient réellement arrivées dans les temps, elles étaient suffisamment attendues pour ne pas échapper aux mesures, certaines ont pu parvenir atténuées bien après !

Autre aspect qui dépend exclusivement des modèles mathématiques, le réchauffement de la planète prévu pour le siècle qui commence. Pour éviter toute confusion, il ne s’agit pas de celui qui a été mesuré au cours du XXème siècle, de l’ordre de 0.8° selon les estimations les plus couramment admises, mais des exagérations prévues pour le 21ème siècle, 2, 4, 6°, qui monte les enchères, avec pour certains la disparition de l’homme sur terre !

Déjà Le GIEC a baissé en 2006 ses prévisions de hausse de l’ordre de 0.5° pour les mêmes scénarios depuis 2000. Par exemple le scénario A2, le plus pessimiste en 2000, passait de 4° à 3,4° de hausse pour le 21ème siècle. Toutefois rien ne freine ceux qui annoncent des valeurs extrémistes !

Depuis 2007, sur l’Europe, le modèle a dérivé, le continent suivait la hausse, mais depuis mai 2007, les mesures de températures du panel de stations que je suis, avec les moyennes coulissantes sur 12 mois, ont  baissé entre 1.5 et 2.5° de mai 2007 à juillet 2011 Chronique N°836 : Evolution des températures (suite-juillet 2011) .

La longue discussion que j’ai eu récemment avec l’auteur[4] d’un ouvrage intitulé « Le négationnisme du réchauffement climatique » m’a permis de comprendre comment on peut masquer la dérive des modèles mathématiques dans ce domaine du réchauffement. Le débat commence mal quand on utilise l’intitulé d’un crime «  le négationnisme » pour qualifier les positions d’autrui, mais quand il dure le double du temps prévu, c’est meilleur signe.

A chaque mesure de températures précises que vous pouvez présenter, on vous répond, il s’agit d’un phénomène global pour la planète : si  l’Europe se refroidit, les autres régions chauffent, illustration géographique de la fable le Loup et l’Agneau «  si ce n’est toi c’est donc ton frère ». Ce raisonnement implique des calculs complexes pour obtenir des températures planétaires, avec marges d’erreurs au niveau de l’observation, des moyennes, de la répartition et de l’ancienneté des postes etc , surtout quand on annonce des résultats avec un écart de 0.01° comme pour l’année supposée la plus chaude de 2010!

La notion de climat peut permettre l’équivoque, puisqu’il s’agit d’une abstraction,  synthèse des conditions atmosphériques régnant sur un espace, mais jusqu’à présent elle était ancrée sur des mesures précises de températures prises dans des conditions règlementaires comparables. Quand on coupe ce lien avec la mesure sur des lieux déterminés, le réchauffement devient une notion philosophique déconnectée de la réalité

L’échelle des phénomènes n’est aussi pas la même, le siècle ajoute une équivoque invérifiable, alors que le modèle a dévié sur l’Europe depuis 5 ans. Ceux qui gonflent le réchauffement du XXIème siècle seront tous mort, moi aussi, quand le bilan sera possible.

 Le réchauffement climatique est-il encore une affaire de température ? Est-il devenu une énorme machine mathématique coupée de ses références de terrain ?

Dans notre monde, les modèles prévisionnistes qu’ils soient climatiques, météorologiques ou économiques dirigent le monde. Ils ont apporté de nouvelles possibilités certes, mais ils dérivent tous avec une ampleur qui grandit avec le temps, déjà à échéance de quelques jours, encore plus à celle de la saison, de l’année, et enfin du siècle, échelle du réchauffement climatique catastrophique annoncé. En plus ils dépendent en climatologie d’un facteur que l’homme ne maitrise pas vraiment : le ciel , celui du créateur pour le chrétien !

Les modèles mathématiques sont devenus les « veaux d’or » de notre société hantée par l’apocalypse.

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance. Bonne semaine à tous



[1] Volcanic Ash Advisory Centre

[2] Volcanic Ash graphics

[3] Voir à ce sujet P. Husson « Veille volcanique des routes aériennes : une nouvelle donne » 2011 La météorologie N°73

[4][4] Florence Leray

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(Clovis Simard,phD) 05/03/2012 20:33


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