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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 11:23

Chronique N°844

 

Tout au long du mois de septembre, les médias ont insisté sur les températures élevées et la chaleur exceptionnelle en France, pourtant le bilan statistique final parait moins reluisant !

Pour mes deux postes Saint Etienne et Montregard, il faut seulement remonter à l’année de création 2006 pour trouver des températures moyennes supérieures. Seul le maximum de 31 °  le 10 septembre, constitue un record.

Pour le poste référent de l’agglomération stéphanoise, Andrézieux Bouthéon, 2011 n’est que  7ème dans la hiérarchie des mois de septembre les plus chauds depuis la fin de la seconde guerre mondiale avec 18.4°. Il est devancé par 1949 avec  20.6°, puis 1961 avec 20° et 1987 avec 19.9° et enfin 2006, 1999, 1991. Ceci place la température de septembre 2011 à un niveau de probabilité décennal, de l’ordre d’une année sur 10.

Pour l’ensemble des villes où l’on reçoit Radio Espérance ou le panel de stations que je suis régulièrement, presque toutes ont une température moyenne de 2011 inférieure à celle de septembre 2006, dernier début d’automne chaud. Les écarts sont parfois importants : 2° à Laval, 1.5° à Lille. Dans le centre-est, les différences sont plus faibles avec 1,2° de moins qu’en 2006 à Lyon Bron, 1° à Macon et Chambéry. Dans le Massif central, les écarts sont inférieurs à 1° : 0.8° à Vichy, 0.6° à Clermont Ferrand et 0.2° à Saint Etienne et au Puy.

Je n’ai trouvé dans cet ensemble que deux stations où 2011 a été plus chaud que 2006 : Embrun avec un écart très faible de 0.3° et surtout Nice avec une différence de 1.4°. Déjà la chaleur supposée exceptionnelle de septembre 2011 devient plus commune.

La comparaison entre septembre 2006 et 2011 sur la France (carte jointe) est particulièrement intéressante puisqu’il s’agit des deux derniers mois  de septembre les plus chauds en France. Le bulletin climatique mensuel de Météo France de celui de 2006 mentionnait : « avec une anomalie de l’indicateur thermique de +2.9°, c’est le deuxième mois de septembre le plus chaud depuis 1950 ».  Pour trouver un mois de septembre plus chaud il faut remonter à 1961, mais aussi et surtout à 1949, j’espère que c’est un simple hasard si cette dernière est l’année qui précède immédiatement 1950 ! 

tempé sept110001

La comparaison des températures minimales moyennes montre que, sur la quasi-totalité du pays, 2011 a été bien plus frais que 2006. Sur plus de 110 stations, je n’en ai trouvé que 5 où la température de 2011 dépasse de très peu 2006. Il s’agit du Mont Aigoual, de Nice, de Nîmes Courbessac, Toulon  et Perpignan, toutes situées dans le domaine méditerranéen. Précisons qu’en 2006, cette région avait été la moins chaude.

Sur une large bande centrale du pays qui s’élargit vers l’est à partir de l’Ile et Vilaine en direction des Alpes du nord,  de l’Alsace et même du Nord Pas de Calais, les températures minimales de 2011 sont inférieures de plus de 1.5° à celles de 2006. La différence dépasse même ponctuellement 2° à Chateauroux,  Lille,  Ambérieu, Chambéry,  Caen et Grenoble.

Ponctuellement le thermomètre est descendu très bas même en plaine : 4° à Paray le monial Saint Yan, 3.9° à Colmar, 3.6° à Luxeuil, 3.1° à Charleville Mézières, 3° à Romorantin, 2.1° à Embrun, 2° au Puy en Velay et même 0° à Divonne les bains

Je dois vous poser une simple petite question : avez-vous beaucoup entendu parler des températures minimales, accessoirement de la fraîcheur matinale dans les médias  pendant ce mois de septembre ?  Pas vraiment, sauf si vous avez consulté les prévisions sur mon blog, j’espère pourtant ne pas avoir l’oreille sélective !

Septembre 2011 n’a été exceptionnellement chaud qu’en raison des températures maximales avec un ensoleillement souvent continu du lever au coucher du soleil.

La moyenne des maximales de la totalité du mois a été supérieure à celles de 2006 sur un grand quart méridional qui s’élargit du Pays Basque au Bassin Aquitain, et à l’ensemble des régions méditerranéennes. Il déborde sur le Massif central et les Alpes et connait une excroissance isolée dans la plaine d’Alsace. Dans notre région, les stations auvergnates sont concernées, mais pas celles des départements de la Loire et du Rhône Les écarts sont très faibles et inférieurs à 1° sauf sur quelques points du littoral méditerranéen.

Par contre, le maximum absolu atteint pendant une journée isolée, dépasse celui de 2006 sur une très grande moitié orientale du pays. Par rapport à la zone précédente,  elle ajoute toutes les régions de Lorraine, Champagne et Bourgogne, à l’est d’une ligne Bourges, Paris et Lille. Il convient de retrancher le Bassin Aquitain. Même dans ce cas, il ne semble pas que les records antérieurs pour un mois de septembre en particulier celui de 1961 aient été battu !

Les trois villes qui ont connu le maximum absolu le plus élevé sont dans l’ordre Agen avec 35,2°, suivi de Vichy 34,7° et Auch 34.3°. Dans la région il est intéressant de constater que les stations des Limagnes ont connu des pointes de chaleur bien plus élevées que celles des bassins qui longent la Loire et l’ensemble Rhône Saône. Le couple Clermont Ferrand / Vichy avec 33.4° et 34.7° a été bien plus chaud que celui de Saint Etienne / Saint Yan-Paray le Monial avec 31.8° et 33.1°, et que celui formé par Lyon 30.4° et Macon 30.9°. Autre curiosité, dans les 3 cas les stations les plus au nord ont connu une pointe plus élevée que celle au sud. Ceci résulte de l’influence des vents d’origine méridionale qui se réchauffent en descendant des reliefs, les bassins à la sortie des massifs montagneux ont connu un coup de chaleur plus élevé que ceux situés à l’intérieur du Massif. L’Auvergne a été plus affectée que les pays ligériens et Rhodaniens. D’ailleurs, ces maximums ont eu lieu le 10, à l’exception de celui de Lyon. La situation atmosphérique montre un flux de sud modéré en plus du fort ensoleillement.

Si vous avez écouté, les médias pendant ce mois de septembre, les températures maximales ont été nettement mises en valeur, au point de les confondre parfois avec celles de l’ensemble de la journée, alors qu’elles n’ont duré que quelques heures. Cette constatation permet de signaler un certain nombre de prismes déformants entre la réalité mesurée et la relation qui a pu en être effectuée.

Les niveaux élevés des températures maximales ont totalement occulté la fraicheur matinale, la durée de l’ensoleillement diurne du lever au coucher du soleil ou la ténacité de l’anticyclone  ont  peut être facilité cet écart d’appréciation.

La chaleur de la fin du mois a été bien plus relatée par les médias que celle du début alors que la plupart des maximums absolus de températures ont eu lieu le 2 , le 3 ou le 10 septembre, même dans la moitié nord de la France, Lille Rouen , Reims  ou Paris.

Il semble que ce discours médiatique a été accentué par la convergence de deux types d’intérêts :

Celui des milieux touristique à qui le beau temps de la fin du mois permettait un allongement de la saison et ainsi d’améliorer sa rentabilité.

Celui des milieux  écologiques, très influents dans ceux du journalisme, qui insistent  régulièrement pour des raisons idéologiques sur les périodes de réchauffement. Le beau temps tenace et ensoleillé donnait une occasion facile à utiliser

Les deux milieux avaient aussi une revanche à prendre sur un mois de juillet qui avaient ruiné leurs espérances  pour des raisons économiques pour les uns et idéologiques pour les autres. L’été avait pourtant été annoncé très chaud.

Septembre n’a pas été globalement si chaud,  certaines convergences momentanées ont permis de la faire croire et de camoufler le vrai problème : le retour de la sécheresse

Gérard Staron vous donne rendez-vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance. Bonne semaine. 

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