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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 07:05

Chronique N°843


Depuis le lundi 19 septembre nous sommes presque continument sous l’influence d’un beau temps ensoleillé anticyclonique tenace.

Ce dernier a réussi à repousser pendant le précédent week-end l’offensive d’une petite dépression méditerranéenne qui s’est contenté d’apporter quelques orages localisé sur les régions côtières de l’Atlantique et de la Grande bleue et n’a signalé sa présence sur une grande partie du pays, que par un couvert nuageux abondant et quelques rares gouttes éparses.

Toutefois ce dernier dimanche a marqué une évolution importante dans ce couvercle de hautes pressions. Auparavant  il est centré sur l’Atlantique au niveau des Açores et a progressivement étendu son influence à l’Europe en commençant par la Péninsule ibérique. A partir de Dimanche (25/09), il s’installe sur l’Europe centrale et laisse l’Atlantique aux perturbations en provenance des hautes latitudes qui descendent jusqu’aux Açores.

Il en résulte sur la France un beau temps ensoleillé avec quelques brouillards matinaux qui se dispersent de plus en plus vite au fil des jours et dont l’extension géographique est de plus en plus réduite en raison de la résorption de l’humidité.

Les températures maximales sont montés rapidement jusqu’à des niveaux d’été, mais les matinées sont restées très fraîches jusqu’au début de cette semaine. Les restes de la descente froide du dimanche 18 septembre cumulés avec une déperdition importante de chaleur par rayonnement nocturne ont maintenu  des températures minimales basses à une époque de l’année où les nuits deviennent de plus en plus longues. Le minimum du Puy en Velay était encore de 5 à 6° au début de cette semaine et en dessous de 10° sur une large partie septentrionale du pays.

Ce beau temps ensoleillé du matin au soir et sec  parait particulièrement tenace. Il semble devoir encore tenir plusieurs jours et repousser la nouvelle offensive perturbée du week-end qui risque de rester bloquée sur l’Atlantique !

Quelle est la raison de cette persistance ?

Nous sommes dans une situation où la stabilité de l’air est maximale quand les hautes pressions sont présentes autant au sol qu’en altitude, même si elles ne sont pas centrées au même endroit. Depuis le début de la semaine, le cœur des hautes pressions est situé au sol de l’Allemagne à l’Ukraine avec un flux d’est dans les basses couches. Au-dessus, l’anticyclone est clairement une excroissance de la chaîne des anticyclones subtropicaux qui remontent de l’Afrique du nord , via la Méditerranée, et apportent de l’air chaud au niveau de la surface des 500 hpa.

De l’air chaud en altitude surmontant de l’air plus frais au sol, voilà qui correspond à une parfaite stabilité de l’air. Le premier contribue à empêcher que le second ne s’élève en altitude, comme lorsqu’une cheminée refoule, quand le soleil tape sur le toit et que les pièces situées en dessous sont fraîches. Chaque air reste à sa place ce qui donne plus de force aux hautes pressions.

La durée croissante des nuits contribue à provoquer une fraîcheur matinale. La période d’ensoleillement devient plus courte, elle n’est pas suffisante pour permettre la création d’une couche chaude et instable à proximité du sol qui ne demande qu’à s’élever en altitude et quand elle prend de l’ampleur à créer des orages. Le radiosondage de Payerne montre que la couche d’air chaud se limite à une pellicule peu épaisse dans la Plaine centrale suisse

De plus l’humidité assez basse de l’air en raison des températures élevées de la journée, limite les brouillards. Il y a certainement des inversions de températures, le radiosondage de Payerne en montre chaque nuit dans les premières centaines de mètres de l’atmosphère, mais elles ne sont pas suffisantes pour permettre le franchissement du point de condensation de l’air et l’apparition de brouillards. Ces derniers sont restés limités à des zones très exposées comme le fond des plaines de la Saône ou de cette tourbière de moyenne altitude du Massif central juste avant le lever du soleil.

brouillard tourbière

Il n’est pas indifférent que l’anticyclone des Açores soit resté tout l’été sur l’océan Atlantique  alors que le continent attirait trop souvent à notre gré les perturbations descendant des hautes latitudes. Maintenant la situation  s’est inversée depuis le début de la semaine avec des hautes pressions qui ont basculé sur le continent et des descentes perturbées qui s’enfoncent à des latitudes assez basses sur l’Atlantique, au point d’atteindre les Açores.

En été la surface de l’océan est plus fraiche que le continent qui présente des basses couches chaudes , l’air y est donc plus stable et attire les hautes pressions. A l’inverse maintenant, l’océan  a accumulé la chaleur, devient plus chaud que le continent qui connait un rayonnement nocturne important avec la fraîcheur. A cette époque de l’année, l’ensoleillement diurne ne permet plus la montée des températures que pendant quelques heures, insuffisantes pour provoquer une couche d’instabilité au sol capable de déstabiliser le beau temps.

Il n’est aussi pas indifférent que ce basculement de l’anticyclone de l’océan au continent se soit produit dans les jours qui ont précédé l’équinoxe d’automne et au moment des quatre temps d’automne qui suivent la fête de Saint Mathieu. L’équinoxe est un clivage majeur de l’année climatique. Les 4 Temps, s’il n’ont pas toujours le rôle qu’on leur prête, peuvent être placés à des moments de changement privilégiés de la circulation atmosphérique.

Il existe deux façons de calculer la moyenne des températures de la journée, celle officielle dite approchée qui effectue la demi somme du minimum et du maximum quotidien et celle vraie qui prend en compte toutes les mesures effectuées. L’écart entre les deux, le plus souvent au profit de la moyenne approchée peut atteindre parfois plusieurs degrés et à l’échelle d’un mois plus de 1°. Les mois de septembre et d’octobre sont ceux où cet écart est maximal dans l’année ( en 2011, O,9° à Montregard). Ces deux calculs différents des moyennes expriment seulement le phénomène ci-dessus. La fraîcheur occupe la plus grande partie des 24 heures et cette durée pousse la moyenne vraie vers le bas. L’ensoleillement  diurne bouste le maximum à des niveaux élevés pendant un moment bien plus court et cette pointe dope la moyenne approchée.

Ces journées ensoleillées répétées pendant de longues périodes aux maximums de températures élevées se sont aussi produites pendant très longtemps en avril et mai et ont provoqué le printemps chaud et sec que nous avons connu au début de cette année. Souvenez-vous, j’avais déjà expliqué cette persistance du beau temps anticyclonique par la stabilité de l’air.  Cette situation semble se reproduire cet automne !

Les saisons intermédiaires sont-elles les plus favorables au beau temps ensoleillé du matin au soir !

La réponse est favorable quand la circulation de l’atmosphère réussit à superposer un anticyclone d’origine froide au sol et chaud au-dessus !

Cette possibilité est bien plus difficile à obtenir pendant les autres saisons.

En été , l’accumulation de chaleur au sol rend l’air instable sur les continents En s’élevant en altitude il provoque développement nuageux et orages, dès que les hautes pressions ont la moindre faiblesse en altitude

En hiver, en raison de l’affrontement thermique entre les latitudes polaires et tropicales, le jet stream balaie tout devant lui en altitude et il augmente la force des perturbations au sol. Les anticyclones ne peuvent que se tapir au sol sous des nuages bas tenaces dans les zones continentales, ce n’est pas le beau temps, avec le froids et l’humidité des nuages bas !

2011 est déjà l’année du beau temps des saisons intermédiaires

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur Radio Espérance.

Bonne semaine

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