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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 17:19

Chronique N°841


Pourquoi fait-il toujours mauvais temps le dimanche ?

Je ne doute pas que cette constatation peut avoir un caractère frustrant, quand le beau temps a accompagné la semaine de travail et que le ciel s’assombrit ou déverse sa pluie pendant le repos dominical.

Il vient de le faire avec quelques variantes pendant les derniers dimanches et pendant le week-end qui commence, cele risque d’être la totale, orages pluie, chute de températures.

En août déjà quelques week-ends avaient commencé la série. Pour celui du 15 août, le samedi, un axe de fortes pluies avait déjà arrosé une diagonale de l’embouchure de la Loire au Nord, puis le dimanche, rares sont les régions qui n’avaient pas connu une averse et souvent beaucoup plus, avec en particulier 27 mm à Macon et 30 mm à Ambérieu.

Les dimanches du 21 puis du 28 août ont échappé de peu à l’arrosage généralisé en France,  celui du 21 est même celui de la seule canicule de l’année avec des températures maximales de l’ordre de 38 à 39°dont nous avons déjà abondamment parlé. Celui du 28 correspond plutôt chez nous au retour du beau temps après le gros arrosage du vendredi précédent, mais il pleut encore beaucoup de la Manche au Jura.

C’est depuis le mois de septembre que le retour du mauvais temps a coïncidé strictement avec le dimanche alors que la semaine de travail avait plutôt été belle et chaude

Si les nuages encombrent partout sur le pays, tous n’ont pas été arrosé de la même façon. Le 4 septembre, Aucune région de la France n’est totalement indemne de précipitations et  c’est une diagonale du Roussillon à l’Alsace qui reçoit les plus forts totaux. De 40 mm au Cap Bear, à 30 mm dans le Comtat, à 37 mm à Saint Etienne en soirée, à 38 mm à Grenoble et 28 mm en Franche Comté, on peut suivre les trajectoires des principaux orages !

Le 11 septembre, les précipitations sont décalées vers le nord. Les régions méditerranéennes et du Bassin aquitain sont indemnes. Dans le Centre-est, les pluies se sont étirées de l’Auvergne au Roannais et au Jura. Saint Etienne a constitué l’extension méridionale la plus extrême des pluies avec seulement 0.3 mm. Plus au nord, il tombe localement plus de 20 mm de la Vendée à la Lorraine !

Depuis le début du mois de septembre, la France du nord subit le passage de multiples perturbations en liaison avec la dépression d’Islande qui s’avance parfois jusqu’à l’Ecosse. Le long des côtes de la Manche, les populations laborieuses ont peu vu, la différence de temps entre la semaine et le week-end, car il n’y a jamais eu 3 jours consécutifs sans pluie. Le total  provisoire du mois n’est pas toujours plus élevé qu’à Saint Etienne. Il n’atteint que 34.4 mm à Abbeville ou 32 mm à Boulogne contre plus de 38 mm à Saint Etienne, mais si ces bourgades septentrionales ont connu déjà 10 jours de précipitations, un seul orage a produit l’essentiel du total stéphanois, celui du dimanche 4 septembre !

Si dans notre région centre-est, nos concitoyens ont eu l’impression que seul le jour du repos dominical avait un temps pourri, c’est lié aux spasmes de ces perturbations. Selon la répétition d’une semaine, l’une d’entre elle, poussée par un air froid plus agressif, a pénétré plus avant dans le pays et atteint une moitié méridionale protégée pendant le reste de la semaine par les anticyclones d’altitude qui couvent encore l’ensemble du domaine méditerranéen. La perturbation du dimanche 4 septembre particulièrement virulente, a même atteint les rivages de la Grande Bleue. Au contraire, celle du dimanche suivant, s’est contenté d’atteindre une ligne de l’Auvergne au Roannais et au Jura.

 Dans le Massif central, la bordure des orages du 11 a même suivi la limite classique des zones  d’influence océaniques. Après avoir arrosé les hauteurs volcaniques du Cantal aux monts Dore et Dôme, elle vient buter sur l’axe du Haut Forez aux Monts de la Madeleine. Elle ne l’a franchi nettement que dans la moitié nord aux reliefs plus bas pour aller ensuite continuer sa route dans les pays de Feurs, de Roanne et les monts du Beaujolais.

Cette limite est aussi celle où l’on trouve des vents d’ouest, alors qu’ils se transforment en vents méridiens dans le sud du Forez et le Velay. Quand ces perturbations plus virulentes arrivent dans ces secteurs, elles y trouvent un air plus chaud qui permet leur réactivation sous forme d’orages

Pourquoi, ces perturbations avec quelques différences, ont-elles plus de force pendant le week-end pour atteindre nos régions ?

Le rythme saisonnier ou diurne est bien accepté en climatologie, mais j’ai toujours constaté qu’il y avait quelques difficultés à considérer celui de la semaine. Je me souviens lors de plusieurs congrès anciens, des journées de climatologie ou de l’AIC en particulier à Rennes, qu’à la suite d’une analyse statistique complexe, plusieurs universitaires avaient découvert dans leurs recherches ce rythme de la semaine et pourtant ils l’avaient éliminé ou ignoré dans les résultats. La semaine parait un rythme assez curieux d’un point de vue logique et météorologique mais son observation est pourtant souvent réelle et je l’ai souvent signalé dans des chroniques anciennes.

Lors du mois d’octobre 1974, marqué par un déclenchement très précoce de l’hiver, la neige était revenu tous les 7 jours sur le Massif central, la première fois les 29 et 30 septembre, puis le 7, le 14, le 21 et enfin dans les derniers jours d’octobre. Selon le moment où les divers postes climatologiques étaient touchés, ces journées avaient connu la première chute ou la première neige tenant au sol.

Naturellement ce rythme de 7 jours ne correspond pas toujours au Dimanche mais lorsqu’il se cale sur le jour du seigneur, les hommes sont tentés de le repérer en priorité, car il gêne les activités de leur repos.

Ce n’est pas la première fois que des séries dominicales connaissent ainsi un temps gênant. Lors de l’année 2001, tous les dimanches des rameaux puis de Pâques, et ainsi de suite jusqu’à Pentecôte avaient été marqués par des descentes froides, avec ou sans neige ou des gelées plus ou moins prononcées !

Ce rythme de l’ordre de la semaine avec parfois des variantes correspond assez bien aux familles de perturbations océaniques. Plusieurs se succèdent avec leurs fronts, jusqu’au moment où l’une d’entre elle, très souvent la dernière de la série, poussée par un froid plus marqué en provenance de l’Arctique, présente une puissance plus marquée. Au lieu de venir de l’ouest, cette perturbation plus forte provient du nord-ouest, elle pousse son extension en latitude en direction du sud. Derrière l’air froid provoque une baisse sensible des températures.

Lors des deux dimanches concernés, ces pulsions  trouvent leur origine au Groenland deux jours avant leur arrivée chez nous

Le mauvais temps du 4 septembre commence à partir du 2 par une poussée de l’anticyclone du Groenland, la dépression d’Islande relaie une première fois sa descente puis  celle d’Irlande l’envoie vers nous le 4 en provenance du nord-ouest

Le 9 le même mécanisme se met en place mais suit ensuite un cheminement un peu différent, la dépression descend très bas sur l’Atlantique avec des pressions  vers 975 le samedi, avant d’arriver chez nous.

Pour ce prochain dimanche, le même processus a commencé le 16 septembre !

Très peu de recherches, peut être en raison de leur complexité potentielle, ont tenté d’explorer cette question du rythme de la semaine en climatologie avec des pulsions du temps qui se reproduisent avec un décalage d’environ 7 jours. Il serait certainement intéressant de rechercher le moteur de ces situations, et d’analyser leur répétition dans le temps !

Le ciel n’a pas rendu encore tous ses secrets !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, vous trouverez ce texte sur mon blog : gesta.over-blog.com.  Bon week-end quand même et Bonne semaine

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