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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 16:37

Chronique n°836

La fraicheur de juillet, pour ne pas dire le froid, a surpris après ce printemps 2011 qui a constitué un été avant la lettre. Dans cette chronique, je vous ai habitué à suivre les températures d’une série de stations européennes, françaises et régionales au rythme environ de deux fois l’an. Après ces deux événements thermiques marquants de l’année, il convient de faire le point.

Juillet est habituellement le mois du maximum thermométrique sur la plus grande partie de l’Europe et de la France. Quelques soient les futurs résultats d’août, on peut déjà affirmer que ce ne sera pas le cas sur une grande partie du pays, car juin devance très souvent juillet. C’est le cas à Saint Etienne, mais aussi Francfort, Lille, Clermont Ferrand. Juillet ne garde pour l’instant la première place de peu, pour les postes océaniques, Laval, Santander, méditerranéens, Nice ou d’altitude Mont Aigoual, Montregard.

Jusqu’à quelles années faut-il remonter pour retrouver un mois de juillet aussi frais en France ?

Si vous avez lu mon blog, vous avez pu constater qu’il s’agit des moyennes de juillet les plus basses à mes stations de Saint Etienne et Montregard, mais pour des mesures commencées en 2006 ! Sur des séries plus longues, l’année la plus proche qui a présenté de basses températures en juillet est 2000. Sa moyenne est plus basse que 2011 à Lille avec 16.2° contre 16.5°, à Nice 22.1° contre 23° et au mont Aigoual 10.7° contre 11,3°. Pour de nombreuses autres régions, il faut rechercher dans un passé plus lointain, 1998 pour Laval avec respectivement 16.8° et 17.1°, et 1980 dans l’est du Massif central.

A Clermont Ferrand, il faut remonter à 1980 pour trouver une moyenne légèrement inférieure aux 17.5° de 2011. A plusieurs reprises pourtant, les températures minimales ont connu une moyenne plus basse qu’en 2011, en 2000 avec 11.8° et en 1984 avec 11.7°, mais avec chaque fois des températures maximales nettement supérieures. En été, il est plus facile de supporter une grande fraicheur matinale quand elle est compensée par un ensoleillement abondant qui fait remonter le thermomètre dans la journée, que l’inverse, comme en 2011, qui présente la moyenne des maximales la plus basse de ces 31 ans et témoigne indirectement d’une forte nébulosité humide dans l’après-midi, très néfaste au tourisme !

A Saint Etienne Bouthéon, il faut aussi fouiller dans les statistiques jusqu’en 1980 pour trouver une moyenne de juillet plus basse. Depuis 1946, Ces années plus fraiches ne sont pas nombreuses, 8 au total : 17.7° en 1965 et 1977 millésimes très médiocres pour le vin !

17.3° en 1972 et 17.2° en 1980

16.9° en 1966 et 16.8° en 1948 et 1960

et le record 16.7° en 1954 qui est pourtant plus célèbre pour son hiver !

Comme juin a déjà été en retrait, qu’août ne parait pas très performant pour l’instant, le qualificatif d’été pourri déjà applicable à juillet, va-t-il s’étendre à l’ensemble de la saison ?

Depuis le maximum de température enregistré pour la période mai 2006- avril 2007, nous suivons à échéance régulière l’évolution des températures moyennes coulissantes sur 12 mois. Elles ont l’immense avantage de lisser les phénomènes saisonniers puisque chacune d’entre-elle comprend chacun des mois de l’année avec un décalage de l’un chaque fois.

La dernière situation évoquée correspondait à la fin de l’année civile avec une baisse comprise en 1.8° et 3,3° pour 2010, pour nos diverses stations de référence par rapport au maximum cité plus haut (mai 2006- avril 2007).

Dans quelle mesure le printemps remarquable et le mois de juillet pourri de 2011 ont –ils influencé ces moyennes coulissantes ?

tempé coulissantes (mi 2011)

La remontée des températures est générale dès le mois de janvier. Si le début de l’hiver 2010-2011, a été plus rigoureux que son homologue précédent, la seconde partie à partir de janvier est apparue nettement plus clémente que le prédécesseur 2009-2010, rigoureux et tardif. Naturellement la tendance haussière se poursuit au long du printemps sans être vraiment plus accentuée. Au total la totalité des stations a connu 5 mois de hausse continue et presque régulière. Cette dernière a été stoppée partout par un pallier en juin puis par la chute brutale de juillet.

Ces tendances n’ont rien d’original, le comportement des diverses stations parait plus intéressant.

Cette hausse de janvier à mai a été quasiment de même ampleur que celle visible au cours de l’année 2009. Le maximum en mai 2011 se situe pour l’ensemble des stations entre 1.4 et 2° en dessous de celui enregistré en avril ou mai 2007. Il n’y a donc pas eu de reprise du réchauffement  dans notre pays puisque nous sommes très loin du point le plus haut enregistré par les températures qui date du printemps 2007. Naturellement juillet a fait repartir l’ensemble à la baisse et l’on se situe actuellement entre 1,8° et 2,4° en dessous du maximum d’avril ou mai 2007.

Pendant cette période une station est sortie du rang. Santander dans le nord-ouest  de l’Espagne, le réchauffement a été plus virulent jusqu’en mai et la baisse de juillet est insensible dans un secteur qui est resté sous la coupe de l’anticyclone. Cette ville ne se situe qu’à 0.6° en dessous des températures du maximum de 2007.

Une autre station est rentrée dans le rang : Nice. Sa baisse depuis 2007 était très inférieure à l’ensemble de nos stations de référence. Elle a continué en janvier, et de février à mai la hausse a été plus faible. Aujourd’hui Nice a rejoint avec -1.8° en juillet par rapport à 2007 le peloton des autres villes.

Les autres villes ont connu une évolution presque uniforme, hausse jusqu’en mai, baisse ensuite, même si deux groupes semblent commencer à s’écarter.

La baisse la plus forte des températures concerne toujours l’Allemagne (Francfort), le nord-est du Massif central avec Saint Etienne et Montregard et le Nord avec Lille qui continuent de présenter une température inférieure de 2° par rapport au pic d’avril ou mai 2007.

Laval, le Mont Aigoual, maintenant rejoints par Nice, présentaient seulement 1.5° de moins en mai et environ 1.8° en juillet.

D’une façon globale, les pays d’influence maritime, océanique ou méditerranéenne, ou méridionale connaissent une baisse plus faible que les zones continentales ou septentrionales.

La brutale remontée des températures de janvier à mai n’a permis globalement de compenser que la baisse enregistrée au cours de 2010. Depuis les débuts de 2008, les températures ne sont pas capables de dépasser pour l’instant un plafond de l’ordre de 1.5° en dessous du maximum d’avril et mai 2007 dans l’ouest de l’Europe, mais dès qu’elles descendent en dessous de 3° par rapport à ce même maximum, elles entreprennent une phase de remontée. Rien, sauf peut-être le cas de Santander compensé en sens inverse par celui de Nice, n’indique que les températures ne sortent de cette fourchette. Ceci indique que nous ne sommes toujours pas depuis 2007 en phase de réchauffement, mais plutôt dans une relative stabilité à un niveau plus bas !

Dans ces variations de l’ordre de 6 mois à un an, on constate le rôle de la circulation de l’atmosphère. L’importance des temps anticyclonique avec très fort ensoleillement de la première partie de l’année faisant remonter les températures de l’ordre de 1.5°soit environ au rythme de 0.3° par mois. Les temps perturbés en provenance des hautes latitudes présentant un impact inverse de même importance en juillet.

Presque rien de nouveau pour les températures depuis 2007 au niveau des faits, par contre pour les discours médiatisés, vous avez entendu ! En attendant la suite  d’une question sans fin !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, Bonne semaine….

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