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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 11:24

Chronique N°814

Nous sommes en pleine saison cyclonique dans l’hémisphère sud, puisque cette dernière connaît son maximum à la fin de la saison chaude. Au nord dans l’Atlantique ou le Pacifique ceci se produit en août et septembre. Dans l’Océan Indien ou le Pacifique sud, c’est d’actualité en ce moment avec un maximum en février.

3 cyclones ont pour l’instant attiré l’attention et ont successivement touché des régions d’est en ouest de la partie australe de la planète.

Le premier Wilma est venu lécher dans les derniers jours de janvier les cotes septentrionales de la Nouvelle Zélande dans la région de Oakland

Le second Yasi s’est empalé dans les premiers jours de février dans le continent australien sur l’état du Queensland

Actuellement le cyclone Benziga effectue une double traversée de Madagascar en dessinant un immense cercle autour de l’Ile de la Réunion à quelques milliers de kilomètres.

Le point commun des trajectoires des cyclones est de venir de l’est aux latitudes tropicales entre le 10ème et 20ème parallèle, puis de repartir vers l’est en direction des quarantièmes rugissants après avoir effectué un virage qui les fait sortir de la circulation générale de l’atmosphère d’est des zones tropicales pour passer à celle d’ouest des latitudes tempérées.

Wilma naît le 22 janvier à proximité des îles Samoa. Au stade de la tempête tropicale, il traverse les Tonga  puis atteint le stade du cyclone avec des vents supérieurs à 115 nœuds sur les eaux chaudes de l’Océan où il effectue son virage au sud de la Nouvelle Calédonie. A l’approche de l’Ile nord Fumante de la Nouvelle Zélande sur des eaux plus fraîches, il perd de la puissance et redescend au niveau de la tempête tropicale avec des vents moyens inférieurs à 63 nœuds. Son impact principal se limitera à des précipitations très importantes avec 244 mm en 24 heures à Purena et 73 mm à Auckland dans le nord de la Nouvelle Zélande.

Yasi naît dans l’océan Pacifique au niveau des Iles Hébrides, il continue dans la mer de Corail en passant au nord de la Nouvelle Calédonie en prenant de la puissance. Toujours dans une trajectoire plein est, il vient buter sur les cotes du nord de l’Australie au niveau de la ville de Cairns. Ses vents, correspondant à un cyclone de force 4,  atteignent alors 135 nœuds  soit environ 250 km/h. Il s’ajoute des pluies très intenses sur le littoral de l’état du Queensland avec plus de 200 mm le 3 février, auxquels il faut ajouter 50 mm le lendemain 4 février. L’ensemble des dégâts est estimé à plus de 3,5 milliards de dollars et sont nettement supérieurs au cyclone Tracy qui avait endeuillé la même région en 1974.

La seconde particularité de Yasi est sa pénétration à l’intérieur du continent australien aride le lendemain après avoir franchi la crête de la Cordillère australienne. Il perd alors une grande partie de la force de ses vents mais les pluies qu’il dépose sur les reliefs de l’intérieur sont encore importantes, plus de 200 mm près de Winton et 50 mm sur un espace important de l’intérieur. Dans cette zone semi désertique qui reçoit annuellement un total à peine supérieur à 250 mm, c’est quasiment le total d’une année entière qui a alimenté les cours d’eaux temporaires endoréique du cœur de l’Australie. A l’intérieur du continent, le cyclone s’éteint progressivement sur les régions arides du territoire du Nord sans avoir réussi à faire son virage en direction de l’est. Un cyclone se développe sur les eaux chaudes d’une surface marine tropicale dès qu’il traverse des terres il perd très vite de sa puissance éolienne avec la disparition de l’énergie qui l’alimentait mais il garde encore un temps la possibilité de déposer des précipitations importantes.

Comme illustration, Benziga, un autre cyclone frappe dans l’Océan indien des terres de l’hémisphère austral. Sa trajectoire d’est en ouest hésite un instant avec un crochet dans l’Océan qui le fait descendre du 14ème au 16 degré de latitude sud. Il passe alors du stade de tempête tropicale à celui de cyclone avec des vents supérieurs à 63 nœuds et des rafales de l’ordre de 150 km/h. Il aborde les cotes du nord-est de Madagascar au niveau de la baie d’Antongil en pleine puissance. En plus du vent, il dépose le 14 février plus de 100 mm entre Tamatave et Diégo Suarez à l’extrême nord de l’île. La virulence des vents comme des précipitations semble plus faible que celle des précédents sur les pays d’océanie. Je n’ai pu avoir au moment où j’écris ces lignes une estimation des dégâts humains et matériels, mais nul doute que ceux-ci seront importants dans un pays en voie de développement qui ne dispose pas de l’habitat en dur, ni de l’infrastructure météorologique et logistique autant de l’Australie que de la Nouvelle Zélande. On peut être étonné que ce fait météorologique n’ait pas été plus relaté par nos médias, une fois de plus, j’ai connu son existence par le biais de l’analyse effectuée par nos amis allemands. C’est d’autant plus surprenant que c’est la France en raison de la présence de l’Ile de la Réunion qui est chargé de la surveillance cyclonique dans ce secteur de L’Océan indien !

Le cyclone perd une partie de la puissance de ses vents en traversant les terres de la moitié nord de Madagascar et descend au niveau de tempête tropicale, mais en arrivant sur le Canal du Mozambique, ce bras de mer qui sépare l’île du continent africain, il reprend de la vigueur autant pour la vitesse du vent que pour les précipitations en retrouvant à nouveau de l’énergie sur une masse maritime chaude tropicale. Le lendemain, 15 février le secteur reçoit plus de100 mm en 24 heures. C’est alors qu’il effectue son virage vers le sud en suivant les côtes occidentales de Madagascar avant de traverser le sud de l’Ile en sens inverse.

C’est quasiment la totalité de Madagascar qui a été concernée par une double traversée de l’Ile dans le sens est-ouest dans un premier temps au nord , puis inversement dans un second au sud, comme si le cyclone avait effectué un demi cercle dont le centre approximatif se situerait au niveau de la capitale Antananarivo sur les plateaux.

Outre quelques différences d’intensité des vents ou des pluies, les régions concernées sont plus ou moins atteintes par les cyclones.

Ces derniers sont particulièrement rares dans le sud de l’Océan Pacifique et la mer de  Corail. Cette zone de la planète est plus influencée par les phénomènes de moussons avec le basculement des pressions de part et d’autre de l’océan Pacifique .

 La Nouvelle Zélande comme les côtes du Queensland en Australie sont très rarement atteintes Au contraire la face occidentale de l’Océan indien est régulièrement concernée par des cyclones virulents qui affectent les îles Maurice,  de la Réunion, de Madagascar et même plus rarement les côtes de l’Afrique Australe.

Pour prendre l’exemple de l’année 2007, aucun cyclone n’avait abordé les côtes de la Nouvelle Zélande et de l’est de l’Australie, alors qu’une dizaine avaient tourné dans l’Océan indien de l’ouest à proximité des terres déjà citées. Cette même année la Réunion avait été dévastée par le cyclone Gamède qui avait déposé 3929 mm en 72 heures sur le site du cratère Commeron.

Autre différence dans le baptême par des prénoms de ces phénomènes cycloniques, nommés à partir du stade de tempête tropicale, leur première lettre est croissante dans l’ordre de l’alphabet de A à Z.  Dans l’océan indien la liste des cyclones commence chaque année par un prénom avec la lettre A puis B et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’année. Benziga est le deuxième nommé en 2010-2011. Comme le nombre de phénomènes baptisés est de l’ordre d’une dizaine, les prénoms commençant par les dernières lettres de l’alphabet  ne servent pas.  Dans le pacifique on épuise la liste jusqu’au bout, jusqu’au prénom commençant par z, pour recommencer la prochaine série par la lettre A, sans tenir compte du changement d’année cyclonique. C’est pour cette saison que l’on a eu Wilma et Yasi avec Y, en début de saison, ce qui ne détermine en rien leur rang dans l’année.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance.  Bonne semaine à Tous !

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