Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 23:39

Chronique N°804 : Autour du C.O.L. (Contournement de l'ouest lyonnais)

 

     Cette fin de novembre connaît une vague hivernale précoce, mais il est actuellement difficile d’apprécier son importance puisqu’au moment de cette chronique, le maximum du froid et de l’enneigement ne parait pas encore atteint, vous connaissez donc le thème de la semaine prochaine. Dans ces conditions le géographe a choisi de traiter du mélodrame provoqué par le conseil général du Rhône par son vote vendredi dernier d’une réalisation partielle du COL , contournement routier de l’ouest lyonnais, entre le nouvel autoroute A89 en construction, au niveau de l’échangeur des Olmes et l’autoroute A6 au niveau de Villefranche nord, ceci en liaison avec le problème du désenclavement routier de Saint Etienne et de la construction de l’autoroute A45 pour doubler l’A47 totalement saturé. Vous me pardonnerez peut être cette entorse à la climatologie, mais les flux de circulation ressemblent un peu aux débits des rivières, deux aspects de la mécanique des fluides et les vieux réflexes du géographe reviennent parfois !

De quoi s’agit-il ?

autoroute

    L’autoroute A 89 en construction entre Balbigny et La Tour de Salvagny présente dans la dernière partie un retour en direction de Lyon et le projet partiel du contournement ouest de Lyon, voté vendredi, coupe cet angle pour relier l’A89 à L’A6 au plus court. Ce barreau s’il voit le jour contribuerait à diviser par deux le parcours de jonction pour ceux qui viennent du Massif central que ce soit de Clermont Ferrand ou de Saint Etienne ou du Puy pour se diriger vers le nord, La Bourgogne, Lille, le Benelux, la Franche Comté et l’Alsace ou l’Allemagne. Pour les stéphanois, ce nouvel itinéraire réduit deviendrait attractif par rapport à l’actuel par  Lyon et l’A47 et l’A7 avec les bouchons de Givors, de Fourvière ou de l’A46,  alors que la liaison antérieurement prévue perdait beaucoup de son intérêt en raison du détour important effectué en raison de Lyon pour la jonction A89, A6. Il peut paraître difficilement compréhensible d’un point de vue géographique que la réduction des distances par la coupure de l’angle mort prévue initialement et l’éloignement de la circulation vers le nord et l’est de l’engorgement lyonnais ait pu provoquer ces polémiques en particulier de la part des stéphanois !

    IL convient de signaler au passage que ce n’est pas la première fois que des études sont effectuées. L’école Nationale des travaux public de l’état avait déjà fait plancher ses élèves ingénieurs sur un projet de déviation des Olmes qui se limitait à une courte jonction entre l’autoroute A89 et la départementale vers Amplepuis.

    C’est l’impact sur les graves problèmes de désenclavement autoroutier de la région stéphanoise qui semble avoir provoqué ces réactions en craignant que « l’ouest Lyonnais soit bientôt contourné par Saint Etienne » puisque tout le monde sait que le projet initial de contournement de l’ouest Lyonnais par le pied oriental des monts du Lyonnais et celui de l’autoroute A45 provoquent moult oppositions dans le département du Rhône.

Dans de nombreuses chroniques ou publications antérieures j’ai déjà expliqué combien il était urgent de sortir la liaison autoroutière Saint Etienne-Lyon de la vallée du Gier. Outre les bouchons pour cause de travaux, d’accidents ou autres,  cet axe surchargé a connu les plus longues paralysies lors des inondations. La proximité de la rivière et de la voie de circulation provoque régulièrement des problèmes interminables quand le Gier emporte les talus de l’autoroute en faisant disparaître les bandes d’arrêt d’urgence comme en décembre 2003 ou novembre 2008. Le cours d’eau s’installe aussi dans ces cas dans les creux sous les ponts de Givors. Avec ses affluents, il lui arrive de passer par-dessus l’autoroute lors d’orages violents comme celui de juin 1996, ou autrefois au virage de Corbeyre. Comme la voie ferrée est aussi en même temps atteinte, l’agglomération stéphanoise est coupée de son axe majeur.

    La solution actuellement proposée est de créer un axe parallèle, l’A45 sur les coteaux et plateaux un peu au nord de l’A47 actuelle coincée dans sa vallée. Cette réalisation réglerait les problèmes de la surcharge de l’axe en direction de Lyon et de sa sensibilité aux inondations en partageant le trafic excessif actuel vers la capitale régionale, mais Saint Etienne n’a-t-elle pas fait l’erreur majeure, depuis 50 ans, de concentrer l’essentiel de sa circulation sur un seul axe en direction de Lyon au point d’apparaître comme un cul de sac depuis la vallée du Rhône. J’ai d’ailleurs dénoncé cette situation dans la précédente chronique sur le sujet.

    Il semble que l’on se trouve devant un paradoxe. L’autoroute A45 augmenterait la dépendance de Saint Etienne vis-à-vis de Lyon mais ce sont les Lyonnais les plus récalcitrants. La solution  d’un contournement ouest Lyonnais par Saint Etienne suggérée par le tronçon d’autoroute les Olmes-Villefranche ne pourrait que placer la capitale forézienne au cœur d’un carrefour indépendant de Lyon en obligeant à régler le problème de son engorgement or ce sont les stéphanois qui semblent en colère !

     En effet qu’oblige au sud cette éventuelle réalisation du contournement ouest Lyonnais par Saint Etienne !

Ce dernier utiliserait l’autoroute A89 en construction jusqu’à Balbigny puis l’A 72  vers Saint Etienne.

En abordant la ville, il est impossible d’utiliser le contournement nord actuel déjà saturé tous les après-midi, lors des matches du stade Geoffroy Guichard et lors du moindre incident. Il serait donc impossible d’amener un surcroît de trafic sans créer un doublement vers le nord de cet axe à partir de la Fouillouse,  en utilisant un tracé proche du projet de l’A45 en direction de Saint Chamond.

Il serait encore plus absurde d’envoyer cette circulation sur l’A47 dans la vallée du Gier en direction des bouchons récurrents multiples dont ceux de Givors et de Ternay à la jonction avec les autoroute A7 vers la Méditerranée et A46 vers les Alpes. Il n’existe qu’une solution couper l’angle mort que représente le Pilat en ressortant un projet qui avait provoqué dans l’entre deux guerres autant de polémiques que l’A45 aujourd’hui, je veux parler du tunnel sous le Pilat. Il s’agissait à l’époque  d’un tunnel ferroviaire qui traversait la montagne de Terrenoire à Bourg Argental . Edouard Herriot, maire de Lyon, revenu au pouvoir en 1932, et la crise économique de 1929, avaient sonné le glas du projet.

S’il est logique de couper l’angle mort au nord entre les Olmes et Villefranche, il devrait être encore plus évident  de couper celui du sud, encore plus marqué du contournement du Pilat. La distance serait presque identique, environ 25 km à construire, pour réduire de plus de la moitié la distance provoquée par le détour par Givors et Vienne en direction de la Méditerranée.

     Naturellement ce trajet serait agrémenté d’un tunnel de 10 à 15 kilomètres de long environ, la longueur d’un tunnel alpin d’ancienne génération, pour éviter de traverser le Parc naturel régional du Pilat et aussi pour ne pas dépendre des contraintes climatiques d’une montagne exposée au nord où les passages  naturels sont situés entre 1100 et 1200 m avec les cols de la République ou la Croix de Chaubouret. Il existerait même deux localisations pour effectuer le percement du Pilat. Il s’agirait de reprendre le projet de l’entre deux guerres entre l’est de Terrenoire et Bourg Argental , la longueur serait plus importante, mais Annonay serait desservie au passage, et l’A7 serait rejointe dans la vallée du Rhône assez bas vers le sud. L’autre solution pourrait joindre les secteurs de Grand Croix et de Pélussin, à la distance bien plus courte, en retrouvant l’A7 au sud du Péage de Reventin.

     Si la rocade des Olmes aspirait la circulation vers le nord, ce tunnel sous le Pilat dévierait celle vers la Méditerranée. Saint Etienne récupérerait une position majeure de carrefour et quitterait ce rôle de cul de sac actuel !

Lyon avaient fait capoter le projet de tunnel ferroviaire sous le Pilat de l’entre deux guerre, quelle serait la position Lyonnaise aujourd’hui où il faut éviter la paralysie routière ?

 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance  Bonne semaine.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

  • Record de froid ou fraicheur (au choix) en avril sur la région Stéphanoise
    Depuis 2006, soit 16 ans , jamais un mois d'avril n'avait connu des températures aussi basses autant à Saint Etienne (alt 500m ) qu'à Montregard (alt 990 m) en Haute Loire aux confins des monts du Vivarais et du plateau de Montfaucon . Voici le bilan...
  • Covid : divorce entre discours et statistiques !
    Covid 19 : divorce entre discours et statistiques ! Que n’entend-t-on pas sur la façon dont la France a géré la crise du Coronavirus, on est en retard sur tout, le scandale est partout, on est mauvais sur tout, je vous fais grâce de tous les discours...
  • crues océaniques en cours ( situation 1/02/2021 et évolution probable )
    Des crues des rivières océaniques forment actuellement un puzzle aux 4 coins de notre pays Dans les hauts de France deux zones sont à surveiller : 1) les rivières descendant des collines de l'Artois semblent avoir connu leur maximums La Lys a atteint...
  • les particularités de l'élection américaines de 2020!
    Les particularités de l’élection de 2020 aux Etats Unis ! Un documentaire télévisé titrait « Donald trump est-il capable du pire ? » En réalité il a toujours « joué avec le pire » cela lui a permis de gagner dans beaucoup de circonstances comme homme...
  • L'opérette .... une idée d'étrennes
    Le livre "L'opérette parfum de l'histoire" présenté sur la revue Opéra Magazine ......
  • Prévision du 2 au 5 décembre 2020 : hivernal
    Prévision de Gérard Staron du 2 au 5 décembre 2020 (42, 43, 63, 69) Avec une descente froide en provenance des régions arctiques sur le proche Atlantique, l’hiver est arrivé avec le mois de décembre, son début officiel pour la Météorologie C’est le retour...
  • Cultes, covid et confinement: analyse historique !
    Cultes, covid, et confinement : analyse historique L’année 2020 aura vu à deux reprises l’interdiction des cérémonies religieuses et plusieurs dimanches, des croyants en prière devant leurs églises ! Jusqu’à quand faut-il remonter pour trouver pareil...
  • Prévision du 24 au 28 novembre 2020: les hautes pressions résistent
    Prévision de Gérard Staron du 25 au 28 novembre 2020 ( 42, 43, 63, 69) L’anticyclone se retire derrière les Alpes pour repousser les assauts des précipitations qui remontent du Levant Espagnol qui au maximum atteindront le Mézenc et des perturbations...
  • prévision du 15 au 18 novembre 2020 : Yoyo des tempéartures et du vent
    Prévision de Gérard Staron du 15 au 18 novembre 2020 (42, 43, 63, 69) Les anticyclones méditerranéens tiennent encore bon quelques jours et ils évitent à nos départements de connaitre les excès subis par les côtes de La Manche. Temps restera globalement...

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195