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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 19:02

 

        J’ai lu récemment sur info-climat des controverses concernant des problèmes de limites climatiques sur la région stéphanoise et l’est du Massif central. Le titre de mon article sur le blog à propos de l’épisode pluvieux de la Toussaint  «  L’épisode Cévenol réduit par le Pilat et stoppé par le haut Forez » aurait provoqué quelques commentaires

La région stéphanoise ne manque pas de limites climatiques pour arrêter les épisodes pluvieux méditerranéens qui remontent du sud ou dans l’autre sens modifier les descentes de nord ou les tempêtes d’ouest.

Le dernier épisode pluvieux de la Toussaint, n’a pas manqué de fournir des exemples récents de limites climatiques dans cette région.

Le Pilat est le principal massif susceptible de réduire considérablement les grosses pluies méditerranéennes qui remontent du sud. Dans le cas de celui de la Toussaint de 2010 sa présence a permis de diviser quasiment par deux le total pluviométrique, 99 mm à Montregard et de l’ordre de 50 mm à Saint Etienne, 57 mm sur la Ville, 52 à Andrézieux, un peu plus à Feurs dans la plaine. Ne pas trop s’étonner que Feurs ait quelques millimètres de plus qu’Andrézieux, avec une différence peu significative Cette dernière cité est au pied du versant sous le vent et au bas de la descente des masses pluvieuses, alors que Feurs plus loin dans la plaine permet aux masses pluvieuses de se reconstituer en partie.

Il est facile de trouver dans le passé des épisodes stoppés par le Pilat où le total pluviométrique est suffisamment réduit  entre le sud du Massif et l’agglomération stéphanoise pour protéger cette dernière. Le cas le plus typique est celui de septembre 1980, on passe de 200 mm au sud du Pilat à 80 mm à Saint Etienne. Dans le même genre, on peut citer la crue de novembre 1963, celle de décembre 1958, celle de novembre 1968 et d’autres.

On constate presque toujours une baisse de la pluviométrie lorsque les grosses pluies méditerranéennes redescendent des hauteurs du Pilat vers la Plaine du Forez, mais cette diminution peut être si réduite qu’il reste suffisamment de précipitations au nord du Pilat pour provoquer des catastrophes. Ceci s’est produit le 13 novembre 1996, les 2 et 3 décembre 2003 et aussi le 1er et 2 novembre 2008. Dans ces cas, l’effet de surprise est tel dans une région stéphanoise habituellement protégée que l’Ondaine et le Gier sont très affectés, alors que la Loire continue sa crue dans la plaine.

Les réactions récentes sur info-climat ont concerné le cas du plateau de Saint Bonnet le Château sur le versant sud des Monts du Forez. Il s’agit aussi d’un secteur, plus à l’ouest, à l’intérieur du Massif où viennent s’arrêter parfois les grosses pluies cévenoles.

Très souvent ce plateau n’est pas atteint. En septembre 1980 les fortes pluies n’avaient pas débordé sur la rive gauche de la Loire. Il en est de même le 1er octobre 1965, mais aussi les 1er 2 et 3 novembre 1968, et lors de la crue des 20 et 21 décembre 1958.

Il est possible de citer au moins 4 cas où les masses pluvieuses déposent de fortes précipitations sur le plateau de Saint Bonnet le Château et le versant méridional des monts du Forez. Dans le passé, du 5 au 7 novembre 1963 et le 19 novembre 1951, des totaux proches de 100 mm étaient arrivé jusque là. Le 1er novembre 2008, Saint Bonnet le Château reçoit 106 mm. Il faut ajouter l’épisode de la Toussaint 2010 avec le même ordre de grandeur.

Dans le cas où les pluies Cévenoles viennent buter sur le plateau de Saint Bonnet et le versant sud des monts du Forez, cette chaîne de montagne constitue presque toujours un obstacle infranchissable pour ces pluies qui deviennent dérisoire au-delà. Je signale cet aspect pour la dernière pluie de la Toussaint 2010, Clermont Ferrand et Vichy reçoivent à peine le quart des précipitations du Velay ou du plateau de Saint Bonnet. A ma connaissance, un seul cas avait continué de façon significative au-delà du haut Forez, celui du 1er au 3 décembre 2003.

Pour les pluies ou les tempêtes océaniques, les Monts du Forez constituent une barrière en sens inverse qui protège la plaine du Forez de ces excès. Il suffit de comparer les précipitations du versant auvergnat et celles du Montbrisonnais ou du plateau de Saint Bonnet pour constater une différence du simple au double. Valcivières reçoit plus de 1,5 m par an quand Verrières et Saint Bonnet atteignent à peine 900 mm. De très nombreuses grosses pluies océaniques affectent le secteur de Chalmazel et Noirétable sans descendre plus bas en Forez. C’est aussi la limite du vent d’ouest qui disparaît au sud des Monts du Forez et de Boën sur Lignon dans la plaine. La plupart des tempêtes océaniques sont discrètes sur le montbrisonnais comme celles de cette semaine. Toutefois en décembre 1999 un effet de couloir avait affecté les forêts du plateau de Saint Bonnet le Château.

La région ne manque pas non plus de limites climatiques lors des temps de nord.

Le Pilat stoppe souvent la grisaille et les nuages bas qui descendent du nord alors que son versant sud, rhodanien, est dégagé avec en plus le mistral. Les images de satellite transmises par Claude le 4 novembre 2010 sont nettes. Les masses nuageuses recouvrent les monts du Lyonnais et la plaine du Forez jusqu’à l’agglomération de Saint Etienne sans soleil. Au contraire au sud du Pilat le versant rhodanien parait dégagé.

J’ai souvent expliqué ce contraste nuageux, l’air en provenance du nord peut contenir très peu d’humidité sans se condenser donc il amène souvent beaucoup de grisaille et de stratus bas qui viennent buter sur les versants face au nord des montagnes et du Pilat. Sur l’autre versant, l’air descend, se réchauffe et s’éloigne de son point de condensation

Cette limite connaît aussi, comme pour les pluies en sens inverse, des variantes et des limites secondaires en direction de l’ouest quand les altitudes baissent.

Sur les images du 4 novembre, les hauteurs de l’est du Massif central au sud du Pilat sont elles aussi dégagées à partir des monts du Vivarais en commençant par les secteurs du Pyfara et du Felletin. Le bassin du Lignon vellave, le bassin du Puy sont aussi peu recouverts par les nuages ce 4 novembre.

La limite climatique de la nébulosité par temps de nord présente deux variantes secondaires dans l’ensellement qui se situe à l’ouest du Pilat.

La première se trouve immédiatement dans le prolongement ouest au niveau de la petite ligne de relief à proximité du suc de Bercary  entre Saint Romain Lachalm et Dunières. Combien de fois ais-je observé de nombreux brouillards et couches de nuages entre la vallée de l’Ondaine et cette petite crête. Très souvent ces nébulosités disparaissent partiellement ou complètement après son passage. Quand les couches de nuages sont multiples, la plus basse s’étiole souvent à ce niveau. Sur l’image de satellite du 4 novembre, cette limite est visible avec un ensoleillement beaucoup plus important au sud sur le bassin du Lignon et plus réduit au nord.

La seconde limite correspond au col du Pertuis au dessus d’Yssingeaux. Il permet de franchir la ligne des reliefs qui s’étirent du Mézenc au Forez en passant par le Lisieux, le Meygal et de nombreux petits sucs volcaniques au dessus de la sous préfecture de la Haute Loire. Au sud de cette barrière, le bassin du Puy en Velay peut bénéficier à l’intérieur du Massif de conditions climatiques meilleures que l’agglomération stéphanoise au nord.

Par temps neigeux en provenance du septentrion, l’agglomération stéphanoise peut avoir plus de neige que celle du Puy avec une différence nette au passage du col du Pertuis. Je me souviens d’un nouvel an où d’une arrivée de Paris Nice où l’écart dépassait 400 mètres avec 500 m à Saint Etienne et 900 m dans le bassin du Puy. Je me souviens avoir surpris des invités en plein été en les conduisant vers la cité ponote par un temps de nord. Alors que les montagnes et la région stéphanoise présentaient une couverture nuageuse avec des averses fraîches, la cité mariale montrait un ciel assez dégagé et des températures agréables.

Les types de temps moulent souvent leur influence sur les limites de reliefs transformés en barrières climatiques surprenantes. Le Forez et le Velay  présentent de nombreux exemples en ce domaine. Cette chronique n’a pas épuisé un sujet que les controverses sur info climat ont seulement illustré. Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain pour une nouvelle chronique. Bonne semaine.

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