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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 20:49

     Notre pays connaît depuis le début de cette dernière semaine d’Août un contraste climatique de grande ampleur entre ce « ch »nord et le « ch »sud.

Ce dernier concerne d’abord les températures maximales. Pendant que les côtes de la Manche grelottent avec des températures inférieures à 20°, le sud du pays sue sous une chaleur qui dépasse allègrement les 30° et ponctuellement les 40°.

Le lundi 23 le contraste se met en place et l’écart est déjà très sensible entre les 32,4° du Luc et les 18,3° de Penmach sur les côtes bretonnes, toutefois la répartition géographique des températures n’est pas encore caricaturale avec des poches inférieures à 30° dans le Languedoc et supérieure à 21° dans la France du Nord.

Le 24, l’écart entre les extrêmes thermiques du pays commence à enfler entre les 36,8° du Luc dans l’intérieur de la Provence et les 17,8° de Boulogne sur Mer. Deux ensembles géographiques cohérents s’opposent avec les régions méditerranéennes du Roussillon au Var supérieures à 30°, à l’exception des Alpes maritimes, et l’ensemble des côtes de la Manche en dessous de 20°.

Le 25 l’opposition commence une évolution vers l’ouest puisque les maximales les plus basses se trouve à Boulogne sur mer mais aussi à la Pointe du Raz avec 17,5° et 17° et les plus élevées au Luc 36,4°, mais aussi à Nimes 35,5° et à Dax 34,4°

Le 26 août en début d’après midi, l’évolution du contraste continue à se déplacer vers les région de l’ouest. Une grande partie de la pointe de la Bretagne ne dépasse pas 17° alors que la plupart des stations du Bassin Aquitain atteignent 39° vers 14 heures, Montauban, Albi, Auch, Dax,  Mont de Marsan et Pau. Dans les heures de l’après-midi, les 40° sont dépassés à Albi, Auch, Saint Girons et Agen et les 41° à Montauban.

Le contraste des températures minimales est tout aussi caricatural puisque le rapport entre les extrêmes dépasse 3, mais les mêmes régions ne sont pas concernées. Le plus haut est observé à Toulon avec 22,1° le 24 et 22,4° le lendemain, alors que le plus bas est mesuré à Rouen avec 9° le 24 et Nevers avec 7° le 25 .Paray le monial fait guère mieux avec 8,5°. Les cuvettes de l’intérieur et proches des reliefs sensibles au rayonnement nocturnes prennent la suite des côtes de la Manche pour la fraîcheur

Comme souvent en été, l’opposition ne concerne pas seulement les températures mais aussi les précipitations. Pendant que la France du nord est balayée quotidiennement par des perturbations, le sud ne reçoit rien. Depuis le début de la semaine, les totaux sont parfois importants avec 65 mm à Brest, mais aussi 25,1 mm à Troyes, 27,2 mm à Nancy pour ne prendre pour référence que des stations de basse altitude (hors totaux survenus jeudis et après).

La répétition des épisodes pluvieux sur la France du nord a déposé des cumuls importants sur une grande partie de la France du nord qui dépasse souvent 100 mm. C’est le cas au moins sur 3 ensembles géographiques :

---  l’ensemble des côtes de la Manche a reçu de 103 mm à Brest à 109 mm à Lille avant les totaux de jeudi qui ajoutent encore 34 mm à Brest.

---  La région Champagne Ardennes avec 109 mm à Charleville-Mézières mais surtout 110 mm à Reims où les cornichons doivent bien pousser et même 153 mm à Saint Dizier.

--- Les reliefs de l’est du Jura aux Alpes du nord. Besançon dans le Doubs a reçu 156 mm depuis le début du mois.

Le plus curieux, en dépit de ces abats pluvieux remarquables pour un mois d’août, le nombre de départements en sécheresse avec restrictions d’eau continue à augmenter. On est passé maintenant à 53 le 20 août. On aurait pu croire qu’ils seraient exclusivement localisés dans le sud Le Doubs y est toujours compris et parmi les derniers ajoutés ont trouve le Finistère où se trouve Brest et qui en plus a reçu entre 20 et 40 mm jeudi, mais aussi la Meuse et la Haute Marne de Saint Dizier !

Plus il pleut, plus il faut convaincre que l’eau manque !

Les départements du Massif central qui m’intéressent, sont balayés par ces contrastes.  Pour les températures, ces zones réagissent selon les jours comme le nord ou comme le sud. Il en résulte souvent des amplitudes thermiques diurnes énormes comme mercredi où le matin les minimales sont particulièrement fraîches comme si l’on était au nord et les maximales enflent de façon démesurée comme si l’on avait franchi la barrière qui sépare ce secteur de la Méditerranée. Pour les maximales le niveau du thermomètre dépend du vent de la journée, bas par flux de nord, très haut par coup de chaleur remontant du sud et s’accentuant en redescendant des hauteurs du Massif central dans les bassins de la Loire et de l’Allier. Par exemple ce jeudi avec 36,3°, la température de Saint Etienne est équivalente à celle du Midi méditerranéen !

Vous avez aussi pu constater en lisant mon blog qu’au passage de la perturbation atténuée de lundi, les températures maximales ne décrochent pas vraiment à Saint Etienne par rapport à la veille, alors qu’elles baissent notablement à Montregard aux confins du Velay et du Vivarais.

Les perturbations arrivent mais elles ne peuvent pas toujours déclencher la pluie. Lundi et Mardi , le ciel est couvert toute la journée sans grandes pluies alors que l’on revient au bleu azur mercredi et en partie jeudi.

Les précipitations subissent un dégradé du nord au sud de la région. Pendant qu’il tombe 20 mm à Guéret, 10 à Vichy et 19 à Paray le Monial sur la bordure nord du Massif central, il n’en subsiste plus que 5,4 mm à Clermont Ferrand, moins de 1mm à Lyon et Saint Etienne et zéro au Puy quand on pénètre à l’intérieur du Massif (hors totaux survenus jeudi et après).

Cette situation de contact du nord du Massif central entre les deux ensemble rend très délicate mais aussi très captivante la prévision météorologique sur les départements concernés car la moindre petite variation de trajectoire ou de force des deux éléments qui s’affrontent dans le contraste,  peut changer totalement le ressenti du temps sur ces secteurs. L’atmosphère est une grande spécialiste des contre-pieds dans les zones de marge !

Ce contraste sur la France traduit l’opposition entre une circulation perturbée d’ouest en provenance de l’Atlantique et le retour des anticyclones méditerranéens qui tentent de rétablir leur position à partir du sud. Un tel affrontement atmosphérique se produit le plus souvent en hiver quand les perturbations du front polaire sont au maximum de leur puissance et balayent le nord du pays avec l’association fraîcheur, vent tempétueux et pluie.

Il est intéressant de constater que la répartition des pluies sur la France de ces derniers jours est tout à fait conforme à la géographie des précipitations de décembre sur la France avec un maximum sur la Bretagne, secondement sur les côtes de la Manche. Une diminution dans la traversée du Bassin parisien et une reprise dès l’amorce des premiers reliefs de l’est.

Dans la région, il en est de même, les pluies balayent le nord du Massif central, sans vraiment pénétrer à l’intérieur. Reliefs volcaniques auvergnats, Combrailles, Bourbonnais, Roannais et Morvan sont coutumiers de la réception des pluies océaniques d’ouest. Au contraire, La Haute Loire et le Forez sont régulièrement à l’abri

La seule différence, cette situation s’installe en période hors saison à un moment où les anticyclones méditerranéens chauds n’ont pas rendu les armes.  Le moment où le contraste thermique est le plus fort se situe au moment de l’arrivée de la perturbation. A l’avant de cette dernière un flux de sud exacerbe la chaleur et ensuite la pluie  et l’air froid font choir le thermomètre.

Le sud avec quelques nuances reste dans la chaleur, les côtes de la Manche idem pour la fraîcheur, mais chez nous le temps fait le Yoyo.

L’évolution samedi montre aussi que l’air froid gagne souvent !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance. Bonne semaine.

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