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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 22:22

Chronique N°787 «  Perseverare diabolicum » (bis)

 

   La situation météorologique n’a guère changé en France, toujours cet affrontement persistant entre les perturbations qui descendent des hautes latitudes et les anticyclones méditerranéens qui tentent de s’opposer à leur progression et leur empêche de franchir le dernier rempart des reliefs avant l’accès à la Grande Bleue.

Il est cependant des signes qui ne trompent pas. Les descentes froides des hautes latitudes sont en train de rompre la résistance des anticyclones méditerranéens et de progresser irrémédiablement.

Les orages sont revenus plus tôt que prévu le 16 et le 17 sur la bordure nord de Massif central en déposant plus de 21 mm à Montregard et ils sont surtout suivis par une première chute spectaculaire  du thermomètre de près de 10° en 20 minutes.

La nouvelle bouffée chaude que l’on observe régulièrement dans les heures qui précèdent l’arrivée de chacune de ces perturbations qui descendent du nord a été plus faible et moins longue que les précédentes cette semaine. Mardi le thermomètre a à peine dépassé les 30° contre les 35° pour celle d’avant le 14 juillet. Le phénomène a duré seulement un jour. C’était déjà un signe de la moindre résistance des anticyclones méditerranéens.

La nouvelle perturbation pluvio-orageuse de mercredi soir a progressé plus vite sur la France qui les précédentes. Elle a déposé ses pluies du Piémont Pyrénéen, 40 mm à Tarbes, au bassin Aquitain 31 mm à Auch. Le maximum s’est produit de l’Auvergne, 58 mm à Clermont Ferrand à la Bourgogne, 32 mm à Dijon, en passant par Vichy 39 mm et St Yan, Paray le Monial 52 mm. Les pulsions orageuses précédentes étaient stoppées une première fois du Poitou à la région parisienne et au nord. Elles n’atteignaient pas le Bassin Aquitain. Cette fois elles sont allées d’entrée des Pyrénées à L’Auvergne. Les pluies qui ont continué à avancer jeudi étaient moins orageuses, car la baisse du thermomètre a limité l’instabilité de l’atmosphère.

Tout laisse penser que cette descente froide atteindra la Méditerranée, avec un mistral virulent en vallée du Rhône.

La même évolution est aussi visible en Allemagne et en Europe centrale. Dans les situations précédentes de la première moitié de juillet, notre voisin germanique était très concerné par des bouffées de chaleur importantes jusqu’au 14 juillet (38,8° à Bendorf) en raison de sa position plus orientale sous la protection des anticyclones et des flux de sud associés. La région de Berlin a subi des températures particulièrement caniculaires 38° le 10, 38,2° le 11 37,7° le 12. A Karlsruhe, les températures maximales se sont échelonnées de 31,5° à 38,4° du 9 au 14 juillet. Une grande partie de l’Allemagne a connu une grosse vague de chaleur

A ce moment là, les orages qui touchaient la France en particulier la région parisienne n’ont quasiment pas pénétré chez notre voisin allemand sous la forme pluvieuse. La partie occidentale dans l’alignement de la région parisienne a seulement subi une forme tempétueuse avec des vents violents 122 km/h à Heligoland  le 12, 137 Km/h dans les hautes Fagnes belges et 120 km/h en Rhénanie Westphanie le 14. Les quelques orages localisés ont déposé peu de pluie  69 mm en forêt de Thuringe le 12 et 24 mm dans le Jura souabe le 14.

Ceci montre que jusqu’à la fête nationale française, les orages n’ont quasiment pas franchi la frontière orientale et que les formes tempétueuses liées à l’instabilité de l’atmosphère ont été les seules manifestations dans la partie Rhénane de l’Allemagne.

Le pays va connaître la même évolution que la France dans la progression des orages. Alors que ceux du 12 au 14 débordaient très peu sur l’Allemagne, ceux du 17 et du 18 vont pénétrer bien plus loin vers le sud en affectant le sud de la Bavière. Ils atteignent des intensités énormes avec 81 mm en 1 heure à Furstenzell sur un total de 101 mm. Le principal foyer orageux naît vers Oberbayern dans le sud de la Bavière et selon la classique trajectoire de sud ouest, il s’est dirigé en direction de Munich où il atteint son paroxysme un peu à l’ouest de la cité avec un total de 103 mm à Halblech.

Les forts orages se sont étendus au-delà de la Bavière. Ils ont débordé sur l’Autriche avec 79 mm à Linz, des inondations localisées à Salzbourg et aussi sur la Tchéquie avec 83 mm.

A propos de l’épisode orageux  en cours, les allemands ont émis une alerte météorologique pour de très forts orages à partir du 23 juillet sur une nouvelle diagonale de sud-ouest qui s’étire de la partie orientale de la Suisse à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne dans la plaine d’Europe du nord, soit encore au delà.

Comme en France on constate que les descentes froides progressent, épisode après épisode, et poussent leur avantage de plus en plus loin vers le sud-est. Jusqu’au 14 juillet elles débordaient à peine sur notre voisin allemand, lors des 17 et 18 elles ont atteint la Bavière et les régions proches de l’Autriche et de la Tchéquie et actuellement elles poussent encore leur avantage au-delà .

Les circonstances veulent qu’au même moment à l’autre bout de la planète, une vague de froid  affecte le sud de l’Amérique latine et plus particulièrement  l’Argentine. Les palmiers de Mendoza sont recouverts par la neige, le thermomètre est descendu à -5° à Buenos Aires. Le Chili sur l’autre versant des Andes est concerné moins vigoureusement. Là encore il s’agit d’une arrivée froide en sens inverse, puisqu’il s’agit plus d’une remontée en provenance des régions de l’Antarctique.

Ne me faites pas dire qu’il y a un lien entre les deux événements, mais il est assez amusant qu’au même moment l’été donne des signes de fatigue chez nous et l’hiver soit porté à son paroxysme à l’autre extrémité de la planète.

Revenons en Europe, ces coups de massue sur l’été se produisent le plus souvent après le 10 août ! Combien d’années a-t-on pu observer que les premiers orages à provoquer une baisse sensible des températures se produisent autour de la fête de l’Assomption. Ce fut par exemple le cas pour ceux qui ont mis fin à la canicule de 2003.  Ceux qui se répètent depuis le 14 juillet provoquent-ils une baisse durable du thermomètre et la fin des chaleurs de 2010 est-elle au programme ?

Il est certainement trop tôt pour répondre à cette question, et beaucoup de très belles journées seront certainement au programme dans les semaines à venir.

La baisse est très sensible mais les maximales restent de l’ordre de 18 à 20° et les minimales ne sont pas encore descendus très bas, autant d’éléments qui permettent de penser qu’il existe de bonnes potentialités de reprise des températures. Quand les orages et les pluies cassent  l’été en août, il arrive au thermomètre de descendre bien plus bas autant au niveau des maximales que des minimales avec un écart plus net avec les jours précédents.

Au contraire deux facteurs plaident dans le sens de la fin des grandes chaleurs caniculaires.

D’abord dans des flux de nord pendant quelques jours, l’atmosphère sera bien plus stable. La remontée des températures sera bien plus lente et les bouffées de chaleurs en provenance du sud qui ont remonté jusque dans le nord de l’Allemagne auront moins de probabilité de se produire. Le retour de nouvelles descentes froides en provenance des hautes latitudes dans les prochains jours et leur progression jusqu’à des latitudes assez basses est un facteur potentiel décisif à vérifier

Ensuite les conditions thermiques cosmiques commencent à changer au niveau de la durée des jours et des nuits et de l’angle d’arrivée des rayons du soleil. L’air chaud aura moins de temps pour s’accumuler dans la journée, moins de puissance pour monter rapidement les températures. Le rayonnement nocturne va devenir plus efficace et contribuer à baisser le thermomètre plus durablement la nuit.

Une chose est certaine, le mois de juillet que nous connaissons est probablement l’un des plus orageux et l’un des plus contrasté au niveau thermique.

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur les ondes de Radio Espérance et son blog : gesta.over-blog .com.  Bonne semaine à tous.

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