Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 20:43

Chronique N°786 : « Perseverare diabolicum »


Un gros épisode orageux pour le 14 juillet est très commun en France. Chaque année cette chronique s’est fait l’écho de ces calamités et je peux rappeler quelques éléments : une grosse précipitation sur Saint Etienne en 2006, un orage dévastateur sur les landes en 2004, le défilé du 14 juillet de Paris sur les Champs Elysées annulé en 2001, une catastrophe à Strasbourg avec un arbre tombant sur une foule en concert, etc. En 2010, le ciel a seulement persévéré en ajoutant une fête nationale arrosée dès le défilé du matin à Paris avec inondations localisées ensuite dans le RER et un commissariat et ailleurs en France en particulier dans les Ardennes.

Depuis le début de ce mois de juillet 2010, il n’y a quasiment pas de jours où la France n’a pas connu de précipitations pluvio-orageuses importantes, et seconde persistance notoire, la plus grande partie de ces épisodes on affecté de façon prioritaire un axe qui démarre du Poitou au Limousin, traverse le Bassin Parisien en arrosant la capitale ou le Val de la Loire moyenne et continue sa course en direction de la Picardie, la Flandre, et le Benelux

Nous avons décrit la semaine dernière celui du 3 et 4 juillet qui traverse le Limousin, puis le Bassin Parisien, et dépose entre 15 et 20 mm sur l’agglomération parisienne avec les incidents liés à la foudre sur les liaisons ferroviaires de la gare d’Austerlitz.

Sur une trajectoire proche, les orages du 9 et du 10 déposent surtout leur eau sur les régions de la Loire moyenne, Blois, Bourges et vont ensuite mourir sur la région Parisienne ou les Ardennes.

L’épisode du 11 et du 12 part des régions proches du seuil du Poitou  et les quantités déposées croissent jusqu’au centre du bassin de Paris. On passe de 10 mm à Poitiers, à 21,8 mm à Orléans et enfin à 29,8 mm à Paris.

Celui du 13 juillet suit la même route avec une prépondérance des zones au Nord le 13 puisque Lille est la ville la plus arrosée avec 24,8 mm.

Celui du 14 juillet commence aussi dans le Poitou avec 20 mm à Poitiers puis à Tours, les précipitations se déclenchent pendant le défilé à Paris et déposent 43 mm à la station de Monsouris puis elles continuent en direction de la Picardie, 22 mm à St Quentin puis de la Belgique avec 26 à 27 mm.

Cette persévérance sur une même route toujours orientée sud-ouest nord-est des épisodes orageux provoque des totaux qui approchent déjà des records pour juillet à Paris alors que nous ne sommes qu’à la moitié du mois.

Le total provisoire de Paris Monsouris atteint déjà 92,4 mm le 14. Depuis 1800, seuls 20 mois de juillet sur 210 ont dépassé une pluviométrie de 100 mm pour un mois de juillet entier avec 169 mm en 1801, 160 mm en 1936, 137 mm en 1829, 119 mm en 1920. La pluviométrie de Juillet 2010 réussira-t-elle à s’infiltrer dans les 3 ou 4 plus gros cumuls de précipitations de juillet sur la capitale ? Il y a encore plus de 2 semaines pour le savoir.

Chaque année, les orages d’été semblent choisir une route préférentielle où ils se reproduisent régulièrement. L’année dernière, elle longeait la bordure nord du Massif central et les plateaux de la Haute Loire et du Forez un peu plus au sud, étaient au sec. D’autres années, les orages suivent la bordure orientale du Massif central comme en 1963. La trajectoire privilégiée de 2010 qui remonte du Poitou en direction de Paris n’est pas la plus courante,  mais elle a sévi à plusieurs reprises dans le passé en particulier un orage célèbre à la fin du XIX, vers 1888 ( date à vérifier).

Plus régulièrement les trajectoires qui longent les côtes de la Manche ou celles qui traversent le Massif central depuis le sud-ouest sont les plus courantes comme nous l’avons si souvent écrit.

Ceci nous amène à signaler une nouvelle persévérance des orages de cet été. Ces derniers après avoir arrosé cette première ligne qui traverse le bassin parisien, connaissent une recrudescence sur une seconde du Massif central au nord-est du Pays.

Lors de l’épisode du début du mois, après l’arrosage du Limousin à Paris, ia reprise  se fait en soirée du Velay au pied du Jura  en passant par Saint Etienne.

Lors de celui du 10 et du 11, les reprises en soirée des pluies orageuses s’effectuent selon un axe de l’Auvergne à l’Alsace, en passant par la Bourgogne. Clermont Ferrand, Vichy avec 27 mm, St Yan et Macon et ensuite Bâle et Strasbourg sont les villes les plus arrosées.

Lors de l’orage du 12, les pluies naissent sur le Velay, 22 mm à Montregard, et continuent par la région stéphanoise, 27 mm à Saint Etienne, la Bourgogne et les plaines de la Saône, et  terminent dans le sud de l’Alsace avec 38 mm à Bâle.

La reprise du 14 juillet  se situe un peu plus au nord en longeant la face nord du Massif central avec 19,4 mm à St Yan, le Plateau de Langres avec 17 mm puis en Lorraine.

Il y a aussi en dernière minute ceux du 16 au soir sur le velay (21 mm à Montregard)

Ces recrudescences présentent 3 caractéristiques importantes :

D’abord elles naissent sur le Massif central, très souvent sur le Velay, pour continuer ensuite leur route vers le nord-est. Habituellement, Les orages remontent d’Espagne, traversent le bassin Aquitain et arrivent sur le Massif central, ce n’est pas le cas cette année.

Ensuite, les orages ne débordent pas sur les régions méditerranéennes, la limite de ce domaine qui longe les reliefs de la bordure orientale du Massif central puis la limite entre les Alpes du sud et du nord n’a jamais été franchie. En Italie seule la partie piémontaise de la plaine du Pô et le versant alpin ont connu des pluies importantes.

Enfin, les pluies orageuses du bassin Parisien se sont souvent produites dès le matin, soit qu’elles se terminent ou se développement à ce moment de la journée. Au contraire toutes celles du Massif central à l’est de la France arrivent exclusivement en soirée !

Cette persévérance des orages est liée à l’affrontement entre les anticyclones méditerranéens qui résistent au sud et les perturbations froides qui descendent des hautes latitudes et viennent s’empaler dans l’air chaud qui s’accumule sur notre pays.

Le premier affrontement s’effectue quand l’air froid entre en contact avec l’air surchauffé du continent. Cette fois, c'est

le premier épisode de la bataille  du Poitou au centre du bassin de Paris. La perturbation froide est dynamique pour atteindre cet ensellement majeur de la France qui accumule beaucoup de chaleur par sa position géographique. L’aspect perturbation frontale l’emporte,  l’orage a lieu à tout   moment de la journée avec des masses nuageuses qui remontent du sud-ouest sur la ligne d’affrontement entre les deux masses d’air.

Pendant ce temps là, l’est de la France se trouve encore dans les anticyclones, Ces derniers résistent et ceci se manifeste par un flux de sud qui fait monter le thermomètre et explique quelques alertes canicules un peu rapides sur le Lyonnais et l’Alsace.

Dans la soirée qui suit, les orages reprennent sur un axe du Massif central au nord-est. Les anticyclones méditerranéens ont en grande partie affaibli les perturbations qui descendent des hautes latitudes, mais la convection propulse l’air chaud en altitude pendant la journée, les effets liés au reliefs s’ajoute, et le tout provoque une recrudescence qui ne peut que se produire en soirée car l’instabilité de l’air chaud prend le pas sur l’affrontement des masses d’air.

Les descentes froides qui arrivent des hautes latitudes sont stoppées en deux fois, une première par la bataille frontale des masses d’air du Bassin Parisien et la seconde lors de la reprise convective du Massif central à l’est du pays. Elles n’atteignent pas la Méditerranée, c’est normal en cette saison, avec la sécheresse si favorable au tourisme. Heureusement car ceci activerait les précipitations comme celles qui ont affecté le Var et la région de Draguignan, il y a à peine un mois !

 

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine sur les ondes de radio espérance, le texte étant repris sur mon blog : gesta .over-blog.com. A la semaine prochaine.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

  • Record de froid ou fraicheur (au choix) en avril sur la région Stéphanoise
    Depuis 2006, soit 16 ans , jamais un mois d'avril n'avait connu des températures aussi basses autant à Saint Etienne (alt 500m ) qu'à Montregard (alt 990 m) en Haute Loire aux confins des monts du Vivarais et du plateau de Montfaucon . Voici le bilan...
  • Covid : divorce entre discours et statistiques !
    Covid 19 : divorce entre discours et statistiques ! Que n’entend-t-on pas sur la façon dont la France a géré la crise du Coronavirus, on est en retard sur tout, le scandale est partout, on est mauvais sur tout, je vous fais grâce de tous les discours...
  • crues océaniques en cours ( situation 1/02/2021 et évolution probable )
    Des crues des rivières océaniques forment actuellement un puzzle aux 4 coins de notre pays Dans les hauts de France deux zones sont à surveiller : 1) les rivières descendant des collines de l'Artois semblent avoir connu leur maximums La Lys a atteint...
  • les particularités de l'élection américaines de 2020!
    Les particularités de l’élection de 2020 aux Etats Unis ! Un documentaire télévisé titrait « Donald trump est-il capable du pire ? » En réalité il a toujours « joué avec le pire » cela lui a permis de gagner dans beaucoup de circonstances comme homme...
  • L'opérette .... une idée d'étrennes
    Le livre "L'opérette parfum de l'histoire" présenté sur la revue Opéra Magazine ......
  • Prévision du 2 au 5 décembre 2020 : hivernal
    Prévision de Gérard Staron du 2 au 5 décembre 2020 (42, 43, 63, 69) Avec une descente froide en provenance des régions arctiques sur le proche Atlantique, l’hiver est arrivé avec le mois de décembre, son début officiel pour la Météorologie C’est le retour...
  • Cultes, covid et confinement: analyse historique !
    Cultes, covid, et confinement : analyse historique L’année 2020 aura vu à deux reprises l’interdiction des cérémonies religieuses et plusieurs dimanches, des croyants en prière devant leurs églises ! Jusqu’à quand faut-il remonter pour trouver pareil...
  • Prévision du 24 au 28 novembre 2020: les hautes pressions résistent
    Prévision de Gérard Staron du 25 au 28 novembre 2020 ( 42, 43, 63, 69) L’anticyclone se retire derrière les Alpes pour repousser les assauts des précipitations qui remontent du Levant Espagnol qui au maximum atteindront le Mézenc et des perturbations...
  • prévision du 15 au 18 novembre 2020 : Yoyo des tempéartures et du vent
    Prévision de Gérard Staron du 15 au 18 novembre 2020 (42, 43, 63, 69) Les anticyclones méditerranéens tiennent encore bon quelques jours et ils évitent à nos départements de connaitre les excès subis par les côtes de La Manche. Temps restera globalement...

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195