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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 20:59

 

A la fin du premier semestre 2010, il est temps de reprendre l’analyse de l’évolution des températures que nous avions évoquée pour la dernière fois avec la situation de la fin décembre 2009.

Il s’agit de prendre en compte les moyennes coulissantes sur 12 mois, qui ont l’avantage de faire disparaître les différences saisonnières puisqu’un représentant de chacun des mois de l’année est compris. Depuis notre précédente évocation (chronique N°766), nous avons continué d’observer les mêmes stations françaises, allemandes et espagnoles. Chacune a connu un maximum de température au début du printemps 2007, pour les séries mai 2006-avril 2007 ou juin 2006- mai 2007. Toutes montrent une chute des températures comprise entre 2° et 3° avec un point bas en février 2009 après l’hiver rigoureux 2008-2009. Dans la suite de 2009, une remontée très limitée de ces moyennes coulissantes laissait en décembre 2009, les températures inférieures de l’ordre de 1,5° à 2° selon les stations par rapport au maximum d’avril-mai 2007.

Pendant le premier semestre 2010, la baisse des températures a repris, comprise entre 0,3° et 0,7° selon les stations. D’une façon générale, la plus grande partie de la hausse constatée l’an dernier de mars à la fin de l’année a été annihilée, et à quelques dixièmes près les températures sont redescendues à proximité du niveau très bas de février 2009, sans jamais l’atteindre, mais en l’approchant souvent de 1 dixième.

Il y a cependant une exception la station de Santander dans le nord-ouest de l’Espagne qui présente en juin 2010 une moyenne coulissante quasiment équivalente à celle de décembre 2009 (15,2° contre 15,1°), et qui conserve son écart de 1,4° en dessous de celle de mai 2007 (16,6°).

En décembre 2009, Nice se singularisait par rapport aux autres villes par une baisse très faible des températures depuis le printemps 2007 seulement (-0,9°). Pendant le premier semestre 2010, la cité de la côte d’Azur a perdu une grande partie de son originalité en baissant sa moyenne coulissante de 0,5°, soit-1,4° en dessous de celle du printemps 2007.

Tous les autres postes qui nous servent de référence présentent à nouveau des températures moyennes coulissantes inférieures de 2° ou plus par rapport à celles du printemps 2007.

Les stations allemandes Aix la Chapelle et Francfort qui étaient les seules à avoir baissé de plus de 2° en décembre 2009, ont continué cette particularité en atteignant des minimums inférieurs de -2,9° et -2,6° en mai 2010. Par contre le repli de ces moyennes n’a pas continué en juin 2010 qui a été un peu plus chaud que son homologue de 2009.

Cette reprise légère des températures en juin 2010, après un point bas en mai, se retrouve aux autres stations de la moitié nord de la France, Lille et Laval avec une moyenne inférieure de 2,3° et 2° par rapport au printemps 2007 et de -0,5° et -0,3° par rapport à la fin de 2009.

Les postes du Massif central, Saint-Etienne-ville et Andrézieux, le Mont Aigoual dans les Cévennes ont connu les baisses les plus fortes, supérieures à - 0,5° pendant ce premier semestre 2010, mais ceci ne correspond qu’à - 2° à - 2,2° par rapport au printemps 2007.

Une première conclusion s’impose. Depuis la moyenne coulissante mai 2006- avril 2007 ou juin 2006- mai 2007, le réchauffement connaît une pause très marquée dans les stations de l’Europe de l’ouest, il s’agit même d’un léger refroidissement qui place les températures au niveau où elles étaient vers les années 1996-1997. C’est toute la partie terminale des dix dernières années du réchauffement qui est passée à la trappe en 3 ans.

La tentative de reprise de la hausse des températures de la deuxième partie de l’année 2009 a été totalement annihilée par la baisse du premier semestre 2010. Il faut prendre en compte que cette dernière baisse s’effectue par rapport à des températures correspondantes de 2009 très basses après l’hiver 2008-2009 déjà enneigé et froid. Celui de 2009-2010 a provoqué des températures encore plus basses que son prédécesseur et surtout il a continué par un printemps frais ce que n’avait pas fait le précédent.

Il n’existe pas de signe évident d’une reprise de la hausse des températures pendant la seconde moitié de 2010, car la seconde partie de 2009 avait été la plus chaude de l’année et elle avait remonté les températures.

Les cycles constatés antérieurement dans l’évolution des températures que ce soit ceux de 20 à 30 ans visibles pendant le XXème siècle, ou ceux de 3 ans observés pendant ces 20 dernières années ne plaident pas non plus pour une reprise du réchauffement.

Des années 1950 à 1975, les températures avaient plutôt baissé avant de connaître la très forte hausse jusqu’aux premières années du 21ème siècle, la suite logique devrait apporter une pause de 20 à 30 ans à venir.

Depuis 1995, on constate souvent un pic des températures tous les 3 ans environ. On le retrouve en février 1995, en janvier 98, en mars 2001, à la fin de 2003 et au début de 2004 et enfin en avril-mai 2007. De plus les niveaux atteints sont croissants de l’un à l’autre. Jean Louis Grieineisen l’a constaté pour Lyon Bron et moi-même pour Saint Etienne Bouthéon et Laval. Ce printemps 2010 aurait dû présenter un nouveau maximum thermique. Il n’existe pas aux mois prévus en raison de la reprise de la baisse à partir de janvier 2010. La période de hausse de 2009 s’arrête en décembre et ne dure que 8 mois. Le niveau atteint se situe nettement en dessous de celui des derniers pics de début 2001, fin 2003 et avril-mai 2007 de l’ordre de 1,5° en dessous.

Les annonces intempestives des mois de mars, avril et mai les plus chauds que la planète aurait connu depuis 1880 contrastent. Selon certaines publications, il en serait de même des 5 mois janvier-mai 2010 qui seraient les plus chaud connus depuis 1880 sur l’ensemble de la planète.

Si j’avais envie de plaisanter, je serais tenter d’ajouter qu’il s’agit de l’application à la climatologie du syndrome du village gaulois d’Astérix. On pourrait ajouter quand on connaît le sort que ses habitants faisaient subir aux légions romaines, l’avenir peu enviable de mes collègues réchauffés!

Au-delà de l’humour, ceci pose le problème de l’observation en météorologie. Quand on analyse les données d’un poste thermométrique déterminé, on peut établir de façon sure une évolution, même si certains puristes peuvent faire valoir l’influence d’un déplacement ou d’un changement de peinture de l’abri ou autre petit problème. Naturellement ce type d’argument permet de se faire affubler de demeuré qui ne sort pas de son trou, ou que l’on ne saurait pas se limiter à la France ou à l’Europe quand le monde vous tend les bras, mais l’on peut aussi s’interroger sur les modèles mathématiques et la nature des calculs de péréquation qui permettent d’établir de telles informations sur l’ensemble de la planète. Par ailleurs après de tels calculs, les différences se limitent très souvent à quelques dixièmes, qu’il faut mettre en relation avec l’immensité des valeurs traitées et les différences des espaces que le moindre changement de coefficient peut troubler. Il convient d’ajouter quand on prend en compte les années depuis 1880 qu’il n’existait que peu de stations à cette époque, que la plupart de ces dernières étaient situées sur le vieux continent, car la météorologie n’a pénétré le reste du monde qu’après la colonisation. Toutes ces stations étaient situées alors en pleine campagne et elles ont été intégrées ensuite aux îlots de chaleur urbains, une hausse des températures qui n’a rien de planétaire.

On ne peut être qu’éminemment perplexe face au gouffre qui existe entre les annonces péremptoires des organismes internationaux pour l’ensemble de la planète et le ressenti des températures de ces dernières années attesté par les mesures des stations locales.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, ce texte étant repris sur mon blog : gesta.over-blog.com. Bonne semaine

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Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

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