Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 20:19

 

Eglises et inondations (Notre Dame de Valbenoite)

 

Un répit dans les calamités climatiques permet d’aborder un sujet original : Eglises et inondations.

Les églises, témoins de la civilisation chrétienne ont très souvent traversé les siècles  et gardé le témoignage des inondations lorsque les eaux les ont envahies que ce soit par les récits des chroniques ou même par des niveaux marqués sur leurs murs ! Voici quelques cas parmi les exemples que j’ai eu à connaître.

        L’échelle des crues se situe  sur l’église de Chalonnes sur Loire sur le rebord de la levée en bordure du fleuve. A cet endroit, les deux inondations les plus hautes de la Loire connaissent un passage de relais entre celle de Juin 1856 la plus élevée dans le val de Tourraine et d’Anjou et celle de janvier 1910 qui prend le relais en aval dans le secteur océanique. Vous en avez entendu parlé à propos de son centenaire sur la Seine à Paris.

       Les chroniques permettent d’établir que le Rhône est rentré à deux reprises dans la collégiale Saint Julien de Tournon lors des inondations de 1711 et novembre 1840. Les témoignages permettent de constater qu’aucune autre crue n’a atteint ces niveaux depuis.

     Au Puy en Velay, les chroniques de Jean Burel ou Etienne Médicis permettent de trouver trace des débordements du Dolaizon quand ses eaux sont rentrées dans  l’église des Carmes comme en 1508 et 1582 jusqu’au maître Autel.

       A Saint Etienne, le Furan a atteint une hauteur de 1,72 mètres dans l’église de Valbenoite lors de l’orage du 10 juillet 1849. Un ouvrage anonyme intitulé « Notre Dame de Valbenoite » probablement écrit par les Pères et frères maristes, permet de reconstituer l’événement, les niveaux et le profil de la crue. Depuis la rivière n’est plus rentrée dans l’édifice. Le Furan descendant du Pilat n’a plus apporté la désolation dans la ville, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’inondations.

         Pour les événements historiques des siècles anciens, il n’y a pas de meilleurs témoins car ces édifices chrétiens ont eu une stabilité ou une durée bien supérieure à celle des autres bâtiments souvent détruits ou reconstruits. Ces repères sont souvent iconoclastes pour ceux qui annoncent une augmentation des catastrophes naturelles, car ils permettent de constater que des inondations bien antérieures aux mesures de débits ont atteint des niveaux très supérieurs.

         Il faut toutefois faire attention à un élément qui peut fausser les comparaisons. Les travaux ultérieurs des hommes peuvent s’avérer trompeurs  Dans plusieurs cas, le sol de certaines églises a été relevé à la suite d’inondations. C’est le cas dans la collégiale Saint Julien de Tournon après la crue de 1711 mais aussi dans l’église de Valbenoite de Saint Etienne après celle de juillet 1849. Dans ce dernier cas, des documents fournissent des hauteurs diverses de ce relèvement. Après de nombreuses vérifications, il ne s’agit pas des 1,80 m mentionnés dans le document de présentation disponible à l’entrée de l’édifice, mais de 40 cm, 20 de remblais et 20 de bétons.

         Dans ces zones basses la topographie a souvent changé alors que les églises sont restées en place, c’est très visible à l’Eglise des Carmes du Puy très en dessous des niveaux des voieries voisines.

Les inondations ont probablement joué un rôle pour des lieux de pèlerinages.

        L’île de Béhuard située dans un bras de Loire est connue depuis le 5ème siècle pour une dévotion à Notre Dame pour la protection des voituriers par eaux. L’étroit rocher de Quartz sur lequel est installée la chapelle, ne peut pas être atteint par les débordements du fleuve qui recouvrent toutes les îles alentours et a pu servir de refuge à bien des personnes en perdition dans les eaux.

       L’histoire la plus surprenante est certainement celle de la statue de Notre dame de Valbenoite à Saint Etienne. Le récit qui va suivre est résumé de l’ouvrage anonyme intitulé « Notre Dame de Valbenoite » déjà cité.

        Le 25 mai 1849 une statue à la Vierge est installée sur un tertre de terre de 1 mètre surmonté de pierres jusqu’au socle de la statue qui se situe à 2 mètres du sol environ dans le jardin du pensionnat jouxtant l’église.

        Dans la soirée du 10 juillet, se produit la crue subite avec des eaux qui pénètrent brutalement vers 21 heures et qui recouvrent tout sur une hauteur de 1,70 à 2m au niveau de la statue puisque du sable a été retrouvé sur les pieds de la Vierge. Tout a été dévasté autour, le mur  de clôture est détruit. A côté, le jambage de la porte de 850 kg a été transporté sur plus de 35 mètre. La haie de charmilles sur 25 mètres et la ligne des poiriers  dans l’alignement de la statue sont couchées. Les locaux du pensionnat sont traversés de part en part sur une hauteur de 2 mètres. Les petits murs ou barrières qui jalonnent la propriété sont détruits ou emportés. L’église a côté est envahie, on en retirera des centaines de tombereaux de boue !

        Pourtant une rumeur se répand dans la nuit, reprise le 11 juillet vers 11 heures par le Général de Grammont en inspection sur les lieux de l’inondation  « Ici tout est en ruines, elle seule est debout ». Cette seule statue intacte au milieu de ce champ de dégâts a de quoi surprendre, d’autant plus que rien ne la protégeait sur une butte de terre et de pierres mal cimentées. Il est fait mention dans les récits d’ éléments bien plus solides et lourds renversés à proximité.

       Je vous épargnerai les très nombreux témoignages soulignant le prodige repris dans l’ouvrage. Ce qui était un endroit de désolation se transforme en quelques heures en un lieu de prière et de dévotion. La catastrophe n’avait provoqué aucune perte humaine sur le lieu du pensionnat, mais par ailleurs la crue avait meurtri la ville avec 11 morts et des pertes matérielles importantes.

       La foule ne tarde pas à venir dès le dimanche qui suit avec 30000 personnes le 15 juillet. Les pèlerins affluent, plus de 40000 le 26 juillet, les autorités civiles et religieuses, les notabilités et les anonymes aussi. La statue qui a résisté à l’inondation continue à attirer plus de 1500 personnes lors des dimanches d’août 1849 avec plus de 2500 pour la fête de l’Assomption.

         Le lieu de pèlerinage naissant ne pourra pas s’installer. Le pensionnat détruit par la crue s’installe à Saint Chamond sous le nom de collège Sainte Marie. Que faire de la statue ? Les habitants de Valbenoite ne veulent pas s’en séparer et le nouveau collège souhaite la récupérer. Avec grand camouflage, quelques grands élèves, de nuit, amènent une voiture à  proximité, descellent la statue, l’enferment dans des matelas et la transportent à Saint Chamond. Face au fait accompli, les habitants de Valbenoite se contentent de clameurs sans suite.

        C’est ainsi que l’amorce de pèlerinage disparaît. Aujourd’hui nul ne sait si la statue se trouve encore dans le lieu où elle a été installée le 25 mars 1851 à Saint Chamond.

        La crue du 10 juillet 1849 est la plus grave subie par la ville de Saint Etienne et n’a pas d’équivalent depuis cette date. Un  très violent orage sur le haut Pilat avait provoqué un très gros débordement qui a fait sentir ses effets jusqu’au centre ville de Saint Etienne, la rue Gérentet selon le rapport au préfet de la Loire. La rivière était passée par-dessus la couverture qui commençait à se mettre en place des Ursules à la rue Boucher de Perthes.

         Je vous ai seulement relaté les témoignages signalés dans l’ouvrage anonyme des Frères ou Pères Maristes et autres documents de presse ou d’archives de l’époque avec mes remerciements à André qui m’a permis de les connaître.

       Les signes envoyés par Dieu peuvent être inattendus !

 

Gérard staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio espérance, vous trouverez le texte sur mon blog :  http:// gesta.over-blog.com …

Partager cet article
Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

  • Record de froid ou fraicheur (au choix) en avril sur la région Stéphanoise
    Depuis 2006, soit 16 ans , jamais un mois d'avril n'avait connu des températures aussi basses autant à Saint Etienne (alt 500m ) qu'à Montregard (alt 990 m) en Haute Loire aux confins des monts du Vivarais et du plateau de Montfaucon . Voici le bilan...
  • Covid : divorce entre discours et statistiques !
    Covid 19 : divorce entre discours et statistiques ! Que n’entend-t-on pas sur la façon dont la France a géré la crise du Coronavirus, on est en retard sur tout, le scandale est partout, on est mauvais sur tout, je vous fais grâce de tous les discours...
  • crues océaniques en cours ( situation 1/02/2021 et évolution probable )
    Des crues des rivières océaniques forment actuellement un puzzle aux 4 coins de notre pays Dans les hauts de France deux zones sont à surveiller : 1) les rivières descendant des collines de l'Artois semblent avoir connu leur maximums La Lys a atteint...
  • les particularités de l'élection américaines de 2020!
    Les particularités de l’élection de 2020 aux Etats Unis ! Un documentaire télévisé titrait « Donald trump est-il capable du pire ? » En réalité il a toujours « joué avec le pire » cela lui a permis de gagner dans beaucoup de circonstances comme homme...
  • L'opérette .... une idée d'étrennes
    Le livre "L'opérette parfum de l'histoire" présenté sur la revue Opéra Magazine ......
  • Prévision du 2 au 5 décembre 2020 : hivernal
    Prévision de Gérard Staron du 2 au 5 décembre 2020 (42, 43, 63, 69) Avec une descente froide en provenance des régions arctiques sur le proche Atlantique, l’hiver est arrivé avec le mois de décembre, son début officiel pour la Météorologie C’est le retour...
  • Cultes, covid et confinement: analyse historique !
    Cultes, covid, et confinement : analyse historique L’année 2020 aura vu à deux reprises l’interdiction des cérémonies religieuses et plusieurs dimanches, des croyants en prière devant leurs églises ! Jusqu’à quand faut-il remonter pour trouver pareil...
  • Prévision du 24 au 28 novembre 2020: les hautes pressions résistent
    Prévision de Gérard Staron du 25 au 28 novembre 2020 ( 42, 43, 63, 69) L’anticyclone se retire derrière les Alpes pour repousser les assauts des précipitations qui remontent du Levant Espagnol qui au maximum atteindront le Mézenc et des perturbations...
  • prévision du 15 au 18 novembre 2020 : Yoyo des tempéartures et du vent
    Prévision de Gérard Staron du 15 au 18 novembre 2020 (42, 43, 63, 69) Les anticyclones méditerranéens tiennent encore bon quelques jours et ils évitent à nos départements de connaitre les excès subis par les côtes de La Manche. Temps restera globalement...

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195