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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 15:13

 

    Lors de l’une de mes dernières chroniques sur l’évolution des températures depuis le maximum atteint en avril ou mai 2007, je présentais la baisse des moyennes coulissantes sur 12 mois depuis près de 3 ans. Elle s’étale de -0,6° à Nice à  -2,2° pour les stations allemandes  avec -1,5° environ en France, fin décembre 2009. Quelques demandes complémentaires, interrogations ou commentaires sont arrivés jusqu’à moi suite à la mis en exergue de ce fait.

Avec l’hiver que nous venons de connaître, les interrogations commencent aussi à poindre face à l’évolution des températures et au réchauffement annoncé.

Il n’est donc pas inintéressant de présenter quelques éléments supplémentaires.

Dans la période actuelle, les tenants de l’idéologie en cours n’arrivent plus à annoncer des records comme on pouvait encore l’entendre, il y a peu. Même quand on annonce des années, des saisons ou des mois très chauds il ne s’agit pas d’événements de rang 1  ou 2 mais  5ème comme pour l’été chaud 2007 ou plus. Quand certains essayent de montrer comme pour janvier 2010 qu’une période froide était quand même chaude en utilisant des calculs de moyennes de température à l’échelle de la planète, le mois de janvier dernier en dépit d’une forte anomalie négative  des températures sur l’ensemble du continent eurasiatique jusqu’à la France aurait été le 4 ème ou 6 ème plus chaud.

Même si, maintenant plus personne n’est en mesure de claironner que telle année saison ou mois a été le plus chaud, contrairement aux années antérieures annoncées comme telles, ceci traduit un recul de fait. Par ailleurs ces résultats proviennent de méthodes très efficientes mais ils ont le mystère de leur mode de calcul et de leurs auteurs très engagés dans une thèse.

Alors existe-t-il d’autres éléments pour permettre d’y voir plus clair dans cette évolution des températures ?

Ce 15 mars, le Sautier de l’état de Genève, Anna  Maria Hutter, a annoncé la sortie de la première feuille du marronnier officiel de la promenade de la treille. Depuis 1818, ce troisième arbre symbolique annonce par cette première feuille chaque année, l’arrivée du printemps qui fait l’objet d’une déclaration solennelle. Cette année, le Sautier ajoute le commentaire suivant « pour mémoire si durant les années 90  et au début des années 2000, le marronnier montrait le bout de sa feuille plutôt au mois de février, depuis quelques années, notre marronnier se fait plus conformiste en annonçant le printemps au mois de mars ».

En effet pendant les années récentes, seule 2005 a connu une arrivée plus tardive que 2010 le 19 mars. Auparavant, il faut remonter aux 19 mars 1986 et 1987, pour retrouver une venue du printemps postérieure à celle de 2010. Depuis 1970, soit en 40 ans  c’est la 7ème arrivée la plus tardive du printemps défini par cet événement anecdotique. Les années 1970 et 1971 avec le 21 mars sont suivies des années 1986, 1987 et 2005 avec le 19 mars et de 1973 avec le 16 mars. Enfin arrive 2010 à égalité avec 1985 pour le 15 mars. Après 2009 où la venue s’était produite le 6 mars, c’est la seconde année consécutive en mars.

L’arrivée de plus en plus précoce de la première feuille était, au début des années 2000, présentée comme un signe du réchauffement. Non seulement le fait se produisait en février, mais parfois en janvier comme en 1991 et même un certain 29 décembre 2002, comptant pour 2003, où la feuille s’était même trompée d’année en raison de sa précocité exceptionnelle. En sens inverse le caractère tardif devrait logiquement être significatif d’hivers longs et donc de refroidissement.

L’autre signe que l’on peut invoquer pour étayer un changement de tendance de l’évolution des températures concerne la superficie de la banquise dont on peut suivre l’évolution par le site « Cyosphère today » fournissant les informations transmises par les satellites NOAA « National center for environnemental prédiction » en liaison avec la NASA, SMMR et SSMI  et l’Université de l’Illinois.

A la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril, la banquise arctique connaît son maximum d’extension annuel. A la fin de la première quinzaine de mars, elle a atteint une superficie de 13,8 millions de km2, avant de redescendre à un peu plus de 13,6 millions de km2. Sans savoir si une surface plus importante sera atteinte dans les prochains jours, on peut déjà annoncer que la diminution d’extension de ce maximum hivernal des glaces arctiques est enrayée depuis 2008.

 C’est la troisième année consécutive que la superficie maximale atteint ce niveau de 13,8 millions de km2. Il est certes légèrement en dessous de la normale du maximum atteint pendant  les 30 dernières années qui se situe vers 14 millions, mais la baisse continuelle constatée de 2004 à 2007 est enrayée. Ces 4 années consécutives constituent les 4 superficies de saison froide les plus basses enregistrées   avec de 2005 à 2007 une extension inférieure à 13,5 millions de km2.

Au niveau géographique, les surfaces englacées actuelles ont été très importantes de part et d’autre de l’ensemble eurasien, autant du côté européen avec une prise des golfes de Botnie et de Finlande dans la mer Baltique, que du côté asiatique dans les mers de Béring et d’Okhotsk avec une arrivée jusqu’aux côtes de l’Iles japonaise d’Hokkaido. En dépit des fortes épaisseurs de neige du côté américain, les glaces auraient été plutôt déficientes dans les secteurs de Terre Neuve et des Grands lacs. Le golfe du Saint Laurent semble être resté libre de glace.

Il est aussi intéressant de constater une certaine correspondance entre les vagues de froid que nous avons subi en Europe et les évolutions des surfaces englacées des hautes latitudes. Le maximum d’englacement que nous venons de constater correspond avec la pulsion froide que nous avons connue dans la première partie du mois. La même correspondance pourrait être faite à l’occasion des vagues de froid antérieures de notre hiver, à la mi décembre, dans la première quinzaine de janvier et à la mi février. On pourrait penser que les pulsions froides chez nous, serait la conséquence de ce qui se passe aux hautes latitudes, dans ce cas, l’augmentation de la banquise précéderait l’arrivée chez nous de l’air froid. En réalité ce n’est pas le cas, soit les deux événements se déroulement en même temps, soit souvent les pulsions de la banquise suivent de quelques jours celles de l’hiver chez nous.

Nous avions déjà signalé en 2009 que la perte de superficie avait été inférieure d’environ ½ millions de km2 par rapport aux années précédentes au moment du minimum de fin de saison chaude.

Tout ceci confirme que l’hémorragie des surfaces marines englacées de l’hémisphère nord a été stoppée depuis 2007 marqué par un minimum inégalé. La encore les évolutions visibles dans les températures moyennes coulissantes signalées dans la chronique 766 trouvent une correspondance aux hautes latitudes. Le réchauffement jusqu’en 2007 chez nous connaît un équivalent avec la réduction autant hivernale qu’estivale des surfaces englacées arctiques, jusqu’au minimum visible en 2007. Depuis la baisse des températures constatée chez nous, trouve son équivalent dans un arrêt de la dégradation de l’extension des glaces arctiques et même une petite reconstitution de ces dernières.

L’argument du village d’Astérix  des irréductibles gaulois consisterait à  dire, c’est vrai le climat ne se réchauffe plus chez nous, mais partout ailleurs à la surface de la planète, le réchauffement continue. Ceci semble de moins en moins crédible en dépit des efforts pour continuer à insuffler une idéologie.

Au XXème siècle, plusieurs idéologies ont pu prendre le pouvoir dans de nombreux pays et résister très longtemps car elles n’avaient pas de juge de paix pour apprécier leur véracité. Le ciel météorologique joue ce rôle pour le réchauffement de la planète. Il n’en est pas à un contre-pied près et le soumettre à une idéologie est certainement un défi encore impossible pour l’homme.

Alors attendons encore un  peu pour confirmer si le ciel reste récalcitrant aux schémas humains de nos contemporains.


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes ou le site de Radio Espérance13 h 15. Bonne semaine à tous !

 

 

 

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Published by Gérard Staron - dans actualité climatique
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commentaires

Le Rouméliote 03/05/2010 10:55



Eh oui ! Un certain nombre, pour ne pas dire la plupart des universitaires, qui ont occupé notre discipline en se reproduisant entre eux sur le modèle des grands mandarins d'autrefois, sont les
coupables. Ils ont détruit notre chère géographie en l'enfermant dans les cénacles universitaires et la logorrhée méta-scientifique absconse. Elisée reclus revient !


Bien cordialement.



Le Rouméliote 02/05/2010 17:46



Cher ami et collègue géographe,


Je viens de découvrir votre blog et ça m'a fait rudement plaisir ! Notre discipline est squattée par les hôtes indésirables que sont les sociologues (pour la géographie humaine) et les divers
modélistes et bidulo-chimistes peuplant le GIEC pour la climatologie et elle en est moribonde. Heureusement, la résistance commence à se faire entendre, notamment dans le domaine climatique. Tous
mes encouragements, notamment dans la lutte contre les obscurantistes réchauffistes officiels !



Gérard Staron 03/05/2010 09:35



Cher collègue géographe


Merci pour les encouragements


Quand on pense à ce que certains ont fait de notre pauvre discipline, existe-t-elle encore ? on s'est fait piller !


Amitiés



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