Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 14:22


La Toussaint : second coup de boutoir de l’hiver !


    Les anticyclones, vedettes du début de l’automne dont je vous entretenais la semaine dernière ont cédé la place depuis le premier jour de novembre aux perturbations qui descendent des hautes latitudes selon une trajectoire de nord-ouest attirée par une dépression centrée sur les Iles britanniques.

Les passages pluvieux s’avancent en rangs serrés comme le montre l’image transmise par Claude et que vous avez pu observer sur mon blog. Dans l’est du Massif central nous les avons vu passer dans les nuits qui ont suivi la Toussaint, puis le jour des Morts, avec des averses résiduelles en milieu de semaine avant la reprise probable de samedi.

Toutes ces perturbations ont affecté la totalité du pays de façon irrégulière en fonction de leur sensibilité à ce type de temps océanique. La pluie a été le principal impact.

 Les précipitations quotidiennes ont rarement dépassé 30 mm sauf celles dans le Pays basque, en cours au moment où j’écris cette chronique, qui a déjà déposé plus de 60 mm mercredi et jeudi, et plus de 106 mm depuis le début à Biarritz. Ces cumuls journaliers atteignent parfois des quantités substantielles. Il tombe 90 mm à Paluel jusqu’au 4 le long des côtes de la Manche qui constituent le point d’entrée des masses pluvieuses de nord-ouest sur notre pays entre le Cotentin et le Pas de Calais. Le limousin est aussi très arrosé avec 99 mm à Limoges au pied du premier relief élevé, le Plateau de Millevaches, qui reçoit de plein fouet  ces mêmes masses pluvieuses. Ces totaux sont très provisoires, ils seront notablement augmentés au moment où vous m’entendrez.

Les perturbations ont eu une efficacité pluviale diverse, mais beaucoup plus forte les jours impairs de ce début de mois.

--- Celle de la Toussaint a déposé les totaux les plus élevés avec plus de 10 mm sur une grande partie du territoire  et plus de 30 mm sur les côtes océaniques à Cazeaux ou le Touquet mais aussi au pied de tous les reliefs bien exposés comme Grenoble, Guéret ou Limoges.

--- Le lendemain les totaux les plus élevés s’étirent de la Bretagne à l’ouest du Massif central

--- Le 3, les côtes de la Manche puis les reliefs de l’est sont les plus arrosés

--- Le 4 et le 5, les pluies se concentrent une nouvelle fois du Cotentin au Pas de Calais

La perturbation qui s’annonce pour samedi s’annonce très pluvieuse.

Peu à peu des formes hivernales réapparaissent pour la seconde fois depuis le début de cette saison.

Les côtes de l’Atlantique et de la Manche ont subi une petite tempête océanique hivernale sans catastrophe toutefois.

Les neiges apparaissent pour la première fois à la mi octobre sur les Alpes Suisse. A Santis, le manteau atteint 76 cm. Lors du week-end du 17 et du 18, les flocons descendent à 1000 mètres d’altitude sur le Massif central.  Le manteau tient même au sol 3 jours sur le massif du Mézenc. Le Pilat est aussi blanchi, selon une photo du dernier bulletin « Météo fil » des Météorologistes d’entre Rhône et Loire, ainsi que le Jura. Il persiste 50 cm à plus de 2000 mètres sur les Alpes Suisse le 1er novembre, quand s’ajoutent ensuite les nouvelles couches de cette semaine. Il ne s’agit pas des premières neiges comme quelques amnésiques l’ont annoncé, puisque ces dernières datent de la mi octobre.

Les gelées reviennent aussi lors de cette fin de semaine. Là encore, celles de la mi-octobre ont été plus nombreuses et sévères que celles de ces derniers jours.

L’air de ces deux vagues froides est un peu différent. Descendant du nord-est par la Scandinavie et L’Europe, l’origine continentale de la masse d’air de la mi-octobre était bien plus froide qu’humide. Aujourd’hui, en traversant l’Atlantique nord, l’air arctique s’adoucit un peu autant qu’il s’humidifie au contact des eaux océaniques.

L’évolution en altitude est encore plus importante que celle au sol dans la descente polaire depuis la Toussaint.

En altitude ce courant s’accompagne d’un jet stream très violent en altitude. Sa vitesse dépasse les 70 nœuds au dessus de nous depuis la Toussaint et a atteint les 100 nœuds, près de 200 km/h à la pointe de la Cornouaille anglaise le 3 novembre.

Ce puissant courant, qui surmonte, aux latitudes tempérées, la zone d’affrontement entre l’air tropical au sud et celui polaire du nord, a marqué la poussée de ce dernier. Dans les 3 premiers jours de novembre, la vitesse maximale de ce flux d’altitude s’écoule de la pointe sud de l’Irlande au golfe du Lion. Le 4 il a encore continué sa progression en franchissant les Pyrénées pour s’établir du Cap Finisterre à Madrid avec des vitesses de plus de 70 nœuds.

En même temps, l’atmosphère au niveau de la surface des 500 hpa  subit un gigantesque coup de froid entre le 1er et le 2 novembre. Les sondages de ce niveau sont passés à Paris de -13° à -29°. En même temps, l’altitude de  la surface des 500 hpa s’écroulait passant de 5700 mètres à 5390 mètres le lendemain, puis 5330 mètres le 4 novembre.

L’altitude de la tropopause, séparation entre la basse atmosphère et la stratosphère, a chu de façon considérable. Cette limite correspond au secteur où les températures cessent de baisser en fonction de l’altitude vers -50 à -60°. Ce niveau se situait à Payerne en Suisse à 12 km d’altitude le 1er novembre, il tombe le lendemain un peu en dessous de 8 km et dans les jours suivant cette cassure, si visible d’habitude sur les radiosondages, s’estompe nettement ou donne l’impression de descendre plus bas.

Cette situation d’altitude est beaucoup froide que celle de mi-octobre. Au niveau de la surface des 500 hpa, la température au dessus de Paris n’était alors descendue qu’à -19° contre -29° depuis le début novembre. L’altitude de cette surface n’avait chu qu’à 5660 mètres contre 5330 mètres le 4 novembre. La tropopause était restée au dessus de 10 km d’altitude sauf lors d’une petite faiblesse le 17 octobre. A la mi-octobre l’air froid d’origine continentale  a coulé au sol dans les basses couches pour arriver jusqu’à nous, maintenant il arrive massivement en altitude, c’est plutôt au sol qu’il a été un peu réchauffé dans le transport sur l’Atlantique.

Il est aussi intéressant de voir si un lien peut être effectué avec l’évolution de la superficie de la banquise. Je vous avais déjà signalé que cette dernière avait stoppé sa fusion dès le début septembre, bien plus tôt que les deux dernières années, en gardant une surface supérieure de ½ millions de km2. Pendant que nous subissions le beau temps agréable de septembre et du début octobre, la reprise de la croissance de la banquise a été beaucoup plus lente que l’an dernier. Par contre depuis la mi-octobre, les surfaces englacées de l’Océan arctique tentent de rattraper ce léger retard au démarrage du début de la saison froide. Depuis le début novembre, les glaces ont effectué leur jonction avec l’essentiel des côtes russes et canadiennes qu’elles occupent habituellement.

Une vérification du lien est nécessaire. En septembre et au début octobre quand les beaux jours faisaient de la résistance chez nous, la banquise hésitait à démarrer sa croissance de saison froide. Depuis que des vagues froides arrivent par le continent à la mi-octobre où par l’Atlantique depuis la Toussaint, les glaces de mer ont repris un développement plus fort mais retardé par rapport à l’an dernier dans le Bassin arctique.

Il n’est pas sûr que nous ayons cette année un été de la Saint Martin pourtant présent 2 années sur 3 d’habitude !


Gérard Staron vous donne rendez vous  samedi prochain sur les ondes ou le site de de Radio Espérance 13 h15, le texte étant repris sur zoom42.fr et  ce blog : gesta.over-blog.com


Bonne semaine

Partager cet article

Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195