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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 15:44

Chronique N°749 :

La température a chu !


       Après les températures très élevées enregistrées les 5 et 7 octobre, une grande partie de notre pays a connu sa première gelée sous abri ce 15 octobre 2009.

A Saint Etienne (500 mètres), après le maximum du 7 octobre à 28,1°, le thermomètre est descendu à -1,2° sous abri le mercredi 15 octobre ce qui constitue la gelée sous abri la plus précoce depuis le début de mes observations en 2006. La première gelée de 2007 s’était produite le 21 octobre avec -1,9°. Le thermomètre n’avait pas connu de valeur négative pour octobre en 2006 et 2008.

Pour des séries et des probabilités anciennes 1959-1978, la comparaison avec les postes historiques de Saint Etienne montre le déclenchement assez précoce des gelées en 2009 puisqu’elles arrivent une année sur deux le 17 à Bouthéon  et le 30 à La Métare. La topographie de l’aéroport, dans le fond de la cuvette de la Plaine du Forez face au nord, explique la date plus précoce à 399 m qu’à 570 m dans l’îlot de chaleur urbain de la ville.

A Montregard (990 m) aux confins des hauteurs d’entre Velay et Vivarais, le thermomètre est monté à 22,5° le 5 octobre pour redescendre à 1,6° le 14 et devenir négatif le 15. Là aussi, il s’agit de la gelée la plus précoce depuis le début des observations, auparavant il s’agissait du 18 octobre 2008.

Sur des séries 1959-1978, du côté Vivarais, à 1050 m,  Saint Agrève et La Louvesc sont affectés la première fois une année sur deux le 20 octobre. Du côté Vellave, les dates sont bien plus précoces en situation interne du Massif central avec le 13 octobre au Puy-Chadrac et le 30 septembre à Fay sur Lignon.

Le début du mois a effectivement battu des records de chaleur en particulier dans la région stéphanoise, mais vérification faite, à Bouthéon le 27,4° sous abri du 5  n’a pas réussi à détrôner  le 28,6° du 2 octobre 1971. Les 30° annoncés dans la presse semblent avoir été plus un souhait idéologique qu’une réalité. Très dure a été ensuite la chute et les gelées du 15 octobre mériteraient autant de couverture médiatique que les excès inverses antérieurs.

La chaleur la plus forte du début du mois a été circonscrite à la retombée septentrionale du Massif central.  Les dépressions au nord ont souvent fourni les villes aux températures maximales les plus chaudes de France avec un 29,7° à Clermont ferrand. Le 7, à la capitale auvergnate s’ajoutent Vichy Bourges et Saint Yan à proximité de Paray le monial sur le podium de la chaleur avec plus de 29°.

Par contre les gelées ont progressé comme une langue en provenance du nord. Le 14, les villes de Charleville Mézières au pied des Ardennes et de Luxeuil en bordure des Vosges ont conjointement subi les températures les plus basses avec -1,9°. Le 15 une immense zone des frontières du nord-est aux hautes terres du Massif central  a connu un thermomètre négatif. Comme souvent, la petite cité de Romorantin, dans sa cuvette solognote, a connu la plus forte gelée avec -5,2°. Ensuite les postes déjà cités pour la veille, d’autres du centre de la France comme Nevers, les stations d’altitude du Massif central comme Aurillac ou Le Puy  sont parmi les plus froides de la journée en dessous de -3°. Vous pouvez constater la continuation de ce type de températures les jours suivants.

Les gelées sont arrivées massivement sur la France avec, dès le premier jour, une intensité qui risque de provoquer quelques problèmes aux végétaux les plus sensibles. Heureusement toutefois qu’une transition lente d’une semaine environ s’est produite entre les extrêmes opposés de ce mois d’octobre.  Sur cette antenne, j’ai cité à de nombreuses reprises  des chutes brutales du thermomètre, de plus de 6° et même l’an dernier de plus de 10° en 24 heures. Cette année rien de tel, la descente irrémédiable s’est effectué à un rythme régulier de quelques degrés par jour, 2 ou 3 environ. De quoi atténuer le choc !

Les conditions atmosphériques ont été plus rudes chez nos voisins helvétiques qui ont ajouté aux gelées des chutes de neige au dessus de 1300 mètres dès le 12 octobre sur les Alpes. Plus de 35 cm au sol à Arosa ou Santis. La France n’a connu pour l’instant que la forme sèche du début de l’hiver mais la suite pourrait arriver sans tarder !

Comme j’ai eu une fois l’occasion de le dire à un ministre qui tentait de me plaisanter sur quelques excès de températures lors de l’inauguration d’un four banal, il n’y a pas de mystère, quand l’air vient du sud, le thermomètre est poussé vers le haut, quand il descend du nord en provenance des régions arctiques, il plonge vers le bas.

Le scénario largement présenté lors de chroniques anciennes et la dernière fois lors des coups de vent de sud, cet été, se reproduit une fois de plus. La situation météorologique s’est progressivement inversée entre le 7 et le 14 octobre.

Entre le 5 et le 7 octobre, notre pays est situé entre une dépression centrée sur le golfe de Gascogne et des hautes pressions positionnées  au-delà des Alpes qui étendent leur influence sur nos régions. Sous un ciel dégagé, avec un ensoleillement abondant, un flux de sud s’installe. Sa chaleur, déjà importante en raison de sa provenance, est accentuée par la traversée du Massif central. Quand il descend des reliefs, il se réchauffe au rythme de l’air sec, soit 1° par 100 mètre. C’est ainsi que dans les dépressions situées au nord, les Limagnes, les bassins de la Loire supérieure, et  même un peu plus loin en aval, les températures peuvent être plus chaudes que dans les régions plus méridionales de la Provence ou de la vallée du Rhône. Le cocktail,  soleil, ciel dégagé, flux de sud, air descendant, explique ces températures maximales très élevées du 5 au 7 octobre ! Ces conditions de chaleur exagérées n’ont concerné que l’espace situé sur la retombée septentrionale du massif, au sens large.

Depuis le 8, l’anticyclone situé au-delà des Alpes a décidé de céder le passage aux perturbations qui piaffaient d’impatience sur l’Atlantique. Ces dernières ont pu provoquer l’épisode pluvieux dont j’ai décris les différents actes sur mon blog à l’aide des images transmises par Claude. D’abord de sud, puis de sud-ouest, l’air est parvenu ensuite du nord-ouest, puis de plein nord après le week-end. Comme souvent, après une famille de perturbations, une langue d’air froid descend en ligne directe des pôles, ce que les spécialistes nomment une déjection polaire. Elle glisse par la mer Baltique et l’Allemagne et atteint le nord est de la France le 14 octobre, puis le 15, continue sa route jusqu’au Massif central. Toutes les cuvettes de cet espace accumulent l’air froid pendant la nuit avec le gel.

En bordure du phénomène notre pays connaît la partie anticyclonique de la descente polaire, celle où le soleil tempère un peu dans la journée les excès de la déperdition nocturne de chaleur. Mais nos amis helvétiques, un peu plus à l’est connaissent les effets de la dépression et de la perturbation qui descend en même temps en Europe centrale. Ils ajoutent la neige en altitude, les nuages qui empêchent le soleil de tempérer le froid pendant la journée. Cette phase du froid humide arrivera peut être chez nous de façon atténuée au moment où vous m’entendrez samedi !

Depuis 16 ans que vous pouvez entendre cette chronique, j’ai présenté, à de nombreuses reprises, des situations semblables en toutes saisons. Nos dépressions du nord du Massif central, au long de la Loire et de l’Allier, exagèrent dans les deux sens les excès thermiques de notre pays.

Plus dure, la chute du thermomètre, mais aussi des espoirs de ceux qui vantaient un mois d’octobre très chaud pour étayer leur idéologie !

 

Gérard Staron vous donne rendez vous la semaine prochaine pour une chronique spéciale sur Radio espérance, la 750ème, le texte étant repris sur zoom42.fr et mon blog http://gesta.over-blog.com.

 

Bonne semaine à tous

Gérard Staron « L’hiver dans le Massif central, étude de climatologie et d’hydrologie »1993 Publications de l’Université de Saint Etienne, 4ème impression.

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