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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 23:20

 

       L’hiver est toujours une période sensible pour les activités sportives. Nous avons déjà signalé l’impact du week-end froid et neigeux du 8 au 10 janvier sur la coupe de France de Football. Les difficultés provoquées par les conditions climatiques ont affecté de nombreuses autres épreuves d’une façon souvent inattendue, que ce soit les jeux olympiques ou le début du calendrier cycliste.

Au moment de la vague de froid et de neige de février, un seul numéro de l’équipe, le 11,  permet de faire le bilan de toutes les conséquences  sur les activités sportives. Ce jour relate les tribulations de la veille qui correspond à un jour sans dégel sur une grande partie de la France avec des températures entre -5,7 et – 3,3° à Saint Etienne ou entre -5,4 et -1,3° à Lyon.

En France se déroulaient quelques matchs en retard des 8èmes de finales de coupe de France dans des conditions difficiles, dont un entre Saint Etienne et Vannes « dans un froid polaire, sur une pelouse de plus en plus dure et des appuis de moins en moins sûrs » selon l’Equipe en dépit des mesures prises pour protéger le terrain alors qu’il y avait par ailleurs 17 cm de neige dans la ville.

Quand la France a froid, la Méditerranée s’agite. Le vent de nord s’accélère en descendant des reliefs vers le grande Bleue.

 C’est ainsi que la tramontane provoque des bordures lors de l’étape Carcassonne-Sauvian du Tour méditerranéen. Un groupe d’une vingtaine de coureurs, poussé par un vent portant violent se détache et prend plus de 2 minutes au peloton.

Un peu plus au sud, dans le Levant espagnol, en raison du vent violent et d’une houle très forte avec des creux de 1,50 m, la manche de la coupe de l’América entre AlinghiV et USA 17 doit être reportée. C’est trop « pour des bateaux conçus pour s’affronter dans des vents faibles et moyens et sur un plan d’eau peu mouvementé ».

Les vents violents provoqués par les conséquences lointaines de la descente froide sur le vieux continent ont été sensibles encore plus loin jusqu’au Tour du Qatar qui se déroule au même moment. Souvent affecté par Eole « le vent force à une stratégie d’éventail et de placement. Il faut se battre toute la course tous les jours » dans le Tour du Qatar.

Rien qu’en une journée, le bilan des tribulations sportives liées au climat est d’autant plus éloquent sur ce seul numéro de l’Equipe qu’il ajoutait une étude des conditions de la neige sur les Jeux Olympiques de Vancouver qui allaient débuter.

Après coup, on peut constater que l’impact des conditions climatiques a été déterminant dans ces jeux olympiques de Vancouver. Les caractéristiques de la neige du climat hyperocéaniques de la côte Pacifique du Canada ont surpris plus d’une fois. Ce littoral de la face occidentale de l’Amérique du nord reçoit à cette saison hivernale de nombreuses perturbations qui déterminent des totaux pluviométriques très importants. Ces derniers sont exagérés par les reliefs situés en arrière de la côte, ce qui détermine une zone très arrosée.  La ville de Vancouver a une pluviométrie annuelle de 1457 mm qui atteint 3 à 4 mètres sur les hauteurs qui dominent la ville. Les mois d’hiver sont les plus arrosés avec des moyennes de 223 mm pour décembre, 218 mm pour janvier, 210 mm en novembre et 147 mm en février à Vancouver. Ce maximum pluviométrique saisonnier est situé au même moment que celui des climats océaniques européens, mais avec des quantités bien plus importantes. Cette saison est aussi assez douce puisque la température moyenne de février à Vancouver est de 3,9°.

En bordure de l’océan, les flocons sont très fortement chargés en humidité. Les chutes déposent des épaisseurs importantes et les températures sont proches de 0° même en altitude. La tenue du manteau neigeux au sol est aléatoire. Voilà une texture de la neige difficile à comparer avec celles des Alpes où la teneur en eau des flocons est bien plus faible avec des températures très basses. L’adaptation à un milieu neigeux très différent de celui de la majorité des compétitions habituelles en Europe a été la clé de la réussite lors de ces jeux olympiques.

Des chutes de neige intempestives ont obligé à reporter certaines épreuves de ski alpin comme la descente homme. Il fallait refaire la préparation de la piste.

L’arrivée d’une perturbation neigeuse au milieu d’une épreuve a souvent modifié les conditions de glisse et faussé les résultats en permettant le couronnement de concurrents inattendus ou au contraire en privant de toute chance les favoris. Les français ont bénéficié de ces conditions lors des premières compétitions de biathlon avec Marie Dorin et le succès de Vincent Jay. Au contraire lors de l’épreuve du grand tremplin du combiné nordique, Vincent Lamy-Chapuis le favori français a accumulé un handicap irrattrapable lors de la seconde partie de ski de fond.

La neige très chargée en humidité de la côte Pacifique est très différente de celle plus glacée des régions montagneuses plus continentales de l’Europe sur les Alpes ou le Jura. Les chutes au moment de nombreuses épreuves de la seconde semaine des jeux ont très souvent perturbé nos concitoyens en ski de fond ou en snowboard.

Outre celles que nous avons cité à la mi-février, les courses cyclistes de début de saison ont aussi été très affectées par les conditions climatiques.

La tempête Xinthia du 28 février a terminé sa course dans l’après-midi sur la Belgique au moment de la course Kuurne-Bruxelles-Kuurne. La sélection occasionnée par le vent soufflant en rafales à environ 100 km/h a provoqué une hécatombe dans le peloton et seuls une vingtaine de courageux ont terminé la course.

Paris-Nice avait choisi cette année un parcours contournant le Massif central par l’ouest par Limoges et Aurillac qui aurait dû lui éviter les problèmes climatiques en passant par des régions au climat océanique clément.

C’était sans compter avec la vague de froid particulièrement sévère de la première quinzaine du mois de mars. Cette recrudescence hivernale traditionnelle à cette date, a provoqué dans le passé de nombreuses difficultés sur Paris-Nice avec moult étapes raccourcies, annulées, perturbées[1], et cette année n’a pas failli à la tradition.

D’abord le vent virulent a fait éclaté le peloton en éventails à de nombreuses reprises. De nord-est, il permet l’offensive de l’équipe de la Caisse d’Epargne peu avant l’arrivée de la première étape à Contres près de Blois. De nord, le mistral provoque aussi des bordures lors de l’étape arrivant à Aix en Provence.

Une petite chute de neige a obligé à déplacer le départ du mercredi. L’étape Saint-Junien Aurillac est devenue, Saint-Yrieix-la-Perche Aurillac. Une petite bande neigeuse en provenance du nord-est a perturbé les communications sur une ligne qui longe le nord du Massif central du Limousin au Bourbonnais. Par des températures très basses, sur un sol gelé, quelques petits centimètres de neige suffisent à provoquer des surfaces glissantes capables de perturber gravement les communications. La Nationale 7 vers Moulins a dû être fermée.  L’extrémité de cette ligne neigeuse a atteint à l’ouest le bas Limousin, une région où les moyennes  d’enneigement ne dépassent pas quelques jours par hiver, un secteur inattendu où il fallait un concours de circonstance exceptionnel entre une vague de froid sévère, un front neigeux à l’extension atypique pour provoquer une telle gêne.

Les vagues de froid et de neige successives de la mi décembre, de la première quinzaine de janvier, de la mi février et du début mars, ont été tellement sévères que le tableau brossé ci-dessus n’a certainement rien d’exhaustif, seulement une petite illustration de l’impact des conditions climatiques sur les activités sportives.


En raison des programmes spéciaux de la Semaine Pascale sur les ondes de Radio Espérance, la chronique vaquera la semaine prochaine, je vous retrouverai donc le samedi 10 avril.

 Le texte de cette chronique ainsi que les prévisions météorologiques seront disponibles pendant cette période sur mon blog .

 

 Gerard Staron



[1] Jean Paul Bourgier , Gérard Staron « Conditions climatiques et compétitions cyclcistes » 2007 L’Harmattan 325 p

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