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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:01

Chronique N°743

  Le Palmarès des orages de la Loire.


Après celui du 2 juillet à Saint Etienne, trois gros orages ont concerné la Loire récemment :

Le fameux orage de Chalmazel du 24 août avec 153 mm en quelques heures présenté comme celui du siècle, mais qui concerne autant le versant auvergnat avec 136 mm à Ambert et 118 mm à Prabouré.

L’orage du 26 dans la vallée du Gier aux impacts certains mais pour lequel il m’est difficile de présenter une pluviométrie maximale

L’orage de la soirée du 1er septembre qui semble avoir affecté prioritairement le Roannais avec plus de 40 mm mais qui a déposé en plusieurs violentes averses en soirée et dans la nuit 35 mm à Saint Etienne.

 Ils traduisent l’offensive de l’air froid des hautes latitudes, qui reprend de la vigueur à la fin de l’été pour tenter de chasser l’air chaud accumulé par l’anticyclone méditerranéen d’altitude. L’affrontement se passe en grande partie sur notre sol souvent en limite des influences climatiques et en raison de sa situation géographique notre département est une terre d’orages estivaux.

L’orage des monts du Forez du 24 a-t-il le caractère exceptionnel présenté par ailleurs ?

Il est très difficile d’évaluer un orage.

D’abord en raison de son caractère souvent localisé. Le paroxysme pluvial de nombreux d’orages passe au travers du réseau des pluviomètres, par exemple ceux qui ont provoqué les deux grosses crues du Cotatay au Chambon Feugerolles en mai 1987 et mai 2007, mais aussi dans la vallée du Gier. L’orage du 26 qui a pourtant intéressé une partie de Saint Etienne n’a laissé qu’un total dérisoire dans mon pluviomètre. Mon collègue de Chalmazel, que je salue au passage et moi le 2 juillet, ont eu la particularité d’avoir leur point d’observation à l’intérieur de la zone la plus arrosée. C’est pour cette raison que des orages peuvent provoquer des inondations alors que les mesures effectuées paraissent faibles par rapport aux impacts induits. C’est particulièrement net en milieu urbain où les rues se transforment rapidement en rivières. Un très gros orage peut passer inaperçu en zone rurale, tel n’est pas le cas des villes où les points bas concentrent les eaux. De même si ces abats sur quelques heures font déborder ruisseaux et petites rivières, les fleuves restent de marbre. Par exemple, le 24 août le Lignon du Forez, la Dore, et dans une moindre mesure l’Ance ont réagi fortement, mais l’Allier et La Loire n’ont quasiment pas montés après la confluence.

Il est difficile de comparer les intensités des grosses précipitations courtes sur des durées horaires différentes. Pour Saint Etienne que conclure entre les 67 mm en 30 minutes du 23 août 1994, les 69,4mm du 13 juillet 2001 en 1h30 ou les 72 mm en 2h environ de ce 2 juillet 2009. Les statistiques fournies correspondent le plus souvent à des maximums sur 24 heures qui masquent ce type d’information.

Ensuite un orage est souvent accompagné d’aspects annexes parfois bien plus dangereux que le total des précipitations. Les tornades et les trombes  qui naissent sous leurs nuages laissent des traînées de désolations étroites mais qui peuvent dépasser plusieurs kilomètres de longueur. Chalmazel a déjà connu ce type de calamités le 27 juin 1999 lors d’un orage qui a déposé par ailleurs une précipitation médiocre en comparaison (13 mm). La seconde calamité qui accompagne l’orage est souvent la grêle qui laisse des alignements mélangées ou non à la pluie. Outre qu’elle peut obstruer le pluviomètre, et fausser la mesure de précipitations comme le 23 août 1994 à Saint Etienne, la taille des grêlons, information difficile à connaître dans le passé, détermine leur force de percussion et donc les conséquences induites. Il en a été ainsi de l’orage du secteur de Charlieu du jour de l’Ascension.

Enfin par définition, l’orage désigne la présence d’éclairs et de tonnerres. Ces phénomènes électriques accompagnent abondamment les précipitations d’été, mais on les retrouve aussi sous une forme un peu différente dans les grosses pluies méditerranéennes d’automne, même parfois lors de grosses chutes de neige et dans bien d’autres circonstances. Tous ces éléments rendent difficile un classement.

Si l’on prend en compte les seules grosses précipitations d’été (juin à août), l’orage du 24 août de Chalmazel peut effectivement être considéré comme celui du siècle.

Pour le poste de Chalmazel dont j’ai pu obtenir les maximums pluviométriques lors d’orages de juin à Août pour la période de 1964 à 2000. Le maximum enregistré date du 15 août 1980 avec 70 mm et la quantité médiane déposée en moins de 24 heures, pour une année sur deux atteint 36 mm. Avec 153 mm, l’orage du 24 août dépasse en quelques heures, les précipitations maximales en 24 heures enregistrées pour l’année entière.

Nous avons en outre recherché la précipitation orageuse maximale enregistrée chaque année en moins de 24 heures sur le département de la Loire pendant les 3 mois de l’été de 1964 à 2008. A plusieurs reprise des orages ont dépassé 100 millimètres : Celui du 10 juin 2000 à Grammond avec 106 mm. On a recueilli aussi 101 mm à Verrières en Forez en juillet 1996, et 100 mm le 2 août 1980 à Noirétable. Le 2 juillet avait déjà frappé en 2008 dans le Roannais avec 98 mm à Saint Martin d’Estreaux à l’extrémité septentrionale  du département. Firminy a aussi reçu 96,8 mm le 12 juin 2005, et Rozier en Donzy 85 mm en 1h 36 le 10 juillet 1997.

Dans les jours qui précèdent ou suivent l’été officiel, Tarentaise a reçu 138 mm le 31 mai 1995 dans un orage qui avait plus fait réagir la Semène que le Furan. Renaison a subi 97,9 mm le 7 septembre 1994.

D’une façon générale, un été sur deux, un orage dépose en un point du département au moins 63 mm en quelques heures. Trois années sur quatre, c’est 50 millimètres qui sont dépassés. Vous pouvez constater que l’orage de Chalmazel est particulièrement exceptionnel pour le département de la Loire et constitue un précédent qui n’avait pas encore été mesuré sur une aussi courte durée environ 2 heures, les records des précipitations méditerranéennes extensives de l’automne se produisant sur 24 ou 48 heures. Les autres orages de ces derniers jours autant le 26 août que le 1er septembre paraissent des événements annuels. Celui de Saint Etienne du 2 juillet 2009 avec ses 72 mm en 2h et 73 mm pour les 24 heures correspond à une fréquence d’au moins une année sur 4 pour l’ensemble du département. L’impact des dégâts a été notablement augmenté par leur localisation sur un milieu urbain qui exagère les phénomènes de ruissellement et la transformation des rues en rivières.

La répartition des postes qui depuis 1964 ont reçu le plus gros orage de chaque année se décompose ainsi selon les petites régions du département. Les monts du Forez ont reçu 13 fois  le plus violent de l’été. Ils devancent de peu la plaine du même nom avec 12 millésimes. Le sud du département avec le Pilat et le bassin stéphanois n’a subi ce maximum que 9 années alors que les Monts du Lyonnais et de Tarare et le Roannais n’ont connu cette situation que 7 et 6 fois. L’analyse plus fine des stations montre que la fréquence la plus importante s’effectue selon un axe sud-ouest nord-est qui s’étire du canton de Saint Bonnet le Château au sud de la plaine du Forez. Cette trajectoire d’orage est connue et prend sa source sur le plateau de Craponne en Haute Loire.

Quand un gros orage rencontre un pluviomètre, un record est comptabilisé comme le 24 août 2009 à Chalmazel, mais les deux jouent trop souvent à cache-cache pour faire disparaître toute incertitude sur son authenticité et contestation !

 

Gérard Staron vous donnent rendez vous samedi prochain sur les ondes ou le site de radio Espérance 13h15, le texte figurant sur zoom42.fr et  ce blog gesta.over-blog.com

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